Signé:_ TON ANTOINE.»

--Vous aviez raison. Ce paladin-là ne me semble pas, comme vous

l'avanciez, posséder des millions, avança Fraimoulu après cette lecture.

--Et il en est de même pour le galant chevalier de madame Giraudon, mon

numéro 2. Écoutez ce billet d'amour, dit Camuflet.

Il avait déplié la deuxième lettre et se mit à lire:

«_Eh! la mère, est-ce qu'on oublie son Boniface dont la bourse est à

sec, oh! mais à sec, que ça en fait pitié à tous les camarades! Tâche

donc d'expédier au plus vite des monacos à ton chéri._»

--Mazette! fit Fraimoulu, en voici encore un qui ne nage pas dans l'or!

--Pas plus que l'amoureux de la noble Belge Buffard des Palombes dont

je vais vous lire l'épître, répliqua Camuflet qui ouvrit la troisième

lettre:

«_Il me faut deux billets de mille francs ou je sombre au port.

Prouve-moi ainsi cette affection sans bornes que tu prétends toujours

éprouver pour moi..._»

Comme Camuflet s'était arrêté, Fraimoulu demanda:

--C'est tout?

--Non, cela se termine par une phrase assez énigmatique, répondit

Camuflet qui se remit à lire:

«_J'ai deux grues couchées en joue. Laquelle? De l'une ou de l'autre, il

y aura toujours des picaillons à fricoter._»

Cela lu, Camuflet regarda Fraimoulu.

--Comprenez-vous? demanda-t-il.

--Non, fit Athanase.

Mais, la curiosité l'excitant:

--Comment avez-vous pu vous procurer ces trois lettres étranges?

reprit-il.

Camuflet se redressa tout fiérot et avec un sourire malin:

--En pratiquant un précepte bien connu.

--Lequel?

--_Diviser pour régner_.

Camuflet disait la vérité. Mais, pour connaître l'exploit qui l'avait

rendu maître de ces lettres et la circonstance qui lui avait valu ce

superbe coup de poing sur l'oeil, il faut remonter de trente-six heures

en arrière.

L'avant-veille, quand il avait quitté M. Grandvivier, après que celui-ci

lui eut fait entrevoir la possibilité d'être délivré de son esclavage

en mariant ses trois belles-mères, il était parti en se promettant

d'arriver à découvrir, en chair et en os, ce baron de Walhofer qu'il ne

connaissait encore que par le nom de la carte trouvée dans la poche du

tablier de haute dame Buffard des Palombes.

--Oui, se disait-il en marchant, le conseil du juge est bon. Le tout est

de donner le branle. Or, en favorisant l'union de l'illustre dame avec

le baron, je verrai mes numéros 1 et 2, en vrais moutons de Panurge,

courir au conjungo.

Il avait promis de revenir le lendemain chez le magistrat, qui

l'attendait encore à dîner, pour lui donner des nouvelles du baron. A

l'heure dite, il reparut, mais avec la mine du renard qui a manqué sa

poule.

--Rien de neuf sur le Walhofer, annonça-t-il, pendant que mes mégères

étaient allées aux provisions,--car chacune fait son marché séparément,

tant elle aurait peur de manger quelque chose acheté par l'autre,--j'ai

fureté dans tous les coins, et meubles de la chambre de madame des

Palombes avec l'espoir de dénicher un portrait, une lettre, ou l'indice

quelconque de la voie à suivre... Rien! rien!

Puis en riant:

--Si mauvais résultat que j'aie à vous annoncer, j'ai encore failli ne

pas pouvoir venir vous en faire part. Mes trois gaillardes, qui sont à

court d'argent, faisaient si bonne garde autour de moi pour m'empêcher

de m'évader avant d'avoir regarni leurs porte-monnaie, que je n'aurais

pu m'enfuir s'il ne s'était présenté un M. Fraimoulu se disant

propriétaire d'une maison où, paraît-il, vous avez loué, ce matin, un

appartement.

