FrancoAcquiNet est un répertoire d'éditeurs francophones avec liste alphabétique

et liste géographique pour les pays suivants : Autriche, Belgique, Canada,

Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Liban, Luxembourg, Pays-Bas et Suisse.

Conçu par Julie Filion et Isabelle Bourgey dans le cadre d'un travail de

recherche à l'Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l'information de

l'Université de Montréal (Québec), il se veut le complément francophone de

l'AcqWeb Directory of Publishers and Vendors, qui est un répertoire

international des éditeurs. Il est complété par trois répertoires destinés aux

bibliothécaires: associations professionnelles, listes de discussions

francophones et périodiques électroniques francophones traitant de

bibliothéconomie.

Livre.net propose à ses abonnés, essentiellement des professionnels du livre,

une base de données bibliographique contenant plus de 300.000 notices et la

consultation de cinq annuaires professionnels (bibliothèques, diffuseurs,

distributeurs, éditeurs et librairies). En décembre 1998, Livre.net comprenait

plus de 300.000 notices de livres, 5.037 notices d'éditeurs, 2.137 notices de

libraires, 435 notices de diffuseurs, 390 notices de distributeurs et 3.120

notices de bibliothèques, le tout étant accessible par le biais d'une recherche

à partir de critères diversifiés (titre, auteur, éditeur, date de parution,

ISBN, etc.). Un certain nombre d'informations sont également disponibles en

libre accès : conseils pour écrire et publier, revues littéraires, concours

littéraires, etc.

Plusieurs sites proposent des répertoires d'éditeurs internationaux. En voici

trois.

L'AcqWeb's Directory of Publishers and Vendors est un répertoire des éditeurs et

vendeurs situé sur le site de la bibliothèque de l'Université de Vanderbilt

(Tennessee, USA).

Les Publishers' Catalogues sont gérés par Peter Scott de Northern Lights

Internet Solutions, une société située à Saskatoon, dans le Saskatchewan

(Canada). A titre d'exemple, voici la liste des éditeurs français répertoriés en

décembre 1998: Actes Sud, Anako, Arnette Blackwell, Casterman, Cepadues, Culture

d'Oc, CyLibris Editions, Dunod, Editions Complicités, Editions Dalloz-Sirey,

Editions du Choucas, Editions Du Juris Classeur, Editions Eyrolles, Editions et

Librairie Oberlin, Editions Hermès, Editions Jakin, Editions littéraires et

linguistiques de Grenoble, Editions Marshall Cavendish, Editions Massin,

Editions Michel Lafon, Editions Milan Presse, Editions Odile Jacob, Editions

Phi, EDP sciences, Fata Morgana, Gallimard, Gauthier-Villars, Fabrice Gueho,

Masson, Presses Universitaires de France et Telesma Publishing.

Gérée par la WWW Virtual Library, la Publishing Companies Online est une liste

d'éditeurs classés selon les catégories suivantes: éditeurs universitaires,

éditeurs de livres informatiques, éditeurs scientifiques, techniques et

médicaux, éditeurs électroniques, projets d'édition en ligne, et autres éditeurs

commerciaux.

4.3. Edition traditionnelle et édition électronique

Depuis trente ans, la chaîne traditionnelle de l'édition est soumise à de

nombreux bouleversements.

Dans les années soixante-dix, le marché de l'imprimerie traditionnelle avait

d'abord été ébranlé par l'apparition des machines de photocomposition. Le coût

de l'impression a ensuite continué de baisser avec les procédés d'impression

assistée par ordinateur, les photocopieurs, les photocopieurs couleur et le

matériel d'impression numérique. L'impression est maintenant souvent assurée à

bas prix par des ateliers de PAO (publication assistée par ordinateur) et des

entreprises d'arts graphiques. La numérisation a également accéléré le processus

de rédaction, puisque le rédacteur, le concepteur artistique et le personnel

chargé de la mise en page peuvent maintenant travailler simultanément sur le

même ouvrage.

