hominum et abjectio plebis; je veux et ordonne que la remembrance de mon
visage et de mes mains soit faite sur ma tombe en guise de mort, et soit
madicte remembrance vêtue de l'habit desdicts religieux Célestins, ayant
dessous la tête au lieu d'oreiller une rude pierre en guise et manière
d'une roche, et aux pieds, au lieu de lyons... une autre rude roche...
Et veux... que madicte tombe ne soit que de trois doigts de haut sur
terre, et soit faicte de marbre noir eslevée et d'albâtre blanc..., et
que je tienne en mes deux mains un livre où soit escrit le psaume:
Quicumque vult salvus esse... Autour de ma tombe soient escrits le
Pater, l'Ave et le Credo.» (Testament de Louis d'Orléans, imprimé par
Godefroy, à la suite de Juvénal des Ursins, p. 633.)
CY GIST LOYS DUC DORLÉANS...
LEQUEL SUR TOUS DUCZ TERRIENS
FUT LE PLUS NOBLE EN SON VIVANT
MAIS UNG QUI VOULT ALLER DEVANT
PAR ENVYE LE FEIST MOURIR...
(_Épistaphe de feu Loys, duc d'Orléans._ Bibl. royale, mss. Colbert,
2403; Regius, 9681, 5.)
92--page 127--«_Hinc surrectura_»...
Cette inscription, la plus belle peut-être qu'on ait jamais lue sur une
tombe chrétienne, a été placée par mon ami, M. Fourcy (bibliothécaire de
l'École polytechnique), sur celle de sa mère.
93--page 128, note 2--_Inès de Castro..._
Lopes parle seulement de la translation du corps: «Como foi trellada
Dona Enez, etc.» (_Collecçao de livros ineditos._ 1816, t. IV, p. 113.)
M. Ferdinand Denis, dans ses intéressantes _Chroniques de l'Espagne et
du Portugal_, t. I, p. 157, cite le texte principal (de Faria y Souza),
qui appuie la tradition.--Un savant Portugais, M. Corvalho, assurait
avoir vu, il y a quelques années, le corps d'Inès bien conservé:
«Seulement la peau avait pris le ton du vélin bruni par le temps...»
(_Ibid._, t. I, p. 163.) M. Taylor, en 1835, n'a plus trouvé que des
ossements dispersés sur les dalles du couvent d'Alcabaça, et il les a
pieusement inhumés. (_Voyage pitt. en Espagne et en Portugal_, l.
XIII.)--Je trouve encore dans les _Chroniques_, traduites par M.
Ferdinand Denis (t. I, p. 78), un fait curieux qui caractérise, autant
que l'histoire d'Inès, le matérialisme poétique de ces temps, c'est
l'histoire du bon vassal qui ne veut pas rendre son château au nouveau
roi avant de s'assurer de la mort de son maître Sanche II. Il va à
Tolède, où Sanche était mort exilé, enlève la pierre, reconnaît le mort,
et accomplit son serment féodal en lui remettant au bras droit les clefs
du château qu'il lui a autrefois confiées.
94--page 129--_Les tombeaux de La Scala..._
«In terra, e meze sepolte, son prima tre arche di marmo nostrale, quali
non si sa per qual di questa casa servissero, poichè non hanno
iscrizione alcuna; benne hanno l'arme sopra i coperchi, e _nel mezo di
uno si vede la scala con aquila sopra_,
E'n su la scala porta il santo uccello.»
(Dante, _Parad._, XVII, 72.--Maffei, _Verona illustrata_, parte terza,
p. 78, éd. in-folio.)
95--page 129--_La tombe de l'assassiné..._
Si ma mémoire ne me trompe, il y a près de là, dans Vérone, plusieurs
lieux dont les noms rappellent cet événement: «Via dell' ammazato, Via
delle quatro spade, Volto barbaro,» etc.--Ma conjecture semble appuyée
par le passage suivant: «Sepultus... _exigua cum pompa_ tantum, cum
cives vererentur ne offenderent fratrem.» (Torelly Saraynæ Veronensis,
_Hist. Veron._, lib. secundo; _Thesaur. Antiquit. Ital._ Grævii et
Burmanni, t. noni, parte septima, colonn. 71.)
