Quand ils furent parvenus jusques en l'ost du roi d'Angleterre, leur

seigneur, ils lui recordèrent comment honorablement ils avoient été

reçus, et lui montrèrent les dignités et les joyaux que le duc de

Normandie leur avoit donnés. De quoi le roi eut grand joie, et fêta

grandement le connétable de France et les seigneurs qui là étoient

venus, et leur donna beaux dons et grands joyaux assez. Adoncques fut

ordonné que toutes manières de gens se délogeassent et se retraissent

bellement et en paix devers le Pont-de-l'Arche pour là passer Seine,

et puis vers Abbeville pour passer la rivière de Somme, et puis tout

droit à Calais. Donc se délogèrent toutes manières de gens et se

mirent au chemin; et avoient guides et chevaliers de France envoyés de

par le duc de Normandie, qui les conduisoient et les menoient ainsi

comme ils devoient aller. Le roi d'Angleterre, quand il se partit,

passa par la cité de Chartres et y herbergea une nuit. A l'endemain

vint-il moult dévotement, et ses enfans, en l'église Notre-Dame, et y

ouïrent messe et y firent grandes offrandes, et puis s'en partirent et

montèrent à cheval. Si entendis que le roi et ses enfans vinrent à

Harefleur en Normandie, et là passèrent-ils la mer et retournèrent en

Angleterre. Le demeurant de l'ost vinrent au mieux qu'ils purent, sans

dommage et sans péril; et partout leur étoient vivres appareillés pour

leur argent, jusques en la ville de Calais; et là prirent les François

congé d'eux, qui les avoient convoyés. Si passèrent depuis les

Anglois, au plus bellement qu'ils purent, et retournèrent en

Angleterre.

Sitôt que le roi d'Angleterre fut retourné arrière en son pays, qui y

vint auques des premiers, il se traist à Londres, et fit mettre hors

de prison le roi de France, et le fit venir secrètement au palais de

Westmoustier, et se trouvèrent en la dite chapelle du palais. Là

remontra le roi d'Angleterre au roi de France tous les traités de la

paix, et comment son fils, le duc de Normandie, au nom de lui, l'avoit

jurée et scellée, à savoir quelle chose il en diroit. Le roi de

France, qui ne désiroit autre chose fors sa délivrance, à quel meschef

que ce fût, et issir hors de prison, n'y eût jamais mis empêchement,

mais répondit que Dieu en fût loué quand paix étoit entre eux. Quand

messire Jacques de Bourbon sçut ces nouvelles, si en fut grandement

réjoui, et vint à Londres au plus tôt qu'il put devers l'un roi et

l'autre qui lui firent grand chère. Depuis chevauchèrent-ils tous

ensemble, et le prince de Galles en leur compagnie, et vinrent à

Windesore, là où madame la roine étoit, qui moult fut réjouie de leur

venue et de la paix le roi son seigneur, et du roi de France son

cousin. Si eut là grands approchements et semblans d'amour entre ces

parties, et donnés et rendus grands dons et beaux joyaux. Depuis

fut-il accordé que le roi de France et son fils, et tous les barons de

France qui là étoient, se partissent et se traissent devers Calais.

Adonc prirent-ils congé à la roine d'Angleterre et à ses filles, qui

moult étoient lies de la paix et du département du roi de France. Si

aconvoya le roi d'Angleterre le roi de France jusques à Douvres; et là

se tint aise au châtel de Douvres deux jours, et tous les François

aussi. Au tiers jour ils entrèrent en mer, le prince de Galles, le duc

de Lancastre, le comte de Warvich, messire Jean Chandos et plusieurs

autres seigneurs en leur compagnie, et arrivèrent à Calais environ la

Saint-Jean-Baptiste[274]. Si se tinrent en la dite ville de Calais

tout aisément, et attendirent là un terme les messages du duc de

Normandie, qui devoient apporter la finance de six cent mille francs

de France. Mais le paiement ne vint mie si tôt que on espéroit qu'il

dût venir; car il ne fut pas si tôt recueilli des officiers du roi de

France. Si vinrent le duc de Normandie et ses deux frères en la cité

d'Amiens, pour mieux ouïr tous les jours nouvelles de leur seigneur et

entendre à ses besognes et à sa délivrance; et pendant ce se cueilloit

le paiement parmi le royaume de France.

