Il serait plus exact de dire: Comte _en_ Périgord. Il n'avait guère que

la _neuvième_ partie du département actuel de la Dordogne (mss. inédits

de M. Dessalles sur l'histoire du Périgord). D'après une chronique ms.

qu'a retrouvée M. Mérilhou, la chute du dernier comte aurait été

décidée par un rapt qu'il essaya de faire sur la fille d'un consul de

Périgueux, pendant une procession. Le procès énumère bien d'autres

crimes. Rien n'est plus curieux pour faire connaître les détails de

cette interminable guerre entre les seigneurs et les gens du roi. Le

principal grief c'est que, à en croire l'accusation, le comte disait

qu'il voulait être roi et agissait comme tel: «Jactabat palam et publice

fore se REGEM..., certumque judicem pro appellationibus decidendis...

constituerat... a quo non permittebat ad Nos vel ad... Curiam

appellare.» (_Archives, Registres du Parlement, Arrêts criminels_, reg.

XI, ann. 1389-1396.)

130--page 183--_La plupart des collèges_, etc.

Du Boulay donne tout au long les constitutions de ces collèges, t. IV et

V.

131--page 185--_Les Carmes voulaient remonter plus haut que le

christianisme..._

Cette prétention produisit au dix-septième siècle une vive polémique

entre les Carmes et les Jésuites. Ceux-ci, qui n'aimaient guère plus la

poésie du moyen âge que la philosophie moderne, attaquèrent durement

l'histoire d'Élie; ils prirent une massue de science et de critique pour

écraser la frêle légende. Les Carmes, en représailles, firent proscrire

en Espagne les _Acta_ des Bollandistes. (Héliot, _Histoire des Ordres

monastiques_, t. I, p. 305-310.)

132--page 185--_La remontrance de l'Université au roi..._

Le passage le plus important est celui où l'on compare les dépenses de

la maison royale à des époques différentes: «Ad priscorum regum,

reginarum ac liberoram suorum continuendum statum magnificum et

quotidianas expensiones 94,000 francorum auri abunde sufficiebant,

indeque creditores debite contentabantur; quod utique modo non fit,

quamvis ad prædictos usus 450,000 annuatim recipiant.» (Religieux, ms.,

folio 761.)

133--page 187--_Les maîtres bouchers..._

Cette antique corporation ne fit pas inscrire ses règlements parmi ceux

des autres métiers, lorsque le prévôt Étienne Boileau les recueillit

sous saint Louis. Sans doute les bouchers aimèrent mieux s'en fier à la

tradition, à la notoriété publique, et à la crainte qu'ils inspiraient.

V. M. Depping. _Introd. aux Règlements d'Ét. Boileau_, p. LVI; et

Lamare, _Traité de la police_, t. II, liv. V, tit. XX.

134--page 187--_Ces étaux passaient, comme des fiefs, d'hoir en hoir_,

etc.

Félibien, t. II, p. 753. Sauval, t. I, 634, 642. V. aussi les

_Ordonnances, passim_. L'une des plus curieuses est celle qui fixe la

redevance de chaque nouveau boucher envers le cellérier et le concierge

«de la Court-le-Roy» (du Parlement). (_Ordonnances_, t. VI, p. 597, ann.

1381.)

135--page 188--_Le boucher Alain y achète une lucarne pour voir la messe

de chez lui..._

«Une vue de deux doigts de long sur deux de large.» (Vilain, _Histoire

de Saint-Jacques-la-Boucherie_, p. 54, ann. 1388, 1405.)

136--page 189--_Leur crainte était que le dauphin ne ressemblât à son

père..._

«Si ab aliquo præpotente (ut publice ferebatur) inducti ad hoc fuerint

tunc non habui pro comperto; eos tamen non ignoro ducis Guyennæ

nocturnas et indecentes vigilias, ejus commessationes et modum

inordinatum vivendi molestissime tulisse, timentes, sicut dicebant, ne

infirmitatem paternæ similem incurreret in dedecus regni.» (Religieux,

ms., folio 778.)

137--page 192--_L'hygiène appliquée à la politique_, etc.

V. le sermon de Gerson sur la santé corporelle et spirituelle du roi, et

la lettre de Clémengis, intitulée: «De politiæ Gallicanæ ægritudine, per

metaphoram corporis humani lapsi et consumpti. (Nic. Clemeng. _Epist._,

t. II, p. 300.) Ces comparaisons abondent encore au dix-septième siècle,

et jusque dans les préfaces de Corneille.