96--page 129--_Can Signore de La Scala tua son frère dans la rue, en
plein jour..._
«Cæde hac a civibus et populo percepta, quilibet quietus remansit...
Approbata fuit ejus mens... Exclamarunt omnes: Vivat Dominus noster...»
(_Ibid._, colonn. 70-71.)
97--page 130--_Toutes les questions politiques, morales, religieuses,
s'agitèrent à l'occasion de la mort du duc d'Orléans._
Ces grandes questions semblent avoir déjà été débattues en France, à
l'occasion de la fin tragique de Richard II. Voy. _Lettre de Charles VI
aux Anglais_, 2 oct. 1402. Bibl. royale, mss. Fontanieu, 105-6; Brienne,
vol. XXXIV, p. 227.
98--page 131--_Le duc de Bourgogne leur dit tout pâle..._
«Se fecisse instigante Diabolo.» (Religieux, ms., folio 154.)--Plus
loin, l'apologiste du duc d'Orléans rapporte cette parole comme avouée
du duc de Bourgogne lui-même: «Tunc dixit quod Diabolus ad id ipsum
tentaverat, et nunc sine verecundia sibimet contradicendo dicit quod
optime fecit.» (_Ibid._, ms., folio 593.)
99--page 132--_Il rassembla les États de Flandre, d'Artois_, etc.
«Auxquels il fit remontrer publiquement comment à Paris il avoit fait
occire Louis, duc d'Orléans; et la cause pourquoi il l'avoit fait, il la
fit lors divulguer par beaux articles et commanda que la copie en fût
baillée par écrit à tous ceux qui la voudroient avoir; pour lequel fait
il pria qu'on lui voulsist faire aide à tous besoins qui lui pourroient
survenir. À quoi lui fut répondu des Flamands que très volontiers aide
lui feroient.»--Les Flamands lui étaient d'autant plus favorables en ce
moment qu'il venait de leur obtenir une trêve de l'Angleterre.
(Monstrelet, t. I, p. 207, 231.)
100--page 133--_Il fit répandre le bruit qu'il n'avait fait que prévenir
le duc d'Orléans..._
Le duc de Bourgogne aurait pu soutenir cette assertion, si l'on s'en
rapportait à la mauvaise traduction que Le Laboureur a faite du
Religieux. Il lui fait dire ridiculement (p. 624): «Ces flamèches de
division causèrent un embrasement de haine et d'inimitié qu'on ne put
esteindre et qui fit découvrir beaucoup d'apparence de _conspirations_
sur la vie l'un de l'autre.» Il n'y a pas de _conspirations_ dans le
texte; il dit: «In necem mutuam diu visi fuerunt _publice_ aspirare.»
(Folio 552.)--Cette récrimination atroce du meurtrier n'est, je crois,
exprimée nettement que dans une chronique belge que j'ai déjà citée.
Elle suppose, ce qui met le comble à l'invraisemblance, que le duc
d'Orléans s'adressa à son ennemi mortel, Raoul d'Auquetonville, pour le
décider à tuer le duc de Bourgogne: «Avint ce nonobstant, par commune
voix et renommée, si comme on disoit, que ledit Dorliens avoit marchandé
ou voloit marchander à Raoulet d'Actonville de tuer le duc de Bourgogne,
lequel fait fu découvert par ledit Raoulet au duc de Bourgogne.»
(_Chronique ms._, nº 801 D (Bibliothèque de Bourgogne, à Bruxelles),
folio 222.)
