Le résultat négatif de mes recherches fixe quand même un point
d’histoire. A ce titre il ne serait donc pas à dédaigner. Mais ma
satisfaction la plus grande a été de pouvoir rendre un suprême et public
hommage à Laing dans la ville même qui fut témoin de sa vaillance et de
son amour de la science.
Le Gouvernement britannique a été mis au courant officiellement de la
découverte faite à Sahab, et les autorités françaises conservent
actuellement à Tombouctou le précieux dépôt des restes du major Laing.
Ces débris humains sont bien peu de chose, et plus que jamais l’on peut
répéter en les regardant :
« Quot libras in duce tanto invenies ».
Mais l’œuvre pour laquelle Laing a donné sa vie est aujourd’hui
accomplie. La traite des noirs a cessé, et le honteux marché aux
esclaves, qui déshonorait Tombouctou, a disparu. Il y a quelque chose de
touchant à constater que les indigènes, après tant d’années, ont
conservé la mémoire du héros au noble cœur qui a donné sa vie pour leur
faire avoir plus de bonheur et plus de liberté.