VESTE, s. f. Nous disons de quelqu'un qui a trop bu: _Il a sa veste,
la plus belle veste du monde, laissons-le dormir. Il a pris une
veste._ On dit aussi: SE VESTER, pour: Se griser.
VICAILLE, s. f. Victuaille, provisions de bouche. _Il y a assez de
vicaille dans leur maison._
VICOTER, v. n. Vivoter, vivre petitement, subsister pauvrement et avec
peine. _Avec ces quarante francs, ils purent vicoter deux mois._ Terme
lyonnais, etc. En vieux français, _Vicquer_ signifie: Vivre, être en
vie.
VICREUSE (LA). C'est le nom de divers petits chemins dans notre
canton. _Vicreuse_ ou _Vie-creuse_ veut dire: Voie creuse, chemin
creux. En patois, _vî-a_ ou _vî_ signifie: Chemin. R. lat. _via_.
VIDÉE, s. f. Action de vider ou de se vider. S'emploie au sens propre
et au sens figuré. _Ils sont tous partis! voilà une fameuse vidée!_
VIDEUSE (UNE). Terme de la fabrique d'horlogerie, ouvrière qui découpe
le coq de la montre.
VIDOLET, s. m. Terme des campagnards. Sentier particulier. _Le vidolet
de Sierne._ Dans le patois de l'Isère et en vieux français on dit:
_Violet_.
VIEILLE, s. f. Vielle; instrument de musique fort connu. _Jouer de la
vieille._ Terme français populaire.
VIEILLOPET, ETTE, adj. et subst. Vieillot, vieillote, qui commence à
avoir l'air vieux: _Une petite vieillopette_.
VIEULIET ou VIEULIER, s. m. Violier, giroflée. _Un vieuliet double._
Terme savoisien, lyonnais et méridional.
VIEUX FER. _Être au vieux fer_, est une expression figurée qui
s'emploie en parlant des personnes et qui signifie: N'être plus bon à
rien. _Mettre au vieux fer_, veut dire: Rebuter, dédaigner. _Ils ne
veulent plus rien de moi, et ils me laissent de côté! Ils s'imaginent
donc que je suis déjà au vieux fer._
VIEUX JOIN, s. m. Vieux oing, vieille graisse de porc fondue, dont on
se sert pour frotter les voitures. «Oing» est le mot latin _unctum_.
VIGOUREUSE, s. f. Sorte de poire. Voyez VIRGOUREUSE.
VINOCHE, s. f. Mauvais vin, piquette, vin. _Retire-toi, Bastian,
retire-toi bien vite, tu pues la vinoche._
VIOLETTES, s. f. _Être aux violettes_ est une expression figurée et
facétieuse qui signifie: Être pensionnaire de l'Hôpital et placé comme
tel chez des campagnards. On dit dans le même sens: _Être aux
avant-postes_.
VIOLONNER, v. n. Jouer du violon. Se dit de celui qui fatigue ses
alentours en râclant ou en étudiant.
VIOLONNER, v. a. Répéter toujours la même chose, rabâcher, fatiguer
par d'ennuyeuses redites. Terme vaudois.
VIOLONNEUR, s. m. Mauvais joueur de violon, râcleur. _La peste soit du
violonneur!_ Terme languedocien, etc.
VION-NET, s. m. Terme des campagnards. Petit sentier public. _Vous
accourcirez en prenant ce vion-net._
VIRABOQUET, VIREBOQUET, ou VIREBREQUET, s. m. Jouet d'enfant. Noyau
d'abricot percé, dans lequel on enfile un petit bâton planté dans une
pomme de terre et qu'on fait tourner au moyen d'une ficelle ou d'un
fil ajusté au noyau.
VIRABOUQUIN, VIREBOUQUIN ou VIREBREQUIN, s. m. Vilebrequin, outil
d'artisan qui sert à trouer, à percer du bois, de la pierre, et autres
corps durs. On dit à Lyon: Virebroquin.
VIRE-DE-PIED, s. m. Croc en jambe.
VIRE-DE-PIED, s. m. Mesure d'un travers de pied. _La largeur de sa
chambre était de sept pieds et un vire-de-pied._ On dit aussi:
_Revire-de-pied_.
VIRER CASAQUE. Tourner casaque, changer de parti.
VIRER L'ŒIL. Tourner de l'œil, mourir. _Regarde cette pauvre truite,
comme elle vire l'œil._ Expression limousine.
VIRET, s. m. Sorte de miton chaud.
VIRET, s. m. Escalier en limaçon. Dans le patois vaudois, _vira_, s.
f. signifie: Vis de pressoir.
