LE COMTE BRESSON AU PRINCE DE TALLEYRAND[453].

[453] Voir page 409.

[_Particulière._]

Bruxelles, le 24 novembre 1830.

Mon prince,

M. de Langsdorf m'est arrivé ce matin. Il m'apportait l'ordre

d'insister près du gouvernement provisoire et du congrès pour arrêter

la discussion sur l'exclusion définitive de la maison de Nassau.

J'ai fait de vains et longs efforts: cent soixante-une voix contre

vingt-huit viennent de la prononcer. Voilà qui complique bien des

choses.

Je reviendrai sur la question du Luxembourg. La restriction à la

déclaration présente un sens équivoque; elle semblerait donner à

entendre que la Belgique réclame le grand-duché en lui conservant ses

rapports avec la confédération germanique.

La négociation de l'armistice avance. Je ne crois pas qu'elle ait à

souffrir de l'événement d'aujourd'hui. Dans la conférence d'hier au

soir, nous avons établi les points principaux: l'acceptation

respective de l'armistice, la ligne de 1814, etc. Ainsi la prétention

à _toute_ la rive gauche de l'Escaut et aux _enclaves_ du Limbourg est

écartée. La contestation ne porte plus que sur le sens plus ou moins

étendu de l'article 2, du protocole du 17, et sur le renvoi des

prisonniers. J'espère pouvoir vous en rendre bientôt compte. Mais (et

il n'y a pas lieu de s'en étonner) nous ne savons pas encore si la

Hollande a de son côté pris des mesures pour l'exécution d'une

suspension d'armes. S'il y a mauvaise foi ou inutile lenteur dans ce

quartier-là, il faut renoncer à tout...

Je mets aux pieds de madame Dino, et vous offre, mon prince, l'hommage

de mon plus respectueux attachement et de ma sincère reconnaissance.

* * * * *

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 127 / 145 题