_Clotilde de Sommery à Tony Vatinel._
«Mon Dieu, mon ami, quelle tête folle vous avez, et comme vous êtes
habile à vous faire des désespoirs! à peu près comme Dieu forma le
monde, c'est-à-dire de rien.
»J'étais à la fois triste et fâchée de voir M. de Sommery avoir pris un
avantage sur vous, lui qui vous est si prodigieusement inférieur sur
tous les points. Permettez-moi, mon ami, de mettre en vous tout mon
orgueil. Ce n'est que dans l'homme qu'elle aime qu'une femme peut être
orgueilleuse. En même temps, je voyais une longue séparation. Vous
étiez bien involontairement, mon pauvre ami, la cause de notre
malheur, et j'ai voulu vous contrarier un peu en évitant vos regards.
»Venez ce soir, Arthur doit sortir. Je serai seule.»