... En rentrant chez lui, il me parle de la seconde édition du
premier volume des _Harmonies_, puis du second volume qu'il lui
est impossible d'achever. Sur le chapitre des salaires, qui était
déjà fort avancé quand il a quitté Paris, il me dit: «Si jamais
on publie cela, il faudra bien expliquer que ce n'est qu'un
premier jet. J'aurais voulu refaire en entier ce chapitre.»
Il trouve un éclair de gaieté en me racontant les singulières
conventions qu'il avait faites avec son hôtesse. Celle-ci avait
par rapport à lui la double qualité de propriétaire et de
domestique. Le mobilier et la batterie de cuisine étaient à elle.
Lorsqu'elle brisait un ustensile quelconque dans ses fonctions de
domestique, comme propriétaire elle en réclamait aussitôt le prix
et se faisait payer par lui. Elle avait aussi l'art de maintenir
le chiffre de la dépense quotidienne au même taux, bien que les
consommations du malade allassent toujours diminuant...
... Ce second jour les impatiences furent moins marquées... «À
quelle heure viendrez-vous demain?» me demanda-t-il lorsque je le
quittai.
Je suis convenu avec l'abbé de Monclar que je tiendrai compagnie
à notre malade depuis onze heures du matin jusqu'à l'heure du
dîner; l'abbé lui consacre le commencement et la fin de la
journée.