138--page 195--_Les Gantais voulurent garder le fils du duc de

Bourgogne..._

Ce fait si important ne se trouve que dans le Religieux. Les historiens

du parti bourguignon, Monstrelet, Meyer, n'en disent rien. Meyer passe

sur tout cela comme sur des charbons.--Ce fut Paris qui s'entremit en

cette affaire pour ceux de Gand: «Regali consilio (præpositi mercatorum

et scabinorum Parisiensium _validis precibus_) ut Dominus Comes de

Charolois, primogenitus ducis Burgundiæ, cum uxore sua, filia Regis, in

Flandriam duceretur..., Gandavensium burgenses obtinuerunt.» (Religieux,

ms., 723 verso.)

139--page 197--_Les Universitaires se réunirent au couvent des

Carmes..._

Lisez cette grande scène dans Juvénal des Ursins, p. 251-252. Cet

historien médiocre, qui semble ordinairement se contenter d'abréger le

Religieux, présente cependant de plus quelques détails importants qu'il

avait appris de son père.

140--page 198--_Le seul Pavilly s'obstina_, etc.

Juvénal affirme, avec une légèreté malveillante, que le Carme tirait de

l'argent de tout cela. Quelqu'un, dit-il, parla pour sauver Desessarts

qui était au Châtelet, en grand danger: «Mais le dit de Pavilly qui

tendoit fort _au profit de sa bourse_, et s'intéressoit fort avec les

Gois, Saintyous et leurs alliez, voulust montrer que la prise des

personnes estoit dument faite et qu'il falloit ordonner commissaires

pour faire leur procès.» (Juvénal des Ursins, p. 252.)

141--page 199--_«Il y a de mauvaises herbes au jardin de la reine»..._

Jean de Troyes avait déjà employé la même métaphore: «Eradicentur herbæ

malæ, ne impediant florem juventutis vestræ virtutum fructus odoriferos

producere.» (Religieux, ms., 785 verso.)--Cette poésie de jardinage

plaisait fort au peuple des villes, toujours enfermé, et d'autant plus

amoureux de la campagne qu'il ne voyait pas. On la retrouve partout dans

les Meistersaengers, dans Hans Sachs, etc. Il est vrai qu'elle n'y est

pas mise à l'usage du meurtre, comme ici.

142--page 201--_Sauf quelques articles trop minutieux et d'une rédaction

enfantine_, etc.

V. l'article sur «Nostre bonne couronne desmembrée, et les flourons

d'icelle baillez en goige...» (_Ordonnances_, t. X, p. 92); et l'article

sur les aides de guerre, dont l'argent sera serré «en un gros coffre,

qui sera mis en la grosse tour de Nostre Palais ou ailleurs en lieu sûr

et secret, ouquel coffre aura trois clefs...» (_Ibid._, p. 96.)

143--page 207--_Jean Courtecuisse, célèbre docteur de l'Université,

prêcha sur l'excellence de l'ordonnance..._

Du Boulay rapporte à tort ce sermon à l'année 1403. Cependant le titre

qu'il lui donne lui-même devait l'avertir qu'il est de 1413. Aura-t-il

craint, pour l'honneur de l'Université, d'avouer les liaisons d'un de

ses plus grands docteurs avec les Cabochiens?

144--page 208--_Ils commencèrent le pont Notre-Dame..._

«Cedit jour fut nommé le pont de la Planche de Mibray le _Pont

Nostre-Dame_, et le nomma le roi de France Charles, et frappa de la trie

sur le premier pieu, et le duc de Guienne, son fils, après, et le duc de

Berry, et le duc de Bourgogne, et le sire de la Trémouille.» (_Journal

du Bourgeois de Paris_, 10 mai 1413, éd. Buchon, t. XV, p. 182.)

145--page 211--_La religion de la royauté était encore entière et le fut

longtemps..._

Voyez si longtemps après l'extrême timidité du chef de la Fronde. Il eut

peur des États généraux (Retz, livre II), peur de l'union des villes

(livre III): «J'en eus scrupule», dit-il. Il eut peur encore de se lier

avec Cromwell. Mazarin, tout en défendant l'autorité royale qui était la

sienne, avait apparemment moins de scrupule, s'il est vrai qu'après la

mort de Charles Ier il ait dit dans sa prononciation italienne: «Ce M.

de Cromwell est né houroux (heureux).»