[274] Le roi Jean arriva à Calais le mercredi 8 juillet, suivant

les _Chroniques de France_.

Si entendis et ouïs recorder adonc que messire Galéas, sire de Milan

et de plusieurs cités en Lombardie, fit ce premier paiement, parmi un

traité qui se fit adonc: car il avoit un sien fils à marier: si fit

requérir au roi de France qu'il lui voulsist donner et accorder une

sienne fille, parmi ce que il paieroit ces six cent mille francs. Le

roi de France, qui se véoit en danger, pour avoir l'argent plus

appareillé, s'y accorda légèrement. Or ne fut mie cil mariage sitôt

fait ni confirmé, pour ce que la finance ne vint mie sitôt avant. Si

convint ce danger souffrir et endurer au roi de France, et attendre

l'ordonnance de ses gens.

Comment ceux des forteresses anglesches de France, du

commandement du roi d'Angleterre, se partirent; et comment la

rançon du roi de France fut apportée à Saint-Omer.

Quand le prince de Galles et le duc de Lancastre, qui se tenoient à

Calais de-lez le roi de France, virent que le terme passoit, et que le

paiement point ne s'approchoit, si eurent volonté de retourner en

Angleterre, et mirent ordonnance en ce; et laissèrent le roi en la

garde de quatre moult suffisans chevaliers, messire Regnault de

Cobehen, messire Gautier de Mauny, messire Guy de Briane et messire

Roger de Beauchamp. Et payoit le roi de France ses frais et les frais

de ces seigneurs et de leurs gens: si montèrent grand foison, bien le

terme de quatre mois qu'ils furent à Calais.

Or vous parlerons d'aucuns chevaliers anglois, capitaines des

garnisons qui se tenoient en France et étoient tenus deux ou trois ans

par-avant, ainçois que paix se fît. Cils qui avoient appris à

guerroyer et à hérier le pays, furent moult courroucés de ces

nouvelles, quand ils eurent commandement du roi d'Angleterre qu'ils se

partissent; mais amender ne le purent. Si vendirent les plusieurs

leurs forteresses à ceux du pays d'environ et en reçurent grand

argent, et puis s'en partirent. Et les aucuns ne s'en voulurent mie

partir, car ils avoient appris à piller et à faire guerre; si firent

comme paravant, sous ombre du roi de Navarre; et ce furent ceux qui se

tenoient sur les marches de Normandie et de Bretagne. Mais messire

Eustache d'Aubrecicourt qui se tenoit dedans la ville de Athigny,

quand il s'en partit, la vendit bien et cher à ceux du pays. Or

prit-il simplement ses convens, dont il fut depuis mal payé; et si

n'en eut autre chose.

Si s'en partirent tous ceux qui tenoient forteresses en Laonnois, en

Soissonnois, en Picardie, en Brie, en Gâtinois et en Champagne. Si

retournoient les aucuns qui avoient assez gagné, en leurs pays, ou qui

étoient tannés de guerroyer; et les plusieurs se retraioient en

Normandie devers les forteresses navarroises. Or vint cil paiement de

ces six cent mille francs en la ville de Saint-Omer; et fut là tout

coi et arrêté en l'abbaye que on dit de Saint-Bertin, sans porter plus

avant; car les aucuns hauts barons de France, qui élus et nommés

étoient pour être hostagiers et entrer en Angleterre, refusoient et ne

vouloient venir avant, et en faisoient grand danger. De quoi si

l'argent fût payé et délivré en la ville de Calais aux Anglois, et les

seigneurs de France ne voulsissent entrer en hostagerie, ainsi que

convens et ordonnances de traités se portoient, la dite somme de

florins fût perdue, la paix fût brisée, et le roi de France remené

arrière en Angleterre. Sur ces choses avoit bien avis et manière de

regarder.

Comment le roi d'Angleterre vint à Calais et s'entrefêtoient

chacun jour les deux rois; et comment autres lettres de la paix

furent faites et scellées des deux rois.

