les nouveaux réseaux, notamment l''édition de guides techniques sur
l'utilisation dans les logiciels des caractères typographiques et des accents
propres à la langue française, ce en liaison avec l'AFNOR (Association française
de normalisation), et la traduction des logiciels commercialisés en France.
Le site de la Maison de la Francité, association belge subventionnée depuis 1976
par la Commission communautaire française, souhaite présenter la réalité
socio-linguistique de Bruxelles, seconde capitale internationale de langue
française après Paris, tout en agissant pour la défense et la promotion de la
langue française à Bruxelles et au sein de la Communauté française
Wallonie-Bruxelles.
Au Québec, le dynamique Office de la langue française (OLF), organisme
gouvernemental chargé d'assurer la promotion du français, veille à
l'implantation et au maintien du français dans les milieux de travail et des
affaires et dans les services administratifs. Il définit et conduit la politique
québécoise en matière de linguistique et de terminologie.
La propagation d'une langue passe aussi par l'étude dynamique de celle-ci.
Internet ouvre des horizons sans précédent sur l'utilisation de bases de données
linguistiques et les possibilités de recherche textuelle, témoin le site de
l'Institut national de la langue française (INaLF), qui présente ses propres
recherches, notamment dans le discours littéraire du 14e au 20e siècle (contenu,
sémantique, thématique), la langue courante (langue écrite, langue parlée,
argot), le discours scientifique et technique et ses ressources terminologiques.
Les instances politiques ont également contribué à favoriser l'accès des
autoroutes de l'information aux francophones. En application de la Résolution
sur la société de l'information adoptée par les chefs d'Etat et de gouvernement
à Cotonou (Bénin) en décembre 1995, la Conférence des ministres francophones
chargés des inforoutes s'est déroulée à Montréal (Québec) du 19 au 21 mai 1997.
Datée du 21 mai 1997, la Déclaration de Montréal proposait de "développer une
aire francophone d'éducation, de formation et de recherche; soutenir la création
et la circulation de contenus francophones et contribuer à la sauvegarde et à la
valorisation des patrimoines; encourager la promotion de l'aire francophone de
développement économique; mettre en place une vigie francophone (veille active);
sensibiliser prioritairement la jeunesse ainsi que les utilisateurs, les
producteurs et les décideurs; assurer la présence et la concertation des
francophones dans les instances spécialisées."
De par sa vocation internationale, Internet doit être multilingue. On dispose
enfin d'un instrument qui peut abolir les frontières au lieu d'en créer
d'autres. De plus en plus de sites offrent des présentations bilingues ou
trilingues, voire multilingues. Le site du quotidien belge Le Soir, par exemple,
offre une présentation du journal en six langues: français, allemand, anglais,
espagnol, italien et néerlandais. Le Club des poètes, lui, présente son site en
anglais, en espagnol et en portugais.
Le multilinguisme est l'affaire de tous, témoin cet Appel du Comité européen
pour le respect des cultures et des langues en Europe (CERCLE) qui, diffusé dans
les onze langues officielles de l'Union européenne, défend "une Europe
humaniste, plurilingue et riche de sa diversité culturelle". Il propose aux
réviseurs du Traité de l'Union européenne douze amendements prenant en compte le
respect des cultures et des langues.
"La diversité et le pluralisme linguistiques ne sont pas un obstacle à la
circulation des hommes, des idées et des marchandises ou services, comme veulent
le faire croire certains, alliés objectifs, conscients ou non, de la culture et
de la langue dominantes. C'est l'uniformisation et l'hégémonie qui sont un
obstacle au libre épanouissement des individus, des sociétés et de l'économie de
l'immatériel, source principale des emplois de demain. Le respect des langues, à
l'inverse, est la dernière chance pour l'Europe de se rapprocher des citoyens,
objectif toujours affiché, presque jamais mis en pratique. L'Union doit donc
renoncer à privilégier la langue d'un seul groupe."