101--page 133--_Le plus triste et le plus rude hiver..._
Au commencement de janvier 1408, il fait si froid que le Parlement ne
tient pas séance... «_Il ne pouoit besoigner: le grephier mesme, combien
qu'il eust prins feu delez lui, en une poelette, pour garder lancre de
son cornet de geler, lancre se geloit en sa plume, de 2 ou 3 mos en 3
mos, et tant que enregistrer ne pouoit..._» Ce récit est quatre fois
plus long que celui de la mort du duc d'Orléans. Les glaçons empêchaient
les moulins de fonctionner: il y eut disette. Quand la gelée cessa, les
ponts furent emportés. Le greffier termine par ces mots:... «_Et ce cas,
avec l'occision de feu monseigneur Loiz duc Dorléans frère du roy_ (DE
QUO SUPRA, MENSÉ NOVEMBRI), _a esté à grant merveille en ce royaume..._»
Il paraît qu'il y eut vacance pendant un mois. 1er jour de février:
«_Curia vacat, pour ce qu'il n'a osé passer la rivière pour aler au
Palaiz pour la grant impétuosité et force d'elle. Car aussy croit-elle
toujours._» (_Archives_, _Registres du Parlement_, _Conseil_, vol. XIII,
folio 11; et _Plaidoiries_, _Matinée VI_, folio 40.)
102--page 135--_Le duc de Bourgogne revint_, etc.
«Et se logea en l'hostel d'un bourgeois, nommé Jacques de Haugart,
auquel hôtel ledit duc fit pendre par dessus l'huis par dehors deux
lances, dont l'une si avoit fer de guerre et l'autre si avoit fer de
rochet; pourquoi fut dit de plusieurs nobles estant à icelle assemblée
que ledit duc les y avoit fait mettre en signifiance que qui voudroit
avoir à lui paix ou guerre, si le prensit.» (Monstrelet, t. I, p. 234.)
103--page 135--_Les princes avaient été jusqu'à Amiens pour l'empêcher
de venir..._
À l'approche des troupes qui allaient occuper Paris, le Parlement, avec
sa prudence ordinaire, ne voulut point se mêler des affaires de la ville
ni des précautions à prendre: «Et si a esté touchié de requérir
provision pour la ville de Paris où plusieurs gens d'armes doivent
arriver... Sur quoy n'a pas été conclu, _quia, ad curiam non pertineret
multis obstantibus_; au moins, ny pourroit remédier.» (_Archives_,
_Registres du Parlement_, _Conseil_, XIII, 10 février 1407 (1408), folio
13, verso.)
104--page 138--_Jean Petit fut soutenu par le duc de Bourgogne..._
Cette pension n'était pas gratuite; Jean Petit nous apprend lui-même
qu'il a fait serment au duc de Bourgogne: «Je suis obligé à le servir
par serment à lui faict il y a trois ans passés... Lui, regardant que
j'estois très petitement bénéficié, m'a donné chascun an bonne et grande
pension pour moi aider à tenir aux escoles; de laquelle pension j'ai
trouvé une grand'partie de mes dépens et trouverai encore, s'il lui
plaît de sa grâce.» (Monstrelet, t. I, p. 245.)
105--page 139--_Il établissait qu'il était méritoire de tuer un tyran._
Bien entendu qu'il ne faut pas chercher dans le discours de Jean Petit
un sérieux examen de ce prétendu droit de tuer.
Qui a droit _de tuer_? Que la société l'ait elle-même (qu'elle doive du
moins l'exercer toujours), cela est fort contestable. Dieu a dit: _Non
occides_. Caïn qui a tué son frère, Dieu ne le tue point; il le marque
au front.--La société ne doit-elle pas au moins _tuer pour son salut_?
