LOUIS.

_P.-S._--Je reçois dans le moment votre numéro 29; je regarde[109]

comme vous l'incident de la note de Murat non remise, comme très

avantageux. Vous trouverez dans cette lettre, et vous aurez plus en

détail dans la prochaine, la clef de la prière mystérieuse que vous a

faite M. de Metternich.

[109] Variante: _considère_.

* * * * *

No 30 _bis_.--LES AMBASSADEURS DU ROI AU CONGRÈS, AU MINISTRE DES

AFFAIRES ÉTRANGÈRES, A PARIS.

Vienne, le 3 mars 1815.

Monsieur le comte,

Par l'article 5 du traité de Paris, les puissances signataires avaient

contracté l'engagement de s'occuper, au futur congrès, des principes

d'après lesquels la navigation du Rhin devait être réglée de la

manière la plus égale et la plus favorable au commerce de toutes les

nations. La commission spéciale chargée de cette partie des

négociations a adopté des bases conformes au traité de Paris; et elle

a décidé, entre autres questions importantes pour le commerce

français, que les tarifs ne seraient point augmentés et que les

puissances entreraient, chacune en particulier, dans la répartition

des fonds provenant de l'octroi pour une somme proportionnée à

l'espace que parcourt le fleuve sur leurs territoires respectifs. La

France qui ne possède qu'une seule rive devra partager avec la rive

opposée la portion du revenu qui lui sera dévolue.

Ce n'est pas toutefois cette question qui a été le plus difficile à

emporter. Le droit que l'on avait voulu contester à la France de

participer à l'administration de l'octroi, et de faire admettre dans

la commission centrale qui dirigera cette administration un délégué

français, a été l'objet de discussions bien plus vives. Mais la

constance et la fermeté qui ont fait réussir l'ambassade du roi dans

des affaires d'une plus grande importance ont encore, dans cette

occasion, déterminé le succès obtenu. Il est d'autant plus

satisfaisant, que les obstacles étaient plus difficiles à vaincre.

Car, outre les intérêts particuliers, il fallait surmonter les

mauvaises dispositions que quelques-unes des puissances intervenantes

apportaient contre la France dans cette question.

On est encore convenu que la France, si elle le voulait, pourrait

prélever des droits sur la navigation entre Bâle et Strasbourg, et

qu'on reviendrait à cet égard sur la convention de 1804 qui n'établit

d'octroi que depuis Strasbourg jusqu'en Hollande. Cependant, s'il nous

a paru important de nous en assurer le droit, il est utile de savoir

si cela ne gênerait pas notre commerce, et s'il n'est pas à craindre

de favoriser par là le roulage sur la rive allemande, au détriment

des transports par eau. En conséquence, nous vous prions, monsieur le

comte, de vouloir bien inviter le ministre secrétaire d'État des

finances à prendre l'avis des chambres de commerce des départements

riverains du Rhin. Elles pourront indiquer jusqu'à quel point cette

mesure serait avantageuse ou nuisible; et s'il conviendrait davantage

d'établir le même régime que sur le reste du fleuve, ou de laisser à

cette partie une liberté illimitée.

Vous trouverez ci-joint, monsieur le comte, un mémoire dont nous vous

prions de prendre lecture. Les observations qu'il contient sur la

conduite d'un employé d'octroi, n'ont rien de bien important, mais

nous avons cru devoir adopter les propositions relatives aux bureaux

de Neubourg et de Germersheim, parce qu'ils font cesser un abus dont

les négociants de Strasbourg étaient principalement victimes. Nous

voulons parler de l'augmentation du tarif des droits entre Strasbourg

et Mannheim.

Il n'existait autrefois entre ces deux villes qu'un seul bureau, celui

de Neubourg. Les alliés en ont établi un second à Germersheim. La

France, n'étant plus en possession de tout le territoire qui est entre

Strasbourg et Mannheim, ne peut lever de droits que pour la portion de

son ancien territoire sur laquelle passe le Rhin. Cette réclamation

est juste, et nous vous invitons, monsieur le comte, à vous concerter

sur cet article, comme sur les précédents, avec le ministre des

finances, pour faire opérer la liquidation, dont il est question dans

le mémoire, entre les bureaux de Germersheim et de Neubourg, et faire

organiser la perception de manière à ce que la France et la direction

provisoire de l'octroi ne perçoivent ensemble que la somme due par le

commerce de Mannheim à Strasbourg, d'après la convention de 1804, et

dans la proportion de l'espace que parcourt le fleuve sur les

territoires respectifs.

Agréez...

No 31.--LE PRINCE DE TALLEYRAND AU ROI LOUIS XVIII.

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Vienne, le 3 mars 1815.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 38 / 145 题