Il n'empêche que, même si on prône le multilinguisme, il est vraiment
désagréable de se heurter à des pages web dont le contenu vous intéresse mais
dont on ne comprend pas la langue. Depuis décembre 1997, le moteur de recherche
AltaVista, utilisé par douze millions d'internautes, propose AltaVista
Translation, un service de traduction automatisée de l'anglais vers cinq autres
langues (allemand, espagnol, français, italien et portugais), et vice versa.
Alimenté par des dictionnaires multilingues contenant plus de 2,5 millions de
termes, ce service, gratuit et instantané, a été mis en place par Systran,
société pionnière de la traduction automatique. La traduction étant entièrement
automatisée, elle est évidemment approximative. Le texte à traduire doit être de
trois pages maximum, et la page originale et la traduction apparaissent en
vis-à-vis sur l'écran. Cet outil a ses limites, mais il a le mérite d'exister et
il préfigure ceux de demain.
Internet est multilingue. Toutes les langues y sont déjà représentées. Tôt ou
tard, la répartition des langues sur le Web correspondra à leur répartition sur
la planète. Même s'ils donnent encore des résultats surprenants et souvent peu
satisfaisants, des logiciels de traduction de pages web sont maintenant
disponibles sur le marché, et des recherches sont menées par plusieurs sociétés
(Alis Technologies, Globalink, Lernout & Hauspie, Systran, etc.) pour les
améliorer.
[Pour des informations plus complètes sur le Web et les langues, merci de vous
reporter à une autre étude, Le multilinguisme sur le Web.]
3. LES CYBERLIBRAIRIES
[Dans ce chapitre:]
[3.1. Cyberlibrairies francophones / 3.2. Cyberlibrairies non francophones /
3.3. Librairies de livres anciens / 3.4. Fournisseurs de livres pour
bibliothèques / 3.5. L'avenir des cyberlibrairies]
De nombreuses librairies dites "traditionnelles" - avec libraires, locaux,
vitrines, livres en pile sur des présentoirs ou alignés sur des rayonnages - ont
créé un site sur Internet. D'autres librairies n'ont ni murs, ni vitrine, ni
enseigne sur la rue. Leur vitrine est leur site web, et toutes leurs
transactions s'effectuent par le biais d'Internet. Dans les deux cas, les
librairies en ligne sont souvent appelées librairies virtuelles par les
francophones. Au terme de librairie virtuelle on préférera ici celui de
cyberlibrairie parce que, bien que n'ayant ni murs, ni vitrine, ni enseigne sur
la rue, une cyberlibrairie n'en est pas moins bien réelle.
L'internaute peut consulter le catalogue de la cyberlibrairie sur son écran et
rechercher un livre par auteur, par titre ou par sujet. Sur l'écran, il peut
également lire le résumé ou des extraits des livres qui l'intéressent, et se
tenir informé de l'actualité du livre. Et surtout, qu'il cherche, consulte, lise
ou commande, il n'a pas à se déplacer et à faire la queue. Il peut effectuer le
paiement de sa commande au moyen de sa carte de crédit puisque les librairies
sont maintenant pourvues d'un système de paiement sécurisé. Il peut aussi
envoyer son paiement par chèque ou par virement s'il est réfractaire à l'envoi
de son numéro de carte de crédit par Internet.
Voici quelques exemples de cyberlibrairies francophones, cyberlibrairies
anglophones, librairies de livres anciens et fournisseurs de livres pour
bibliothèques. Parallèlement on s'interrogera sur l'avenir des librairies en
ligne et de la commercialisation des livres sur Internet.
3.1. Cyberlibrairies francophones
Le site de la FNAC ouvre sur le logo "fnac" blanc sur fond ocre bien connu.
Présente en France, en Belgique et en Espagne, la FNAC se veut à la fois
défricheur, agitateur culturel et commerçant. Elle définit sa politique
commerciale comme "fondée sur l'alliance avec le consommateur, sa vocation
culturelle et sa volonté de découvrir les nouvelles technologies". Outre un
magazine littéraire en ligne, la FNAC a ouvert un secteur: commerce
électronique, qui permet à chacun de commander les livres, disques, vidéos et
CD-Rom de son choix. La commande s'effectue par Internet, Minitel ou téléphone.