VIREVOÛTE, s. f. Tours et détours, circuits, sinuosités. _Les
virevoûtes d'un couvent; les virevoûtes d'un bois._ Terme vaudois et
languedocien. Les mots «virevolte et virevouste» ont la même origine
que notre mot de _virevoûte_, mais ils n'ont pas le même sens. _Virer_
signifie: Tourner, et _volte_, _vouste_ et _voûte_ sont une corruption
du mot latin _vultus_, visage, face.
VIRGOUREUSE, s. f. Sorte de poire d'hiver, appelée en français:
«Virgouleuse.» _Virgoulé_ est le nom d'un village près de Limoges,
d'où ces poires se sont propagées.
VIROLET, s. m. Remous, tournant dans une eau courante. _Prends garde
à ce virolet; ne va pas nager près de ce virolet._ Terme vaudois et
savoisien.
VIROLET, s. m. Toton, jeu d'écolier.
VIROLET, s. m. Tourniole, panaris qui fait le tour de l'ongle. R.
_virer_.
VIROTTER, v. n. Se prend d'ordinaire en mauvaise part, et signifie:
Tourner et virer autour de quelqu'un. _As-tu assez virotté? Si tu
virottes encore dans cette chambre, je te renvoie._
VIS (UN). _Mettre un vis._ Dites: Mettre une vis. Ce mot est féminin.
VISAGÈRE, s. f. Le masque d'une poupée. _Mettre une visagère; casser
une visagère; changer de visagère._ Terme suisse et savoisien. Dans
l'évêché de Bâle on dit: _Visagière_. En vieux français, _visagière_
signifie: Visière d'un casque.
VIS-À-VIS, prép. Envers. _Il eut des torts graves vis-à-vis de son
tuteur. Il se conduisit très-mal vis-à-vis de sa grand'mère._ Cette
faute choquante n'en sera bientôt plus une, tant elle s'est propagée,
et tant l'usage qu'en font plusieurs écrivains l'a sanctionnée.
Introduite en France par J.-J. Rousseau, cette expression fut dès
l'origine attaquée vivement par Voltaire. Mais le philosophe de
Genève, plus lu et plus goûté que le philosophe de Fernex, triompha de
son opposant, et le barbarisme trône aujourd'hui.
VISICATOIRE, s. m. Vésicatoire. R. _vesica_.
VISIÈRE, s. f. Nous disons figurément, en parlant de quelqu'un avec
qui nous avons cessé toute relation, tout commerce d'amitié: _J'ai
rompu en visière avec lui_. En français on dit: Je lui ai rompu en
visière; et cela signifie: Je l'ai contredit en face et brusquement.
VISITANT, s. m. Visiteur.
VIS OUVERTS (À). À huis ouverts, c'est-à-dire: Avec les portes
ouvertes, les portes restant ouvertes. _Le mariage civil se fait
toujours à vis ouverts._ _Vis_ (prononcez _visse_) est une corruption
du vieux mot _huis_ (porte), d'où l'on a fait le mot «huissier.» R.
_ostium_.
† VISSE-VERSÀ, loc. adv. Écrivez «Vice versâ» et prononcez
_vicé-versâ_.
VITAILLE, s. f. Terme des campagnards, provision de bouche, vivres,
victuaille. Terme vieux français.
De ses deniers assez li baille
Por achater de la _vitaille_.
[Voyez ROQUEFORT, _Glossaire de la langue romane_, t. II, p. 723.] En
languedocien on dit: _Bitaille_.
† VITRE (UN). Une vitre. _Femme, fais donc remettre ce vitre._
Solécisme franc-comtois, etc.
VIVE, s. f. Alevin, milcanton, réunion de diverses espèces de
très-petits poissons. «Il est défendu de pêcher et de vendre du fretin
connu sous le nom de _vive_.» [_Règlement de police de 1837._]
VOCATION, s. f. Ce mot ne signifie point, comme plusieurs le croient:
État de vie, carrière, profession. Il faut donc éviter les expressions
suivantes: _Prendre une vocation; choisir une vocation; embrasser une
vocation; quitter une vocation; changer de vocation_, etc. «Vocation»
signifie: Appel, mouvement intérieur, disposition naturelle qui nous
porte à tel ou tel genre de vie. On dira donc fort bien: Les jeunes
gens n'ont pas toujours la facilité de suivre leur vocation,
c'est-à-dire: De suivre l'instinct, le penchant, le goût qui les
pousse vers telle ou telle carrière. Notre cousin Salomon n'avait
aucune vocation pour la carrière des armes; il a été cependant forcé
de servir. «Vocation» est le mot exact dans ces deux exemples.
VOGUE, s. f. Fête patronale, fête de la commune. _Les bals_ _de la
vogue; les plaisirs bruyants d'une vogue._ Terme savoisien, dauphinois
et provençal.
