TRIFOUILLER, v. a. Farfouiller.
TRIMAILLEMENT, s. m. Mouvement, trémoussement. Dans le français
populaire, «Trimer» signifie: Marcher vite et avec fatigue.
TRINCANAGE, s. m. Voyez TRANCANAGE.
TRINCANER, v. n. Voyez TRANCANER.
TRINGUE, s. f. Tringle. _Tringue de rideau. Pourrais-tu m'avanter
cette tringue?_ Terme lyonnais et vieux français.
TRINGUETTE, s. f. Pour boire, petite gratification. _La tringuette
du cocher._ A Neuchâtel on dit.: _Le tringuelt_; en allemand,
_Trinkgeld_.
TRINQUEBALLER, v. a. Augmentatif de «trimballer,» qui signifie:
Traîner, mener, porter partout. Terme français populaire. Dans le
canton de Vaud on dit: _Tringuemaller_.
TRIÔLE, s. f. Répétition d'un air de musique plaintif et ennuyeux,
ritournelle fatigante. _Ne continue pas cette triôle. Dis-donc,
quinquerneur, tu nous impatientes avec ta triôle._ Terme suisse.
Au figuré, nous appelons _triôle_, une personne ennuyeuse, et qui
rabâche toujours les mêmes choses.
TRIÔLER, v. a. Répéter plaintivement la même chose, importuner par
des demandes réitérées. _Va-t'en, Alexis, tu me triôles. Que
triôles-tu là depuis trois quarts d'heure?_ Dans le canton de Vaud
on dit: _Triouler_. R. _triolet_, petite poésie de huit vers dont
le premier se répète deux fois.
TRIPOT, s. m. Nous donnons à ce mot un sens qu'il n'a pas en
français. Tripotage, manigance, micmac, menée sourde, cancan.
_Faire des tripots. Se mêler dans un tripot. N'êtes-vous pas
dégoûté de leurs tripots?_ BESCHERELLE, qui seul fait mention de
ce mot, pris dans ce sens, le donne comme peu usité. Il est fort
connu chez nous.
TRIPOTEUR, EUSE, subst. Tripotier, tripotière, celui ou celle qui se
mêle de tripotages. Terme suisse et savoisien.
TRIURES, s. f. pl. Épluchures.
TRIVOUGNER, v. a. Tirailler quelqu'un ou quelque chose; secouer,
ébranler en secouant. Dans le patois vaudois on dit: _Trevougni_
ou _tservougni_.
TROC. _De troc ou de broc._ En français: De bric et de broc.
[BESCHERELLE.] _Il mène ma vache en champ, et elle se nourrit de
troc et de broc._
TROCHER, v. n. Se dit du blé et signifie: Taller, donner trop de
tiges. _Les blés ont troché._ Terme vaudois et fribourgeois. Dans
le Jura on dit: _Trucher_.
TROIS-QUARTS, s. m. Ancienne petite monnaie genevoise, valant trois
centimes ou à peu près. _Les trois-quarts ont cessé d'être frappés
l'an 1610._
TROIS-VINGTS. Nom de nombre. Soixante. _Quand j'avais mes
trois-vingts_, disait un vieillard de Veirier, _je labourais
encore à la pelle, et je conduisais la charrue_. Terme vaudois et
vieux français.
TROMPETEUR, s. m. Celui qui s'amuse à sonner de la trompette. _Les
petits garçons parfois sont d'ennuyeux trompeteurs._
TRONCHE DE NOËL, s. f. Bûche de Noël, souche de Noël. _Faire caquer
la tronche_, signifie: Frapper sur la bûche pour en faire tomber
les dragées ou autres friandises que les parents y ont introduites
dans le but d'amuser leurs enfants. Le mot de _tronche_ est connu
en Suisse, en Franche-Comté et sans doute ailleurs. R. lat.
_truncus_.
TRONC DE CHOU, s. m. Trognon de chou, trou de chou, tige du chou
dont on a ôté les feuilles. Dans le Jura on dit: _Trôt de chou_.
TROP À BONNE HEURE. Dites: De trop bonne heure, et non pas: _Trop de
bonne heure_.