146--page 211--_L'avocat général Juvénal..._

Voyez au Musée de Versailles la longue et piteuse figure de Juvénal, et

la rouge trogne de son fils l'archevêque. Le père n'en fut pas moins un

excellent citoyen. Son fils rapporte un trait admirable de sa fermeté à

l'égard du duc de Bourgogne, p. 222, note 2.

147--page 213--_Le charpentier Guillaume Cirasse..._

V. les armoiries de Guillaume Cirasse, dans le Recueil des armoiries des

prévôts et échevins de Paris (exemplaire colorié à la Bibl. du cabinet

du roi, au Louvre).

148--page 215, note 2--_Le roi désirait fort traiter_, etc.

Un grand seigneur vient trouver le roi au matin pour l'animer contre les

Bourguignons. «Le roy estant en son lict, ne dormoit pas et parloit en

s'esbatant avec un de ses valets de chambre, en soy farsant et

divertissant. Et ledit seigneur vint prendre par dessous la couverture

le roy tout doucement par le pied, en disant: Monseigneur, vous ne

dormez pas? Non, beau cousin, lui dit le roy, vous soyez le bien venu,

voulez-vous rien? y a t'il aucune chose de nouveau? Nenny, Monseigneur,

luy respondit-il, sinon que vos gens qui sont en ce siège, disent que

tel jour qu'il vous plaira, verrez assaillir la ville, où sont vos

ennemis et ont espérance d'y entrer. Lors le roi dit que son cousin le

duc de Bourgogne vouloit venir à raison, et mettre la ville en sa main,

sans assaut, et qu'il falloit avoir paix. À quoy ledit seigneur

respondit: Comment, Monseigneur, voulez-vous avoir paix avec ce mauvais,

faux, traistre et desloyal, qui si faussement et mauvaisement a faict

tuer vostre frère? Lors le roy, aucunement desplaisant, luy dit: Du

consentement de beau fils d'Orléans, tout lui a esté pardonné. Hélas!

Sire, répliqua ledit seigneur, vous ne le verrez jamais vostre frère...

Mais le roy lui respondit assez chaudement: Beau cousin, allez-vous-en;

je le verray au jour du Jugement.» (Juvénal, p. 2-3.)

149--page 217--_Dès qu'il s'agit de l'Église, Gerson est républicain..._

V. les oeuvres de Gerson (éd. Du Pin), surtout au tome IV, et les

travaux estimables de MM. Faugère, Schmidt et Thomassy. Je parlerai

ailleurs de ceux de MM. Gence, Gregori, Daunou, Onésyme Leroy, et en

général des écrivains qui ont débattu la question de l'_Imitation_.

150--page 221--_L'augmentation des dépenses tenait à l'avilissement

progressif du prix de l'argent..._

Clémengis s'étonne de ce qu'un monastère qui nourrissait primitivement

cent moines n'en nourrit plus que dix (p. 19). Qui ne sait combien en

deux ou trois siècles changent et le prix des choses et le nombre de

celles qu'on juge nécessaires? Pour ne parler que d'un siècle, quelle

grande maison pourrait être défrayée aujourd'hui d'après le calcul que

madame de Maintenon fait pour celle de son frère? Voir, entre autres

ouvrages, une brochure de M. le comte d'Hauterive: _Faits et

observations sur la dépense d'une des grandes administrations_ etc.;

deux autres brochures de M. Eckard: _Dépenses effectives de Louis XIV en

bâtiments au cours du temps des travaux de leur évaluation_, etc., etc.

151--page 222--_Clémengis... d'Ailly..._

Je ne veux pas contester le mérite réel de ces deux personnages qui

furent tout à la fois d'éminents docteurs et des hommes d'action.

D'Ailly fut l'une des gloires de la grande école gallicane du collège de

Navarre; il y forma Clémengis et Gerson. Clémengis est un bon écrivain

polémique, mordant, amusant, _salé_ (comme aurait dit Saint-Simon). V.

le tableau qu'il fait de la servilité du pape d'Avignon, dans le livre

de la _Corruption de l'Église_ (p. 26). La conclusion du livre est très

éloquente. C'est une apostrophe au Christ; les protestants peuvent y

voir une prophétie de la Réforme: «Si tuam vineam labruscis

senticosisque virgultis palmites suffocantibus obseptam, infructiferam,

vis ad naturam reducere, quis melior modus id agendi, quam inutiles

stirpes eam sterilem efficientes quæ falcibus amputatæ pullulant,

radicitus evellere, vineamque ipsam aliis agricolis locatam novis rursum

autiferacibus et fructiferis palmitibus inserere?... Hæc non nisi exigua

sunt dolorum _initia_ et suavia quædam eorum quæ supersunt _præludia_.