--C'est vrai. J'ai terminé avec M. Fraimoulu, après qu'il a été convenu

de certains travaux à exécuter, pour lesquels je vous ai désigné au

propriétaire.

--C'est aussi ce que m'a dit ce monsieur. Sa visite avait pour but

de s'entendre avec moi sur la prompte exécution de ces travaux qu'il

s'imaginait être fort pressés. A quoi j'ai répondu qu'il faisait erreur,

car votre intention était de n'emménager qu'après que vous seriez

parfaitement libre de l'instruction de l'affaire la Godaille... ce qui

demanderait peut-être un mois.

--Sur ce point, vous vous êtes trompé, mon cher Camuflet.

--C'est pourtant vous-même qui m'avez annoncé ce délai.

--Oui, mais depuis quarante-huit heures des faits se sont présentés

à moi, qui feront probablement que cette instruction, qui s'annonçait

devoir être si longue, se terminera par une ordonnance de non lieu.

--Alors l'assassin de mon associé Bazart serait donc autre que son neveu

le saltimbanque?

--Il n'y a pas d'assassin, pour cette raison qu'il n'y a pas

d'assassinat. J'ai acquis la conviction que je me trouvais devant un

suicide... Dans deux ou trois jours, je l'espère, la Godaille sera remis

en liberté.

--Mais l'affaire du cadavre de madame Bazart trouvé sous un plancher?

--Tout certifie que c'est Bazart lui-même qui a vengé son honneur de

mari outragé.

--Diable! il n'y allait pas de main morte à se débarrasser de ceux qui

le gênaient!!! S'il avait eu trois belles-mères, lui! Voyez-vous ça

d'ici?

Cette réflexion de Camuflet l'ayant ramené à ses moutons, il fit au juge

le récit de sa ruse, pour prendre sa volée, d'avoir travesti Fraimoulu

en commissaire de police venant l'arrêter comme complice de l'assassinat

de la femme Bazart.

Ensuite, revenant à la question présente:

--Avec tout ça, continua-t-il, je ne vois pas trop comment j'arriverai à

découvrir le baron de Walhofer, ce vieux soupirant de mon numéro trois.

L'intérêt mystérieux qu'avait M. Grandvivier à faire de Camuflet, à

l'insu de ce dernier, un espion qu'il mettrait aux trousses du baron,

lui fit jouer la comédie; il parut réfléchir, puis, en secouant la tête:

--Peut-être vous y prenez-vous mal, mon cher ami, dit-il. A votre place,

je chercherais à apprendre la vérité par les deux autres belles-mères.

Dans la vie commune que mènent ces dames, elles ne sont pas sans avoir

surpris leurs secrets mutuels.

--Possible! Mais, voyez-vous, pour ce qui est de m'en dire un mot,

jamais!... Sans qu'elles soient convenues de rien, il y a entre elles,

sur ce point, une alliance complète.

--Heu! heu! fit M. Grandvivier d'un ton de doute, il n'est si ferme

alliance qu'on ne puisse rompre quand on sait mettre en pratique certain

précepte.

--Quel précepte!

--Diviser pour régner.

--Non, non, mes gaillardes s'entendent trop bien, je le répète, sur cet

unique point: me fourrer dedans! dit Camuflet convaincu.

--Alors cherchez autour d'elles, conseilla le magistrat qui, en voyant

le veuf le regarder sans comprendre, s'empressa d'ajouter: Souvent une

alliance n'est pas toujours seulement défensive. Quelquefois elle est

neutre. C'est-à-dire qu'à côté de ceux qui se sont engagés à se défendre

mutuellement, il y a aussi cette sorte d'alliance qui consiste à

regarder faire, sans prendre parti pour personne... Cherchez parmi

ceux-là.

Camuflet devint rêveur.

Soudain il tressaillit en s'écriant:

--Si je couvrais d'or ma concierge. Elle doit en savoir long sur le

trio.

--La concierge prendrait votre or et n'ouvrirait la bouche que pour

vous berner au profit de l'ennemi... Non pas que je condamne votre idée

d'employer cette femme, car elle est bonne. Seulement vous la mettez mal

en pratique; il faut agir, mais sans que vous paraissiez en scène.