VOILÀ, prép. _Es-tu contente de ton nouveau cordonnier?--Voilà_,
c'est-à-dire: Je n'en suis ni contente ni mécontente.
VOIR ou VOIRE, adv. _Attends voir, écoute voir, regarde voir_,
signifient: Attends un peu, écoute un peu, regarde un peu. _Dis voir,
Pierrot, va-t-on à Divonne dimanche?_ Ce terme, qui est si connu dans
tous les pays où l'on parle français, vient du mot latin _verè_
(vraiment), et joue le rôle que jouent en allemand les mots _einmal_,
_ein wenig_. On trouve dans les _Contes_ de LA FONTAINE le vers
suivant:
_Voire!_ écoutez le reste de la fête.
Ce qui revient à: Écoute _voire_.
VOIR (SE), v. pron. impersonnel. Paraître. _Il se voit bien que tu es
en colère. Il se voit bien que le beau temps ne durera pas._
Expression dauphinoise, etc.
VOITURÉE, s. f. Toutes les personnes qui remplissent une voiture.
_Nous allâmes au pont de la Caille: la voiturée se composait de
quatorze amis._ Expression fort acceptable.
VOL, s. m. _Un vol d'étourneaux; un vol d'hirondelles_, etc. Terme
méridional. En français on dit: Volée. «On voit des volées de deux ou
trois cents pintades.» [BUFFON.]
VOL, s. m. _Prendre quelqu'un au vol._ Dites: Prendre quelqu'un à la
volée, c'est-à-dire: Choisir promptement et habilement l'instant
fugitif où on peut le voir et lui parler.
VOLAILLE, s. f. C'est le nom qu'on donne en français à tout oiseau
qu'on nourrit dans une basse-cour. La phrase suivante est donc tout au
moins un peu bizarre. _Ce n'est pas un poulet que je vous offre,
Messieurs, c'est une volaille._
VOLANT, s. m. Faucille de nos moissonneurs. _Aiguiser un_ _volant;
emmancher un volant._ Terme vaudois, jurassien et berrichon. Dans le
patois de l'évêché de Bâle on dit: _Voulain_; en bas-limousin,
_voulan_; en Dauphiné, _volame_. Dans le vieux français, _voulain_ et
_voulant_ se disaient d'une espèce de serpe. [Voyez ROQUEFORT,
_Glossaire_, t. II, p. 731.]
VOLANT, adj. Nous disons que des oiseaux sont tout _volants_,
lorsqu'ils sont drus comme père et mère. [P. G.]
VOLE, s. f. _Mettre un oiseau à la vole_, signifie: Le mettre au vol;
lui faire prendre son vol.
VOLET, s. m. Les mots de _volet_ et de _contrevent_ ne sont pas
synonymes. «Les _Volets_ sont en dedans et s'appliquent sur le châssis
des fenêtres, les _Contrevents_ sont en dehors.» [Voy. PAUTEX,
_Recueil de mots français_, p. 41.]
VOLETTE (À LA), loc. adv. _Faire une chose à la volette_, signifie: La
faire trop vite et avec peu de soin, la faire à la volée et en
courant. On dit aussi: _Prendre une chose à la volette, saisir une
chose à la volette_.
VOLEUR, s. m. Filament enflammé de la mèche d'une chandelle, lequel
fait couler le suif. _Ne voyez-vous pas ce voleur à la chandelle? Ôtez
donc ce voleur._ Terme connu dans quelques provinces de France, dans
la Flandre française, etc. [_Dictionnaire roman-wallon_, p. 209.]
VOLONTIERS, adv. Ordinairement. _La Victorine a volontiers mal aux
dents le soir. J'ai volontiers la migraine à la suite d'une grande
émotion._ Phrases dont chacun peut apprécier le ridicule.
VOUABLE, s. f. Clématite des haies, herbe aux gueux, sorte de plante
grimpante qui fleurit au mois de juillet. Terme vaudois, neuchâtelois,
franc-comtois, etc.
VOUAFFE, s. f. Au sens propre, boue liquide, bouillon trop clair,
sauce mal liée. _Leur soupe n'était que de la vouaffe._
VOUAFFER, v. n. S'enfoncer dans un liquide épais. _La pluie survint,
on vouaffa dans le patrigot._ Ce mot et le précédent sont des
onomatopées dignes de remarque.
VOUAI, s. m. Terme des campagnards. Sorte d'épervier.
VOUARAI ou VOUARET, s. m. Bise noire et pluvieuse.
VOUÂRE, s. f. Terme des campagnards. Mars, larve de hanneton, et le
hanneton lui-même. Terme vaudois et savoisien.