Spécialiste d'antiquités et de livres anciens, France Antiques héberge plusieurs

sites de librairies anciennes. Basé à Amboise (Loire), ce site bilingue

français-anglais se veut celui de tous les professionnels du marché de l'art

ancien français: antiquaires, libraires, commissaires-priseurs, éditeurs d'art,

fournisseurs et artisans d'art, etc. Mis à jour quotidiennement, le site informe

également des ventes publiques, expositions, salons et manifestations diverses.

France Antiques comprend douze catalogues de librairies anciennes. Le site

propose aussi un annuaire des libraires, une liste des librairies complétée par

un classement géographique, et un index par spécialités (autographes, manuscrits

- beaux-arts, architecture, arts décoratifs - bibliographie, histoire du livre -

etc.).

Dans les sites non francophones consacrés aux livres anciens, le site Paulus

Swaen Old Maps and Prints propose des enchères sur Internet de cartes anciennes

du monde entier, gravures, imprimés, atlas, globes et manuscrits médiévaux.

Par ailleurs, toujours dans le domaine du livre ancien, comme on le verra plus

loin dans les chapitres consacrés aux cyberbibliothèques et aux catalogues,

toutes les cyberbibliothèques proposent des oeuvres anciennes en texte intégral.

Des catalogues tels que celui de RLIN (Research Libraries Information Network)

recensent les fonds anciens de nombreuses bibliothèques dans le monde.

3.4. Fournisseurs de livres pour bibliothèques

Outre les librairies accessibles aux particuliers comme aux collectivités, il

existe des fournisseurs en livres et périodiques exclusivement pour les

collectivités, par exemple Blackwell et Dawson. Ces fournisseurs centralisent

toutes les demandes émises par ces collectivités, ce qui évite à celles-ci le

casse-tête engendré par la gestion de bons de commandes et de factures

multiples. De plus, les fournisseurs disposent d'un réseau international,

c'est-à-dire qu'ils s'engagent à fournir un livre ou un périodique quelle que

soit sa provenance. Là aussi, les collectivités n'ont plus à faire face au

casse-tête représenté par l'achat de documents hors des frontières d'un pays

donné.

Blackwell's Book Services est un fournisseur international de livres,

abonnements, bases de données bibliographiques et contrôle d'autorités à

destination des bibliothèques universitaires, bibliothèques de recherche et

grandes bibliothèques publiques du monde entier. La société, qui a fêté son

vingtième anniversaire en 1995, a une histoire intéressante puisque, anglaise à

l'origine, elle a conquis le marché américain puis mondial.

A la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, la société de

Richard Abel, basée à Portland (Oregon, USA), dominait le marché universitaire

américain. Elle vendait des livres aux bibliothèques et proposait un service de

catalogage automatisé. Mise en vente en 1974, cette société fut rachetée par la

librairie et l'éditeur britanniques B.H. Blackwell et Blackwell Scientific, qui

cherchaient à s'étendre en Amérique du Nord et qui s'installèrent à Portland

sous le nom de Blackwell North America (BNA). Blackwell était déjà connu à cette

époque en tant que fournisseur étranger de livres et de périodiques. Son unique

représentant aux Etats-Unis, Jack Walsdorf, entama son travail de prospection

dans les universités américaines, et la vente des livres débuta en mars 1975.

En 1979, Blackwell North America débuta à la fois un service bibliographique sur

microfiches (standing order microfiche service) et un service de commande

électronique (EAOS : easy access order system). Puis furent ajoutés une

messagerie électronique ainsi qu'un service de commande électronique beaucoup

plus sophistiqué. Le service de contrôle d'autorités fut considérablement

développé. 200 millions de notices furent traitées en 20 ans, entre 1975 et

1995, et l'accent fut mis sur l'expansion internationale.

Comme Blackwell, Dawson est spécialiste du traitement de l'information:

abonnements, livres et nouvelles technologies, à destination des professionnels

de la documentation. De par sa vocation internationale, il propose un site

trilingue anglais-français-espagnol.