--Alors, comment...?

--Je vous l'ai dit: diviser pour régner.

--C'est-à-dire les mettre à couteaux tirés, sans paraître y être pour

rien.

--Parfaitement.

A la fin de la soirée, le magistrat dit à Camuflet sur le point de

partir:

--Vous savez du reste combien je m'intéresse à vous. N'oubliez pas de

me tenir au courant de vos découvertes. Je n'ai pas besoin de vous

recommander le secret sur les quelques conseils que je vous ai donnés.

--On m'arracherait plutôt le nez que de m'en tirer les vers, répondit

naïvement le veuf.

Il s'en allait lentement, l'esprit à la recherche d'un moyen d'utiliser

sa portière, quand, à cinquante mètres de la demeure du magistrat, un

homme sortit d'une rue latérale et se mit à suivre la rue de Turenne,

dans la même direction que Camuflet qui le précédait.

Cet homme était coiffé d'une casquette et vêtu d'une blouse; il marchait

en fumant sa pipe.

Au moment où il avait débouché de la rue latérale, le bec de gaz,

placé à l'angle, l'avait si bien éclairé que Camuflet avait pu voir son

visage.

--Je ne me trompe pas, se dit-il, c'est ce garçon que M. Grandvivier,

hier, à travers son rideau, regardait de façon si féroce alors qu'il

fumait à la fenêtre de son taudis ayant vue sur le jardin... et que le

juge, plus tard, m'a dit n'avoir pas vu.

Et, sans penser à mal, puisque c'était sa route à suivre, Camuflet

continua sa marche derrière le fumeur.

Camuflet n'avait pas l'imagination prompte. En conséquence, il fut

bientôt absorbé par le problème que M. Grandvivier lui avait donné à

résoudre: savoir: _diviser pour régner_, en faisant, avec adresse,

et sans paraître y avoir poussé en rien, sortir la concierge de son

alliance avec les belles-mères.

--Le juge a raison, pensait-il; si mes trois numéros, d'une manière

quelconque, font leurs frasques, elles doivent, à coup sûr, être

protégées par le silence de mes concierges... de la portière surtout,

une maîtresse curieuse qui sait bien vite votre compte de puces.

Ainsi pensif, Camuflet marchait donc tout machinalement à dix mètres

derrière l'homme à la pipe et aux longues moustaches blondes qu'il avait

fini par oublier complètement.

Il n'était pas loin de minuit. A cette heure, où, dans certains

quartiers de Paris, le mouvement et la vie veillent encore, la solitude

était profonde dans la rue de Turenne.

Le fumeur, dont la pensée n'était pas, comme celle du triple veuf,

travaillée par la solution d'un problème, ne tarda donc pas à entendre

le pas qui résonnait derrière lui. Tout en continuant sa marche, il

tourna la tête pour voir qui lui arrivait sur les talons. Si l'obscurité

de la rue et la distance lui défendaient de voir les traits de son

suiveur, elles lui permettaient de constater sa petite taille et de se

rassurer contre le danger d'une attaque nocturne.

A l'angle de la rue Charlot, il prit cette rue qui allait le conduire

sur le boulevard. C'était aussi le chemin de Camuflet qui, pareillement,

doubla l'angle et, comme celui qu'il précédait, tourna à gauche, en

arrivant au boulevard. Puis, l'un croyant, après ce crochet, avoir

laissé son suiveur continuer sa route en droite ligne, l'autre n'ayant

pas conscience qu'il eût emboîté le pas à celui qu'il avait oublié, ils

remontèrent le même trottoir.

Sur le boulevard Saint-Martin, le fumeur, à court de provision pour sa

pipe, fit un quart de conversion pour entrer dans un bureau de tabac et

comme, au lieu d'avancer, il resta sur place, fouillant ses poches au

préalable, soit pour en tirer sa blague, soit pour vérifier s'il était

en fonds, Camuflet, marchant toujours, franchit la distance et lui passa

devant le nez, prenant ainsi de l'avance.