Au Royaume-Uni, les fonctions de correction d'épreuves et de rédaction

s'effectuent désormais à domicile, le plus souvent par des travailleurs qui ont

pris le statut d'indépendants par suite de fusions d'entreprises,

délocalisations ou licenciements. "Or cette forme d'emploi tient plus du travail

précaire que du travail indépendant, car ces personnes n'ont que peu d'autonomie

et sont généralement tributaires d'une seule maison d'édition", analysait Peter

Leisink, professeur associé d'études sociales à l'Université d'Utrecht

(Pays-Bas) lors du Colloque sur la convergence multimédia de janvier 1997 à

Genève.

Pour la publication d'ouvrages et de périodiques éducatifs et scientifiques,

dans lesquels l'information la plus récente est primordiale, la numérisation

conduit à repenser complètement la signification même de publication, et à

s'orienter vers une diffusion en ligne qui rend beaucoup plus facile les

réactualisations régulières. Autre exemple, les universités américaines

diffusent des manuels "sur mesure" composés d'un choix de chapitres sélectionnés

dans une très importante base de données, choix complété par des articles et par

les commentaires des professeurs. Pour un séminaire, un très petit tirage peut

être effectué à la demande à partir de textes scientifiques transmis par voie

électronique à un imprimeur.

Dans L'édition savante à l'ère de la bibliothèque virtuelle: publication d'un

livre en SGML sur le World Wide Web, mémoire de maîtrise en bibliothéconomie et

sciences de l'information (MBSI) de l'Université de Montréal (Québec) daté de

novembre 1996, Guy Teasdale démontre les avantages de l'édition électronique

pour les presses universitaires. Il présente les implications de l'édition

électronique sur le Web tout en examinant les rôles et intérêts respectifs du

bibliothécaire et de l'éditeur dans l'édification de la bibliothèque numérique.

Suite à la crise affectant la publication d'ouvrages spécialisés par les presses

universitaires, il voit l'édition électronique sur Internet comme la solution

pour alimenter les bibliothèques universitaires et de recherche.

L'avenir de l'édition électronique est également lié à la manière dont pourra

être résolu le paiement du droit d'auteur sur le Web. L'Association of American

Publishers (AAP) par exemple travaille à un nouveau système d'identification

d'un objet numérique, appelé DOI System (DOI: digital object identifier), dont

le but est à la fois d'identifier le document soumis au copyright et de relier

l'usager aux propriétaires du copyright.

Il est vraissemblable que, pendant plusieurs années, l'édition électronique et

l'édition traditionnelle seront complémentaires, comme seront complémentaires

les librairies en ligne et les librairies traditionnelles, ou bien les

cyberbibliothèques et les bibliothèques traditionnelles. Il reste toujours

pratique d'avoir la version papier d'un livre ou d'un magazine pour lire sur son

divan, dans son lit, au café, dans une salle d'attente, dans un train ou dans un

avion. Par contre, à terme, les fonctions de l'édition traditionnelle devront

certainement être redéfinies en profondeur face au développement de l'édition

électronique et aux immenses perspectives que celle-ci représente, à commencer

par sa rapidité d'accès et son coût.

Concernant la fiscalité, un accord-cadre entre les Etats-Unis et l'Union

européenne a été conclu en décembre 1997, et cet accord devrait être suivi d'une

convention internationale. Internet est considéré comme une zone de

libre-échange, c'est-à-dire sans droits de douane pour les logiciels, les films

et les livres électroniques achetés sur le réseau. Les biens matériels et autres

services sont soumis au régime existant, avec perception de la TVA (taxe sur la

valeur ajoutée) par exemple sans droits de douane supplémentaires.

4.4. Les auteurs ont-ils encore besoin des éditeurs?

Internet a considérablement renforcé les relations entre auteurs et lecteurs.

Grâce au Web, ils peuvent faire connaître directement leurs oeuvres, et le

courrier électronique leur permet de discuter avec leurs lecteurs. En

définitive, les auteurs ont-ils encore besoin des éditeurs?