Ceci mène loin. Cléon affirme, dans Thucydide, qu'Athènes doit, pour son
salut, tuer tout un peuple, celui de Lesbos.--En admettant que la
société ait droit de tuer, _un individu_ peut-il jamais se charger de
tuer _pour elle_, se faire juge du meurtre, juge et bourreau à la
fois?--Tuer _un tyran_. Mais qu'est-ce qui a vu un tyran? qui jamais,
dans le monde moderne, a rencontré cette bête horrible de la cité
antique? C'est un être disparu, tout autant que certains fossiles. Quel
souverain des temps modernes (sauf peut-être un Eccelino, un Ali, un
Djezzar) a pu rappeler le tyran de l'antiquité? ce monstre qui
supprimait la loi dans une ville, sous lequel il n'y avait plus rien de
sûr, ni la propriété, ni la famille, ni la pudeur, ni la vie? (Note de
1840.)
106--page 140--«_le duc d'Orléans était sorcier_»...
M. Buchon dit que le détail des maléfices du duc d'Orléans, toujours
omis dans les éditions antérieures de Monstrelet, ne se trouve que dans
le ms. 8347. Le ms. du Roi 10319, ms. du commencement du quinzième
siècle, est précédé d'une miniature enluminée qui représente un loup
cherchant à couper une couronne surmontée d'une fleur de lis, tandis
qu'un lion l'effraye et le fait fuir. Au bas, on lit ces quatre vers:
Par force le leu rompt et tire
À ses dents et gris la couronne,
Et le lion par très grand ire
De sa pate grant coup lui donne.
(Buchon, édit. de Monstrelet, t. I, p. 302.)
107--page 143--_L'Université, le clergé, allèrent dépendre_, etc.
«Ce dit jour ont esté despenduz deux exécutez au gibet, qui se disoient
clercs et escoliers de l'Université de Paris, et au despendre a eu,
comme len dit, plus de XL _mille_ personnes au gibet, et ont esté
ramenez en deux sarqueux, à grant compaignie et grans processions des
églises et de l'Université, sonnans toutes les cloches des églises,
jusques au parviz de N. D., entre X et XI heures, couverts de toile
noire, et rendus à lévesque de Paris par certaine forme et manière, et
depuiz portez ou menez à Saint-Maturin où ont esté inhumez, comme len
dit, et ce fait par ordonnance royal.» 16 mai 1408. (_Archives_,
_Registres du Parlement_, _Plaidoiries_, _Matinée VI_, folio 93, et
_Conseil_, vol. XIII, folio 26.)
108--page 143--_Deux messagers de Benoît XIII avaient apporté des bulles
menaçantes..._
«A esté présentée au roy, dès lundi, comme len disoit, une bulle par
laquelle le pape Benedict, qui est lun des contendens du papat,
excommunie le roy et messires ses parents, et adhérens. Et qu'il en
avendra? Diex y pourvoie!» (_Archives_, _Registres du Parlement_,
_Conseil_, XIII, folio 27.)
109--page 144--_Ces scolastiques, étrangers aux lois, aux hommes et aux
affaires_, etc.
«Theologi atque artistæ, in disputationibus magis quam processibus
experti... Unde inter eos atque in jure peritos pluries orta verbalis
discordia.» (Religieux, ms., folio 565.)
110--page 146--_Les deux messagers du pape furent traînés par les rues_,
etc.
«Au jour dui entre 10 et 11 heures les prélas et clergie de France
assemblé au Palaiz, sur le fait de l'Église, ont esté amenez maistre
Sanceloup, nez du pair Darragon, et un chevaucheur du pape Benedict qui
fu devers nez de Castelle, en 2 tumbereaux, chascun deulx vestuz dune
tunique de toille peincte, où estoit en brief effigiée la manière de la
présentation des mauveses bulles dont est mention le 21 de may
ci-dessus, et les armes du dict Benedict renversées et autres choses, et
mittrez de papier sur leurs têtes, où avoit escriptures du fait, depuis
le Louvre où estoient prisonniers, avec plusieurs autres de ce royaume,
prélas et autres gens déglise, qui avoient favorisé aux dictes bulles,
comme len dit, jusques en la court du Palaiz en molt grant compaignie
de gens à trompes, et là ont esté eschafaudez publiquement et puiz
remenez au dit Louvre par la manière dessus dicte.» (_Archives_,
_Registres du Parlement_, _Conseil_, XIII, folio 39, août 1408.)