La livraison s'effectue en France comme à l'étranger. Les modes de paiement sont
la carte de crédit ou le chèque à la commande. Ce service inclut également la
réservation et le paiement de places de spectacles qui sont ensuite envoyées au
domicile du client, et la réservation de voyages.
Le Furet du Nord est une chaîne de librairies françaises implantée dans le Nord
de la France et dont le siège est à Lille. Son site permet de consulter une base
de données répertoriant 250.000 ouvrages en langue française disponibles dans le
monde entier et de commander instantanément ces ouvrages. Il propose aussi un
suivi permanent de l'actualité littéraire. La vente à distance représente 15 à
20% du chiffre d'affaires total de la librairie, et les meilleurs clients sont
les écoles, les universités, les comités d'entreprises et les ambassades.
En région Rhône-Alpes, la chaîne de librairies Decitre offre un site qui est un
modèle de clarté. Ses neuf librairies sont particulièrement dynamiques dans le
domaine du multimédia, avec un rayon très complet sur Internet et
l'informatique. Elles organisent régulièrement des conférences et des
initiations à Internet, et des démonstrations de CD-ROM.
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Muriel Goiran expliquait que le
site web, créé en 1996 et revu en décembre 1997, a été remanié à nouveau pour
adopter une nouvelle présentation fin juillet 1998:
"C'est pour l'instant juste un moyen de communication de plus (mail) avec nos
clients des magasins et nos clients bibliothèques et centres de documentation.
Nous avons découvert son importance en organisant DOCForum, le premier forum de
la documentation et de l'édition spécialisée, qui s'est tenu à Lyon en novembre
97 (la prochaine édition est fixée en novembre 99). Il nous est apparu
clairement qu'en tant que libraires, nous devions avoir un pied dans le Net.
Internet est très important pour notre avenir. Nous allons mettre en ligne notre
base de 400.000 livres français à partir de fin juillet 98, et elle sera en
accès gratuit pour des recherches bibliographiques (l'achat des livres sera
payant bien sûr!). Ce ne sera pas une n-ième édition de la base de Planète
Livre [...], mais notre propre base de gestion, que nous mettons sur Internet."
Virgin MegaWeb est le magazine électronique de la section française du célèbre
mégastore, avec l'actualité de la musique, du livre, de la vidéo et des CD-Rom.
Le site du club France Loisirs présente tout le catalogue: CD, vidéos, livres,
magazines, tirages et appareils photo, etc. Il permet d'adhérer au club et de
passer commande.
Située au coeur de Paris dans la rue Saint-Honoré, la Librairie Itinéraires
rassemble tous les ouvrages permettant de préparer, accompagner et prolonger un
voyage: guides, cartes, manuels de conversation, reportages, récits de voyage,
livres de cuisine, livres d'art et de photographie, ouvrages d'histoire, de
civilisation, d'ethnographie, de religion et de littérature étrangère, et cela
pour plus de 160 pays, soit environ 250 destinations. "Le monde en mémoire", tel
est le sous-titre de son site bilingue français-anglais.
Dès 1985, la librairie avait créé une base de données avec classement des
ouvrages par pays et par thèmes. Dans son courrier électronique du 11 juin 1998,
Hélène Larroche, fondatrice de la librairie, expliquait:
"Il y a un peu plus de trois ans, nous en avons rendu la consultation possible
sur Minitel et effectuons aujourd'hui près de 10% de notre chiffre d'affaires
avec la vente à distance. Passer du Minitel à Internet nous semblait intéressant
pour atteindre la clientèle de l'étranger, les expatriés désireux de garder par
les livres un contact avec la France et à la recherche d'une librairie qui
'livre à domicile' et bien sûr les 'surfeurs sur le net', non minitélistes.