Ainsi demeura le roi de France à Calais, du mois de juillet jusques en

la fin du mois d'octobre. Quand ces choses furent si approchées que le

paiement fut tout pourvu, si comme ci-dessus est dit, et venus à

Saint-Omer ceux qui devoient entrer en hostagerie pour le roi de

France, le roi d'Angleterre, informé de toutes ces choses, repassa la

mer à grand quantité de seigneurs et de barons et vint de rechef à

Calais. Là eut grands parlemens de l'une partie et de l'autre, du

conseil des deux rois, qui par l'ordonnance de la paix s'appeloient

frères. Là furent de rechef lues, avisées et bien examinées les

lettres de la paix, à savoir si rien y avoit à mettre ni à ôter, ni

nul article à corriger. Et tous les jours donnoient les deux rois à

dîner l'un à l'autre et leurs enfans, si grandement et si étoffément

que merveilles seroit à penser; et étoient en reviaulx et récréations

ensemble si ordonnément, que grand plaisance prenoient toutes gens au

regarder; et laissoient les deux rois leurs gens et leur conseil

convenir du surplus.

_Chroniques de Froissart._

GLOSSAIRE[275].

[275] La connaissance du vieux français est encore si imparfaite

et nous sommes si éloignés d'avoir un bon dictionnaire du langage

du moyen âge, que nous espérons que nos lecteurs voudront bien

nous savoir gré des efforts qu'il nous a fallu faire pour rédiger

ces glossaires; et nous nous plaisons à dire que ce qu'ils

contiennent de meilleur est dû à l'érudition et à l'obligeance de

MM. Fr. Baudry, Michelant et A. de Montaiglon.

A.

A, avec.

A, p. 280, pour.

A TOUT, avec.

A VAL, en bas.

ACCOMPARAGER (S'), se comparer, être mis en comparaison.

ACCRÉU, de accroître, p. 12, se sentant plus de confiance en

soi-même.

ACÉRÉ, pointu.

ACERTES, ADECERTES, certainement.

ACHOISON, p. 276, sujet.

ACOINTÉ, ami, allié.

ACONSUIR, poursuivre, atteindre.

ACONVOYER, accompagner.

ACRAVANTER, ACRAVENTER, CRAVANTER, renverser, briser, écraser.

ACRAVENTÉ, ACRAVENTIÉ, participe passé du verbe ACRAVENTER.

ADONC, ADONCQUES, ADONT, alors, lorsque.

ADRECIER, ADRECER, redresser, rétablir, remettre en son état,

rendre justice, faire droit.

ADVOESON, ADVOISON, bail.

AFFERMÉ, affermi, ferme, assuré conclu.

--_Firmatus._

AFFEROIT (IL), il convenoit.

AFFIER (S'), se fier, donner sa foi.

AFFOLÉ, estropié.

AFFRÉNER, s'arrêter.

AFFUIR.

--_S'en affuir à_, s'enfuir auprès de.

AGUES, aiguës.

AHERDRE, attacher, tenir ensemble.

AIDABLE, dont on peut s'aider, qui peut aider.

AILE, côté, flanc.

--_Avait costié sur aile_, avait côtoyé, avait marché sur le

flanc de...

AINÇOIS, p. 145, plus tôt. _Ainçois que_, avant que.

AINS, AINSOIS, AINÇOIS, mais, au contraire.

AÏR, IRE, colère.

AISER, mettre à l'aise.

AJOURNEMENT (L'), au point du jour; opposé à _l'anuitier_.

ALENER, fatiguer.

ALLOUER, p. 455, perdre.

ALLOYÉ, lié.

ALOUÉS, gens à gages.

AMENDÉ, réparé, guéri.

--_Amender_, p. 423, réparer, faire satisfaction.

AMENRIR, amoindrir.

AMONTER, élever.

ANCESTERIE, ANCESTRIE, bonne famille, généalogie.

ANIENTIR, anéantir, laisser perdre.

ANTE, tante.

ANUITIER (A L'), pendant la nuit, le soir.

AOURER, AOUSER, révérer, prier, adorer.

APAISIER, apaiser, terminer.