111--page 146--_Le parti de Benoît et d'Orléans se fortifiait à
Liège..._
V. les curieux détails que donne Zanfliet sur la faction des _Haïroit_.
(_Cornelii Zanfliet Leodiensis monachi Chronicon_, ap. Martene _Ampliss.
Coll._, t. V, p. 365, 366.) Le Religieux et Monstrelet sont fort étendus
et fort instructifs. Placentius (_Catalogus_, etc.) est peu détaillé.
112--page 148--_Le duc de Bourgogne ordonna le massacre des
prisonniers..._
«Y ont esté occis... de vingt-quatre à vingt-six mille Liégeois, comme
on peut le savoir par l'estimation de ceux qui ont vu les noms... Nous
avons bien perdu de soixante à quatre-vingt chevaliers ou écuyers.»
(Lettre du duc de Bourgogne.)--V. M. de Barante, t. III, p. 211-212, 3e
édition.
113--page 149--_On savait qu'il avait payé de sa personne..._
«Comment en décourant de lieu à autre, sur un petit cheval, exhorta et
bailla à ses gens grand courage, et comment il se maintint jusques en la
fin, n'est besoin d'en faire grand déclaration... Oncques de son corps
sang ne fut trait pour icelui jour, combien qu'il fut plusieurs fois
travaillé.» (Monstrelet, t. II, p. 17.)
114--page 149--_La reine et les princes étaient revenus à Paris..._
«Dimanche 26 août 1408... Entrèrent à Paris et vindrent de Meleun la
royne et le dauphin accompaignés, environ quatre heures après disner,
des ducs de Berri, de Bretoigne, de Bourbon, et plusieurs autres contes
et seigneurs et grant multitude de gens darmes et alèrent parmi la ville
loger au Louvre.--Mardi 28 août... Ce dict jour entra à Paris la
duchesse Dorléans, mère du duc Dorléans qui à présent est, et la royne
d'Angleterre, femme du dict duc, en une litière couverte de noir à
quatre chevaux couverts de draps noirs, à heure de vespres, accompaignée
de plusieurs chariots noirs pleins de dames et de femmes, et de
plusieurs ducs et contes et gens darmes.» (_Archives_, _Registres du
Parlement_, _Conseil_, vol. XIII, fol. 40-41.)--Les princes
s'accordèrent pour déférer, dans cet intervalle, un pouvoir nominal à
la reine et au dauphin: «Ce Ve jour (5 septembre 1408) furent tous les
seigneurs de céans au Louvre en la grant sale, où estoient en personne
la royne, le duc de Guienne, etc. (Suit une longue série de noms)... en
la présence desquelz... fu publiée par la bouche de maistre Jeh.
Jouvenel, advocat du roy, la puissance octroiée et commise par le roy à
la royne et audit mons. de Guienne sur le gouvernement du royaume, le
roy empeschié ou absent.» (_Archives_, _ibid._, _Conseil_, vol. XIII,
fol. 42, verso.)
115--page 154--_Brisé qu'il était par la torture, Montaigu affirmait..._
«Affirmasse quod tormentorum violentia (qua et manus dislocatas et se
ruptum circa pudenta monstrabat) illa confessus fuerat, nec in aliquo
culpabilem ducem Aurelianensem nec se etiam reddebat nisi in pecuniarum
regiarum nimia consumptione.» (Religieux, ms., folio 633.)
116--page 156--_Ce conseil interdit la chambre des Comptes..._
«Et qui a longo tempore, D. Cameræ computorum ægre ferentes quod Rex
manu prodiga pecunias multis etiam indignis consueverat largiri, dona in
scriptis redigebant, addentes in margine _Recuperetur_, _Nimis habuit_;
statutum est ut registrum præsidentibus traderetur, qui quod nimium
fuerat ab ipsis aut eorum hæredibus usque ad ultimum quadrantem,
cessante omni appellatione, extorquerent. Omnes etiam Dominos Cameræ
computorum deposuerunt, uno duntaxat excepto qui vices suppleret omnium,
donec...» (Religieux, ms., folio 639.)--Voir aussi _Ordonnances_, t. IX,
p. 468 et seq.
