_Du goût des nations._
_L'amour des détails chez les Anglais._
_Du terrible._
_Du goût italien en musique, en art, etc._
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26 _janvier.--Charlet_[501]. Je ne suivrai pas l'auteur de la _Vie de
Charlet_[502] dans la partie anecdotique de son histoire. Cette partie
y occupe une grande place; ami du grand artiste, il a connu une foule
de particularités, et il fait ressortir comme il le doit les parties
honorables de son caractère. Il s'en est fait en quelque sorte un pieux
devoir, et on ne peut que lui donner des éloges à cet égard, comme
pour les parties de son ouvrage où il fait ressortir les qualités de
l'illustre dessinateur.
Telle n'est pas la tâche d'un contemporain de Charlet, artiste comme
lui, qui entreprend de ramener le public à une estime de ses ouvrages
égale à leur mérite. En étalant aux yeux la partie intime de sa vie, il
se trouve en contradiction avec cette opinion dans laquelle il n'a fait
que s'affermir de plus en plus.
*
27 _janvier.--Architecture_[503]. L'architecture est tombée de nos
jours dans une complète dégradation; c'est un art qui ne sait plus
où il en est; il veut faire du nouveau, et il n'y a pas d'hommes
nouveaux. La bizarrerie tient lieu de cette nouveauté tant cherchée
et est si peu nouvelle et originale, précisément parce qu'elle
est cherchée. Les anciens sont arrivés par degrés au comble de la
perfection, non pas tout d'un coup, non pas en se disant qu'il fallait
absolument étonner les esprits, mais en montant par degrés et presque
sans s'en douter à cette perfection qui a été le fruit du génie appuyé
sur la tradition. Qu'espèrent les architectes en rompant avec toutes
les traditions?
On s'est lassé, dit-on, de l'architecture grecque, que les Romains,
tout grands qu'ils ont été, ont respectée, sauf les modifications
que leurs usages les ont conduits à adopter. Après les ténèbres du
moyen âge, la Renaissance, qui a été véritablement celle du goût,
c'est-à-dire du bon sens, c'est-à-dire du beau dans tous les genres, en
est revenue à ces proportions admirables dont il faudra toujours, en
dépit de toutes les prétentions à l'originalité, reconnaître l'empire
incontestable. Nos usages modernes, si différents en une foule de
points de ceux des anciens, s'y adaptent pourtant merveilleusement. De
l'air, de la lumière, une large circulation, des aspects grandioses,
répondent de plus en plus à cet élargissement graduel de nos villes et
de nos habitations. La vie renfermée et inquiète de nos pères, occupés
sans cesse à se défendre dans les maisons, à épier l'attaquant par des
meurtrières qui laissaient à peine pénétrer le jour, les rues étroites,
ennemies du développement des lignes que comporte le génie antique,
convenaient à une société opprimée et sans cesse sur le qui-vive.
Que nous veulent donc ces constructeurs de bâtiments à la mode du Paris
du quinzième siècle? Ne semble-t-il pas qu'à chacune de ces meurtrières
qu'ils appellent des fenêtres, nous allons voir à chaque instant des
hommes l'arquebuse à la main, ou que nous allons voir retomber une
herse derrière les portes garnies de gonds formidables et de clous
menaçants?
Les architectes ont abdiqué; il en est qui se défient d'eux-mêmes et
de leurs confrères à ce point qu'ils vous disent avec une espèce de
candeur qu'il n'y a plus d'inventeurs, et même que l'invention n'est
plus possible.
Il faut donc se rejeter dans le passé, et comme, suivant eux, le goût
antique a fait son temps, ils s'inspirent du gothique qui leur semble
presque du neuf dans leur rajeunissement, à cause de la désuétude
dans laquelle il était tombé, et se jettent dans le gothique pour
paraître nouveaux. Quel gothique et quelle nouveauté! Il en est
qui avouent naïvement que le cercle est fermé, que les proportions
grecques les fatiguent par leur monotonie; qu'il n'y a plus de retour
que dans celles des monuments des siècles de barbarie; encore, s'ils
se servaient des proportions de cet art qu'on croyait enseveli en y
joignant quelques lueurs d'une invention propre!... Ils n'inventent
pas, ils calquent le gothique.
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