25 _août._--Préface de la dernière édition de Boileau.

[489] Dans son étude sur Raphaël, Delacroix avait déjà énoncé et

développé cette idée qui lui semblait féconde en points de vue

intéressants: «Beaucoup de critiques, dit-il, seront peut-être tentés

de lui reprocher (à Raphaël) ce qui me semble, à moi, la marque la plus

sûre du plus incomparable talent, je veux parler de l'adresse avec

laquelle il sut imiter, et du parti prodigieux qu'il tira, non pas

seulement des anciens ouvrages, mais de ceux de ses émules et de ses

contemporain.»

[490] Inachevé dans le manuscrit.

[491] Dans cette même étude sur Raphaël, le maître ajoutait à propos

des imitateurs: «Il y a plusieurs manières d'imiter: chez les uns,

c'est une nécessité de leur nature indigente qui les précipite à la

suite des beaux ouvrages. Ils croient y rallumer leur flamme sans

chaleur, et appellent cela y puiser de l'inspiration... Chez les

autres, l'imitation est comme une condition indispensable du succès.

C'est elle qui s'exerce dans les écoles sous les yeux et sous la

direction d'un même maître. Réussir, c'est approcher le plus possible

de ce type unique. Imiter la nature est bien le prétexte, mais la palme

appartient seulement à celui qui l'a vue des mêmes yeux et l'a rendue

de la même manière que le maître. Ce n'est pas là l'imitation chez

Raphaël. On peut dire que son originalité ne paraît jamais plus vive

que dans les idées qu'il emprunte. Tout ce qu'il touche, il le relève,

et le fait vivre d'une vie nouvelle. C'est bien lui qui semble alors

reprendre ce qui lui appartient, et féconder des germes stériles qui

n'attendaient que sa main pour donner leurs vrais fruits.» (_Revue de

Paris_, t. II, 1830.)

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Journal de Eugène Delacroix, Tome 3 (de 3) 1855-1863 · 第 79 / 104 题