La vente à distance est encore trop peu utilisée sur Internet pour avoir modifié
notre chiffre d'affaires de façon significative. Internet a cependant eu une
incidence sur le catalogue de notre librairie, avec la création d'une rubrique
sur le Web, spécialement destinée aux expatriés, dans laquelle nous mettons des
livres, tous sujets confondus, qui font partie des meilleures ventes du moment
ou/et pour lesquels la critique s'emballe. Nous avons toutefois décidé de
limiter cette rubrique à 60 titres quand notre base en compte 13.000. Un
changement non négligeable, c'est le temps qu'il faut dégager ne serait-ce que
pour répondre au courrier que génèrent les consultations du site. (...) Outre le
bénéfice pour l'image de la librairie qu'Internet peut apporter (et dont nous
ressentons déjà les effets), nous espérons pouvoir capter une nouvelle clientèle
dans notre spécialité - la connaissance des pays étrangers -, atteindre et
intéresser les expatriés ... et augmenter nos ventes à l'étranger."
Distributeur indépendant, la Société internationale de diffusion et d'édition
(SIDE) est le spécialiste français de l'exportation des livres, périodiques et
CD-ROM. La société regroupe et exporte à travers le monde les livres en langue
française publiés en Europe et traite les abonnements de périodiques français.
Son site bilingue français-anglais offre un plus à son activité.
Québécoise, la Librairie Garnau est la plus grande chaîne de librairies
francophones en Amérique du Nord. Avec ses dix-sept points de vente à Montréal,
Québec, Sherbrooke, Victoriaville, Saint-Jérôme, Laval, Sainte-Foy, Anjou,
Gatineau, Sorel, Saint-Bruno et Chicoutimi, elle est également le plus gros
réseau de distribution de livres au Québec.
Fondée en 1844 par le poète Octave Crémazie et son frère Joseph, la Librairie
Garneau était un cercle littéraire fréquenté par des écrivains tels que
François-Xavier Garneau ou Louis Fréchette. Elle eut aussi des hôtes illustres
comme Sir Winston Churchill, Hervé Bazin, André Maurois, René Lévesque ou Lomer
Gouin. En 1897, la librairie passa aux mains de Samuel Chaperon qui s'associa
avec Pierre Garneau. Elle changea de propriétaires plusieurs fois pour être
finalement rachetée en 1993 par Sogides, premier groupe d'édition, de diffusion
et de distribution au Québec. Le 8 avril 1998, elle lance une cyberlibrairie de
250.000 titres basée sur la technologie IBM et le protocole SecurNat de la
Banque nationale du Québec.
Les librairies spécialisées sont elles aussi présentes sur le Web, comme Le
Monde en Tique qui offre un catalogue de 37.000 titres français et étrangers sur
l'informatique, les nouvelles technologies, le multimédia et Internet, ou encore
la Librairie Interférences, spécialisée en ouvrages scientifiques et étrangers,
qui fut la première librairie française à ouvrir un site sur Internet en 1995.
De nombreux autres sites de librairies spécialisées francophones sont
accessibles grâce à la liste des librairies en ligne de Livre.net.
Avec l'essor du Web sont apparues les cyberlibrairies qui vendent des livres
uniquement par le biais de leur site.
Alapage est une cyberlibrairie francophone qui propose tous les livres, disques
et vidéos disponibles sur le marché français, soit 400.000 références, avec
paiement sécurisé. Le site est bilingue français-anglais, et la recherche est
possible par auteur, titre et éditeur. Le même service est également disponible
sur Minitel (3615 Alapage).
Alapage travaille en partenariat avec Novalis, qui assure lui aussi la vente par
correspondance de produits culturels: disques, livres, vidéos et multimédia. Les
deux cyberlibrairies ont décidé en 1997 de créer le premier prix littéraire
francophone sur Internet, non pas pour créer un prix litéraire de plus, mais
pour constituer une "première".
