trahison, qui probablement circulaient surtout à Paris, sous l'influence
secrète du parti bourguignon.--Nulle part ces accusations ne sont
exprimées avec plus de force que dans le récit anonyme qu'a publié M.
Tailliar: «Charles de Labrech, connétable de Franche, alloit bien
souvent boire et mangier avec le Roi en l'ost des Englès... Li
connétables se tenoit en ses bonnes villes et faisoit défendre de par le
roi de Franche que on ne le combattesit nient.» Cette dernière
accusation, si manifestement calomnieuse, ferait soupçonner que cette
pièce est un bulletin du duc de Bourgogne. Au reste, l'auteur confond
beaucoup de choses; il croit que c'est Clignet de Brabant qui pilla le
camp anglais, etc. Dans la même page, il appelle Henri V tantôt roi de
France, tantôt roi d'Angleterre. (_Archives du nord de la France et du
midi de la Belgique_ (Valenciennes), 1839.)
177--page 263--_Le fils du duc de Bourgogne fit à tous les morts la
charité d'une fosse..._
Monstrelet, t. III, p. 358. Selon le récit anonyme publié par M.
Tailliar, on ne put jamais savoir le vrai nombre des morts; ceux qui les
avaient enfouis, jurèrent de ne point le révéler. (_Archives du nord de
la France_ (Valenciennes), 1839.)
178--page 266--_Les Français nourrirent les Anglais..._
«De suis victualibus refecerunt.» (Walsingham, p. 342.)--Walsingham
ajoute une observation de la plus haute importance: «Nempe mos est
utrique genti, Angliæ scilicet atque Galliæ, licet sibimet in propriis
sint infesti regionibus, in remotis partibus _tanquam fratres_
subvenire, et fidem ad invicem inviolabilem observare.» (Walsingham,
_ibid._)--C'est qu'en effet, ce sont des frères ennemis, mais après tout
des _frères_.
179--page 266--_... des vers charmants, pleins de bonté et de douceur
d'âme..._
Malgré cette douceur de caractère, Charles d'Orléans avait eu quelques
pensées de vengeance après la mort de son père. Les devises qu'on lisait
sur ses joyaux, d'après un inventaire de 1409, semblent y faire
allusion: «Item une verge d'or, ou il a escript, _Dieu le scet_.--Item
une autre verge d'or où il est escript, _il est loup_.--Item une autre
verge d'or plate en laquelle est escript, _Souviegne vous de_.--Item
deux autres verges d'or es quelles est escript, _Inverbesserin_.--Item
ung bracelet d'argent esmaillié de vert et escript, _Inverbesserin_.
(Inventaire des joyaulx d'or et d'argent, que monseigneur le duc
d'Orléans a pardevers lui, fait à Blois en la présence de mondit
seigneur, par monseigneur de Gaule et par monseigneur de Chaumont, le
IIIe jour de décembre, lan mil CCCC et neuf, et escript par moy Hugues
Perrier, etc.» Cette pièce curieuse a été trouvée dans les papiers des
Célestins de Paris. _Archives du royaume_, L, 1539.)
180--page 266--_Charles d'Orléans passa de longues années à Pomfret,
traité honorablement..._
V. le détail curieux d'un achat de quatorze lits pour les principaux
prisonniers: oreillers, traversins, couvertures, plume, satin, toile de
Flandre, etc. (Rymer, 3e édit., t. IV, p. I, p. 155, mars 1416.)
181--page 267--_Notre Béranger du quinzième siècle..._
Pour compléter un Béranger de ce temps-là, il faudrait joindre à Charles
d'Orléans Eustache Deschamps. Il représente Béranger par d'autres faces,
par ses côtés patriotique, satirique, sensuel, etc. V. la pièce: «Paix
n'aurez jà, s'ils ne rendent Calais», p. 71.--Il s'élève quelquefois
très haut. Dans la ballade suivante, il semble comprendre le caractère
titanique et satanique de la patrie de Byron. V. mon _Introduction à
l'Histoire universelle_:
Selon le Brut, de l'isle des Géans,
Qui depuis fut Albions appelée,
Peuple maudit, tar dis en Dieu créans,
Sera l'isle de tous poins désolée.