Professeur de lettres, poète et peintre, Silvaine Arabo a créé le site Poésie

d'hier et d'aujourd'hui, sur lequel elle propose de nombreux poèmes, y compris

les siens. Que peut apporter ce nouvel outil qu'est Internet à un poète? Dans

son courrier électronique du 9 juin 1998, Silvaine Arabo répondait:

"L'utilisation d'Internet a-t-elle changé quelque chose pour moi en tant que

poète? Pour répondre à votre question, disons que la gestion d'un site Internet

- si l'on veut qu'il demeure vivant - requiert beaucoup de temps. Mais je fais

en sorte que ma création personnelle n'en souffre pas. Par ailleurs, Internet

m'a mise en contact avec d'autres poètes, dont certains fort intéressants...

Cela rompt le cercle de la solitude et permet d'échanger des idées. On se lance

des défis aussi... Internet peut donc pousser à la créativité et relancer les

motivations des poètes puisqu'ils savent qu'ils seront lus et pourront même,

dans le meilleur des cas, correspondre avec leurs lecteurs et avoir les points

de vue de ceux-ci sur leurs textes. Je ne vois personnellement que des aspects

positifs à la promotion de la poésie par Internet: tant pour le lecteur que pour

le créateur."

Le quotidien Libération du 27 février 1998 donne aussi l'exemple de Barry

Beckham, romancier américain qui a inauguré une formule originale pour diffuser

son roman You Have a Friend : The Rise and Fall and Rise of the Chase Manhattan

Bank, portrait de la grande banque Chase Manhattan sur deux siècles, entre 1793

et 1995. Ce sujet a été inspiré par la vie professionnelle de l'auteur qui fut

rédacteur dans le service des relations publiques de cette banque. Moyennant un

abonnement de 9,95 dollars (environ 60 FF), le lecteur reçoit un épisode par

courrier électronique toutes les deux semaines et pendant six mois. Barry

Beckham pense être le premier à adopter cette formule de roman-feuilleton sur le

Web, dans la lignée de Dostoïevski, Dumas ou Dickens en d'autres temps. Parlant

de lui-même, il déclare:

"Un auteur du 20e siècle utilise la même démarche [la publication de romans par

épisodes dans les journaux du 19e] pour atteindre des lecteurs à une époque où

l'édition littéraire est dominée par des conglomérats obsédés par des titres

ayant un fort potentiel commercial mais peu de substance intellectuelle."

Esther Dyson est la présidente d'EDventure Holdings, une société spécialisée

dans l'étude des nouvelles technologies de l'information au niveau

international, et elle fait également partie du comité directeur de l'Electronic

Frontier Foundation (EFF). Depuis 1982, elle publie Release 1.0, lettre

d'information mensuelle très prisée des spécialistes et souvent appelée la

lettre intellectuelle du monde informatique. En 1997, elle publie son premier

ouvrage: Release 2.0: A Design for Living in the Digital Age (Londres, Viking,

1997). Organisé en neuf chapitres (communautés, travail, enseignement,

administration, propriété intellectuelle, contrôle du contenu, vie privée,

anonymat et sécurité), l'ouvrage explore l'impact et les implications du

cyberespace : son effet sur la vie quotidienne, les responsabilités liées aux

nouveaux pouvoirs qu'il nous donne, et les problèmes de fond posés par Internet.

Il expose aussi les conflits fondamentaux liés au développement de la

communication numérique: les conflits entre la vie privée et l'ouverture

sociale, la sécurité et la liberté, le commerce et la communauté. Parallèlement

à la publication simultanée de son ouvrage par plusieurs éditeurs dans le monde,

Esther Dyson a ouvert le site Release 2.0 pour dialoguer avec ses lecteurs. Elle

compte tirer à profit tous ces échanges dans une nouvelle édition de son livre.

S'il est maintenant fréquent qu'un livre ait son correspondant numérique sur

Internet, le cas contraire ne l'est pas, comme l'explique Christian Aubry,

rédacteur en chef de Multimédium, dans sa présentation de L'état du

cybercommerce 1998-1996, ouvrage lancé le 25 février 1998 lors du Forum

québécois sur l'Internet.