Sed tempus erat, ut portum, ingruente jam tempestate, peteremus,

nostræque in his periculis saluti consuleremus, ne tanta procellarum

vis, quæ laceram Petri naviculam validiori turbinis impulsu, quam ullo

alias tempore _concussura est_, in mediis nos fluctibus, cum his qui

merito naufragio perituri sunt, absorbeat.» (Nic. Clemeng. _De corrupto

Ecclesiæ statu_, t. I, p. 28.)

152--page 223--_... le piquant réquisitoire du concile contre les deux

papes réfractaires..._

_Concilium Pisanum_, ap. _Concil._, éd. Labbe et Cossart, 1671; t. XI,

pars II, p. 2172 et seq.

153--page 224--_Ces ennemis acharnés s'entendaient au fond à

merveille..._

«Habentes facies diversas..., sed caudas habent ad invicem colligatas,

ut de vanitate conveniant.» (_Ibid._, p. 2183.)--«... Volebat unum pedem

tenere in aqua et alium in terra.» (_Ibid._, p. 2184.)

154--page 225--_Lorsque Valla élevait les premiers doutes sur

l'authenticité des décrétales..._

Non seulement Valla, mais Gerson, dans son épître _De modis uniendi ac

reformandi Ecclesiam_, p. 166. Sur Valla, lire un article excellent de

la _Biographie universelle_ (par M. Viguier), t. XLVII, p.

345-353.--«Des papes ont permis à Ballerini de critiquer, à Rome même,

les fausses décrétales. Pourquoi ne les ont-ils pas révoquées? Pour la

même raison que les rois de France n'ont pas révoqué les fables

politiques relatives aux douze pairs de Charlemagne, ni les Empereurs

celles qui se rattachent à l'origine des cours Weimiques, etc.» Telle

est la réponse de l'ingénieux M. Walter. (Walter, _Lerhbuch des

Kirchenrechts_, Bonn. 1829, p. 161.)

155--page 226--_Raymond Lulle pleura aux pieds de son Arbor, qui

finissait la scolastique..._

Voir la curieuse préface. (Raymond Lullii Majoricensis, illuminati

patris, _Arbor scientiæ_. Lugduni, 1636, in-4{o}, p. 2 et 3.)

156--page 226--_... renouveler..._

Ce verbe, employé comme neutre, avait bien plus de grâce. Je crois qu'on

y reviendra. V. Charles d'Orléans (p. 48): «Tous jours sa beauté

_renouvelle_.» Et Eustache Deschamps (p. 99): «De jour en jour votre

beauté _renouvelle_.»

157--page 227--_Au moment où l'Anglais allait fondre sur la France_,

etc.

«Licet quis contemnendum esse, quantum ad bella pertinet, _ducem

Lotharingiæ_, nec tantis pollere viribus, ut domui audeat Franciæ bellum

inferre, non parvus debet hostis videri quem Deus excitat et propter

aliorum adjuvat facinora.» (Nic. Clémengis, t. II, p. 257.)--On voit de

même dans les lettres de Machiavel qu'à la veille d'être conquise par

les Espagnols, l'Italie ne craignait que les Vénitiens. Il écrit aux

magistrats de Florence: «Vos Seigneuries m'ont toujours dit que la

liberté de l'Italie n'avait à craindre que Venise.» (Machiavel, Lettre

de février ou mars 1508.)

158--page 230--_Sur les cinquante-trois mille fiefs en Angleterre,

l'Église en possédait vingt-huit mille..._

Turner, _The History of England, during the middle ages_ (ed. 1830),

vol. III, p. 96.--On assurait récemment que le clergé anglican avait

encore aujourd'hui un revenu supérieur à celui de tout le clergé de

l'Europe. Ce qui est sûr, c'est que l'archevêque de Cantorbéry a un

revenu _quinze_ fois plus grand que celui d'un archevêque français,

_trente_ fois plus grand que celui d'un cardinal à Rome. (_Statistics of

the Church of England_, 1836, p. 5.) V. aussi trois Lettres de Léon

Faucher (_Courrier français_, juillet, août 1836).

159--page 232, note--_Le droit d'aînesse en Angleterre..._

Le 12 avril 1836, M. Ewart voulait présenter un bill statuant que, au

moins dans les successions ab intestat, les propriétés foncières

seraient partagées également entre les enfants; sir John Russel a parlé

contre, et la motion a été rejetée à une forte majorité.

