Monsieur,
Vous paraissiez si triste hier, que je ne puis m'empêcher de
vous demander quel sujet de chagrin vous avez. Vous refuserez
peut-être de le dire, mais vous ne pourrez pas me savoir
mauvais gré de l'avoir demandé: je n'ai depuis hier que votre
image dans l'esprit. Milord vient nous voir presque tous les
jours. Il est vrai qu'il ne reste d'ordinaire qu'un moment.
Vous paraît-il qu'on y fasse attention à Lausanne, et qu'on
puisse me blâmer de le recevoir? Vous le connaissez autant
qu'un jeune homme est connaissable; vous connaissez ses
parents, et leur façon de penser. Je ne doute pas que vous
n'ayez lu dans le coeur de Cécile: dites-moi comment je dois me
conduire. Je suis, Monsieur, votre très humble et très
obéissante servante.