Mon cher Cobden, Say a dû vous écrire que nous nous proposions de
partir dimanche soir, pour être à Londres lundi matin. Il amène avec
lui son fils. Quant à Michel Chevalier, il est toujours dans les
Cévennes.
Mais voici une autre circonstance. Le beau-frère de M. Say, M.
Cheuvreux, qui était absent quand nous fûmes passer une journée chez
lui à la campagne, et qui a bien regretté d'avoir perdu cette
occasion de faire votre connaissance, a le projet de se réunir à
nous. Il désire d'ailleurs ardemment assister au mouvement de
l'opinion publique de l'Angleterre, en faveur de la paix et du
désarmement. Mais tenant à ne pas me séparer de M. Cheuvreux, je me
vois forcé d'écrire à M. Smith pour lui témoigner toute ma
reconnaissance et lui expliquer les motifs qui me mettent dans
l'impossibilité de profiter de sa généreuse hospitalité.
Pendant que j'écris, on discute l'abrogation des lois de
proscription. Je crains bien que notre Assemblée n'ait pas le
courage d'ouvrir les portes de la France aux dynasties déchues. À
mon avis, cet acte de justice consoliderait la république.