C'est en 1809 que William Dawson s'établit comme libraire et dépositaire de

journaux à Cannon Street, dans Londres, et qu'il créa le premier service de

livraison de journaux par diligence hors de Londres, indique le site web.

Aujourd'hui, Dawson Holdings PLC est la plus grande société européenne

d'abonnements et le plus grand fournisseur européen de livres pour les

entreprises et les universités. La société est également un des grands groupes

internationaux en services d'information. Elle procure des services

d'acquisition et de gestion aux bibliothèques et centres de recherche du monde

entier. En octobre 1997, pour mieux répondre à un marché en voie de

mondialisation, Dawson a été réorganisé en deux grands secteurs, l'un gérant les

abonnements, l'autre gérant les livres, ce indépendamment de la situation

géographique de ses clients.

3.5. L'avenir des cyberlibrairies

Grâce au Web, les amoureux des livres disposent de catalogues en ligne

répertoriant tous les titres disponibles. Ils ont la possibilité de passer

commande immédiatement en utilisant le réseau Internet. Ils peuvent aussi suivre

quotidiennement à l'écran l'actualité du livre. L'avenir des cyberlibrairies est

très prometteur.

Chapters, le grand libraire canadien, et The Globe and Mail, quotidien de

Toronto, se sont alliés pour créer une nouvelle cyberlibrairie canadienne,

Chaptersglobe.com, ouverte à l'automne 1998. Le site comprend des critiques et

recensions fournies par le journal, ses archives sur vingt ans, une liste de

best-sellers et des forums de discussion.

Le groupe allemand Bertelsmann, qui a acquis au printemps 1998 Random House, la

plus grande maison d'édition américaine, compte ouvrir prochainement une

gigantesque cyberlibrairie proposant plusieurs millions de titres dans toutes

les langues, avec livraison rapide dans le monde entier.

En France, la loi sur le prix unique du livre laisse peu de latitude sur les

prix, contrairement aux possibilités qu'offre le prix libre du livre au

Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. En revanche, les libraires sont optimistes sur

les perspectives d'un marché francophone. Un nombre significatif de commandes

provient de l'étranger. Il représente par exemple un pourcentage de 10% des

ventes pour la FNAC. Les clients sont des "Français et membres de la diaspora

francophone, étrangers francophiles, universités ou écoles lointaines...

soucieux de se procurer les derniers titres de l'édition parisienne ou

simplement les livres qu'ils ne peuvent trouver à Kansas City ou à Kyoto",

précisait Pierre Briançon dans le quotidien Libération du 14 novembre 1997.

Il faut également replacer le développement des cyberlibrairies françaises dans

le contexte plus général du cybercommerce français. En mars 1998, le magazine

Stratégies Internet a mené une étude sur le cybercommerce en France "auprès des

60 sites marchands les plus actifs en France, dressant ainsi l'état des lieux et

donnant des pistes de réflexion aux entreprises françaises tentées par

l'aventure du cybercommerce." La commande en ligne n'était possible qu'auprès

d'une centaine de sites seulement. Le cybercommerce français représentait 40

millions de francs en 1997, avec une estimation de 160 millions de francs pour

la fin de 1998. Le nombre d'acheteurs sur Internet étaient de 50.000 en mars

1998, avec une estimation de 400.000 pour mars 1999. L'étude indiquait que 25%

des sites étaient considérés comme rentables dès 1997, alors que les autres

envisageaient plutôt une rentabilité à moyen terme.

Même si la création d'une nouvelle législation s'avère difficile parce que

freinée par la librairie "traditionnelle", l'abolition des frontières dans le

marché du livre est inévitable, puisqu'elle est liée à fois à la structure même

d'Internet, réseau des réseaux par-delà les frontières, et à la mondialisation

de l'économie, phénomène économique bien réel. Dans la foulée d'Internet

Bookshop, librairie en ligne britannique qui a décidé de vendre des livres

publiés aux Etats-Unis, d'autres librairies suivent, et on pense à définir une

nouvelle législation.

