TRIÉGÉ, GÉE, adj. Ouvré, ouvrée. _Serviette triégée._

TRIFOUILLER, v. a. Farfouiller.

TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans le français

populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et avec fatigue.

TRINCANAGE, s. m. Voyez TRANCANAGE.

TRINCANER, v. n. Voyez TRANCANER.

TRINGUE, s. f. Tringle. _Tringue de rideau. Pourrais-tu m'avanter

cette tringue?_ Terme lyonnais et vieux français.

TRINGUETTE, s. f. Pour boire, petite gratification. _La tringuette

du cocher._ A Neuchâtel on dit.: _Le tringuelt_; en allemand,

_Trinkgeld_.

TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui signifie:

Traîner, mener, porter partout. Terme français populaire. Dans le

canton de Vaud on dit: _Tringuemaller_.

TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux,

ritournelle fatigante. _Ne continue pas cette triôle. Dis-donc,

quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle._ Terme suisse.

Au figuré, nous appelons _triôle_, une personne ennuyeuse, et qui

rabâche toujours les mêmes choses.

TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner par

des demandes réitérées. _Va-t'en, Alexis, tu me triôles. Que

triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?_ Dans le canton de Vaud

on dit: _Triouler_. R. _triolet_, petite poésie de huit vers dont

le premier se répète deux fois.

TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas en

français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde, cancan.

_Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous pas

dégoûté de leurs tripots?_ BESCHERELLE, qui seul fait mention de

ce mot, pris dans ce sens, le donne comme peu usité. Il est fort

connu chez nous.

TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou celle qui se

mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.

TRIURES, s. f. pl. Épluchures.

TRIVOUGNER, v. a. Tirailler quelqu'un ou quelque chose; secouer,

ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on dit: _Trevougni_

ou _tservougni_.

TROC. _De troc ou de broc._ En français: De bric et de broc.

[BESCHERELLE.] _Il mène ma vache en champ, et elle se nourrit de

troc et de broc._

TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner trop de

tiges. _Les blés ont troché._ Terme vaudois et fribourgeois. Dans

le Jura on dit: _Trucher_.

TROIS-QUARTS, s. m. Ancienne petite monnaie genevoise, valant trois

centimes ou à peu près. _Les trois-quarts ont cessé d'être frappés

l'an 1610._

TROIS-VINGTS. Nom de nombre. Soixante. _Quand j'avais mes

trois-vingts_, disait un vieillard de Veirier, _je labourais

encore à la pelle, et je conduisais la charrue_. Terme vaudois et

vieux français.

TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette. _Les

petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs._

TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël. _Faire caquer

la tronche_, signifie: Frapper sur la bûche pour en faire tomber

les dragées ou autres friandises que les parents y ont introduites

dans le but d'amuser leurs enfants. Le mot de _tronche_ est connu

en Suisse, en Franche-Comté et sans doute ailleurs. R. lat.

_truncus_.

TRONC DE CHOU, s. m. Trognon de chou, trou de chou, tige du chou

dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit: _Trôt de chou_.

TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et non pas: _Trop de

bonne heure_.

TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à un autre.

_Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept lieues._

TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie. Terme

gascon.

TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et signifie:

Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a perdu toute sa

fraîcheur. _Des raisins trouillés._ En Normandie et dans le Berry,

_trouiller_, v. a., signifie: Salir. En vieux français, ce verbe

signifiait: Chiffonner en pressant. Dans le patois limousin,

_troulia_, chiffonner. Notre mot patois _trolli_ (_ll_ mouillés),

veut dire: Pressurer.

TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on dit:

_Trouye_, et dans le français populaire, _trouille_.

TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle. _Une troupe de sottises,

une troupe d'injures. Tu nous débites là une troupe de bêtises._

Français populaire. C'est aussi une faute de dire: _Une troupe de

monde_; il faut dire: Une troupe de gens.

TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée. _Une troupelée de

badauds. Une troupelée d'enfants._ Dans le patois limousin,

_troupel_, et en vieux français, _troupelet_, signifient:

Troupeau, petit troupeau.

TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent, agréable et

gentil. Dans le français populaire, _trousse-pette_ se dit par

mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie, _troussepin_

se dit d'un enfant espiègle.

TROUVE, s. f. Trouvaille. _Faire une trouve. Quelle fameuse trouve

tu as fait là!_ Terme français populaire.

TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre, femme dégoûtante

et repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements.

Augmentatif du mot «Truie.»

TRUIE, s. f. Nous disons proverbialement d'une chose qui se

détériore considérablement: _Elle s'en va en chair de truie. Si la

pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en ira en chair

de truie._ Allusion à la viande des truies portières, laquelle

fait beaucoup de déchet.

TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité. _Dire des_

_truieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès la

lésine, c'est une truierie._ Terme vaudois.

TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout des

béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.

TUBÔTU, s. m. et adv. _Acheter du bois, acheter du foin au tubôtu.

Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu._ Terme

fribourgeois, etc. Voyez AUTU-BÔTU.

TUFELLE, s. f. Terme des campagnards. Pomme de terre. _Planter les

tufelles; arracher les tufelles._ En Languedoc on dit: _Tufère_ ou

_tufène_, terme formé du mot _trufe_ ou _trufle_, par lequel on

désigna d'abord les pommes de terre dans tout le midi de la

France.

TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile en

gouttière.

TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile. _La tuilière

d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard_, près

de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.

TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.

TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table. _Faire une tune._ Terme

vaudois.

TURBENTINE, s. f. Térébenthine. _Huile de turbentine._ Terme vieux

français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs disent:

_Tourmentine_.

TURLUBERLU ou TURLUBRELU, s. m. Hurluberlu, étourdi, évaporé,

écervelé. _Quel tapageur que votre neveu! quel étourneau! quel

turlubrelu!_ Terme vaudois, neuchâtelois, lyonnais, bordelais,

etc. Voyez HURLUBRELU.

TUTAYEMENT, s. m. Tutoiement, action de dire _tu_ et _toi_ en

s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.

TUTAYER, v. a. User des mots _tu_, _te_ et _toi_ en parlant à

quelqu'un. _Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent

pas._ Dans le dix-septième siècle et dans la première moitié du

dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçait _tutayer_.

[Voyez le dictionnaire de l'Académie française, Ire édit., 1694.]

Aujourd'hui on écrit et on prononce «tutoyer,» je tutoie, elle

tutoyait.

U

ULCÈRE, s. f. _Une ulcère._ Ce mot est masculin.

UN, UNE, adj. _Un_ est mis abusivement pour «deux» dans l'exemple

suivant et dans les exemples analogues: _De ces quatre frères il

n'y en a pas un qui se ressemble_. Dites: Il n'y en a pas deux qui

se ressemblent.

UN (LE). Le premier. _Quel jour sommes-nous?--Nous sommes le un.

Quand partez-vous?--Je pars le un._

UNE, adj. num., suivi du pluriel. _Une heure ont sonné_, est une de

nos plus étranges fautes.

UNIFORME, s. m. Nous disons: _Un habit d'uniforme; endosser l'habit

d'uniforme_, etc. On doit dire: Un habit uniforme, ou: Un

uniforme. Endosser l'uniforme; prendre l'habit uniforme.

UN TANT SOIT PEU, s. m. _Tu as beaucoup de tabac, donne-m'en un tant

soit peu._ Dites, en retranchant l'adjectif _un_: Donne-m'en tant

soit peu.

USAGE, s. m. Service, user, s. m. _Prenez sans crainte cette étoffe;

prenez hardiment ce drap: ils vous feront beaucoup d'usage; ils

vous seront d'un bon usage; ils deviendront même plus beaux par

l'usage._ Dites, avec le dictionnaire de l'Académie: Ils seront de

bon user; ils seront de bon service; ils deviendront plus beaux

par l'user.