TROTTÉE, s. f. Trotte, course, traite, espace d'un lieu à un autre.
_Nous fîmes sans nous arrêter une trottée de sept lieues._
TROU, s. m. Trouée, ouverture dans l'épaisseur d'une haie. Terme
gascon.
TROUILLÉ, LÉE, adj. Se dit principalement des fruits, et signifie:
Patrouillé, gâté, mal manié, écrasé, mouillé, qui a perdu toute sa
fraîcheur. _Des raisins trouillés._ En Normandie et dans le Berry,
_trouiller_, v. a., signifie: Salir. En vieux français, ce verbe
signifiait: Chiffonner en pressant. Dans le patois limousin,
_troulia_, chiffonner. Notre mot patois _trolli_ (_ll_ mouillés),
veut dire: Pressurer.
TROUILLON, s. m. Femme sale et mal vêtue. En patois on dit:
_Trouye_, et dans le français populaire, _trouille_.
TROUPE, s. f. Grande quantité, ribambelle. _Une troupe de sottises,
une troupe d'injures. Tu nous débites là une troupe de bêtises._
Français populaire. C'est aussi une faute de dire: _Une troupe de
monde_; il faut dire: Une troupe de gens.
TROUPELÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle, potée. _Une troupelée de
badauds. Une troupelée d'enfants._ Dans le patois limousin,
_troupel_, et en vieux français, _troupelet_, signifient:
Troupeau, petit troupeau.
TROUSSEPET, s. m. Petit enfant chétif, mais intelligent, agréable et
gentil. Dans le français populaire, _trousse-pette_ se dit par
mépris en parlant d'une petite fille. En Normandie, _troussepin_
se dit d'un enfant espiègle.
TROUVE, s. f. Trouvaille. _Faire une trouve. Quelle fameuse trouve
tu as fait là!_ Terme français populaire.
TRUIASSE ou TRUYASSE, s. f. Femme très-malpropre, femme dégoûtante
et repoussante par la saleté et le désordre de ses vêtements.
Augmentatif du mot «Truie.»
TRUIE, s. f. Nous disons proverbialement d'une chose qui se
détériore considérablement: _Elle s'en va en chair de truie. Si la
pluie continue de la sorte, toute notre récolte s'en ira en chair
de truie._ Allusion à la viande des truies portières, laquelle
fait beaucoup de déchet.
TRUIERIE, s. f. Vilenie, saleté, ordure, obscénité. _Dire des_
_truieries. Balayez-nous ces truieries. Pousser à cet excès la
lésine, c'est une truierie._ Terme vaudois.
TRUQUER, v. n. Cosser. Se dit des bêtes à cornes et surtout des
béliers qui heurtent de la tête les uns contre les autres.
TUBÔTU, s. m. et adv. _Acheter du bois, acheter du foin au tubôtu.
Faisons de ces diverses marchandises un tubôtu._ Terme
fribourgeois, etc. Voyez AUTU-BÔTU.
TUFELLE, s. f. Terme des campagnards. Pomme de terre. _Planter les
tufelles; arracher les tufelles._ En Languedoc on dit: _Tufère_ ou
_tufène_, terme formé du mot _trufe_ ou _trufle_, par lequel on
désigna d'abord les pommes de terre dans tout le midi de la
France.
TUILE COURBE. Dites: Tuile creuse, tuile faîtière, ou tuile en
gouttière.
TUILIÈRE, s. f. Tuilerie, lieu où l'on fait la tuile. _La tuilière
d'Hermance; la tuilière de Châtelaine; la tuilière Colliard_, près
de Carouge. Terme suisse, savoisien et méridional.
TUILON, s. m. Tuileau, morceau de tuile cassée. Terme lorrain.
TUNE, s. f. Ribote, gala, débauche de table. _Faire une tune._ Terme
vaudois.
TURBENTINE, s. f. Térébenthine. _Huile de turbentine._ Terme vieux
français. En Dauphiné et en Languedoc plusieurs disent:
_Tourmentine_.
TURLUBERLU ou TURLUBRELU, s. m. Hurluberlu, étourdi, évaporé,
écervelé. _Quel tapageur que votre neveu! quel étourneau! quel
turlubrelu!_ Terme vaudois, neuchâtelois, lyonnais, bordelais,
etc. Voyez HURLUBRELU.