"Il est devenu assez banal de numériser un livre afin de le rendre accessible

sur le réseau mondial. Mais le contraire - un site Internet transposé dans un

livre - est un phénomène suffisamment inusité pour attirer notre attention. Que

peut gagner le Web, ce médium virtuel, universel, interactif et instantané, à

revenir ainsi en arrière et à se figer dans un simple objet de papier?"

Ecrit par Vallier Lapierre et Yves Leclerc, journalistes associés de Vianet, et

co-édité par Fortune 1000 et Communications Vianet, l'ouvrage est un recueil de

textes tirés du site CLÉS du commerce électronique, et il recense les tendances

et stratégies récentes en matière de commerce électronique et de cyberéconomie.

Pour clore ce chapitre, voici le commentaire de Jean-Paul, internaute amateur de

musique et d'écriture, qui déclarait dans son courrier électronique du 21 juin

1998:

"Mon avenir sur la toile est plus personnel que professionnel. L'Internet va me

permettre de me passer des intermédiaires: compagnies de disques, éditeurs,

distributeurs... Il va surtout me permettre de formaliser ce que j'ai dans la

tête (et ailleurs) et dont l'imprimé (la micro-édition, en fait) ne me

permettait de donner qu'une approximation. Puis les intermédiaires prendront

tout le pouvoir. Il faudra alors chercher ailleurs, là où l'herbe est plus

verte..."

5. LA PRESSE EN LIGNE

[Dans ce chapitre:]

[5.1. La presse en ligne francophone / 5.2. La presse étrangère / 5.3. La presse

électronique / 5.4. L'avenir de la presse en ligne]

Les premières éditions électroniques de journaux ont été disponibles par le

biais de services commerciaux tels que America Online ou CompuServe. Puis les

éditeurs de ces journaux ont créé des serveurs web. De nombreux journaux et

magazines sur papier ont maintenant leur site et proposent sur celui-ci la

version intégrale de leur dernier numéro en ligne - qu'il est possible de

consulter librement ou moyennant un abonnement gratuit ou payant - ainsi que des

dossiers et des archives. D'autres journaux et magazines sont purement

électroniques. L'avenir de la presse en ligne est également lié à un débat de

fond sur le métier de journaliste.

5.1. La presse en ligne francophone

Comme on le verra dans les lignes qui suivent, plusieurs journaux se disputent

la paternité du premier site sur le Web.

Libération a débuté son site web à la fin de l'année 1995, peu après le

lancement de la version papier de son Cahier Multimédia, inclus dans l'édition

du jeudi. Le site de Libération propose la Une du quotidien, le Cahier Livres

complété par Chapitre un (les premiers chapitres de livres récents), et bien

d'autres rubriques. Indispensable pour qui veut se tenir au courant de

l'actualité d'Internet, la rubrique Multimédia inclut les articles du Cahier

Multimédia papier hebdomadaire et les archives des numéros précédents.

Sur le site du Monde, créé en 1996, on trouve des dossiers en ligne, la Une du

Monde en version graphique à partir de 13 h, l'intégralité du journal avant 17

h, l'actualité en liaison avec l'AFP (Agence France Presse), et des rubriques

sur la bourse, les livres, le multimédia et les sports. L'abonnement au journal

complet en ligne est de 5 FF par jour, soit 30% de moins que l'édition papier

qui coûte 7,50 FF. S'ils concernent le multimédia, les articles du supplément

papier hebdomadaire Télévision-Radio-Multimédia sont disponibles gratuitement en

ligne dans la rubrique Multimédia, rebaptisée ensuite Nouvelles technologies.

Le site du Monde diplomatique permet l'accès à l'ensemble des articles de la

revue depuis janvier 1994, par date, sujet et pays. L'intégralité du mensuel en

cours est consultable gratuitement pendant les deux semaines suivant sa

parution. Un forum permanent de discussion en ligne permet au journal de

discuter avec ses lecteurs. Dans son courrier électronique du 17 juin 1998,

Philippe Rivière précisait:

"Monté dans le cadre d'un projet expérimental avec l'INA (Institut national de

l'audiovisuel), début 1995, le site était le premier site d'un journal français.

