Un jeune homme, prétendant avoir à parler à Robert Dimeux d'une affaire
importante, fut introduit auprès des deux amis. Il venait, de la part
de M. Charles Reynold, pour savoir la réponse de M. Dimeux à une lettre
que M. Reynold lui avait remise en mains propres. L'air solennel du
jeune homme étonna Dimeux. Du reste, il ne se rappelait pas avoir reçu
une lettre de Charles. «Il vous l'a remise lui-même.--Je me rappelle
encore moins cette circonstance.--Attends un peu, dit Tony Vatinel;
cette nuit, au bal de l'Opéra, on m'a remis un billet qui, à coup sûr,
n'est pas pour moi, et que j'attribue au costume que tu m'avais fait
prendre, et qui peut bien avoir trompé deux personnes. Voici le
billet.» Il était écrit au crayon et contenait ce peu de paroles:
«Vous êtes un lâche et un traître; je ne puis souffrir que vous perdiez
Zoé. Il faut que nous nous battions; j'enverrai demain savoir quelle
est votre heure et quelles sont vos armes.
»CHARLES REYNOLD.»
«C'est précisément pour cela que je viens, monsieur, dit
l'étranger.--Eh bien, monsieur, faites-moi le plaisir de dire à
Charles...»
A ce moment, Charles entra... Mais il faut reprendre les choses d'un
peu plus haut.