9 février 1822.

»Ne vous mettez pas dans la tête, mon cher Byron, que le flot de la

marée se tourne entièrement contre vous en Angleterre. Jusqu'à ce que

j'aperçoive quelques symptômes d'oubli à votre égard, je ne croirai pas

que vous perdiez du terrain. Pour le moment;

_Te veniente die, te decedente_[178],

on ne parle presque que de vous, et quoique de bonnes gens se signent en

vous citant, il est clair que ces gens-là pensent beaucoup plus à vous

qu'ils ne le devraient pour le bien de leurs ames. _Caïn_, sans

contredit, a fait sensation; et quelque sublime qu'il soit, je regrette,

pour plusieurs raisons, que vous l'ayez composé..... Pour moi, je ne

donnerais pas la poésie de la religion pour tous les plus sages

résultats auxquels la philosophie puisse jamais arriver; les diverses

sectes et croyances donnent assez beau jeu à ceux qui sont désireux

d'intervenir dans les affaires de leurs voisins; mais notre foi dans le

monde à venir est un trésor que nous ne devons pas abandonner si

légèrement; et le rêve de l'immortalité (si les philosophes la tiennent

pour un rêve) est un de ceux qu'il faut espérer de conserver jusqu'à

l'instant de notre dernier sommeil[179].

[Note 178: Virg. Géorg. IV:

Au lever du jour, à son coucher, etc.

(_Note du Trad._)]

[Note 179: C'est à cette pensée que Lord Byron fait allusion, à la

fin de sa lettre du 4 mars. (_Note de Moore_.)]

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 364 / 366 题