24 octobre 1849.

Mon cher Cobden, Say a dû vous écrire que nous nous proposions de

partir dimanche soir, pour être à Londres lundi matin. Il amène avec

lui son fils. Quant à Michel Chevalier, il est toujours dans les

Cévennes.

Mais voici une autre circonstance. Le beau-frère de M. Say, M.

Cheuvreux, qui était absent quand nous fûmes passer une journée chez

lui à la campagne, et qui a bien regretté d'avoir perdu cette

occasion de faire votre connaissance, a le projet de se réunir à

nous. Il désire d'ailleurs ardemment assister au mouvement de

l'opinion publique de l'Angleterre, en faveur de la paix et du

désarmement. Mais tenant à ne pas me séparer de M. Cheuvreux, je me

vois forcé d'écrire à M. Smith pour lui témoigner toute ma

reconnaissance et lui expliquer les motifs qui me mettent dans

l'impossibilité de profiter de sa généreuse hospitalité.

Pendant que j'écris, on discute l'abrogation des lois de

proscription. Je crains bien que notre Assemblée n'ait pas le

courage d'ouvrir les portes de la France aux dynasties déchues. À

mon avis, cet acte de justice consoliderait la république.

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 1 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 60 / 148 题