Par leur orgueil vient la dure journée
Dont leur prophète Merlin
Pronostica leur dolereuse fin,
Quant il escript: _Vie perdrez et terre_.
Lors monstreront estrangiez et voisins:
_Au temps jadis estoit cy Angleterre_.
. . . . . . . . . . . . . . . . .
Visaige d'ange portez (_angli angeli_), mais la pensée
De diable est en vous tou dis sortissans
À Lucifer. . . . .
Destruîz serez; Grecs diront et Latins:
_Au temps jadis estoit cy Angleterre_.
182--page 267--_Le sourire y est près des larmes..._
«Fortune, vueilliez-moi laisser», p. 170 (_Poésies_ de Charles
d'Orléans, éd. 1803).--«Puisque ainsi est que vous allez en France, Duc
de Bourbon, mon compagnon très-cher», p. 206.--«En la forêt d'ennuyeuse
tristesse», p. 209.--«En regardant vers le pays de France», p. 323.--«Ma
très doulce Valentinée, Pour moy fustes-vous trop tôt née», p. 269.
C'est l'inspiration des vers de Voltaire:
Si vous voulez que j'aime encore,
Rendez-moi l'âge des amours...
Et celle de Béranger:
Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse,
Vous vieillirez, et je ne serai plus...
183--page 268, note 1--_Il y a pourtant un vif mouvement de passion_,
etc.
Le pauvre prisonnier eut encore un autre malheur: il fut toujours
amoureux; bien des vers furent adressés par lui à une belle dame de ce
côté-ci du détroit. Les Anglaises, probablement meilleures pour lui que
les Anglais, n'en ont pas gardé rancune, s'il est vrai qu'en mémoire de
Charles d'Orléans et de sa mère Valentine, elles ont pris pour fête
d'amour la Saint-Valentin. V. _Poésies_ de Charles d'Orléans, éd. 1803.
184--page 268--_C'est l'alouette, rien de plus..._
Le temps a quitté son manteau
De vent, de froidure et de pluie...
(_Idem_, p. 257.)
Ces jolis chants d'alouette font penser à la vieille petite chanson,
incomparable de légèreté et de prestesse:
J'étais petite et simplette
Quand à l'école on me mit
Et je n'y ai rien appris...
Qu'un petit mot d'amourette...
Et toujours je le redis,
Depuis qu'ay un bel amy.
185--page 271--_Moururent en quelques mois... le dauphin_, etc.
«Ce dit jour Mons. Loiz de France, ainsné filz du Roy, notre Sire,
Dauphin de Viennoiz et duc de Guienne, moru, de laage de vint ans ou
environ, bel de visaige, suffisamment grant et gros de corps, pesans et
tardif et po agile, voluntaire et moult curieux à magnificence dabiz et
joiaux _circa cultum sui corporis_, désirans grandement grandeur, oneur
de par dehors, grant despensier à ornemens de sa chapelle privée, à
avoir ymages grosses et grandes dor et dargent, qui moult grant plaisir
avoit à sons dorgues, lesquels entre les autres oblectacions mondaines
hantoit diligemment, si avoit-il musiciens de bouche ou de voix, et pour
ce avoit chapelle de grant nombre de jeune gent; et si avoit bon
entendement, tant en latin que en françois, mais il emploioit po, car sa
condicion estoit demploier la nuit à veiller et po faire, et le jour à
dormir; disnoit à III ou IV heures après midi, et soupoit à minuit, et
aloit coucher au point du jour et à soleil levant souvant, et pour ce
estoit aventure qu'il vesquit longuement.» (_Archives du royaume,
Registres du Parlement, Conseil_, XIV, f. 39, verso, 19 décembre 1415.)
186--page 271, note 3--_Les Anglais chantaient des_ Te Deum _et des
ballades._
As the King lay musing on his bed,
He thought himself upon a time,
Those tributes due from the French King,
That had not been paid for so long a time
Fal, lal, lal, lal, laral, laral, la.