Comme il était expliqué sur le site en octobre 1997,
"a) C'est la première fois que l'on utilise le support Internet pour organiser
un vote autour d'un prix littéraire.
b) C'est la première fois qu'est constitué un jury littéraire composé d'un
potentiel aussi important et diversifié de votants, fidèle reflet de la
diffusion de la culture française. Ce vote est en effet ouvert à nos visiteurs
de tous horizons, disséminés sur les cinq continents, qui pourront émettre leur
avis sur l'ensemble des ouvrages concourant aux principaux prix littéraires de
fin d'année.
c) C'est la première fois qu'est imaginé un instrument de mesure de la
satisfaction du lecteur et du bonheur de la lecture, qui ne soit pas seulement
un outil de mesure des ventes de livres, aussi fiable soit-il."
Un vote a donc été organisé du 20 octobre au 9 novembre 1997 auprès de tous les
cybernautes. Afin d'éviter les votes multiples, chaque voix n'a été validée que
si la fiche de vote était scrupuleusement remplie. Toute fiche double a été
annulée. Ce premier Prix littéraire des internautes fut remporté par Marc
Trillard pour son roman Coup de lame, paru aux éditions Phébus.
Chapitre.com est une cyberlibrairie de 350.000 titres, complétée par une
bouquinerie, un choix d'éditeurs, des liens avec 1.000 sites littéraires et
culturels, et une revue des littératures intitulée Tête de chapitre. Livre en
ligne est une autre cyberlibrairie disposant d'un catalogue de 300.000 titres.
3.2. Cyberlibrairies non francophones
Basée au Royaume-Uni, Internet Bookshop, très connue aussi sous son sigle iBS,
est la plus grande cyberlibrairie européenne avec 1,4 million de titres.
IBS a développé un nouveau système de partenariat sur le Web. Tout possesseur
d'un site web peut devenir partenaire d'iBS en sélectionnant sur son propre site
un certain nombre de titres présents dans le catalogue de la cyberlibrairie. IBS
prend en charge toute la partie commerciale, à savoir les commandes, les envois
et les factures. Le cybernaute partenaire reçoit 10% du prix des ventes. Suivie
par Amazon.com, la grande cyberlibrairie américaine, Internet Bookshop a été la
première librairie en ligne à proposer une part aux bénéfices exclusivement à
travers le Web, ce qui a d'ailleurs démontré la nécessité d'une nouvelle
réglementation dans ce domaine.
En octobre 1997, Internet Bookshop a débuté la vente de livres anglais avec des
remises allant jusqu'à 45%, prenant le risque d'une guerre des prix et des
droits avec les éditeurs anglais. Parallèlement, elle attendait la réaction des
mêmes éditeurs à sa décision de vendre des livres provenant des Etats-Unis,
vente débutée en septembre 1997 et pratiquée aussi par d'autres libraires
spécialisés.
A la même époque, Waterstone's songeait également à introduire des titres
américains dans son catalogue à partir de début 1998. De son côté, The
Publishers Association, organisme représentant les éditeurs du Royaume-Uni,
étudiait les propositions d'interdiction de vente de livres américains à des
clients britanniques par des cyberlibrairies basées aux Etats-Unis.
Sur le site, la rubrique iBS News permet de suivre le match engagé par les
librairies en ligne contre les associations d'éditeurs ou contre les libraires
traditionnels, afin de permettre la suppression des frontières dans la vente des
livres.
Ailleurs en Europe, on peut citer par exemple les librairies en ligne allemandes
Buch +Medien Online ou Lehmanns Online Bookshop, ou encore Alice.it, qui est la
grande cyberlibrairie italienne.
Aux Etats-Unis, Amazon.com, créé en 1994, se présente comme la plus grande
cyberlibrairie du monde avec ses 3 millions de livres, CD, DVD, jeux
informatiques, etc., soit quatorze fois plus que les plus grandes chaînes de
supermarchés, et ses 3 millions de clients dans 160 pays. Son catalogue permet
de rechercher les livres par titre, auteur, sujet ou rubrique. Très attractif,
le contenu éditorial du site change quotidiennement et forme un véritable
magazine littéraire qui offre des extraits de livres, des entretiens avec des
auteurs, des commentaires de lecteurs et des conseils de lecture.
