XXXIII

_Clotilde à Tony Vatinel._

«Je pars, Tony, je pars triste et malheureuse; j'emporte cependant un

espoir, mais tellement vague, que je n'ose vous le dire; si je réussis,

vous pourrez juger de l'ardeur que j'ai mise à nous réunir. J'ai

sollicité pour mon mari, sans qu'il le sache, et par des amis

puissants, une sorte de mission honorifique qui l'enverrait pour trois

mois en Italie. Ne trouvez-vous pas que M. de Sommery ferait un

très-agréable chargé d'affaires auprès d'un gouvernement... étranger?

»Soyez calme, je vous en prie, nous ne sommes pas tout à fait séparés;

je prie un peu le ciel, et je l'aide beaucoup; n'est-ce pas d'ailleurs

être un peu ensemble que de souffrir chacun de notre côté de la même

absence, de former les mêmes voeux, d'évoquer les mêmes souvenirs?

»Ah! Tony, pourquoi suis-je mariée! Mais jamais je ne serai à deux

hommes à la fois.»

Clotilde · 第 129 / 169 题