24 janvier 1821.

«Revenu.--Rencontré quelques masques au Corso.--«Vive la

bagatelle!»--Les Allemands sont sur le Pô, les barbares aux portes, et

leurs maîtres tiennent conseil à Laybach, et voici qu'on danse, qu'on

chante et qu'on fait des folies: «car demain on peut mourir.» Qui peut

dire que les arlequins n'ont pas raison? Comme lady Baussière et mon

vieil ami Burton,--«je continuai à me promener à cheval.»

»Dîné,--(scélérate de plume!)--boeuf coriace: il n'y a pas en Italie de

boeuf qui vaille le diable,--à moins qu'on ne puisse manger un vieux

boeuf dans sa peau, le tout rôti au soleil.

»Les principaux acteurs des événemens qui peuvent survenir sous peu de

jours, sont sortis pour une partie de tir. Si c'était, comme «une partie

de chasse des _Highlanders_», un prétexte pour une grande réunion de

conseillers et de chefs, tout irait bien. Mais ce n'est ni plus ni moins

qu'un vrai tapage, une mousqueterie en l'air, une petite guerre de

poules d'eau, une vaine dépense de poudre, de munitions et de coups de

fusil par pur amusement:--drôles de gens pour «un homme qui a envie de

risquer son cou avec eux,» comme dit Marishal Wells dans le _Nain Noir_.

»Si l'on se rassemble,--«la chose est douteuse,»--il n'y aura pas mille

hommes à passer en revue. La raison en est que la populace n'a point

d'intérêt en ceci;--il n'y a que la noblesse et la classe moyenne. Je

voudrais que les paysans fussent de la partie: c'est une race belle et

sauvage de léopards bipèdes. Mais les Bolonais ne voudront pas agir,--et

sans eux les Romagnols ne peuvent rien. Ou s'ils essaient,--qu'importe?

Ils essaieront: l'homme ne peut faire plus;--et s'il veut y consacrer

toute sa force, il peut faire beaucoup. Témoins les Hollandais contre

les Espagnols,--alors les tyrans,--ensuite les esclaves,--et depuis peu

les hommes libres de l'Europe.

»L'année 1820 n'a pas été heureuse pour moi en particulier, quels qu'en

soient les résultats pour les nations. J'ai perdu un procès, après deux

décisions en ma faveur. Le projet de prêter de l'argent sur une

hypothèque irlandaise a été définitivement rejeté par l'homme d'affaires

de ma femme, après un an d'espérances et de peines. Le procès Rochdale a

duré quinze ans, et a toujours prospéré jusqu'à mon mariage; depuis quoi

tout a été mal,--pour moi du moins.

»Dans la même année, 1820, la comtesse Teresa Guiccioli, née Gamba, et

malgré tout ce que j'ai dit et fait pour le prévenir, a voulu se séparer

de son mari, _il cavalier commendatore Guiccioli_, etc. Plus, plusieurs

autres petite vexations de l'année,--voitures versées,--meurtre commis

devant ma porte, et la victime mourant dans mon lit,--crampes en

nageant,--coliques,--indigestions et accès bilieux, etc., etc., etc.,--

Maints menus articles font une somme,

Oui-dà, pour le pauvre Caleb Quotem.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 155 / 366 题