He called unto his lovely page,
His lovely page away came he..., etc.
(Ballade citée par Sir Harris Nicolas, Azincourt, p. 78.)
187--page 274--_Plutôt que de recevoir les Gascons, Rouen tua son
bailli_, etc.
M. Chéruel a trouvé des détails curieux dans les archives de Rouen.
(Chéruel, _Histoire de Rouen sous la domination anglaise_, p. 19. Rouen,
1840.)
188--page 276--_Le roi d'Angleterre exceptait de la capitulation
quelques-uns des assiégés_, etc.
«Ut rei læsæ majestatis.» (Religieux, ms., folio 79.) Ce point de vue
des légistes anglais qui suivaient le roi est mis dans son vrai jour au
siège de Meaux. (_Ibid._, folio 176.)
189--page 277, note 2--_Armagnac persévérait dans son attachement à
Benoît XIII..._
V. la déclaration de la reine contre lui. (_Ordonnances_, t. X, p. 436.)
190--page 279--_Un Lambert commença à pousser le peuple au massacre des
prisonniers..._
Le Bourgeois devient poète tout à coup, pour parer le massacre de
mythologie et d'allégories: «Le dimanche ensuivant, 12 jour de juing,
environ onze heure de nuyt, on cria alarme, comme on faisoit souvent
alarme à la porte Saint-Germain, les autres crioient à la porte de
Bardelles. Lors s'esmeut le peuple vers la place Maubert et environ,
puis après ceulx de deçà les pons, comme des halles, et de Grève et de
tout Paris, et coururent vers les portes dessus dites; mais nulle part
ne trouvèrent nulle cause de crier alarme. Lors se leva la Déesse de
Discorde, qui estoit en la tour de Mauconseil, et esveilla Ire la
forcenée, et Convoitise, et Enragerie et Vengeance, et prindrent armes
de toutes manières, et boutèrent hors d'avec eulx Raison, Justice,
Mémoire de Dieu... Et n'estoit homme nul qui, en celle nuyt ou jour,
eust osé parler de Raison ou de Justice, ne demander où elle estoit
enfermée. Car Ire les avoit mise en si profonde fosse, qu'on ne les pot
oncques trouver toute celle nuyt, ne la journée ensuivant. Si en parla
le Prévost de Paris au peuple, et le seigneur de L'Isle-Adam, en leur
admonestant pitié, justice et raison; mais Ire et Forcennerie
respondirent par la bouche du peuple: Malgrebieu, Sire, de vostre
justice, de vostre pitié et de vostre raison: mauldit soit de Dieu qui
aura la pitié de ces faulx traistres Arminaz Angloys, ne que de chiens;
car par eulz est le royaulme de France destruit et gasté, et si
l'avoient vendu aux Angloys.» (_Journal du Bourgeois de Paris_, t. XV,
p. 234.)
191--page 280--_Seize cents personnes périrent_, etc.
Monstrelet, t. IV, p. 97.--Le greffier dit moins: «Jusques au nombre de
huit cens personnes et au-dessus, comme on dit.» (_Archives, Registres
du Parlement, Conseil_, XIV, f. 139.)
192--page 281--_Tout est tué au petit Châtelet..._
«Tuèrent bien trois cens prisonniers.» (Monstrelet, t. IV, p. 120.)
«Durant laquelle assemblée et commocion, furent tuez et mis à mort
environ de quatre-vingt à cent personnes, entre lesquelles y ot trois ou
quatre femmes tuées, si comme on disoit...» (_Archives, Registres du
Parlement, Conseil_, XIV, folio 142, verso, 21 août.)
193--page 283--_Un traité récent avec les Anglais ne permettait pas au
duc de Bourgogne d'appeler les Flamands..._
Le traité probablement ne concernait que la Flandre. Tout le monde
croyait que dans une entrevue avec Henri V à Calais il s'était allié à
lui. Il existe un traité d'alliance et de ligue, où le duc reconnaît les
droits d'Henri à la couronne de France, mais cet acte ne présente ni
date précise ni signature. Il est probable que Jean-sans-Peur fit
entendre au roi d'Angleterre que, s'il l'aidait activement, c'en était
fait du parti bourguignon en France, qu'il servirait mieux les Anglais
par sa neutralité que par son concours. (Rymer, 3e éd., t. IV, pars I,
p. 177-178, octobre 1416.)
