23 janvier 1821.

»Belle journée. Lecture,--promenade à cheval,--tir du pistolet.

Rentré,--dîné,--lu. Sorti à huit heures,--fait la visite ordinaire. Je

n'ai entendu parler que de guerre.--«Il n'y a toujours qu'un cri: Les

voici.» Les carbonari paraissent n'avoir pas de plan;--rien de convenu

entre eux, ni comment, ni quand il faut agir. Dans ce cas, ils ne feront

aboutir à rien ce projet, si souvent différé et jamais mis à exécution.

»Rentré chez moi, et donné les ordres nécessaires, en cas de

circonstances qui exigeraient un changement de résidence. J'agirai comme

il pourra sembler à propos, quand j'apprendrai décidément ce que les

barbares veulent faire. A présent, ils bâtissent un pont de bateaux sur

le Pô, ce qui sent furieusement la guerre. En peu de jours, nous saurons

probablement ce qu'il en est. Je songe à me retirer vers Ancône, plus

près de la frontière du nord; c'est-à-dire si Teresa et son père sont

obligés de se retirer, ce qui est très-probable, vu que toute la famille

est libérale: sinon, je resterai. Mais mes mouvemens ne dépendront que

des désirs de la comtesse.

»Ce qui m'embarrasse, c'est que je ne sais pas trop que faire de ma

petite-fille, et de mon nombreux mobilier dont la valeur est assez

considérable:--le théâtre de la guerre, où je songe à me rendre, ne leur

est guère convenable. Mais il y a une dame âgée qui se chargera de la

petite, et Teresa dit que le _marchese_ C*** veillera à la sûreté des

meubles. La moitié de la ville fait ses bagages, comme pour se mettre en

route. Joli carnaval! Les gredins auraient bien pu attendre jusqu'au

carême.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 154 / 366 题