«Revenu.--Rencontré quelques masques au Corso.--«Vive la
bagatelle!»--Les Allemands sont sur le Pô, les barbares aux portes, et
leurs maîtres tiennent conseil à Laybach, et voici qu'on danse, qu'on
chante et qu'on fait des folies: «car demain on peut mourir.» Qui peut
dire que les arlequins n'ont pas raison? Comme lady Baussière et mon
vieil ami Burton,--«je continuai à me promener à cheval.»
»Dîné,--(scélérate de plume!)--boeuf coriace: il n'y a pas en Italie de
boeuf qui vaille le diable,--à moins qu'on ne puisse manger un vieux
boeuf dans sa peau, le tout rôti au soleil.
»Les principaux acteurs des événemens qui peuvent survenir sous peu de
jours, sont sortis pour une partie de tir. Si c'était, comme «une partie
de chasse des _Highlanders_», un prétexte pour une grande réunion de
conseillers et de chefs, tout irait bien. Mais ce n'est ni plus ni moins
qu'un vrai tapage, une mousqueterie en l'air, une petite guerre de
poules d'eau, une vaine dépense de poudre, de munitions et de coups de
fusil par pur amusement:--drôles de gens pour «un homme qui a envie de
risquer son cou avec eux,» comme dit Marishal Wells dans le _Nain Noir_.
»Si l'on se rassemble,--«la chose est douteuse,»--il n'y aura pas mille
hommes à passer en revue. La raison en est que la populace n'a point
d'intérêt en ceci;--il n'y a que la noblesse et la classe moyenne. Je
voudrais que les paysans fussent de la partie: c'est une race belle et
sauvage de léopards bipèdes. Mais les Bolonais ne voudront pas agir,--et
sans eux les Romagnols ne peuvent rien. Ou s'ils essaient,--qu'importe?
Ils essaieront: l'homme ne peut faire plus;--et s'il veut y consacrer
toute sa force, il peut faire beaucoup. Témoins les Hollandais contre
les Espagnols,--alors les tyrans,--ensuite les esclaves,--et depuis peu
les hommes libres de l'Europe.
»L'année 1820 n'a pas été heureuse pour moi en particulier, quels qu'en
soient les résultats pour les nations. J'ai perdu un procès, après deux
décisions en ma faveur. Le projet de prêter de l'argent sur une
hypothèque irlandaise a été définitivement rejeté par l'homme d'affaires
de ma femme, après un an d'espérances et de peines. Le procès Rochdale a
duré quinze ans, et a toujours prospéré jusqu'à mon mariage; depuis quoi
tout a été mal,--pour moi du moins.
»Dans la même année, 1820, la comtesse Teresa Guiccioli, née Gamba, et
malgré tout ce que j'ai dit et fait pour le prévenir, a voulu se séparer
de son mari, _il cavalier commendatore Guiccioli_, etc. Plus, plusieurs
autres petite vexations de l'année,--voitures versées,--meurtre commis
devant ma porte, et la victime mourant dans mon lit,--crampes en
nageant,--coliques,--indigestions et accès bilieux, etc., etc., etc.,--
Maints menus articles font une somme,
Oui-dà, pour le pauvre Caleb Quotem.