117--page 157--_Cet argent s'était écoulé sans qu'on sût comment..._
Au milieu de cette détresse, nous trouvons, entre autres dépenses, un
mandement de Charles VI pour le payement de ses veneurs. L'acte est
rédigé dans des termes très impératifs et très-rigoureux. À la suite de
la signature du roi viennent ces mots: «Garde qu'en se n'ait faute.»
(Bibliothèque royale, mss., Fontanieu 107-108, ann. 1410, 9
juillet.)--«Pour une paire d'heures, données par le roi à la duchesse de
Bourgogne, 600 écus.» (_Ibid._, 109-110, ann. 1413.)
118--page 160--_Le chancelier de Notre-Dame s'emporta jusqu'à dire..._
«Nec reges digne vocari, si exactionibus injustis opprimant populum
suum, sed quod eos depositione dignos possint rationabiliter reputare,
in annalibus antiquis possunt de multis legere.» (Religieux, ms., fol.
675, verso.)
119--page 162, note--_Dans une de ces alarmes_, etc.
«Ce dict jour, pour ce que le Roy notre Sire, accompaigné de molt de
princes, barons et chevaliers et grant nombre de gens darmes, estoit
venu loger au Palaiz, et pour les gens darmes estoient pleins les
hostelz tans de la Cité que du cloistre de Paris, et par tout oultre les
pons par devers la place Maubert, sans distinction, hors les seigneurs
de céans pour lesquels a esté ordené, comme a dit en la chambre le
prévost de Paris, que en leurs hostelz len ne se logera pas, et que en
telz cas aventure seroit que les chambellans du Roy notre dit sire ne
preissent les tournelles de céans, esquelles a procès sans nombre qui
seroient en aventure destre embroillez, fouillez, et adirez et perdus,
qui seroit dommage inestimable à tous de quelque estat que soit de ce
royaume; j'ay fait murer l'uiz de ma tournelle, afin que len ne y entre,
car: _In armigero vix potest vigere ratio._»--Le greffier a dessiné un
soldat sur la marge. (_Archives_, _Registres du Parlement_, _Conseil_,
XIII, folio 131, verso, 16 septembre 1410.)
120--page 163--_Dans les vraies usances bretonnes, le foyer restait au
plus jeune..._
_Origines du droit_, page 63: _Usement de Rohan_: «En succession directe
de père et de mère, le fils juveigneur et dernier né desdits tenanciers
succède au tout de ladite tenue et en exclut les autres, soient fils ou
filles.»--Art. 22: «Le fils juveigneur, auquel seul appartient la tenue,
comme dit est, doit loger ses frères et soeurs jusques à ce qu'ils
soient mariés; et d'autant qu'ils seroient mineurs d'ans, doivent les
frères et soeurs estre mariés et entretenus sur le bail et profit de la
tenue pendant leur minorité; et estant les frères et soeurs mariés, le
juveigneur peut les expulser tous.» (_Coutumier général._)--Cette loi me
semble conforme à l'esprit d'un peuple navigateur et guerrier qui veut
forcer les aînés, déjà grands et capables d'agir, à chercher fortune au
loin.--Voir _ibid._, sur le droit d'aînesse.
121--page 167--_Les Armagnacs poussaient la guerre avec une violence
inconnue jusque-là_, etc.
Vaissette, _Hist. du Languedoc_, t. IV, p. 282. Néanmoins ils
conservaient toujours des liaisons avec les Anglais. Le Parlement leur
fait un procès en 1395, à ce sujet. (_Archives, Registres du Parlement,
Arrêts_, XI, ann. 1395.)