194--page 285--_Chacun des princes prisonniers n'eut qu'un serviteur
français..._
Selon le Religieux. Mais Rymer indique un plus grand nombre.
195--page 287--_Alain Blanchard..._
Sur Alain Blanchard, V. la notice publiée par M. Auguste Le Prévôt, en
1826, l'_Histoire de Rouen sous les Anglais_, par M. Chéruel (1840), et
l'_Histoire du privilège de Saint-Romain_, par M. Floquet, t. II, p.
548.
196--page 287--_Le peuple de Rouen sortait à la fois par toutes les
portes..._
M. Chéruel, p. 46, d'après la chronique versifiée d'un Anglais qui était
au siège. (_Archæologia Britannica_, t. XXI, XXII.) Ce curieux poème a
été traduit par M. Potier, bibliothécaire de Rouen.
197--page 288--_Rouen était plein de nobles et croyait être trahi._
«Les Engloys descendirent à la Hogue de Saint-Vaast, dimence 1er jour
d'aost 1416, adonc estoit le dalphin de Vyane à Rouen avec sa forche; et
de là se partit à soy retraire à Paris, et laissa l'ainsné filz du comte
de Harcourt, chapitaine du chastel et de la ville, et M. de Gamaches,
bailly de la dicte ville, avenc grant quantité d'estrangiers qui
gardoient la ville et la quidèrent pillier; mès l'en s'en aperchut, et y
out sur ce pourvéanche. Mais nonostant tout, fut levé en la ville une
taille de 16,000 liv. et un prest de 12,000, et tout poié dedens la
my-aost ensuivant. Et fu commenchement de malvèse estrenche; et puis
touz s'en alèrent au dyable. Et après euls y vint M. Guy le Bouteiller,
capitaine de la ville, de par le duc de Bourgongne, avec 1,400 ou 1,500
Bourguégnons et estrangiers, pour guarder la ville contre les Engloys;
mais ils estoient miez Engloys que Franchoiz; les quiez estoient as
gages de la ville, et si destruioient la vitaille et la garnison de la
ville.» (Chronique ms. du temps, communiquée par M. Floquet.)
198--page 290, note 1--_Détresse de Rouen..._
_Archæologia_, t. XXI, XXII.--M. Chéruel a trouvé un renseignement plus
sérieux sur le prix des denrées; par délibération du 7 octobre 1418, le
chapitre fait fondre une châsse d'argent, et paye, entre autres dettes,
_soixante livres tournois_ (mille francs d'aujourd'hui?) _pour deux
boisseaux de blé_. (M. Chéruel, _Rouen sous les Anglais_, p. 53, d'après
les registres capitulaires, conservés aux Archives départementales de la
Seine-Inférieure.) Cet excellent ouvrage donne une foule de
renseignements non moins précieux pour l'histoire de la Normandie et de
la France en général.
199--page 292--_Capitulation de Rouen_, etc.
«Item, estoit octroyé par ledit seigneur Roi, que tous et chacun
pourroient s'en retourner..., excepté _Luc_, Italien, Guillaume de
_Houdetot_, chevalier bailly, Alain _Blanchart_, Jehan _Segneult_,
maire, maître Robin _Delivet_, et _excepté la personne qui_, de
mauvaises paroles et déshonnêtes, _auroit parlé antiennement_, s'il peut
être découvert, sans fraude ou mal engyn...» (Vidimus de la capitulation
de Rouen, aux Archives de Rouen, communiqué par M. Chéruel). Rymer donne
le même acte en latin (t. IV, p. II, p. 82, 13 januar. 1419).
200--page 292--_Rouen dut payer trois cent mille écus d'or..._
«Januarii instantis, februarii instantis.» Les articles suivants
prouvent qu'il s'agit bien de 1418, et non 1419. (Rymer, t. IV, p. II,
p. 82.)