Les libraires ou les éditeurs vendront-ils bientôt à ceux qui le souhaitent le

texte intégral des livres en version électronique? Dans ce cas, l'inévitable

délai dû à l'envoi du livre par voie postale disparaîtra. On nous promet pour

très bientôt les livres électroniques, ordinateurs de la taille d'un livre sur

lesquels on pourra stocker des dizaines puis des centaines de textes

électroniques. Si nombre de lecteurs actuels sont nés à l'ère du papier et

préfèrent encore lire un roman de trois cents pages en version imprimée, ceci ne

sera peut-être plus le cas pour les générations qui auront commencé à utiliser

l'ordinateur dès l'âge de trois ans.

4. LES EDITEURS SUR LE WEB

[Dans ce chapitre:]

[4.1. Quelques exemples d'éditeurs / 4.2. Répertoires d'éditeurs / 4.3. Edition

traditionnelle et édition électronique / 4.4. Les auteurs ont-ils encore besoin

des éditeurs?]

Comme les libraires, les éditeurs sont en train d'investir le Web. Et, comme

pour les libraires, certains éditeurs traditionnels considèrent leur site web

comme une vitrine permettant de faire connaître leur activité, alors que

d'autres sont des cyberéditeurs qui traitent la totalité de leurs affaires sur

le Net. L'édition électronique offre de nouvelles perspectives. Elle permettrait

entre autres de résoudre la crise affectant les éditions universitaires et de

recherche.

4.1. Quelques exemples d'éditeurs

Spécialisées dans les romans policiers, les éditions du Choucas ont été fondées

en 1992 par Suzanne et Nicolas Pewny, libraires à Glapigny (Haute-Savoie). Sur

leur site web, créé en 1996, ils proposent un chapitre de chaque nouveauté.

Publié en septembre 1997, Affaire de coeurs est l'oeuvre de deux Canadiens,

Fernand Héroux et Liz Morency, que les éditeurs ont connus grâce au Web. Les

échanges ont été effectués par courrier électronique. Réalisée par Joane

Michaud, infographiste et affichiste québécoise, l'illustration de la couverture

a elle aussi été reçue par le biais d'Internet.

Nicolas Pewny expliquait sa démarche dans son courrier électronique du 8 juin

1998:

"Le site des éditions du Choucas a été créé fin novembre 1996. Lorsque je me

suis rendu compte des possibilités qu'Internet pouvait nous offrir, je me suis

juré que nous aurions un site le plus vite possible. Un petit problème: nous

n'avions pas de budget pour le faire réaliser. Alors, au prix d'un grand nombre

de nuits sans sommeil, j'ai créé ce site moi-même et l'ai fait référencer (ce

n'est pas le plus mince travail). Le site a alors évolué en même temps que mes

connaissances (encore relativement modestes) en la matière et s'est agrandi, et

a commencé à être un peu connu même hors France et Europe.

Le changement qu'Internet a apporté dans notre vie professionnelle est

considérable. Nous sommes une petite maison d'édition installée en province.

Internet nous a fait connaître rapidement sur une échelle que je ne soupçonnais

pas. Même les médias 'classiques' nous ont ouvert un peu leur portes grâce à

notre site. Les manuscrits affluent par le courrier électronique. Ainsi nous

avons édité deux auteurs québécois. Beaucoup de livres se réalisent

(corrections, illustrations, envoi des documents à l'imprimeur) par ce moyen.

Dès le début du site nous avons reçu des demandes de pays ou nous ne sommes pas

(encore) représentés: USA, Japon, Amérique latine, Mexique, malgré notre volonté

de ne pas devenir un site 'commercial' mais d'information et à 'connotation

culturelle'. (Nous n'avons pas de système de paiement sécurisé, etc., nous avons

juste référencé sur une page les libraires qui vendent en ligne)."

Comment Nicolas Pewny voit-il son avenir professionnel avec Internet?