USE, adj. Usé. _Un pantalon use; une redingotte use._ Terme connu

dans le Berry, et sans doute ailleurs. Employé figurément, ce mot

signifie: Décrépit. _Le voisin N** est mort à l'âge de trente-huit

ans, et il était déjà tout use._ Expression triviale.

USE, s. f. Terme de charron. Esse, cheville en forme de S.

USER, v. n. Nous disons proverbialement: _Qui refuse n'use_. On doit

dire: Qui refuse muse; ce qui signifie: Que celui qui refuse une

offre a tort, et perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera

plus.

UTENSILE, s. m. Ustensile. _La pauvre Gothon a vendu jusqu'à son

dernier utensile._ Terme méridional et vieux français. R. lat.

_utensile_.

UVES, s. f. pl. Voyez ŒUVES, p. 66.

V

VACHE, s. f. Nous disons proverbialement et injurieusement, en parlant

d'une personne peu recommandable et qui est revenue d'une maladie

grave: _Il mourrait plutôt la vache d'un pauvre homme_. En Languedoc

on dit: _Il mourrait plutôt l'âne d'un pauvre homme_. Dans le français

populaire: _Il mourrait plutôt un chien de berger_. [Voyez le

_Dictionnaire du Bas langage_, t. Ier, p. 198.]

VACHE, s. f. Vaquette, pied de veau, plante qui fleurit dans les haies

pendant les mois d'avril et de mai.

VACHE, s. f. Se dit figurément d'une personne qui est à la fois

très-corpulente, très-molle et très-apathique. Terme bas et grossier.

VACHE, s. f. Noyau d'abricot taché de blanc. Terme d'écolier.

VACHERIN, s. m. Sorte de fromage à la crême, lequel se fabrique

surtout dans le Chablais. «Les _vacherins_ que vous m'envoyez, seront

distribués en votre nom.» [J.-J. ROUSSEAU, _Lettre écrite de

Motiers-Travers à Mr D'Ivernois_.]

VACILLER, v. n. (_ll_ mouillés.) On doit prononcer _va-cil-ler_.

VACILLEMENT, s. m., n'est pas français; on dit: Vacillation, et l'on

prononce _va-cil-la-tion_.

VAILLANT, ANTE, adj. Se dit des domestiques et des ouvriers, et

signifie: Actif, diligent, ardent à l'ouvrage, laborieux. _Notre

Suzette est une fille sage et vaillante._ Terme méridional, vieux

français, etc.

VADER, v. n. S'esquiver, s'évader, partir à la sourdine.

VAILLE QUI VAILLE, loc. adv. Vaille que vaille, à tout hasard, quelle

que soit la valeur de la chose. _Acceptez sa promesse, vaille qui

vaille. Contentez-vous d'une signature, vaille qui vaille._ Dites:

Vaille que vaille.

VALÉRIENNE, s. f. Valériane, plante médicinale.

VALET, s. m. Terme d'amitié qu'on donne quelquefois aux petits

garçons. _Ne pleure pas, tu es mon valet. Viens, mon valet, viens, que

je t'embrasse._

VALEUR, s. f. Appoint. Les bordereaux sont ordinairement ainsi conçus:

_Écus, 60.--Valeur, 3 fr. 50 c._ Dites: Appoint.

VALSER, v. n. S'esquiver, s'évader, se sauver, prendre la poudre

d'escampette. Français populaire.

VANGERON, s. m. Petit poisson particulier à notre lac et à celui de

Neuchâtel. Mr JURINE lui donne le nom de «Rosse.» A Neuchâtel on

l'appelle: _Vingeron_. Mr GREL, dans son _Vocabulaire_, l'appelle:

«Gardon.»

VANNER, v. n. Décamper, s'esquiver, filer, s'échapper. Terme français

populaire.