APASSER, passer.

APETICIER, diminuer.

APPAREIL BATAILLEUR, APPAREIL BATAILLEREUX, tout ce qui est

nécessaire pour faire la guerre.

APPAREILLÉ, orné.

APPARTENANT, convenable.

APPELER, relever (en parlant des fiefs).

--_De qui leurs fiés appeloient ne disoient à tenir_, de qui

leurs fiefs relevaient ou de qui ils disaient les tenir.

APPENDANCES, dépendances.

APPERT, adroit, habile.

APPERTEMENT, habilement, ouvertement.

APPERTISE, exploit.

APPIAULX, appels.

APPLIQUA, p. 12, s'en alla; se logea, entra.

ARDIRENT, brûlèrent. (De _ardre_.)

ARDOIR ou ARDRE, brûler. (_Ardere_.)

ARGUÉ, accusé.

ARRÉÉ, harnaché.

ARRÉÉMENT, en arroi, en bon ordre.

ARRÊTÉ, p. 121, retiré.

ARROUTER (S'), se réunir, se mettre en _route_, c'est-à-dire en

troupe.

ARROY, ordre.

ARS, brûlé. (De _ardre_.)

ASSAMBLER A engager le combat avec.

ASSAUDROIT, attaquerait, assaillirait.

ASSÉGURANCE, assurance.

ASSEMBLÉE, p. 387, attroupement, rassemblement.

ASSENTEMENT, assentiment, consentement.

ASSENTIR, consentir.

--_Assentant_, consentant.

ASSEOIR, assiéger.

--_Assis_, assiégé.

ASSISTER, assiéger.

ASSUREMENT, assurance.

ATANT, alors.

ATOUT, avec.

ATRAIANT, participe présent de _atraire_.

ATRAIRE, attirer, faire venir.

--P. 292, lui faire adopter son avis.

ATTEMPRANCE, règlement, arrangement.

ATTERRER, renverser, jeter à terre.

ATTRAIT, approvisionnement.

AUCEURRE, AUCUERRE, Auxerre.

AUQUES, aussi.

--_Auques près_, à peu près, à quelque chose près. (_Aliquid._)

AUTEL, de même, semblablement, la même chose.

AVAL, en bas.

AVALA (S'), p. 238, mit pied à terre.

AVANCER.

--_Avancer leurs corps_, pour s'exercer aux armes.

AVENUE, événement.

AVENU A (ÊTRE), être arrivé auprès de.

AVINRENT, arrivèrent.

AVISER, apercevoir.

--_Comme on peut aviser et deviser_, se le figurer sans l'avoir

vu et en parler après l'avoir vu.

AVISÉ.

--_De fait avisé_, comme on en était convenu.

AVOLÉ, réfugié.

AYDES, sorte d'impôts.

AYE, aide.

AYRÉ, plein de colère.

B.

BABILOINE, Babylone (Le Caire).

BACHELEREUX, aimables.

BACHIÈRE, bateau, bachot.

BAN, cri public, ordre, publication, avertissement.

BAN-CLOCHE, cloche du ban.

BAN-LÈVRE, tour de la bouche.

BASSINET, BACINET, BACIN, armure de tête.

BATAILLE, corps d'armée.

BEHAIGNE, Bohême.

BELLEMENT, bien, doucement.

BENOICTE, sainte, bénie.

BÉOIENT, bayaient, flânaient.

BERSAIL, but.

--_Être en bersail_, servir de but.

BESOGNE, BESOINGNE, besoin, nécessité, affaire.

BESOGNER.

--_Ainsi qu'il leur besognoit_, ainsi qu'il leur était besoin.

BIDAU, soldat armé légèrement.

BLANDISSEMENT, flatterie.

BOBANT, bruit, réjouissance tumultueuse.

BONDE, frontière. (_Bande._)

BORDURE, broderie.

--_Ouvrée de bordure au ray d'un soleil_, travaillée d'une

broderie au rayon de soleil.

BOUBANT, vanité.

BOUTER, mettre.

BOUTIS, poussée.

BOURLET, massue.

BRIGANDS, soldats à pied recouverts d'une espèce de cotte de mailles

appelée _brigandine_.