"J'aurais tendance à répondre par deux questions: Pouvez vous me dire comment va

évoluer Internet? Comment vont évoluer les utilisateurs? Nous voudrions bien

rester aussi peu 'commercial' que possible et augmenter l'interactivité et le

contact avec les visiteurs du site. Y réussirons-nous? Nous avons déjà reçu des

propositions qui vont dans un sens opposé. Nous les avons mis 'en veille'. Mais

si l'évolution va dans ce sens, pourrons-nous résister, ou trouver une 'voie

moyenne'? Honnêtement, je n'en sais rien."

De plus en plus d'éditeurs sont présents sur le Web, par exemple Gallimard, La

Documentation française, Marabout et les éditions Odile Jacob. Le site des

Presses universitaires de France (PUF) présente le fonds éditorial des PUF,

ainsi que la collection encyclopédique Que sais-je?, avec une recherche par

numéro, un historique de la collection, une présentation des titres sur les

trois derniers mois, un descriptif détaillé des dernières parutions, et un

classement thématique.

Les éditions du Cerf se présentent comme la bibliothèque francophone de sciences

humaines et religieuses. Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Hervé

Ponsot, webmestre du site, précisait:

"Pour les éditions du Cerf dont je m'occupe sur le plan Internet, en effet, le

site existe en lien avec les éditions, mais marginalement quand même : le

serveur se trouve en dehors du Cerf, et il est géré par une personne extérieure

au Cerf, moi-même. Bref, il s'agit plutôt d'un service rendu, dont on ne peut

dire qu'il ait bouleversé la maison Cerf. Il reste que, par la grâce de Dieu, de

plus en plus de consultants arrivent sur ce site, et que des commandes me sont

adressées de plus en plus régulièrement, sans que nous les ayons cherchées,

puisque le site a été créé en priorité pour rendre service aux chercheurs, et

secondairement pour faire de la publicité pour la maison et renouveler son

image...

Mais j'ai constaté, et beaucoup de personnes m'ont confirmé, que les sites de

service pouvaient se révéler rentables, parfois plus facilement et plus

rapidement que les sites commerciaux: l'exemple le plus connu est fourni par les

sites de recherche sur Internet. La suite envisagée pour le site Cerf ne devrait

pas fondamentalement changer par rapport à ce qui se passe aujourd'hui: rendre

service aux chercheurs, faire connaître la maison en lui donnant une image

dynamique. Nous pensons certes un jour faire du site, ou d'un site voisin, un

site commercial: mais la maison ne peut se permettre, compte tenu de sa faible

surface financière, d'être leader en ce domaine; les pas seront donc comptés et

très prudents."

Lancées en août 1996, les éditions CyLibris vendent leurs livres uniquement sur

le Web et ne les impriment qu'à la demande, ce qui leur permet d'éviter le stock

et les intermédiaires. Trois mois après, l'éditeur avait signé des contrats avec

treize auteurs et vendu cent livres. Le site offre des extraits d'ouvrages et

des informations sur de nouveaux auteurs, et il se propose aussi d'être le

carrefour de la petite édition.

Le site des éditions 00h00.com (00h00 se prononce: zéro heure) a été ouvert le

18 mai 1998.

"La création de 00h00.com marque la véritable naissance de l'édition en ligne.

C'est en effet la première fois au monde que la publication sur Internet de

textes au format numérique est envisagée dans le contexte d'un site commercial,

et qu'une entreprise propose aux acteurs traditionnels de l'édition (auteurs et

éditeurs) d'ouvrir avec elle sur le réseau une nouvelle fenêtre d'exploitation

des droits. Les textes offerts par 00h00.com sont soit des inédits, soit des

textes du domaine public, soit des textes sous copyright dont les droits en

ligne ont fait l'objet d'un accord avec leurs ayants-droit. [...] Avec l'édition

en ligne émerge probablement une première vision de l'édition au 21ème siècle.

C'est cette idée d'origine, de nouveau départ qui s'exprime dans le nom de

marque, 00h00. [...]

Internet est un lieu sans passé, où ce que l'on fait ne s'évalue pas par rapport

à une tradition. Il y faut inventer de nouvelles manières de faire les choses.

