Le principe de donner le droit de l'offensé à la primauté d'offense
doit être évidemment maintenu, si l'on veut avoir une base juste et
rationnelle dans l'appréciation des offenses; dans certaines
circonstances son application absolue peut donner lieu à une légitime
hésitation. Celui qui reçoit le premier une impolitesse ou une
malhonnêteté, est l'offensé, soit; mais s'il répond par une injure,
laquelle ne peut être classée dans les injures graves, et paraît
pourtant avoir une importance majeure relativement à l'impolitesse ou
à la malhonnêteté subie par son adversaire, n'est-il pas évidemment
plus sage de la part des témoins de n'accorder à personne le droit de
l'offensé et de remettre ce droit à la décision du sort? Nous
ajouterons que les exceptions aux principes essentiels ne doivent être
admises que bien rarement et à bon escient.