A ce passage de Camuflet dans la traînée de lumière produite par le

bureau de tabac encore pleinement éclairé, le fumeur vit le triple veuf,

pas assez tôt pourtant, car celui-ci l'avait déjà assez dépassé pour

qu'il n'eût pu voir ses traits, mais suffisamment pour reconnaître à sa

petite taille celui qu'il ne voyait plus que de dos.

--L'avorton de tout à l'heure, se dit-il, mais sans y attacher la

moindre importance.

Après une courte station dans le bureau de tabac, le jeune homme aux

longues moustaches reprit sa route, tout occupé de tirer sur sa pipe

dont, au bureau, il avait imparfaitement allumé la nouvelle charge.

Cent mètres plus loin, la pipe était éteinte. L'homme tira de sa poche

une boîte d'allumettes. Comme le vent assez vif, qui lui soufflait dans

la figure, menaçait d'éteindre son allumette, il se retourna pour donner

à la flamme l'abri de son individu, ce qui le mit en face de l'espace

qu'il venait de parcourir.

--Oh! oh! fit-il subitement d'un ton composé de méfiance et de surprise,

est-ce que ce moucheron-là me filerait, par hasard?

Dame! il y avait motif à surprise. Le petit homme qui, après l'avoir

dépassé devant le bureau de tabac, aurait dû, maintenant, être bien

avant, se retrouvait encore derrière lui, à une trentaine de mètres,

d'autant plus visible qu'à cette heure avancée les passants n'étaient

plus assez nombreux sur le trottoir pour masquer la vue de sa petite

taille.

En ce bas monde, où il n'est pas de miracle, le fait était des plus

simples à expliquer. Pendant que le fumeur était dans le bureau de

tabac, Camuflet, au lieu de gagner du terrain, avait fait une

pause devant la boutique d'un marchand de vin pour voir l'heure à

l'oeil-de-boeuf placé au-dessus du comptoir, et comme sa montre était

arrêtée, il l'avait remontée et mise à l'heure. C'était alors que le

jeune homme, à sa sortie du bureau de tabac, avait à son tour dépassé le

petit homme sans le remarquer, occupé qu'il était à tirer sa pipe dont

le tabac humide se refusait à la combustion.

Étant expliqué ce qui avait causé la surprise du fumeur, il resterait

encore à chercher ce qui avait éveillé sa méfiance. Il est à croire

qu'il faisait partie de ceux que leur conscience tient toujours sur le

qui-vive, et qui, suivant le dicton, en se sentant morveux, sont sans

cesse prêts à se moucher. Bref, il devait être en situation de craindre

d'être épié, car il gronda encore:

--Oui, il doit me filer. La preuve en est que, me voyant arrêté, il ne

continue pas sa marche.

En effet, le veuf était resté sur place, mais non pour la cause que lui

prêtait le fumeur aux longues moustaches blondes. S'il n'avançait plus,

c'est qu'il venait d'être immobilisé par la joie d'avoir soudainement

trouvé le moyen de mettre ses belles-mères en hostilité avec sa

portière.

--Oui, oui, se répétait-il, de cette façon, je les amènerai tout

gentiment à se manger le nez... et la portière, en leur tournant

casaque, viendra me crier gare!...

Cependant le fumeur s'était remis en marche, mais en doublant le pas. A

ce train-là, si tout à l'heure il retrouvait encore le particulier sur

ses talons, c'est que, bien décidément, il le filait.

--Alors, tant pis pour toi, mon joli coco! se disait-il avec un vilain

rire.

Après dix minutes d'un petit pas de course, il se retourna encore.

Toujours à même distance et courant aussi, il aperçut Camuflet.

Pouvait-il se douter que, si le petit homme accélérait ainsi sa marche,

c'était que, maintenant qu'il tenait son idée, il lui tardait d'être

rentré au logis pour bien étudier son projet.