[...] Le succès de l'édition en ligne ne dépendra pas seulement des choix

éditoriaux : il dépendra aussi de la capacité à structurer des approches neuves,

fondées sur les lecteurs autant que sur les textes, sur les lectures autant que

sur l'écriture, et à rendre immédiatement perceptible qu'une aventure nouvelle a

commencé."

Tous les titres sont disponibles sous la forme d'un exemplaire numérique et d'un

exemplaire papier. Les collections sont les suivantes: inédits, théâtre

classique français, contes et récits fantastiques, contes et récits

philosophiques, souvenirs et mémoires, philosophie classique, réalisme et

naturalisme, cyberculture, romans d'enfance, romans d'amour, nouvelles et romans

d'aventure. Le recherche est possible par auteur, par titre et par genre. Pour

chaque oeuvre, on a un descriptif en quelques lignes, un descriptif détaillé, la

table des matières et les commentaires des lecteurs. Le paiement est effectué en

ligne grâce à un système sécurisé mis en place par 00h00.com et la Banque

populaire. Pour ceux que le paiement en ligne rebute, il sera bientôt possible

de régler hors ligne par télécopieur, courrier, carte bancaire ou chèque.

Pas de stock, pas de contrainte physique de distribution, mais un lien direct

avec le lecteur et entre les lecteurs eux-mêmes. Sur le site, les

cybernautes/lecteurs qui le souhaitent créent leur espace personnel dans lequel

ils peuvent rédiger leurs commentaires, recommander des liens vers d'autres

sites, exprimer leurs opinions et inviter leurs amis. Ils peuvent participer à

des forums ou commenter les oeuvres proposées par l'éditeur. Ils peuvent encore

s'abonner à la lettre d'information pour être tenu au courant des nouveautés.

Les éditions 00h00.com sont dirigées par Jean-Pierre Arbon, ancien directeur

général de Flammarion, et Bruno de Sa Moreira, ancien directeur de Flammarion

Multimédia. Dans son courrier électronique du 31 juillet 1998, Bruno de Sa

Moreira expliquait:

"Le site a ouvert le 18 mai dernier, la gestation du projet: brainstorming,

faisabilité, création de la société et montage financier, développement

technique du site et informatique éditoriale, mise au point et production des

textes et préparation du catalogue à l'ouverture a duré un an."

Dans quelle mesure Internet a-t-il changé sa vie professionnelle?

"Radicalement, puisqu'aujourd'hui mon activité professionnelle est 100% basée

sur Internet. Le changement ne s'est pas fait radicalement lui mais

progressivement (audiovisuel puis multimédia puis Internet)."

Comment voit-il son avenir professionnel avec Internet? "Difficile de répondre,

il s'agit du présent, nous faisons un pari, mais cela me semble un média capable

d'une très large popularisation, sans doute grâce à des terminaux plus faciles

d'accès que le seul micro-ordinateur."

Outre-Atlantique, des éditeurs ont choisi de mettre en accès libre sur le Web le

texte intégral de leurs publications et, loin de baisser, les ventes ont au

contraire augmenté. La MIT Press (MIT: Massachussets Institute of Technology,

USA) par exemple a vu ses ventes doubler pour les titres disponibles sur

Internet.

Autre exemple, celui de la National Academy Press (NAP), qui publie environ 200

livres par an, principalement dans les domaines scientifique, technologique et

médical:

"A première vue, cela paraît illogique. Un éditeur de Washington, la National

Academy Press, qui a publié sur Internet 1.700 titres de son catalogue actuel,

permettant ainsi à tout un chacun de lire gratuitement ses livres, a vu ses

ventes augmenter de 17% l'année suivante. Qui a dit que personne n'achèterait la

vache si on pouvait avoir le lait gratuitement?"