Sur les traces d'Internet Bookshop, Amazon.com offre une part des bénéfices à
ses associés en ligne. Depuis le printemps 1997, tous les possesseurs d'un site
web peuvent vendre des livres appartenant au catalogue d'Amazon.com et toucher
un pourcentage de 15% sur les ventes. Ces associés effectuent une sélection dans
les titres du catalogue et rédigent leurs propres résumés. Amazon.com prend les
commandes, expédie les livres, rédige les factures et leur envoie un rapport
hebdomadaire d'activité. Au printemps 1998, son réseau comprenait plus de 30.000
sites affiliés.
"Introduit à la bourse de New York en mai 1997, Amazon.com a attiré 54 millions
de dollars en ne cédant que 13% de son capital, une véritable performance pour
une société dont le chiffre d'affaires était alors de 32 millions de dollars",
expliquent Philip Wade et Didier Falkand dans Cyberplanète: notre vie en temps
virtuel (Paris, Editions Autrement, 1998). Avec plus d'un million et demi de
clients et une très bonne image de marque, elle est un symbole de réussite dans
le cybercommerce. Sa cotation boursière est excellente, alors que la librairie
est toujours déficitaire après deux ans d'existence. Fondateur et principal
actionnaire d'Amazon.com, Jeff Bezos précise: "Nous générons des revenus de plus
de 300.000 dollars [1 dollar = 6 FF environ] par an et par employé. Une
librairie traditionnelle ne fait que 95.000 dollars par employé."
Les autres géants américains sont notamment Bookpage Online ou encore
Buybooks.com avec un catalogue de 1,4 million de titres américains, 500.000
titres allemands, 500.000 titres français, 200.000 titres anglais, 100.000
titres suédois, 80.000 films en vidéo ou sur disque laser, et 10.000 jeux
informatiques pour console ou sur CD-ROM. Le plus important libraire
"traditionnel" des Etats-Unis, Barnes & Nobles, a également décidé de se lancer
dans la vente des livres sur Internet en créant en mai 1997 son site
barnesandnoble.com. Il a ainsi déclenché une guerre des prix en faisant
directement concurrence à Amazon.com.
3.3. Librairies de livres anciens
Plusieurs libraires de livres anciens ont saisi l'opportunité que représentait
Internet pour faire connaître leurs fonds.
Créé en novembre 1995 par Pascal Chartier, de la Librairie du Bât d'Argent
(Lyon), Livre-rare-book est un site quadrilingue en français, anglais, italien
et allemand. Il propose à la fois un catalogue de livres anciens regroupant les
catalogues de plusieurs librairies de la région et un annuaire électronique
international des librairies de livres d'occasion. Pascal Chartier considère que
le Web lui a "ouvert une vaste porte", à la fois pour lui et pour ses clients.
Comment voit-il son avenir professionnel avec Internet? Comme "peut-être la pire
et la meilleure des choses, la pire parce qu'il peut générer un travail constant
sans limite et la dépendance totale. Le meilleur parce qu'il peut s'élargir
encore et permettre surtout un travail intelligent!", répondait-il dans son
courrier électronique du 10 juin 1998.
Classé en plusieurs rubriques (beaux-arts, cartes postales, collections,
ésotérisme, femmes, histoire, jeux, jouets, littérature, livres anciens,
Lyonnais, musique, régionalisme en France, religions, revues, sciences, sports
et voyages), le catalogue de livres anciens est commun à la Librairie du Bât
d'Argent (Lyon), la Librairie Devaux (Moulins), la Libreria A. Guida (Naples),
la Librairie Heurtebise (Dijon), la Librairie Lucas et Vermorel (Lyon), la
Librairie Miraglia (Lyon) et la Librairie du Verseau (Lyon).