BROCHER, piquer.

C.

CALENGER, réclamer, défendre, contester.

CAUTELÉ, p. 455, fait avec grande précaution.

CELÉEMENT, en cachète, secrètement.

CEL, CELLE, cet, cette.

CESTUI, celui.

CHAINGLE, enceinte.

CHALENGER. Voyez CALENGER.

CHALLOIR, se soucier.

CHEF.

--_Venir a chef_, venir à bout.

CHÉENT, tombent. (De _cheoir_.)

CHÉI, tomba; _chéirent_, tombèrent.

CHÉOIT, tombait.

--P. 455, _comme il chéoit à point, etc._, comme il en était

au moment de prendre possession du logis préparé pour lui à

Chartres comme on le préparait ailleurs. (Les négociateurs

français sont dans sa chambre avant lui et attendent son

arrivée.)

CHER.

--_Qui eussent eu aussi cher néant_, qui n'avaient rien moins

envie que de.

CHERCHER, parcourir.

CHÈRE, visage, mine.

--_A liée chère_, avec bonne mine, bon visage, bon accueil.

--_Chère liée_, figure joyeuse.

--_Grand chère_, grand accueil.

CHET, tombe. (De _cheoir_.)

CHEVANCE, bien, richesse, propriété.

CHEVESTRE, corde.

CHIEF, tête, chef.

--_Qui faisoient chiefs_, qui étaient maîtresses de maison.

CHU, tombé.

CIL, cet, celui; _cils_, ceux.

CLAMER, appeler.

CLERC, ecclésiastique.

CLERGESSE, savante, lettrée.

COINTE, élégant.

COINTISE, ornement.

COIS, tranquilles.

COLOMPNE (LA), Colonne.

COMBIEN QUE, malgré que.

COMPAIGNIER, être en compagnie.

COMPARER, faire de même, user de représailles.

COMPARÉE, payée.

COMPAROIR, comparaître.

--S'emploie encore en style de procédure.

CONCEVOIR, connaître.

CONCHIER, souiller.

CONCILE, assemblée.

CONFORTANS, aides, soutiens.

CONFORTÉ.

--_Conforté durement_, bien constitué, fort.

--_Tout conforté par semblant_, ayant l'air d'attendre

tranquillement.

_Confortés_, p. 440, encouragés.

CONFRONTATION, ce qui est adjacent, ce qui se fait front.

CONGIÉ, congé, permission.

CONNÉTABLIE, compagnie.

CONNOÎTRE, p. 22, avouer.

CONROI, ordre, rang;

--suite, compagnie, troupe.

CONSAUL, CONSAUX, CONSAULX, conseil, conseillers.

CONSEILLIER, tenir conseil, tenir séance.

CONSTENTIN, Cotentin.

CONSTRAIGNANT, se resserrant.

--P. 15, les combattants se rapprochant.

CONSUIR (SE), se joindre.

CONTEMPT, mépris.

CONTRAIRE (FAIRE), être contre, être ennemi.

CONTRE, à la rencontre, au-devant.

CONTREMONT, en l'air, en haut.

CONTRESTER, s'opposer.

--_Ne l'eut contresté_, ne s'y fût opposé.

CONVENANCE, convention.

CONVENANCER, faire une convention, s'engager à.

CONVENANT, contenance, disposition.

CONVENT, convention, ce qui a été convenu.

--_Avoir en convent_, promettre, s'engager.

CONVERSER, se réunir, se diriger vers.

COPÉ, coupé.

CORDELLE (A SA), à sa discrétion, à sa disposition.

CORON, coin.

CORROMPRE, rompre.

COSTIER, suivre, aller près, côtoyer.

--_En costiant_, en attaquant le flanc.

COURIR, ravager.

COURROUCIÉ, peiné, affligé.

COÛT, dépense, frais.

COUTAGES, dépens, frais.

COUTE, matelas.

COUTILLE, grand couteau.

COUVERTE (A LA), en cachette, en secret.

COUVERTEMENT, même sens.

CRÉANTER, promettre.

CRÉDENCE, créance, foi.

CRÉEZ, croyez.

CRÉOIENT, croyaient.