TUTAYEMENT, s. m. Tutoiement, action de dire _tu_ et _toi_ en
s'adressant à quelqu'un. Voyez le mot suivant.
TUTAYER, v. a. User des mots _tu_, _te_ et _toi_ en parlant à
quelqu'un. _Beaucoup d'amis et de très-bons amis ne se tutayent
pas._ Dans le dix-septième siècle et dans la première moitié du
dix-huitième, on écrivait «tutoyer» et on prononçait _tutayer_.
[Voyez le dictionnaire de l'Académie française, Ire édit., 1694.]
Aujourd'hui on écrit et on prononce «tutoyer,» je tutoie, elle
tutoyait.
U
ULCÈRE, s. f. _Une ulcère._ Ce mot est masculin.
UN, UNE, adj. _Un_ est mis abusivement pour «deux» dans l'exemple
suivant et dans les exemples analogues: _De ces quatre frères il
n'y en a pas un qui se ressemble_. Dites: Il n'y en a pas deux qui
se ressemblent.
UN (LE). Le premier. _Quel jour sommes-nous?--Nous sommes le un.
Quand partez-vous?--Je pars le un._
UNE, adj. num., suivi du pluriel. _Une heure ont sonné_, est une de
nos plus étranges fautes.
UNIFORME, s. m. Nous disons: _Un habit d'uniforme; endosser l'habit
d'uniforme_, etc. On doit dire: Un habit uniforme, ou: Un
uniforme. Endosser l'uniforme; prendre l'habit uniforme.
UN TANT SOIT PEU, s. m. _Tu as beaucoup de tabac, donne-m'en un tant
soit peu._ Dites, en retranchant l'adjectif _un_: Donne-m'en tant
soit peu.
USAGE, s. m. Service, user, s. m. _Prenez sans crainte cette étoffe;
prenez hardiment ce drap: ils vous feront beaucoup d'usage; ils
vous seront d'un bon usage; ils deviendront même plus beaux par
l'usage._ Dites, avec le dictionnaire de l'Académie: Ils seront de
bon user; ils seront de bon service; ils deviendront plus beaux
par l'user.
USE, adj. Usé. _Un pantalon use; une redingotte use._ Terme connu
dans le Berry, et sans doute ailleurs. Employé figurément, ce mot
signifie: Décrépit. _Le voisin N** est mort à l'âge de trente-huit
ans, et il était déjà tout use._ Expression triviale.
USE, s. f. Terme de charron. Esse, cheville en forme de S.
USER, v. n. Nous disons proverbialement: _Qui refuse n'use_. On doit
dire: Qui refuse muse; ce qui signifie: Que celui qui refuse une
offre a tort, et perd souvent une occasion qu'il ne retrouvera
plus.
UTENSILE, s. m. Ustensile. _La pauvre Gothon a vendu jusqu'à son
dernier utensile._ Terme méridional et vieux français. R. lat.
_utensile_.
UVES, s. f. pl. Voyez ŒUVES, p. 66.
V
VACHE, s. f. Nous disons proverbialement et injurieusement, en parlant
d'une personne peu recommandable et qui est revenue d'une maladie
grave: _Il mourrait plutôt la vache d'un pauvre homme_. En Languedoc
on dit: _Il mourrait plutôt l'âne d'un pauvre homme_. Dans le français
populaire: _Il mourrait plutôt un chien de berger_. [Voyez le
_Dictionnaire du Bas langage_, t. Ier, p. 198.]
VACHE, s. f. Vaquette, pied de veau, plante qui fleurit dans les haies
pendant les mois d'avril et de mai.
VACHE, s. f. Se dit figurément d'une personne qui est à la fois
très-corpulente, très-molle et très-apathique. Terme bas et grossier.
VACHE, s. f. Noyau d'abricot taché de blanc. Terme d'écolier.
VACHERIN, s. m. Sorte de fromage à la crême, lequel se fabrique
surtout dans le Chablais. «Les _vacherins_ que vous m'envoyez, seront
distribués en votre nom.» [J.-J. ROUSSEAU, _Lettre écrite de
Motiers-Travers à Mr D'Ivernois_.]