201--page 294--_Henri V voulait marier en Allemagne son frère
Bedford..._
«Super sponsalibus inter Bedfordium et filiam unicam Fr. burgravii
Nuremburiensis, filiam unicam ducis Lotaringiæ, aliquam consanguineam
imperatoris.» (Rymer, t. IV, p. II, p. 100, 18 mart. 1419.)
202--page 294--_Il voulait faire adopter son jeune frère, Glocester, à
la reine de Naples_, etc.
«Cum Johanna, regina Apuleæ, de adoptione Johannis ducis Bedfordiæ. Dux
mittat quinquaginta millia ducatorum, quousque fortalitia civitatis
Brandusii erint ei consignata... Dux teneatur, intra octo menses, venire
personaliter cum mille hominibus armatis, 2,000 sagittariis. Non
intromittet se de regimine regni, _excepto ducatu Calabriæ_ quem
gubernabit ad beneplacitum suum.» (_Ibid._, p. 98, 12 mart. 1419.)
203--page 295--_Il mettait d'accord contre lui les Aragonais et les
Castillans..._
Les gens de Bayonne écrivent au roi d'Angleterre que «un balener armé a
pris un clerc du roy de Castille», et qu'on a su par lui que quarante
vaisseaux castillans allaient chercher des Écossais en Écosse, les
troupes du dauphin à Belle-Isle, et amener toute cette armée devant
Bayonne. (Rymer, t. IV, p. II, p. 128, 22 jul. 1419.) Les gens de
Bayonne écrivent plus tard que les Aragonais vont se joindre aux
Castillans pour assiéger leur ville. (_Ibid._, p. 132, 5 septembre.)
204--page 295, note 2--_Le Normand Robert de Braquemont..._
Je reviendrai sur cette famille illustre et sur les Béthencourt, alliés
et parents des Braquemont, à qui ceux-ci cédèrent leurs droits sur les
Canaries. V. _Histoire de la conqueste des Canaries, faite par Jean de
Béthencourt, escrite du temps même par P. Bontier et J. Leverrier,
prestres_, 1630. Paris, in-12.
205--page 296--_Les Anglais n'étaient pas sans inquiétude._
«Nous ne savons plus, écrivait un agent anglais à Henri V, si nous
avons la guerre ou la paix; mais dans six jours... It is not knowen
whethir we shall have werre or pees... But withynne six dayes...»
(Rymer, _ibid._, p. 126, 14 jul. 1419.)
206--page 300, note--_La mort du duc de Bourgogne fit un mal immense au
dauphin..._
«Pour occasion duquel fait plusieurs grans inconvéniens et domages
irréparables sont disposez davenir et plus grans que paravant, à la
honte des faiseurs, au dommage de mond. Seig. Dauphin principalment, qui
attendoit le royaume par hoirrie et succession après le Roy notre
souverain S. À quoy il aura moins daide et de faveur et plus dennemis et
adversaires que par avant.» (_Archives, Registres du Parlement,
Conseil_, XIV, folio 193, septembre 1419.)
207--page 305--_Derrière Henri V on portait sa bannière personnelle, la
lance à queue de renard..._
«Et portoit en sa devise une queue de renart de broderie.» (_Journal du
Bourgeois de Paris_, t. XV, p. 275.) À l'entrée de Rouen, c'était une
véritable queue de renard: «Une lance à laquelle d'emprès le fer avoit
attaché une queue de renart en manière de penoncel, en quoi aucuns sages
notoient moult de choses.» (Monstrelet, t. IV, p. 140.)
208--page 305--_Le roi d'Angleterre fut bien reçu à Paris._
Le greffier même du Parlement partage l'entraînement général, à en juger
par ses mentions continuelles de processions et supplications pour le
salut des deux rois: «Furent moult joyeusement et honorablement receuz
en la ville de Paris...» (_Archives, Registres du Parlement, Conseil_,
XIV, folio 224.)