Depuis il a bien grandi, autour des mêmes services de base: archives et annonce

de sommaire. [Grâce à Internet,] le travail journalistique s'enrichit de sources

faciles d'accès, aisément disponibles. Le travail éditorial est facilité par

l'échange de courriers électroniques; par contre, une charge de travail

supplémentaire due aux messages reçus commence à peser fortement."

En septembre 1996, L'Humanité a été le premier quotidien français à proposer la

version intégrale du journal sur le Web. Classés par rubriques, les articles

sont disponibles sur le serveur entre 10 h et 11 h du matin, à l'exception de

L'Humanité du samedi qui n'est généralement mise en ligne que le lundi.

L'archivage est automatique.

Dans son courrier électronique du 23 juillet 1998, Jacques Coubard expliquait:

"Le site de L'Humanité a été lancé en septembre 1996 à l'occasion de la Fête

annuelle du journal. Nous y avons ajouté depuis un forum, un site, en

partenariat, pour la récente Coupe du monde de football, et des données sur la

Fête et sur le meeting d'athlétisme, parrainé par L'Humanité. Nous espérons

pouvoir développer ce site à l'occasion du lancement d'une nouvelle formule du

quotidien qui devrait intervenir à la fin de l'année ou au début de l'an

prochain. Nous espérons également mettre sur site L'Humanité hebdo dans les

mêmes délais. Jusqu'à présent on ne peut pas dire que l'arrivée d'Internet ait

bouleversé la vie des journalistes faute de moyens et de formation (ce qui va

ensemble). Les rubriques sont peu à peu équipées avec des postes dédiés, mais

une minorité de journalistes exploitent ce gisement de données. Certains s'en

servent pour transmettre leurs articles, leurs reportages. Il y a sans doute

encore une 'peur' culturelle à plonger dans l'univers du Net. Normal, en face de

l'inconnu. L'avenir devrait donc permettre par une formation (peu compliquée) de

combler ce handicap. On peut rêver à un enrichissement par une sorte d'édition

électronique, mais nous sommes sévèrement bridés par le manque de moyens

financiers."

Le site des Echos présente l'information financière en continu, un moteur de

recherche par nom de société, un atlas régional des activités économiques, une

sélection de sites, etc. La consultation du quotidien est payante, soit par

numéro, soit par abonnement (215 FF par mois). Le site de La Tribune, gratuit,

propose La Tribune du jour et les archives du journal, ainsi qu'une sélection

d'articles en anglais.

Infos On Line, le service en ligne des publications du Groupe Havas, a vu son

ouverture retardée pour des raisons administratives, et le site n'était toujours

pas ouvert en décembre 1998. Il devrait diffuser les articles de 01 Informatique

Agro-distribution,L'Entreprise, L'Expansion, L'Express, La France agricole, Le

Moniteur des travaux publics et du bâtiment,La Revue de l'éleveur laitier, La

Revue de l'industrie agro-alimentaire, L'Usine nouvelle, La Vie française et La

Vigne, auxquels s'ajouteraient les articles de l'hebdomadaire Le Point et ceux

du quotidien Les Echos. 100.000 articles seront accessibles grâce à un moteur de

recherche multicritères proposant une liste d'articles, avec titre du périodique

et résumé. L'abonnement minimal sera de 50 FF pour 10 articles. Il s'effectuera

directement en ligne par carte bancaire ou par abonnement. Les personnes

réfractaires au paiement en ligne pourront choisir d'effectuer le règlement par

l'intermédiaire de CompuServe, fournisseur d'accès à Internet, et la somme

correspondant aux achats d'articles sera ajoutée à la facture mensuelle envoyée

par CompuServe.

Co-édité par Havas Interactive et l'Agence JSI depuis le printemps 1998, Infos

Graphiques On Line a pour but de diffuser l'information expliquée en images.