160--page 237--_Shakespeare ennemi des sectaires de tout âge..._

Shakespeare a fait de rares allusions aux puritains naissants, toutes

malveillantes. Voir entre autres celle qui se trouve dans _Twelfth

Night_, act. III, scène II.--Quant à Falstaff, j'aurai occasion d'y

revenir.

161--page 239, note--_L'examen d'Oldcastle par l'archevêque de

Cantorbéry_, etc.

«Dominus Cantuariensis gratiose se obtulit, et paratum fore promisit ad

absolvendum eum; sed ille... petere noluit... Cui compatiens dominus

Cant. dixit: Caveatis... Unde dominus Cant. sibi compatiens... Cui

archiepiscopus affabiliter et suaviter... Consequenter dominus Cant.

suavi et modesto modo rogavit... Quibus dictis dominus Cant. flebili

vultu eum alloquebatur... Ergo, cum magna cordis amaritudine, processit

ad prolationem sententiæ.» (Walsingham, p. 384.)--Elmham célèbre en

prose et en vers les exécutions et les processions. «Rege jubente...

Regia mens gaudet.» (Turner, vol. III, p. 142.)

162--page 240--_Henri V écrivit aux prélats..._

De arraiatione cleri: «Prompti sint ad resistendum contra malitiam

inimicorum regni, ecclesiæ, etc.» (Rymer, 3e éd., vol. IV, pars I, p.

123; 28 mai 1415.)

163--page 240--_Il complétait ses préparatifs..._

Traité pour avoir des vaisseaux de Hollande, 18 mars 1415. Presse des

navires, 11 avril; des armuriers (operariis arcuum, etc., _tam intra

libertates quam extra_), le 20; presse des matelots, le 3 mai; recherche

de charrettes, le 16; achat de clous et de fers de chevaux, le 25; achat

de boeufs et vaches, le 4 juin; ordre pour cuire du pain et brasser de

la bière, le 27 mai; presse des maçons, charpentiers, serruriers,

etc;--5 juin, négociations avec le Gallois Owen Glendour; 24 juillet,

testament du roi; défense de la frontière d'Écosse; négociations avec

l'Aragon, avec le duc de Bretagne, _avec le duc de Bourgogne_, 10 août;

Bedford nommé gardien de l'Angleterre, 11 août; au maire de Londres, 12,

etc. (Rymer, t. IV, p. I, p. 109-146.)

164--page 242--_Le roi réunit la plus forte armée_, etc.

Tels sont les nombres indiqués par Monstrelet, t. III, p. 313. Lefebvre

dit: huit cents bâtiments. Rien n'est plus incertain que les calculs de

ce temps. Lefebvre croit que le roi de France avait deux cent mille

hommes devant Arras, en 1414; Monstrelet en donne cent cinquante mille

aux Français à la bataille d'Azincourt. Je crois cependant qu'il a été

mieux instruit sur le nombre réel de l'armée anglaise à son départ.

165--page 246--_Un prêtre anglais nous apprend_, etc.

Ms. cité par sir Harris Nicolas, dans son _Histoire de la bataille

d'Azincourt_ (1832), p. 129. Ce remarquable opuscule offre toute

l'impartialité qu'on devait attendre d'un Anglais judicieux, qui

d'ailleurs n'a pas oublié l'origine française de sa famille. Qu'il me

soit permis de faire remarquer en passant que beaucoup d'étrangers

distingués descendent de nos réfugiés français: sir Nicolas, miss

Martineau, Savigny, Ancillon, Michelet de Berlin, etc.

166--page 246--_Tous les habitants d'Harfleur furent chassés de la

ville..._

Le chapelain rapporte les lamentations de ces pauvres gens, et il

ajoute, avec une bien singulière préoccupation anglaise, qu'après tout

ils regrettaient une possession à laquelle _ils n'avaient pas droit_:

«For the loss of their accustomed, _though unlawful_, habitations.» V.

Sir Nicolas, p. 214.

167--page 247--_Henri V déclara que d'Harfleur il irait jusqu'à

Calais..._

Cette expédition a été racontée par trois témoins oculaires qui tous

trois étaient dans le camp anglais: Hardyng, un chapelain d'Henri V, et

Lefebvre de Saint-Remy, gentilhomme picard, du parti bourguignon, qui

suivit l'armée d'Henri. Il n'y a qu'un témoin de l'autre parti, Jean de

Vaurin, qui n'ajoute guère au récit des autres. Je suivrai volontiers

les témoignages anglais. L'historien français qui raconte ce grand

malheur national doit se tenir en garde contre son émotion, doit

s'informer de préférence dans le parti ennemi.

