19 novembre 1830.

Le ministère sera connu demain: voici ce dont je me crois sûr ce soir

(_suit la liste donnée_, p. 396).

... On sollicite le duc de Wellington de prendre le commandement

général de l'armée qu'avait M. Hill[450]. C'est le roi lui-même qui

fait cette négociation. Je crois que M. Grant[451] a un portefeuille,

mais je n'en suis pas sur.

[450] Le général vicomte Hill, né en 1772, était un vétéran des

guerres de la révolution et de l'empire. Il reçut en 1828 le

commandement en chef de l'armée anglaise et le garda presque

jusqu'à sa mort (1842).

[451] Charles Grant, lord Glenelg, né en 1780, avait été président

du bureau du commerce sous le ministère Wellington. Il entra dans

le cabinet Grey comme président du bureau de contrôle des affaires

de l'Inde.

Cette administration-là sera forte, et nous sera favorable; j'ai

beaucoup de rapports de société avec les principaux membres qui la

composent; ils parlent tous, bien des changements arrivés et _exigés_

en France: c'est le mot dont ils se servent. Ils veulent que

l'Angleterre et la France soient d'accord sur toutes les affaires

qu'elles peuvent avoir avec les autres puissances; ils regardent comme

un besoin pour la tranquillité de l'Europe la prospérité de la France

et sa force, et tous parlent du roi avec un grand respect. C'est ce

que me disait ce matin Frédéric Lamb[452] que je voudrais voir

ambassadeur à Paris.

[452] Frédéric Lamb, né en 1782, était le frère de lord Melbourne.

Il avait été ambassadeur à Vienne (1813), puis à Munich

(1815-1820) et en Espagne (1825). En 1841, il entra à la Chambre

des lords sous le titre de lord Beauvale, et hérita en 1849 du nom

de son frère. Il mourut en 1852.

Tous les ambassadeurs ayant donné à dîner au prince d'Orange, et

celui-ci ayant fait la première visite à l'ambassadeur du roi, j'ai

cru que je devais lui proposer de dîner chez moi. Comme les

invitations ici se font huit à dix jours d'avance, je me trouve avoir

invité les principaux membres de l'ancien ministère et des personnes

considérables de la cour qui donneront probablement demain leur

démission: c'est un peu gauche; mais il y a dix jours on ne prévoyait

rien de ce qui est arrivé.

... Mademoiselle aura dit quelques paroles qui auront fait que

l'ambassade de Londres n'est plus négligée comme elle l'était par le

ministère. Depuis huit jours j'ai reçu plus de dépêches et de dépêches

bien faites qu'il ne m'en avait été écrit pendant les deux mois

précédents. J'en remercie Mademoiselle....

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Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 126 / 145 题