Disponibles par abonnement, des centaines d'infographies sont regroupées selon

les thèmes suivants: culture, économie, France, monde, sciences, social,

société, sports, vie quotidienne, clin d'oeil, comment ça marche. La recherche

est possible par thème ou par période: jour, semaine, mois, ou archives plus

anciennes.

Le Canard Enchaîné, hebdomadaire satirique, n'a malheureusement pas de site

officiel sur le Net, mais un site officieux lui est consacré: La Crème de

Canard, qui propose chaque semaine une sélection d'articles et de dessins, avec

une semaine de retard par rapport à l'hebdomadaire, et des archives remontant à

août 1995.

Les journaux régionaux sont également représentés sur le Web, par exemple Le

Républicain lorrain, Le Dauphiné libéré, les Dernières nouvelles d'Alsace ou

Ouest-France.

Outre l'intégrale de l'édition du jour, le site des Dernières nouvelles d'Alsace

(DNA) propose des services comme le cours de la bourse et le calcul des impôts,

et il offre aussi une édition abrégée en allemand. Dans son courrier

électronique du 16 juin 1998, Michel Landaret précisait que DNA, "créé en

septembre 1995 [et qui compte] actuellement 5.500 lecteurs par jour [est le]

premier journal français a avoir mis son contenu sur le Web".

France-Ouest, site du quotidien Ouest-France, a été créé en juillet 1996. Dans

son courrier électronique du 17 juin 1998, Bernard Boudic expliquait:

"[A l'origine, l'objectif était de] présenter et relater les grands événements

de l'Ouest en invitant les internautes à une promenade dans un grand nombre de

pages consacrées à nos régions (tourisme, industrie, recherche, culture). Très

vite, nous nous sommes aperçus que cela ne suffisait pas. Nous nous sommes

tournés vers la mise en ligne de dossiers d'actualité, puis d'actualités tout

court. Aujourd'hui nous avons quatre niveaux d'infos : quotidien, hebdo (tendant

de plus en plus vers un rythme plus rapide), événements et dossiers. Et nous

offrons des services (PA [petites annonces], guide des spectacles, presse-école,

boutique, etc.). Nous travaillons sur un projet de journal électronique total:

mise en ligne automatique chaque nuit de nos quarante éditions (450 pages

différentes, 1.500 photos) dans un format respectant typographie et hiérarchie

de l'information et autorisant la constitution par chacun de son journal

personnalisé (critères géographiques croisés avec des critères thématiques).

[Internet a changé ma vie professionnelle] d'abord parce que j'en suis devenu le

responsable éditorial... Les retombées sur le travail quotidien des journalistes

d'OF [Ouest-France] sont encore minces. Nous commençons seulement à offrir un

accès Internet à chacun (rédaction d'OF = 370 journalistes répartis dans

soixante rédactions, sur douze départements... pas simple). Certains utilisent

Internet pour la messagerie électronique (courrier interne ou externe, réception

de textes de correspondants à l'étranger, envoi de fichiers divers) et comme

source d'informations. Mais cette pratique demande encore à s'étendre et à se

généraliser. Bien sûr, nous réfléchissons aussi à tout ce qui touche à

l'écriture multimédia et à sa rétroaction sur l'écriture imprimée, aux

changements d'habitudes de nos lecteurs, etc. [...]

[Internet est] à la fois une menace et une chance. Menace sur l'imprimé, très

certainement (captation de la pub et des PA [petites annonces], changement de

réflexes des lecteurs, perte du goût de l'imprimé, concurrence d'un média

gratuit, que chacun peut utiliser pour diffuser sa propre info, etc.). Mais

c'est aussi l'occasion de relever tous ces défis, de rajeunir la presse

imprimée."

Bel exemple de multilinguisme, le site du quotidien belge Le Soir offre une

présentation du journal en français, allemand, anglais, espagnol, italien et

néerlandais. Le site du Courrier international permet de retrouver les articles

de la presse internationale sélectionnés et traduits par le Courrier, et de

consulter ses sources au moyen de nombreux liens.

De l'imprimé à Internet · 第 4 / 20 段