CROIX. _De croix pris_, de croisade, de croix à prendre.

--Prendre la croix relevait d'un serment.

CRUEUX, sanglant.

--(De _cruor_.)

CUIDER, croire.

CUISANÇON, inquiétude.

CUISSIENS, cuissarts, armure des cuisses.

CUER, cœur.

CURER, soigner.

D.

DAMPNEMENT, damnation, condamnation.

DAMPNER, condamner, blâmer.

DE. Cette préposition, qui marque aujourd'hui le génitif, ne

s'employait pas autrefois. On disait: _le palais le roi_,

_l'hôtel la reine_, pour le palais _du_ roi, l'hôtel _de_ la

reine.

DE, p. 319, par.

DE LÈS, p. 10, depuis.

DÉBOUTER, repousser, pousser.

DECEVOIR, tromper.

DÉDUIT, plaisir.

DÉFAUTE, DEFFAUTE, manquement, faute.

DEFFRAUDÉ, diminué par fraude.

DÉGASTER, ravager, détruire.

DEHAITÉ, malade.

DÉLAYÉ, reculé, différé. (_Délai._)

DÉLIVRANCE, suite, livrée.

DEMAINE, domaine; propriété entière, opposée au fief.

DEMANDER, p. 426, blâmer, accuser.

DÉMOLLICION, destruction.

DÉNÉER, nier, dénier, refuser.

DÉPARTEMENT, départ.

DÉPARTIR, partir.

DÉPENDRE, dépenser. (_Dépens._)

DÉPIT, p. 187, moquerie;

--chagrin, peine.

DÉPORT, p. 128, délai.

DÉPORTER, p. 404, administrer;

--p. 429, épargner;

--p. 448, dispenser.

DÉPORTER (SE), se dispenser, se désister.

DERNIER (AU), finalement.

DÉROUTÉS, rompus, qui ne sont plus en _route_, c'est-à-dire en

troupe ordonnée.

DESCENDRE, p. 215, tomber sur, charger, attaquer.

--_Descendre à pied jus_, mettre à pied bas, c'est-à-dire

pied à terre.

DESCONGNUEMENT, secrètement.

DESCORT, débat, querelle, discorde.

DESCRIER, décrire, raconter.

DÉSERTE, salaire, expiation.

DESLAÏER, DÉLAYER, différer, tarder.

DÉSLIÉ, dissous.

DESNUÉ, dénué, privé de, nu, dépouillé.

DÈS-ORS ENDROIT, dès actuellement.

DESPÉCIER, rompre, dissoudre.

DESPISOIENT, méprisaient.

DESPIT, mépris, dédain.

DESPITEMENT, avec colère.

DESQUIEX, forme de desquels.

DESROUTES, rompues, brisées.

DESROYER, rompre les rangs.

DESSAMBLER, DESSEMBLER, séparer, diviser.

DESSERVIR, mériter.

DESSEVRER, séparer.

DESTOURBER, troubler, déranger.

DESTOURBIER, DÉTOURBIER, trouble, dérangement, désordre.

DESTROIT, affligé.

DESTRUIMENT, destruction, ruine.

DESTRUIRENT, détruisirent.

DÉTRENCHIÉ MORT, tranché, blessé à mort.

DÉTRIER, arrêter, différer.

--_Se détrier_, se refuser à.

DEUSSIEZ, dussiez.

--_Deust_, dût.

DÉVÉE, de _dévéer_, défendre. (_Devetare._)

DEXTRE, droite.

DIE, dise.

--_Distrent_, dirent.

DIGNITÉS, p. 470, reliques.

DILATION, délai.

DIS, dires, ce qu'on a dit.

DOINT, donne.

--_Donroit_, donnerait.

DOUBTE, crainte.

DOUBTER, craindre, avoir peur, redouter.

DROIT, direct, légitime, juste.

--_Appelé à droit_, appelé en justice.

DROITURES, droits.

DUIT, au pluriel DUIS, habile, expérimenté.

DUREMENT, beaucoup.

E.

ÉBATTEMENT, plaisir, ébats.

ÉCHEOIR, tomber.

ÉCU, bouclier.

