[489] Dans son étude sur Raphaël, Delacroix avait déjà énoncé et
développé cette idée qui lui semblait féconde en points de vue
intéressants: «Beaucoup de critiques, dit-il, seront peut-être tentés
de lui reprocher (à Raphaël) ce qui me semble, à moi, la marque la plus
sûre du plus incomparable talent, je veux parler de l'adresse avec
laquelle il sut imiter, et du parti prodigieux qu'il tira, non pas
seulement des anciens ouvrages, mais de ceux de ses émules et de ses
contemporain.»
[490] Inachevé dans le manuscrit.
[491] Dans cette même étude sur Raphaël, le maître ajoutait à propos
des imitateurs: «Il y a plusieurs manières d'imiter: chez les uns,
c'est une nécessité de leur nature indigente qui les précipite à la
suite des beaux ouvrages. Ils croient y rallumer leur flamme sans
chaleur, et appellent cela y puiser de l'inspiration... Chez les
autres, l'imitation est comme une condition indispensable du succès.
C'est elle qui s'exerce dans les écoles sous les yeux et sous la
direction d'un même maître. Réussir, c'est approcher le plus possible
de ce type unique. Imiter la nature est bien le prétexte, mais la palme
appartient seulement à celui qui l'a vue des mêmes yeux et l'a rendue
de la même manière que le maître. Ce n'est pas là l'imitation chez
Raphaël. On peut dire que son originalité ne paraît jamais plus vive
que dans les idées qu'il emprunte. Tout ce qu'il touche, il le relève,
et le fait vivre d'une vie nouvelle. C'est bien lui qui semble alors
reprendre ce qui lui appartient, et féconder des germes stériles qui
n'attendaient que sa main pour donner leurs vrais fruits.» (_Revue de
Paris_, t. II, 1830.)
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