VANTADOUR, s. m. Fanfaron, vantard. _Faire le vantadour._ Terme

neuchâtelois.

VANTAU, s. m. Contrevent extérieur. _Ouvrir les vantaux; fermer les

vantaux; arrêter, fixer les vantaux._ Terme vaudois, neuchâtelois,

dauphinois et vieux français. Ce mot, recueilli par GATTEL

(grammairien dauphinois), et copié par BOISTE, a été repoussé par Mr

BESCHERELLE, dont le dictionnaire est cependant un lieu de refuge,

ouvert à tous les genres de barbarismes. En français, «Vantail,» dont

le pluriel est «Vantaux,» signifie: Battant d'une porte, battant d'une

fenêtre.

VARIEMENT DE CŒUR, s. m. Défaillance. Voyez le mot suivant.

VARIER, v. n. Avoir des vertiges, défaillir. _Le cœur lui varie. Le

cœur me variait_, c'est-à-dire: J'avais des vertiges. Expression

principalement familière aux campagnards.

VARIER, v. n. Corruption de _avarier_. _Parmi les arbres ou

arbrisseaux plantés en hiver, il y en a qui varient à la sève du

printemps_, c'est-à-dire: Qui se détériorent ou périssent.

VASE, s. m. Tonneau, fuste.

VASE, s. m. Ce mot s'emploie chez nous en parlant d'une église, d'une

galerie, d'une bibliothèque, et autres grandes pièces d'un bâtiment

considérées en dedans. _Notre temple de Saint-Pierre est un beau vase.

La voix de ce prédicateur remplit aisément les plus grands vases._

Dans ces deux exemples, et dans les analogues, dites: Vaisseau.

«L'église de Notre-Dame de Cambray est un très-beau vaisseau.»

[PELLISSON.]

VEAU, s. m. Nous disons d'une vache qui a mis bas: _Elle a fait le

veau_. Dans le Berry on dit: _Elle a fait veau_. Il faut dire: Elle a

vêlé. «Faire le veau» se dit d'une personne qui s'étend nonchalamment.

VEILLER, v. n. Terme consacré pour dire: Passer la veillée, passer la

soirée ou l'après-soupée chez un voisin, chez un ami, chez un parent.

_Femme, où veilles-tu ce soir_ (où vas-tu à la veillée ce soir)?--_Je

veille chez ma belle-sœur. Demain on veillera tous chez le

grand-papa._ Terme languedocien.

VEILLER (SE), v. pron. Veiller, surveiller, observer. _Claudine,

veille-toi ce rôdeur, veille-te-le bien._

VEINE, s. f. Les veines de dessus la main devenant ordinairement

fortes et saillantes par le travail manuel, on dit proverbialement:

_Qui voit ses veines, voit ses peines_. Ce dicton s'étend encore aux

personnes dont la main est amaigrie par l'âge ou par la maladie.

VENDAGE, s. m. Sorte de cabaret, où l'on vend le vin en détail, mais

où l'on ne donne pas à manger. _Établir un vendage. Nous ferons une

halte au premier vendage._ Terme vaudois et neuchâtelois. En vieux

français, _vendage_ signifie: Vente, débit.

VENDANGETTE, s. f. Sorte de grive, grive musicienne.

VENDANGEUSE, s. f. Petite fleur blanche, qui fleurit vers le temps de

la vendange.

VENDÔME (FAIRE). Vendre ses hardes, ses effets. _Il a été obligé de

faire vendôme de tout son butin._ [G. G.]

VENDRE, v. a. Ce terme des écoliers, dans leurs divers amusements sur

la neige et la glace, signifie: Atteindre, culbuter, faire pirouetter.

_Gare! gare! tu es vendu. Ne me vends pas, Antoine; s'il te plaît, ne

me vends pas!_

VENDRE VIN, v. a. Débiter du vin. Terme suisse, berrichon, etc.