EDIFIEMENT, construction.

EFFORCER, rendre plus fort.

EFFORCIEMENT, en forces.

ÉLIRE, choisir.

EMBATTRE (SE), s'élancer sur quelque chose, s'y enfoncer.

--Se réfugier.

EMBESOGNER (S'), travailler, s'occuper.

EMBLER, enlever.

EMBLER (SE), s'esquiver, se séparer.

ÉMOUVOIR.

--_Émouvoir guerre_, déclarer, exciter la guerre.

EMPAIGNANT, d'_empaindre_, poussant.

EMPAINTE, attaque, choc.

EMPENSER, penser.

EMPÊTRER, obtenir.

EMPOINTE, attaque, choc.

EMPRENDRE, entreprendre.

--_Emprit_, prit.

EMPRISE, EMPRINSE, entreprise, projet.

ÉMU, p. 120, _étoit ému_, était intenté.

EN, on.

--_L'en_, t-on.

EN DROIT MOI, à mon égard, à mon endroit.

EN DROIT SOI, à l'égard de soi.

ENCHAITIVÉ, prisonnier.

ENCHAS, combat.

ESCHÉY, arriva.

ENCLOUANT, renfermant. (De _Encloir_, enclore.)

ENCONTRE, à la rencontre, au-devant de.

ENCONVENANCER, promettre, faire convention.

ENCOULPÉ, déclaré coupable, inculpé.

ENCOURAGEA, p. 296, enflamma.

ENCOURU (ÊTRE), être condamné.

--_Sans être encourus en cette somme_, sans être condamnés à

payer cette somme.

ENCOUSIT (S'), s'enfonça, entra.

ENDROIT, p. 172, _là endroit_, là où nous sommes; ou bien: là

tout de suite.

ENFÉLONNIT, irrita.

ENGIN, p. 466, ruse.

ENGRIGNY, de _engrignir_, courroucer.

ENLIGNAGÉ, apparenté.

EN-MY, EMMY, au milieu de. (_In medio._)

ENNORTER, exhorter, conseiller.

--_Enortement_, exhortation.

ENNUIS, malgré soi, avec peine.

ENS, dedans.

--_Ens ès_, dedans les.

ENSEIGNE, indice, preuve.

ENSEMENT, ensemble, en même temps.

ENSONNIER, p. 122, y aviser.

--P 192, _Ensonnioient_, occupaient.

ENTENDRE, s'occuper, donner son attention.

ENTÉRINER, ratifier.

ENTOUILLÉS, mêlés.

ENTOUR, environ.

ENTREDIT, interdit.

ENTREMENTES, pendant.

ENVAYE, attaque.

ENVI, ENVIS, malgré soi. (_Invitus._)

ERRAUMENT, promptement.

ÈS, dans les.

ESCHARCEMENT, peu.

ESCHARNISSEMENT, raillerie.

ESCHEQUIER, échiquier, cour de justice.

ESCHÉY, tomba.

ESCHIÉVER, éviter, esquiver.

ESCLITRE, éclair.

ESCONDIRE, refuser (_éconduire_).

ESCOUIR, brandir.

ESCRISOIT, écrivait.

ESLAI, course, bond, élan.

ESLEVER, se lever, se soulever.

ESLIESCER, réjouir, mettre en liesse (joie).

ESPÉCIAUMENT, spécialement.

ESPÉRÉ. _Espérés à mouvoir_, qu'on s'attend à voir s'élever.

ESPIE, espion.

ESPOIR, peut-être.

ESPURGER (S'), se purger d'une accusation.

ESRAGIÉ, enragé, furieux.

ESTACHE, pieu.

ESTAINT, étouffé, mort.

ESTABLEMENT, d'une manière stable, permanente.

ESTAL, place, demeure.

ESTOURMI, combattu, attaqué;

--p. 169, rassemblé, réuni en foule, en désordre.

ESTRAIN, paille, chaume.

ESTRIF, lutte, combat.

ESTRIVER, combattre.

ETOFFER, ESTOFER, approvisionner.

EXILIER, EXILLER, ravager.

EXPLOITER, ESPLEITER, achever, faire, agir;

--p. 406, se hâter, marcher.