168--page 248--_Le duc de Lorraine à lui seul amenait cinquante mille

hommes..._

Lettre du gouverneur de Calais Bardolf, au duc de Bedford: «Plaise à

vostre Seigneurie savoir, que par les entrevenans divers et bonnes amis,

repairans en ceste ville et marche, aussi bien hors des parties de

Fraunce, comme _de Flaundres_, me soit dit et rapporté plainement que

sans faulte le Roi nostre Seigneur... ara bataille... au plus tarde,

deins quinsze jours... que le duc de Lorenne ait assembleie... bien

_cinquant mille_ hommes, et que, mes qu'ils soient tous assemblées, ilz

ne seront moins de _cent mille_ ou pluis.» (Rymer, t. IV, p. I, p. 147,

7 octobre 1415.)

169--page 249--_Des Picards se joignirent aux Anglais, et peut-être les

guidèrent..._

Lorsqu'on voit un de ces Picards, l'historien Lefebvre de Saint-Remy,

après avoir combattu pour les Anglais à Azincourt, devenir le confident

de la maison de Bourgogne, la servir dans les plus importantes missions

(Lefebvre, prologue, t. VII, p. 258), et enfin vieillir dans cette cour

comme héraut de la Toison d'or, on est bien tenté de croire que

Lefebvre, quoique jeune alors, fut l'agent bourguignon près d'Henri V.

Il ne vint pas seulement pour voir la bataille; les détails minutieux

qu'il donne (p. 499) portent à croire qu'il suivit l'armée anglaise, dès

son entrée en Picardie. V. sur Lefebvre la Notice de mademoiselle Dupont

(_Bulletin de la Société de l'histoire de France_, tome II, 1re partie).

La savante demoiselle a refait toute la vie de Lefebvre; elle a prouvé

qu'il avait généralement copié Monstrelet; il me paraît toutefois qu'en

copiant il a quelque peu modifié le récit des faits dont il avait été

témoin oculaire.

170--page 250--_Un homme du pays vint dire_, etc.

Les deux Bourguignons Monstrelet et Lefebvre ne disent rien de ceci. Ce

sont les Anglais qui nous l'apprennent: «But suddenly, in the midst of

their despondency, _one of the villagers_ communicated to the king the

invaluable information...» (Turner, t. II, p. 423.)

171--page 251--_Le duc de Berri voulait que les partis d'Orléans et de

Bourgogne envoyassent chacun cinq cents lances..._

Il avait d'abord fait écrire en ce sens aux deux ducs, avec défense de

venir en personne; c'est ce qu'assure le duc de Bourgogne dans la lettre

au roi. (Juvénal des Ursins, p. 299.)

172--page 253--_Bataille d'Azincourt..._

Lefebvre, t. VIII, p. 511.--Religieux, ms., 945 verso.--Jehan de Vaurin,

_Chroniques d'Angleterre_, vol. V, partie I, chap. IX, folio 15, verso;

ms. de la Bibliothèque royale, nº 6756.--Jean de Vaurin était à la

bataille, comme Lefebvre, mais de l'autre côté: «Moy, acteur de ceste

euvre, en sçay la vérité, car en celle assemblée estoie du costé des

François.»

173--page 260--_Alors survinrent les Anglais_, etc.

«Ictus reiterabant mortales, inusitato etiam armorum genere usi quisque

eorum in parte maxima clavam plumbeam gestabant, quæ capiti alicujus

afflicta mox illum præcipitabat ad terram moribundum.» (Religieux de

Saint-Denis, ms., fol. 950.)

174--page 260--_Puis, c'est le duc d'Alençon_, etc.

Cet embellissement est de la façon de Monstrelet, t. III, p. 355. Il le

place hors du récit de la bataille, après la longue liste des morts.

Lefebvre, témoin oculaire, n'a pu se décider à copier ici Monstrelet.

175--page 262--_Le lendemain le vainqueur prit ou tua ce qui pouvait

rester en vie..._

Lefebvre, t. VIII, p. 16-17.--Monstrelet, t. III, p. 347. Je ne sais

d'après quel auteur M. de Barante a dit: «Henri V fit cesser le carnage

et relever les blessés.» (_Hist. des ducs de Bourgogne_, 3e édit., t.

IV, p. 250.)

176--page 262, note 3--_Le connétable d'Albret_...

Histoire de France - Moyen Âge; (Vol. 4 / 10) · 第 26 / 28 段