209--page 306--_Charles fut condamné au bannissement..._
La sentence rendue par le roi de France, «de l'avis du Parlement», est
placée par Rymer au 23 décembre 1420: «Considérant que _Charles
soi-disant dauphin_ avoit conclu alliance avec le duc de Bourgogne...
déclare les coupables de cette mort _inhabiles à toute dignité_.»--V.
aussi le violent manifeste de Charles VI contre son fils: «Ô Dieu
véritable, etc.», 17 janvier 1419. (_Ord._, t. XII, p. 273.)--Un acte
plus odieux encore, c'est celui qui ordonne que les Parisiens seront
payés de ce qui leur est dû sur les biens des proscrits, de manière à
associer Paris au bénéfice de la confiscation. (_Ord._, t. XII, p. 281.)
Cela fait penser aux statuts anglais qui donnaient part aux communes
dans les biens des lollards.
210--page 308, note 2--_Chronique de Georges Chastellain..._
En citant pour la première fois Chastellain, je ne puis m'empêcher de
remercier M. Buchon d'avoir recherché avec tant de sagacité les membres
épars de cet éloquent historien. Espérons qu'on publiera bientôt le
fragment qui manquait encore et que M. Lacroix vient de retrouver à
Florence.
211--page 308--_Les princes du Rhin tendaient la main à l'argent
anglais..._
Procuration du roi d'Angleterre au Palatin du Rhin pour recevoir
l'hommage de l'électeur de Cologne. (Rymer, t. IV, p. I, p. 158-159, 4
mai 1416.)--Autre au Palatin du Rhin (pensionnaire de l'Angleterre),
pour qu'il reçoive l'hommage des électeurs de Mayence et de Trèves.
(_Ibid._, p. II, p. 102, 1 april. 1419.)
212--page 310--_Les politiques doutaient fort de l'utilité du Concile de
Constance..._
Petrus de Alliaco, _De Difficultate reformationis in concilio_, ap. Von
der Hardt, _Concil. Constant._, t. I, p. VI, p. 256.--Schmidt, _Essai
sur Gerson_, p. 57; Strasb., 1839.
213--page 313--_Jérôme de Prague était venu braver l'Université de
Paris..._
Royko, I theil, 112. Jean Huss avait, dit-on, défié l'Université de
Paris: «Veniant omnes magistri de Parisiis! Ego volo cum ipsis disputare
qui libros nostros cremaverunt in quibus honor totius mundi jacuit!»
(_Concil._ Labbe, t. XII, p. 140.)
214--page 314--_Gerson avait écrit à l'archevêque de Prague pour qu'il
livrât Jean Huss au bras séculier..._
«... Securis brachii secularis... In ignem mittens... misericordi
crudelitate. Nimis altercando... deperdetur veritas... Vos brachium
invocare viis omnibus convenit.» (Gerson. _Epist. ad archiepisc._ Prag.,
27 mai 1414.--Bulæus, V, 270.)
215--page 315, note 1--_Jean Huss et Jérôme de Prague..._
V. les détails du supplice de Jean Huss et de Jérôme. (_Monumenta
Hussi_, t. II, p. 515-521, 532-535.)
216--page 316--_Les gallicans n'eurent pas la réforme..._
Clémengis leur avait écrit pendant le concile qu'ils n'arriveraient à
aucun résultat: «Excidit spes unicuique unquam videndæ unionis... Quis
in re desperata suum libenter velit laborem impendere? Ibit schisma
Latinæ Ecelesiæ, cum schismate Græcorum, in incuriam atque oblivionem.».
(Nic. Clemeng. _Epist._, t. II, p. 312.)
217--page 319--_Jean Gerson..._
Sur le tombeau de Gerson, et sur le culte dont il était l'objet jusqu'à
ce que les Jésuites eussent fait prévaloir une autre influence, voyez
l'_Histoire de l'église de Lyon_, par Saint-Aubin, et une lettre de M.
Aimé Guillon, dans la brochure de M. Gence: _Sur l'Imitation polyglotte
de M. Montfalcon_. Il n'existe qu'un portrait de Gerson, celui que M.
Jarry de Nancy a donné dans sa _Galerie des Hommes utiles_, d'après un
manuscrit.
218--page 321--_À la prise de Meaux, trois religieux de Saint-Denis_,
etc.