Les circonstances transformant donc Camuflet en espion, le fumeur serra

les poings et murmura entre ses dents:

--Si je te trouve encore sur mon dos au premier tournant, ton affaire

est bonne!

Et bientôt, au coin de la rue Richelieu, il quitta le boulevard.

--Allons! c'est bien à moi qu'il en veut, se dit-il, quand, au même

tournant, il vit apparaître Camuflet dont c'était le chemin pour gagner,

par la place Louvois, la rue Méhul qu'il habitait.

Le jeune homme tenta encore une épreuve. Il entra dans la sombre rue

Delayrac, déserte à cette heure avancée, car il était passé minuit. Une

minute après, le triple veuf arrivait dans la rue.

Et, sans prêter la moindre attention à celui qui le précédait,

absorbé, qu'il était dans ses combinaisons machiavéliques contre ses

belles-mères, il s'avançait dans l'obscurité en se disant:

--Oui, excellente idée qui me permettra de _diviser pour régn_...

Malheureusement, il n'acheva pas le mot. Il en fut empêché par un

terrible coup de poing qui venait de lui être asséné par un homme,

bondissant de l'encoignure sombre d'une porte. L'attaque avait été si

soudaine et, surtout, si vigoureuse, que le pauvre Camuflet n'eut pas le

temps de voir son agresseur. Sous la force du coup, il s'affaissa sur le

trottoir où il s'évanouit.

Après son ennemi terrassé, le jeune homme n'avait pas l'intention de

s'en tenir là, car, se penchant sur le corps, il avançait déjà ses deux

mains qui allaient serrer le cou de sa victime quand, tout à coup, il se

releva en murmurant avec surprise:

--Eh! mais, c'est le _pante_ aux écus!!! J'allais faire de la belle

besogne, moi!... J'ai failli crever la caisse de la vieille.

Sur ce, il prit sa course et se perdit dans les détours des rues

voisines en se disant:

--Après tout, un mauvais horion sur l'oeil, ce n'est pas la mort d'un

homme. Si je n'en avais jamais accommodé que comme cela, j'en connais

qui mangeraient encore de la soupe.

Ensuite, en souriant:

--Je ne m'étonne plus, à présent, s'il suivait le même chemin que moi...

Nous allions au même endroit.

Cependant Camuflet avait repris connaissance et s'était relevé. Tout

trébuchant et la main sur son oeil endolori, il regagnait son domicile

en se demandant:

--A qui dois-je ce coup de poing-là? On m'a laissé ma montre et mon

porte-monnaie; donc c'est une vengeance qui a dû se tromper d'individu.

Le brave garçon pouvait-il, en bonne conscience, accuser de l'aventure

le jeune homme moustachu auquel il ne pensait plus depuis la rue de

Turenne?

Pouvait-il aussi se douter, quand il tira la sonnette de sa porte

cochère, que ce même jeune homme, de l'autre côté de la rue, caché dans

l'ombre, guettait sa rentrée en se disant:

--Il en sera quitte pour un oeil au beurre noir!... Pourvu qu'à rentrer

si tard il n'empêche pas la vieille de venir.

De quelle vieille parlait-il? Elles étaient trois vieilles chez le veuf.

La portière avait guetté le retour de Camuflet pour lui faire algarade

au passage devant la loge. Elle lui mit son bougeoir sous le nez, ce qui

lui permit de voir en quel piteux état son locataire avait un oeil, et

elle grogna hargneusement:

--Il y a des gens qui se soucient peu de faire mourir le pauvre monde

par la privation de sommeil. Au lieu d'aller faire le coup de poing dans

les brasseries, ils devraient penser aux infortunés qui veillent à les

attendre.

--Toi, ma sorcière, demain tu me feras la risette! pensa le retardaire

qui fila sans répondre.

Au moment où Camuflet, étendu dans son lit, souffla sa bougie pour

s'endormir, un long coup de sifflet retentit dans la rue, au pied de la

maison.

La conquête d'une cuisinière I Seul contre trois belles-mères · 第 20 / 40 题