VENGERON, s. m. Sorte de poisson. Voyez VANGERON.

† VENIMEUX, EUSE, adj. Malsain, parlant des personnes. _Un enfant

venimeux_, dans le langage très-populaire, est un enfant dont le sang

est vicié.

VENIR, v. n. Devenir. _Depuis ces bonnes pluies, la campagne est

venue bien verte. Je crois, ma chère, que je viens sourde._ Terme

français populaire.

VENIR (SE), v. réfl. _Cet enfant a une excellente nourrice: il se

vient bien_ (il vient bien), c'est-à-dire: Il prospère, il grossit, il

prend un air de santé. _Notre Émélie, qui était toute moindrolette, il

y a deux mois, se vient très-joliment aujourd'hui._

† VENIR (S'EN), v. pron. Ce verbe est français. On dit:

Venez-vous-en; t'en viens-tu? etc. Mais on ne dit pas, au parfait

indéfini: _Elle s'est en venue_; ni: _Je me suis en venu; elle s'en

est en venue; tâchez voir que Jean-Pierre s'en en vienne_. On dit:

Elle s'en est venue; tâchez que Jean-Pierre s'en vienne, etc.

VENIULE, s. f. Venelle, passage étroit, sentier. _Il s'est échappé par

la veniule; il a pris une mauvaise veniule; il a manqué la veniule._

Au sens figuré: _Être dans la veniule, enfiler la veniule_, signifie:

Être dans la bonne voie; trouver le moyen de réussir.

VENT, s. m. Les vents qui règnent dans le bassin de Genève et sur le

lac Léman sont au nombre de huit, savoir: 1º Le MÔLAN ou la MÔLANNE

(vent d'est), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de la montagne du

_Môle_: vent paisible et qui n'est presque jamais orageux. 2º Le

BORNAND (vent du sud-est), ainsi nommé parce qu'il vient du côté des

montagnes du _Grand_ et du _Petit-Bornand_, en traversant les _Bornes_

et le mont Salève. Il souffle ordinairement par rafales et excite de

grands orages. 3º Le CREUSEILLAND (vent du sud), ainsi appelé parce

qu'il vient du côté de _Creuseille_ et du mont de _Sion_. C'est le

vent proprement dit. Il souffle le plus souvent par bouffées, et

occasionne quelquefois de grands orages. Quand il amène la pluie, elle

dure assez longtemps. 4º Le MICHAILLAND (vent du sud-ouest), ainsi

nommé parce qu'il vient du côté de la _Michaille_, petit pays situé

sur la rive droite de la Valserine, à l'ouest du fort de l'Écluse.

Quand il souffle en été, c'est une espèce de sirocco; et s'il règne

durant quelques jours aux approches des moissons, il fait _venter_ les

blés, qui dépérissent et ne produisent que des grains avortés ou

retraits. 5º Le BOURGUIGNON (vent d'ouest), ainsi appelé parce qu'il

vient de la _Bourgogne_, du côté de Chézery et de Lélex. Il traverse

le mont Jura, et s'abat quelquefois avec furie sur les villages du

pays de Gex situés au pied de cette montagne. 6º Le JORAN (vent du

nord-est), qui vient du côté de la partie du _Jura_ qui avoisine la

ville de Gex. Il souffle ordinairement par bouffées et excite souvent

de grands orages. 7º La BISE (vent du nord). Elle amène d'ordinaire le

beau temps. Si elle est accompagnée de pluie, on la nomme _Vouaret_,

dans certaines localités. 8º Le SÉCHARD (vent du nord-est), ainsi

nommé à cause de sa qualité _desséchante_. Il nous arrive par le lac

et amène presque toujours le beau temps. Quand il règne, le ciel est

serein ou peu chargé de nuages. Le peuple du bassin de Genève

l'appelle aussi, dans son langage expressif: _La Dame de Lausanne,

Notre Dame de Lausanne_. [P. G.]

