«Que cela t'ennuie, dit Robert à Tony, d'entendre Arthur parler
longuement de choses que tu sais aussi bien que lui...--Je te..., dit
Tony.--Que cela t'ennuie, continua Robert, je le conçois.--Je te
jure...--D'autant que, par une fatalité bizarre et que je pourrais
expliquer si je n'étais pas aussi complétement gris, les amants en
savent toujours plus à ce sujet que les maris.--Mais je...--Mais ce que
je comprends moins, c'est la fureur ridicule qui, sans ma prudence,
allait te faire envoyer une carafe à la tête de ce malheureux Arthur;
une carafe dans un dîner d'hommes: blessure et insulte à la fois. Je ne
puis, dis-je, expliquer cette fureur que par ceci: que tu as le vin
égoïste, et que tu ne veux pas partager avec nos convives ce que tu
trouves déjà désagréable de partager avec un mari.--Mais Robert, tu es
fou.--Dis soûl, si tu veux, ce sera plus vrai; mais promets-moi de ne
te livrer à aucune violence, ou va-t'en. Et, comme je ne veux pas que
tu t'en ailles, il faut que tu promettes; aussi bien, pour un chevalier
comme toi, je te dirai des raisons sans réplique d'être calme: c'est
que tes fureurs compromettraient singulièrement la propriété indivise
en question.--Tu as raison, Robert, mais je te jure que jamais
Clotilde...--Alors tu es un imbécile et elle est une coquette.
Rentrons; si ces gens-là boivent sans nous, et plus que nous, il
arrivera deux inconvénients: ils deviendront plus bêtes que nous, et
nous trouveront plus bêtes qu'eux.»