«In horribili carcere cum vitæ austeritate detineri fecit.»--Le
Religieux de Saint-Denis, sans être arrêté par les préjugés de sa robe,
décide avec son bon sens ordinaire que, quoique moines, ils ont dû
résister à l'ennemi: «Minus bene considerans quæ canunt jura, videlicet
vim vi repellere omnibus cujuscumque status... licitum esse, pugnareque
pro patria.» (Religieux, ms., fol. 176-177.)
219--page 322--_Henri V charge l'archevêque de Cantorbéry et le cardinal
de Winchester de percevoir..._
«Exitus et proficus de wardis et maritagiis, ac etiam forisfacturas...
Volentes quod H. Cantuariensis archiepiscopo, H. Wintoniensi cancellario
nostro, et T. Dunolmensi episcopis, ac... militi nostro J. Rothenhale
persolvantur.» (Rymer, t. IV, p. I, p. 150, 28 nov. 1415.)
_Il fallait mettre Harfleur en état de défense..._
Presse de maçons, tuiliers, etc, pour aller fortifier Harfleur.
(_Ibid._, p. 152, 16 décembre 1415.)
220--page 323, note 2--_Henri V reprochait au cardinal de Winchester
d'usurper les droits de la royauté..._
Voy. les lettres de pardon qu'il accorde. (Rymer, t. IV, p. II, p. 7, 23
juin 1417.)--Mais, tout vainqueur, tout populaire qu'était alors Henri
V, il craignait ce dangereux prêtre. Il lui accorde une faveur le 11
septembre suivant, l'appelle son oncle, etc.
221--page 326--_Les paysans souffrant des courses et des pillages du
parti de Charles VII_, etc.
C'est ce que disent du moins les historiens du parti bourguignon,
Monstrelet et Pierre de Fenin: «Et en y eut plusieurs qui commencèrent à
eux armer avec les Anglois, non pas gens de grand'autorité...»
(Monstrelet, t. IV, p. 143.)--Pierre de Fenin assure même que «le povre
peuple l'amoit sur tous les autres; car il estoit tout conclu de
préserver le menu peuple contre les gentis-hommes». (Fenin, p. 187, dans
l'excellente édition de mademoiselle Dupont, 1837.)
222--page 329--_Les Anglais firent une charge meurtrière sur le petit
peuple de Paris..._
Montrelet, t. IV, p. 277, 309. Les Parisiens finirent par comprendre
ainsi que l'Anglais c'était l'ennemi. Ils en étaient déjà avertis par le
langage. Les ambassadeurs anglais «requirent ledit président de exposer
icelle créance, pour ce que chascun _n'eut sceu bien aisément entendre
leur françois langage_...» (_Archives, Registres du Parlement, Conseil_,
XIV, fol. 215-216, mai 1420.)
223--page 330--_Budget d'Henri V..._
«Pro Calesio et marchiis ejusdem, XII M marcas; pro custodia Angliæ,
VIII M marcas; pro custodia Hiberniæ, II M D marcas.» (Rymer, _ibid._,
p. 27, 6 mai 1421.)
224--page 333--_«C'est moi qui aurais conquis la terre sainte.»_
Henri V avait envoyé pour examiner le pays le chevalier Guillebert de
Launey, dont nous avons le rapport: «Sur plusieurs visitations de
villes, pors et rivières, tant as par d'Égypte, comme de Surie, l'an de
grâce 1422, le commandement, etc.» (Turner, vol. II, 477.)
225--page 337--_On dit qu'il n'y avait pas moins de vingt-quatre mille
maisons abandonnées..._
Nombre exagéré évidemment. Toutefois il ne faut pas oublier qu'il y
avait alors plus de maisons à proportion qu'aujourd'hui, parce qu'elles
étaient fort petites et qu'il n'y avait guère de famille qui n'eût la
sienne.--Il résulte des détails qu'on trouve dans la vie de Flamel que
la dépopulation avait commencé dès 1406. (Vilain, _Hist. de Flamel_, p.
355.)
226--page 338--_Une paix criée et chantée..._