17 DÉCEMBRE 1850

... En rentrant chez lui, il me parle de la seconde édition du

premier volume des _Harmonies_, puis du second volume qu'il lui

est impossible d'achever. Sur le chapitre des salaires, qui était

déjà fort avancé quand il a quitté Paris, il me dit: «Si jamais

on publie cela, il faudra bien expliquer que ce n'est qu'un

premier jet. J'aurais voulu refaire en entier ce chapitre.»

Il trouve un éclair de gaieté en me racontant les singulières

conventions qu'il avait faites avec son hôtesse. Celle-ci avait

par rapport à lui la double qualité de propriétaire et de

domestique. Le mobilier et la batterie de cuisine étaient à elle.

Lorsqu'elle brisait un ustensile quelconque dans ses fonctions de

domestique, comme propriétaire elle en réclamait aussitôt le prix

et se faisait payer par lui. Elle avait aussi l'art de maintenir

le chiffre de la dépense quotidienne au même taux, bien que les

consommations du malade allassent toujours diminuant...

... Ce second jour les impatiences furent moins marquées... «À

quelle heure viendrez-vous demain?» me demanda-t-il lorsque je le

quittai.

Je suis convenu avec l'abbé de Monclar que je tiendrai compagnie

à notre malade depuis onze heures du matin jusqu'à l'heure du

dîner; l'abbé lui consacre le commencement et la fin de la

journée.

Œuvres Complètes de Frédéric Bastiat, tome 1 mises en ordre, revues et annotées d'après les manuscrits de l'auteur · 第 24 / 148 题