Dans un article du Courrier international de novembre 1997, Beth Berselli,

journaliste au Washington Post, explique que l'éditeur a choisi depuis 1994 de

mettre sur Internet le texte intégral d'un certain nombre de livres pour que les

lecteurs puissent les "feuilleter", comme ils l'auraient fait dans une

librairie, avant de les acheter ensuite s'ils le souhaitent. Si d'autres

éditeurs rejettent cette solution du fait des coûts d'installation excessifs,

des problèmes liés au droit d'auteur ou d'une concurrence qu'ils estiment

nuisible à la vente, la NAP a choisi d'offrir ce service moyennant une dépense

allant de 250.000 à 400.000 dollars (1,5 à 2,4 millions de FF) par an.

En ce qui concerne le copyright, ce sont les auteurs eux-mêmes qui, pour des

raisons publicitaires, demandent à ce que le livre soit disponible sur le site.

Pour l'éditeur, le Web est un nouvel outil de marketing face aux 50.000 ouvrages

publiés chaque année aux Etats-Unis. Sur un chiffre d'affaires annuel de 5,5

millions de dollars (33 millions de FF) sur l'exercice 1997 (clos en juin), la

somme de 275.000 dollars (1,65 millions de FF), soit 5%, provenait de commandes

passées sur Internet. La présence de l'éditeur sur le Web a entraîné également

une augmentation des ventes par téléphone. Début janvier 1998, le site disposait

de 1.000 livres avec contenu intégral sur le Web. Par ailleurs, une réduction de

20% est accordée pour toute commande effectuée en ligne.

4.2. Répertoires d'éditeurs

Les répertoires d'éditeurs ne manquent pas. Biblio On Line, diffuseur français

de l'information culturelle sur Internet, gère un répertoire Editeurs. ClicNet,

site culturel et littéraire francophone proposé par l'Université de Swarthmore

(Pennsylvanie, USA), recense 2.500 liens à des ressources francophones, y

compris des éditeurs.

Editeurs francophones se présente comme le site convivial de tous les éditeurs

de langue française:

"Imaginez un espace convivial où vous, lecteurs du monde entier, pourrez faire

connaissance avec les maisons d'édition, découvrir un univers où la culture

francophone a toute sa place: actualités du livre, dossiers thématiques,

rencontres avec des écrivains... de multiples opportunités pour susciter

l'intérêt et la curiosité. Bien d'autres domaines encore seront progressivement

développés en coopération avec les éditeurs, avec en perspective des échanges

passionnants autour des grands sujets culturels pour vous."

Edilib répertorie les éditeurs, libraires et diffuseurs francophones. La gestion

de cette liste est assurée par Benoît Thiriou, de la bibliothèque médicale du

CHU (centre hospitalier universitaire) de Rouen (Normandie). L'indexation est

réalisée à l'aide du répertoire RAMEAU (répertoire d'autorités matières

encyclopédique et alphabétique unifié) par Dominique Benoist, de la Bibliothèque

universitaire de la Faculté de médecine de Rouen. La recherche est possible par

ordre alphabétique ou bien par sujets. Le site propose aussi des liens

hypertextes avec d'autres sites ayant trait à l'édition française et

internationale.

Financé notamment par le ministère de la Culture, France Edition, organisme de

promotion de l'édition française, organise l'espace de l'édition française lors

de foires du livre, congrès ou colloques, ainsi que des expositions thématiques,

des stages, des missions d'audit et des programmes d'échanges destinés aux

libraires. Lors de ces manifestations, un espace multimédia est spécifiquement

aménagé pour effectuer des démonstrations de CD-Rom.

France Edition publie le mensuel La Lettre, des études et des dossiers sur

différents pays, les partenaires potentiels et l'évolution du marché, des

catalogues thématiques, des listes de nouveautés et des annuaires d'éditeurs

français par secteur: sciences, techniques, médecine, droit, etc. Par ailleurs,

une antenne de France Edition à New York (auparavant appelée Bureau du Livre

Français) propose aux éditeurs français les services d'une agence de droits pour

la langue anglaise: sélection de titres, prospection des éditeurs locaux,

soumission des ouvrages et négociation des contrats.

De l'imprimé à Internet · 第 3 / 20 段