122--page 169--_La légèreté impie des Armagnacs..._
Cette légèreté méridionale est sensible dans les proverbes,
particulièrement dans ceux des Béarnais; plusieurs sont fort
irrévérencieux pour la noblesse et pour l'Église:
Habillat ù bastou,
Qu'aüra l'air du barou.
Habillez un bâton, il aura l'air d'un baron.
Las sourcières et lous loubs-garous
Aüs cures han minya capous.
Les sorcières et les loups-garous font manger des chapons aux curés,
etc., etc. (_Collection de Proverbes béarnais_, ms., communiquée par MM.
Picot et Badé, de Pau.)
123--page 170--_Les Armagnacs à Saint-Denis..._
Les Parisiens croyaient néanmoins, et non sans apparence, que les moines
étaient favorables au parti d'Orléans. Le bruit même courut à Paris que
le duc d'Orléans s'était fait couronner roi de France dans l'abbaye de
Saint-Denis. (Religieux, ms., f. 701, verso.)
124--page 172--_Le duc de Bourgogne avait fait publier à grand bruit
dans Paris_, etc.
«Indeque rabies popularis sic exarsit, ut omnes utriusque sexus absque
erubescentio velo ducibus publice maledicentes, orarent ut cum Juda
proditore æternam perciperent portionem.» (Religieux, ms., folio 734.)
125--page 174--_Les fréquents appels à l'opinion publique que font les
partis..._
Le plus important peut-être de ces manifestes est celui que le duc de
Bourgogne publia au nom du roi, le 13 février 1412. Il y demandait une
aide à la langue d'oil et à la langue d'oc, et en confiait la perception
à un bourgeois de Paris. Préalablement il y fait une longue histoire
apologétique des démêlés de la maison de Bourgogne avec celle d'Orléans.
Il y flatte Paris; il entre dans le ressentiment du peuple contre les
excès des gens d'armes du parti d'Orléans. Il fait dire au roi: «Nous
feusmes deuement et souffisamment informés qu'ils tendoient à
_débouter_ du tout _Nous et notre génération de notre royaume_ et
seigneurie.» (Bibl. royale, mss., Fontanieu, 109-110, ann. 1412, 13
février, d'après un Vidimus de la vicomté de Rouen.)
126--page 175--_Au front de la cathédrale de Chartres, on sculpte la
figure de la Liberté..._
Voir le curieux rapport de M. Didron, dans le _Journal de l'instruction
publique_, 1839.
127--page 178, note--_Clémengis implore l'intervention du Parlement..._
«O clarissimi præsides regiorum tribunalium, cæterique celeberrimi
judices, qui illam egregiam Curiam illustratis, expergiscimini tandem
aliquando, et regni non dico statum, quia _non stat_, sed miserabilem
lapsum aspicite... (Le juge doit comme le médecin) non tantum morbis cum
exorti fuerint subvenire, sed præstantiori etiam cum gloria, salubri
ante præservatione, ne oriantur prospicere.» (Nic. Clemeng. _Epistol._,
t. II, p. 284.)
128--page 180--_Ce long travail de la transformation du droit..._
Il est curieux d'observer le commencement de ce grand travail dans les
registres dits _olim_. On y trouve déjà des détails curieux sur la
procédure. Deux employés des Archives, MM. Dessalles et Duclos, en
préparent la publication sous la direction de M. le comte Beugnot. Voir
subsidiairement les notices de MM. Klimrath, Taillandier et Beugnot, sur
nos anciens livres de droit et sur l'immense collection des registres du
Parlement.--Toutefois il ne faut pas oublier que ces registres, même les
_Olim_, que ces livres, même ceux du treizième siècle, contiennent moins
le droit du moyen âge que la _destruction du droit du moyen âge_. Il
faudrait remonter au _droit féodal_, au _droit ecclésiastique_, tels
qu'on les trouve dans les chartes, dans les canons, dans les rituels,
dans les formules et symboles juridiques.
129--page 180--_Le Parlement avait porté une sentence de mort et de
confiscation contre le comte de Périgord..._