LOUIS.

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No 25 _bis_.--LES AMBASSADEURS DU ROI AU CONGRÈS, AU MINISTRE DES

AFFAIRES ÉTRANGÈRES, A PARIS.

Vienne, le 19 janvier 1815.

Monsieur le comte,

Nous avons l'honneur de vous adresser copie du protocole de la

dernière séance du 14 décembre. Dans celle qui a eu lieu le 14 de ce

mois, et dont le protocole ne sera signé que dans une prochaine

séance, M. le prince de Metternich a communiqué la réponse de la cour

de Sardaigne, à l'égard de la réunion de Gênes au Piémont; et quoique

cette pièce n'appartienne qu'au prochain protocole, nous la

transmettons préalablement au ministère.

Le sort des fiefs impériaux, sur lesquels la légation sarde réserve

les droits éventuels de son souverain, ne pourra être définitivement

réglé que lorsque les autres affaires de l'Italie seront arrangées.

Le rapport sur les affaires de Suisse a été signé et soumis à la

conférence des huit puissances. Dès que la décision définitive aura

été prise, il sera porté à la connaissance du roi.

Si l'influence de l'empereur de Russie n'avait point contrarié le

meilleur parti qu'il y avait à prendre à l'égard de la Suisse, on

aurait peut-être pu faire mieux. Mais sa main, protégeant partout ce

qui tient à des libertés mal conçues ou mal exercées, est assez

puissante pour empêcher de suivre les principes qui ramèneraient une

véritable restauration. Nous avons obtenu dans cette affaire tout ce

qui a été possible, et on est parvenu à faire accorder des indemnités

pour des actes de violence exercés dans le pays de Vaud et dans la

Valteline sur des propriétés particulières.

La commission nommée pour régler la navigation des grands fleuves n'a

point encore pu se réunir. Les ministres d'Angleterre ont demandé des

instructions et des informations supplémentaires à ce sujet. Les

ministres de Prusse voudraient écarter la France de tout concours dans

la police et dans l'administration de la navigation du Rhin. Nous

trouvons ici la même difficulté que nous avons rencontrée partout, et

nous espérons en triompher également; mais vous sentez, monsieur le

comte, que ce sera un nouveau sujet de discussion.

Le prince de Hardenberg a fourni un plan de reconstruction de la

Prusse, et vous observerez, avec quelque étonnement, que la Saxe

entière y est portée, pour être réunie à la Prusse. Mais comme ce plan

présente un excédent de six cent quatre-vingt et un mille âmes

au-dessus de l'état de population de la Prusse en 1805; et qu'il donne

sept cent mille âmes, pour former un établissement au roi de Saxe, on

y trouve quelque latitude pour sauver la question de la légitimité des

droits, et celle d'un équilibre à établir dans les arrangements de la

nouvelle confédération germanique.

La Bavière a formellement accédé à l'union formée entre la France,

l'Autriche et l'Angleterre, et qui a pour but de ne point admettre

qu'une des grandes puissances dicte arbitrairement la loi à l'Europe.

La Hollande et le Hanovre y accéderont également.

Vous avez été instruit, monsieur le comte, que l'ambassade du roi a

cru convenable de faire célébrer un service funèbre le 21 janvier. M.

le prince de Talleyrand a chargé le ministre du roi près la cour de

Vienne de faire parvenir, au nom de l'ambassade de France, à la

connaissance des souverains, que le service aurait lieu dans la

cathédrale de Vienne. Les souverains ont non seulement répondu qu'ils

assisteraient à la cérémonie, mais tous ont ajouté des choses

obligeantes pour le roi, sur le sentiment qui les y conduirait.

L'impératrice d'Autriche a dit à M. de la Tour du Pin que sa santé ne

lui permettait pas de se rendre à cette cérémonie; qu'elle n'osait pas

exposer ses nerfs à une émotion qui lui serait pénible, et qu'elle le

priait de l'excuser ainsi auprès du roi, ajoutant qu'elle le ferait

elle-même auprès de Madame la duchesse d'Angoulême. L'archiduchesse

Béatrix, sa mère, s'est empressée de répondre qu'elle y viendrait.

Il n'y a que l'empereur de Russie et l'impératrice dont on n'a pas

encore les réponses, mais qui, sans doute, viendront aussi.

Cette cérémonie, aussi auguste que convenable, rappellera une époque

bien malheureuse pour la France et le siècle qui vient de s'écouler,

mais développera également des pensées utiles pour les peuples.

Agréez...

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No 22.--LE PRINCE DE TALLEYRAND AU ROI LOUIS XVIII.

Vienne, le 19 janvier 1815.

Mémoires du prince de Talleyrand, Volume 3 · 第 20 / 145 题