VOUAREUX, EUSE, adj. Qui a la morve au nez. _Un enfant vouareux._

VOUARGNE, s. m. Terme suisse-roman qui signifie: Sapin blanc. L'ancien

_Glossaire_ appelle _Vouarme_, le Sapin femelle.

VOUÈPE, s. f. Femme maligne, femme méchante. En patois, _vouèpe_

signifie: Guêpe. R. lat. _vespa_.

VOUÉPETTE, s. f. Diminutif de _vouèpe_. Voyez ce mot.

VOUGNER, v. n. Se dit de deux boules ou de deux palets qui se

touchent. Voyez QUIQUE.

VOUGNER, v. actif. Remuer, fracasser en remuant. _S'il vous plaît,

Madame, ne vougnez pas tant mes œufs._

VOULOIR, v. a. Nous mettons _il veut_ devant un infinitif, pour

marquer le futur. _Il veut pleuvoir; il veut faire beau; il veut

neiger; il veut geler cette nuit_, etc. Cette façon de parler est un

germanisme.

VOUI. Mauvaise prononciation de: Oui.

VOULOIR, v. a. Nous employons les expressions: _Si vous voulez, si tu

veux_, dans le sens de: «Médiocrement, honnêtement.» _Y avait-il du

monde à l'enterrement de Mr N**?--Il y en avait si vous voulez._

Expression méridionale.

VOULOIR, v. a. Nous disons d'un homme indécis, d'un homme inconstant

dans ses résolutions: _Il ne sait pas ce qu'il se veut_. L'Académie

dit: Il ne sait pas ce qu'il veut.

VOULOIR, v. a. La conjugaison de ce verbe offre une grande difficulté

dont peu de personnes se doutent. Au présent du subjonctif nous

disons: _Je ne partirai pas lundi, à moins que vous ne veuilliez

partir avec moi. J'accepte votre magnifique melon, pourvu que vous

veuilliez le manger avec moi et chez moi_, etc. Il faut dire: «Que

vous vouliez.» Voyez toutes les grammaires.

VOUSAYER ou VOUSOYER, v. a. Dire _vous_ à quelqu'un, ne pas le

tutoyer. _Plusieurs maris vousayent leurs femmes. Quelques enfants

vousayent leurs pères._ Terme connu en France, mais que les

dictionnaires, sans aucune raison plausible, n'ont pas accueilli. On

disait en vieux français: _Vosoyer_.

VRAI (DE), adv. Vrai, au vrai, vraiment, véritablement. _Parles-tu de

vrai? Dis-tu tout cela de vrai? Me donnes-tu cette agate de vrai?

Voici de vrai comment toute la chose s'est passée._ Français

populaire.

VUIDE, adj. Le grammairien Oudin, au commencement du dix-septième

siècle, donnait sur ce mot la règle suivante: «Écrivez «vuide» et

prononcez _vide_.» Actuellement on écrit et l'on prononce «vide.»

Tonneau vide, estomac vide, bourse vide.

X

X. Dans les mots Deux, Eux et Ceux, le _x_ est muet. C'est donc à

tort que beaucoup de personnes prononcent _deusse_, _eusse_,

_ceusse_, et disent, par exemple: _Tous ceusse qui m'aiment; tous

ceusse devant qui je parle; c'est eusse que j'accuse_, etc.

Y

† Y, pronom personnel. À lui. _Je l'y avais recommandé de prendre

bien garde. Je l'y ferai ta commission_, etc. Faute fort ancienne

et fort répandue.

† Y, pronom relatif et démonstratif. Le, cela. _Donne-m'y,

Vincent.--Y voilà, prends-y tout._ Les campagnards disent

proverbialement: _Qui tout y veut, tout y perd_, c'est-à-dire: Que

trop d'avidité perd l'homme.

Y, adv. relat. Est superflu dans les phrases suivantes: _Il y a plu

toute la nuit; il y a neigé sur le Jura; il y a gelé dans quelques

bas-fonds. Il y aurait mieux valu se taire._

† Y AVOIR. Dans le langage populaire, _Il y a lui, il y a elle, il

y a eux_, signifient: C'est lui, c'est elle, ce sont eux. _M'sieu,

il y a lui qui me crache contre. Mamzelle, il y a l'Andrienne qui

m'empêche de tricoter._

YEUX, s. m. pl. Beaucoup de personnes, d'ailleurs instruites,

disent: _Des maux de z-yeux, un mal de z-yeux, une faiblesse de

z-yeux_. Il faut dire: Des maux d'yeux, un mal d'yeux, etc. Ne

donnez donc pas le signalement d'une personne de la manière

suivante: _Cheveux châtains, front grands, bouche moyenne, z-yeux

gris_. Ce _z-yeux gris_, pour: Yeux gris, est une prononciation

très-vicieuse.

Z

ZÈRE, s. m. Zéro. _Quatre fois cinq font vingt: pose zère et

retiens deux._ Terme vaudois.

ZIZÉ, s. m. Terme enfantin, qui veut dire: Oiseau. _Regarde_ _ce

joli zizé; ne fais pas peur à ces zizés._ Le mot _isé_, en patois,

a le même sens.

ZON-NÉE, s. f. Retentissement. _Le canon faisait des zon-nées

terribles._

ZON-NER, v. n. Résonner. _Faire zon-ner une ronfle; faire zon-ner

une pierre. Les oreilles me zon-nent_ (les oreilles me tintent).

Dans le patois des Vosges, _zonna_, et en arabe, _zanne_ ou

_zanna_, signifient: Bourdonner. Onomatopées évidentes.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 43 / 54 题