VENT (LE). C'est ainsi que nous désignons d'un seul mot le Vent du

midi. _Le vent s'élève, nous aurons de l'eau. Le vent n'est pas comme

les vieilles femmes, il ne court pas pour rien_, c'est-à-dire: Qu'en

dernier résultat il amène un changement de temps et la pluie.

VENT BLANC, s. m. C'est le nom que nous donnons au vent du midi, quand

il souffle sans couvrir le ciel de nuages. Terme neuchâtelois.

VENTER, v. n. Nous disons d'une chandelle allumée qu'elle _vente_,

lorsque la flamme en est agitée par le vent et que le suif se fond

plus vite. Nous le disons aussi des rideaux. Les rideaux _ventent_

lorsqu'ils sont mis en mouvement par l'action de l'air.

VENTER, v. n. Se dit des blés, et signifie: Être attaqué de la maladie

appelée nielle ou carie. Les blés _ventent_ lorsque, étant à peu près

mûrs, ils sont surpris par des rosées froides et fortes, sur

lesquelles tombe dès le matin un soleil très-chaud.

VENTRAILLE, s. f. Tripaille, intestins des animaux. Terme

languedocien, vieux français, etc.

VENTRE, s. m. On dit dérisoirement d'un prodigue à qui il ne reste

plus rien: _À présent qu'il a tout dépensé, il est obligé de se

frotter le ventre avec un carron_ (une brique). Figurément, _Se

frotter le ventre avec un carron_ (voyez CARRON), signifie: Se passer

de manger. On dit à Paris dans le même sens: _Se serrer le ventre_.

[_Dictionnaire des locutions vicieuses._] Nous disons figurément dans

le même sens: _Danser devant le buffet_.

VENTRE, s. m. Nous disons à un enfant, qui étant servi abondamment

d'un mets, ayant son assiette bien garnie ou sa poche pleine, se

plaint encore de n'avoir pas assez: _Tu as les yeux plus grands que le

ventre_. Dites: Que la panse.

VERDAÎRULE ou VERDERULE, s. f. Verdule, verdelet, bruant.

VERGILLON, s. m. Petite verge, petite baguette. Se dit surtout de

cette baguette de noisetier que les pêcheurs ajoutent à l'extrémité du

roseau qui leur sert de ligne. Terme vaudois. En vieux français,

_verjon_.

VERGNE, s. m. Verne, aune, sorte d'arbre qui croît au bord des eaux.

Terme vieux français. Nos campagnards lui donnent le genre féminin.

VERNET, s. m. Verney, lieu planté de vernes ou aunes. _La campagne des

Vernets. L'hospice des Vernets._

VERSÉE, s. f. Signifie: 1º Une rasade, un plein verre; 2º Une averse.

_Je te demande un peu de vin et tu me flanques une versée._

VERSER, v. a. Répandre. _Lequel de vous, mes enfants, a versé cette

encre? Tu veux te servir toi-même, Ernestine, et tu verses la sauce

sur la nappe._ Français populaire.

VERSER, v. a. Nous disons figurément d'un marchand, d'un commerçant

qui, par sa faute, a fait de mauvaises affaires et s'est ruiné: _Il a

versé son écuelle_.

VERSER, v. n. Se répandre par les bords. _Viens vite, Jeannette, ton

lait verse; ta cassette va verser._ Expression méridionale.

VERSI VERSÀ, loc. adv. Vice versâ, qu'on prononce _vicé-versâ_; termes

latins qui signifient: «Réciproquement.»

VERT, s. m. _Faire le vert et le sec_, signifie: Se donner toutes les

peines du monde pour réussir dans une affaire. L'Académie et les

_Dictionnaires de proverbes_ disent: «Employer le vert et le sec.»

VESSICATOIRE, s. m. Écrivez «Vésicatoire» et prononcez

_vé-zi-ca-toire_.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 41 / 54 题