EXPRESSES, exprimées.

F.

FAILLIR, manquer, ne pas réussir.

--_Failli_, manqua. _Failli_, tombé.

FAUDROIT, manquerait, ferait défaut. (De _faillir_).

FAITICEMENT, FAICTISSEMENT, bien arrangé, arrangé avec art.

FAME, bruit. (_Fama._)

FAUTE, manque, espace vide.

FAUTRE, fourreau.

FÉAUTÉ, fidélité.

FÉIST, fit.

FEL, cruel.

FELLEMENT, durement.

FÉLONNEUX, FÉLONNESSE, dur, cruel, méchant.

FÉNI, finit.

FÉRANT ET BATTANT, en toute hâte.

FÉRIR EN (SE), tomber sur.

FÉRU, frappé. (De _férir_.)

FERMÉ, conclu, assuré. (_Firmatus._)

FERMETÉ, fermeture, barrière.

FÈS, faix, poids, charge.

FÉSIST, fit.

FIABLEMENT, avec confiance.

FIANCER.

--_Fiancèrent prisonniers_, firent reconnaître prisonniers

sur parole.

FIER, rude, dur.

FINA, finit.

FINABLE, finale, définitive.

FOISON. _Si montèrent grand foison, bien le terme de quatre mois

qu'ils furent à Calais_, montèrent très-haut, par suite des

quatre mois qu'ils furent à Calais.

FORBOURG, faubourg.

FORFAIT, compromis.

FORMENT, fortement, fort, beaucoup.

FOSSOYER, faire un fossé.

FOURBIRENT. Voyez RESTREIGNIRENT.

FOURRER, fourrager.

FRAYER, dépenser, faire les frais.

FRETABLE, coûteux.

FRIQUEMENT, agréablement.

FROISSIS, brisement, hachement.

FRONTIÈRE.

--_Faire frontière_, garnir, mettre sur le front, sur le devant.

FROYE, FROIE, trace. (_Frayer._)

FUERRES, paille, fourrages.

FUIE, fuite.

FUST, bois, bâton.

G.

GAGNÉE, prise.

GAIGES, gages.

GARNATE, Grenade.

GARNIR (SE), se fortifier, se garnir.

GASTER, ravager, dévaster.

GEHENNE, torture, question. (_Gêne._)

GENTIL, noble.

--_Gentillesse_, noblesse.

GÉSIR, être couché, coucher, être placé.

GÉU, participe passé de _gésir_.

GISSOIENT, imparfait de _gésir_.

GOBELIN, lutin, esprit follet.

GREIGNEUR, plus grand.

GREVER, faire du mal.

GRIS, sorte de fourrure.

GROSSIÉE, grossoyée, expédiée en grosse écriture et délivrée en

forme exécutoire.

GUERDON, récompense.

GUÉRITÉ _à l'encontre_, défendu, protégé contre.

GUERLES, Gueldres.

GUEULE (terme de blason), rouge.

GUISE, manière.

H.

HAIER, fermer de haies, de palissades.

HAITIÉ, robuste, en bonne santé.

HANS (LES), la poignée.

HANTONNE, Southampton.

HARIOIT, fatiguait.

HART, corde;

--au pluriel _hars_.

HAVELLE, havre.

HAVET, crochet.

HÉOIT, haïssait.

HÉRIÉ, maltraité.

HÉRITE, hérétique.

HEUR, la chance.

HEURE, _une heure..... et l'autre_, tantôt..... et tantôt.

HODÉ, fatigué.

HOIR, héritier.

HOKEBOT, bateau.

HONNIR, vexer, maltraiter;

--p. 346, gâter, brouiller.

HOSTAGIER, celui qui est donné en otage.

--_Hostagerie_, état de celui qui sert d'otage.

HOSTIDONNE, Huntingdon.

HOSTOYER, faire la guerre, guerroyer.

HÔTELS, personnes de la maison.

L'Histoire de France racontée par les Contemporains (Tome 3/4)) Extraits des Chroniques, des Mémoires et des Documents originaux, avec des sommaires et des résumés chronologiques · 第 35 / 36 段