17 octobre 1849.

Mon cher Cobden, vous ne devez pas douter de mon empressement à

assister au meeting du 30 octobre, si mes devoirs parlementaires n'y

font pas un obstacle absolu. Avoir le plaisir de vous serrer la main

et être témoin du progrès de l'opinion en Angleterre, en faveur de

la paix, ce sera pour moi une double bonne fortune. Il me sera bien

agréable aussi de remercier M. B. Smith[24] de sa gracieuse

hospitalité, que j'accepte avec reconnaissance.

[Note 24: M. John B. Smith, membre de la Ligue. V. t. III, p.

404 et suiv. (_Note de l'éditeur._)]

Vous sentez que je ferai tous mes efforts pour entraîner notre

excellent ami M. Say. Je crains que ses occupations du conseil

d'État ne le retiennent. Je tiendrais d'autant plus à l'avoir pour

compagnon de voyage que sa foi n'est pas entière à l'endroit du

congrès de la paix. Le spectacle de vos meetings ne pourra que

retremper sa confiance. Je le verrai ce soir.

Mon ami, les nations comme les individus subissent la loi de la

responsabilité. L'Angleterre aura bien de la peine à faire croire à

la sincérité de ses efforts pacifiques. Pendant longtemps, pendant

des siècles peut-être, on dira sur le continent: L'Angleterre prêche

la modération et la paix; mais elle a cinquante-trois colonies et

deux cents millions de sujets dans l'Inde.--Ce seul mot neutralisera

beaucoup de beaux discours. Quand est-ce que l'Angleterre sera assez

avancée pour renoncer volontairement à quelques-unes de ses

onéreuses conquêtes? ce serait un beau moyen de propagande.

Croyez-vous qu'il fût imprudent ou déplacé de toucher ce sujet

délicat?

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 1 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 59 / 148 题