ANNEXE VIII.

Les rapports entre les entreprises et les ouvriers.

1. LES PREMIERS RÉSULTATS DE L'ACTIVITÉ DE LA COMMISSION DES CONFLITS DU

DÉPARTEMENT DE MOSCOU[87].

[Footnote 87: D'après _Troud (Le Travail)_, 28 mars 1922.]

Cette commission a été organisée le 25 janvier 1922. La première cause a

été entendue le 2 février. Jusqu'au 10 mars la Commission a examiné 47

contestations, dont 16 concernant le non-paiement des ouvriers en cas de

congédiement, 3 le paiement de salaires inférieurs au tarif syndical, 5

des renvois injustifiés, 4 le refus de paiement d'indemnité pour chômage

imputable à l'employeur, 3 des retenues sur les salaires, etc.

Sur toutes ces contestations il a été rendu 35 jugements en faveur des

ouvriers et 2 en faveur des employeurs; 8 conflits ont été réglés à

l'amiable et 2 renvoyés pour supplément d'instruction.

La commission a siégé deux fois par semaine. Au début elle examinait au

cours de chaque séance jusqu'à 12 causes. Les séances durent parfois

jusqu'à neuf et dix heures du soir.

Bien que la commission n'emploie qu'un secrétaire et un comptable, les

copies des jugements sont fournies le lendemain de leur prononcé et les

affaires sont examinées deux ou trois jours après la plainte, sans aucun

retard.

En même temps qu'on étudie la contestation il arrive souvent qu'on

examine des incidents «de second ordre», tels que l'embauchage

d'ouvriers en dehors du travail, le non-paiement des salaires aux femmes

en couches pendant le congé établi, les infractions à la loi de huit

heures, etc.

La plupart des plaintes sont adressées par les instructeurs

syndicalistes, les inspecteurs du travail et la section féministe «du

parti». Les ouvriers ne portent plainte que très rarement.

Il est difficile de se faire une idée exacte de l'activité de la

commission d'après des renseignements portant sur une période de six

semaines, mais on peut cependant faire les remarques suivantes:

Les employeurs ont essayé de reprendre les anciennes méthodes

d'exploitation. Ce n'est que récemment, grâce au travail de la

commission, qu'on a remarqué un éveil de l'initiative chez les ouvriers

eux-mêmes.

La commission jouit d'une autorité croissante parmi les ouvriers; les

ouvriers non syndiqués eux-mêmes commencent à s'adresser directement à

elle. En outre, quand elle confirme les décisions du syndicat, son

jugement relève l'autorité du syndicat vis-à-vis des employeurs comme

vis-à-vis des ouvriers.

Il arrive trop souvent que l'organe syndical renvoie une cause à la

commission des conflits sans avoir pris lui-même de décision, ce qui

entraîne des retards. Le cas s'est produit notamment pour les sections

départementales des ouvriers du transport local, des chimistes et de

l'alimentation. Il arrive souvent aussi que le représentant du syndicat

n'est pas présent le jour où on entend la cause. Enfin les ouvriers et

les employeurs attendent parfois en vain jusqu'à la fin d'une séance, ce

qui engendre du mécontentement.

L'organisation de l'industrie et les conditions du travail dans la Russie des Soviets · 第 66 / 89 题