VACILLER, v. n. (_ll_ mouillés.) On doit prononcer _va-cil-ler_.
VACILLEMENT, s. m., n'est pas français; on dit: Vacillation, et l'on
prononce _va-cil-la-tion_.
VAILLANT, ANTE, adj. Se dit des domestiques et des ouvriers, et
signifie: Actif, diligent, ardent à l'ouvrage, laborieux. _Notre
Suzette est une fille sage et vaillante._ Terme méridional, vieux
français, etc.
VADER, v. n. S'esquiver, s'évader, partir à la sourdine.
VAILLE QUI VAILLE, loc. adv. Vaille que vaille, à tout hasard, quelle
que soit la valeur de la chose. _Acceptez sa promesse, vaille qui
vaille. Contentez-vous d'une signature, vaille qui vaille._ Dites:
Vaille que vaille.
VALÉRIENNE, s. f. Valériane, plante médicinale.
VALET, s. m. Terme d'amitié qu'on donne quelquefois aux petits
garçons. _Ne pleure pas, tu es mon valet. Viens, mon valet, viens, que
je t'embrasse._
VALEUR, s. f. Appoint. Les bordereaux sont ordinairement ainsi conçus:
_Écus, 60.--Valeur, 3 fr. 50 c._ Dites: Appoint.
VALSER, v. n. S'esquiver, s'évader, se sauver, prendre la poudre
d'escampette. Français populaire.
VANGERON, s. m. Petit poisson particulier à notre lac et à celui de
Neuchâtel. Mr JURINE lui donne le nom de «Rosse.» A Neuchâtel on
l'appelle: _Vingeron_. Mr GREL, dans son _Vocabulaire_, l'appelle:
«Gardon.»
VANNER, v. n. Décamper, s'esquiver, filer, s'échapper. Terme français
populaire.
VANTADOUR, s. m. Fanfaron, vantard. _Faire le vantadour._ Terme
neuchâtelois.
VANTAU, s. m. Contrevent extérieur. _Ouvrir les vantaux; fermer les
vantaux; arrêter, fixer les vantaux._ Terme vaudois, neuchâtelois,
dauphinois et vieux français. Ce mot, recueilli par GATTEL
(grammairien dauphinois), et copié par BOISTE, a été repoussé par Mr
BESCHERELLE, dont le dictionnaire est cependant un lieu de refuge,
ouvert à tous les genres de barbarismes. En français, «Vantail,» dont
le pluriel est «Vantaux,» signifie: Battant d'une porte, battant d'une
fenêtre.
VARIEMENT DE CŒUR, s. m. Défaillance. Voyez le mot suivant.
VARIER, v. n. Avoir des vertiges, défaillir. _Le cœur lui varie. Le
cœur me variait_, c'est-à-dire: J'avais des vertiges. Expression
principalement familière aux campagnards.
VARIER, v. n. Corruption de _avarier_. _Parmi les arbres ou
arbrisseaux plantés en hiver, il y en a qui varient à la sève du
printemps_, c'est-à-dire: Qui se détériorent ou périssent.
VASE, s. m. Tonneau, fuste.
VASE, s. m. Ce mot s'emploie chez nous en parlant d'une église, d'une
galerie, d'une bibliothèque, et autres grandes pièces d'un bâtiment
considérées en dedans. _Notre temple de Saint-Pierre est un beau vase.
La voix de ce prédicateur remplit aisément les plus grands vases._
Dans ces deux exemples, et dans les analogues, dites: Vaisseau.
«L'église de Notre-Dame de Cambray est un très-beau vaisseau.»
[PELLISSON.]
VEAU, s. m. Nous disons d'une vache qui a mis bas: _Elle a fait le
veau_. Dans le Berry on dit: _Elle a fait veau_. Il faut dire: Elle a
vêlé. «Faire le veau» se dit d'une personne qui s'étend nonchalamment.
VEILLER, v. n. Terme consacré pour dire: Passer la veillée, passer la
soirée ou l'après-soupée chez un voisin, chez un ami, chez un parent.
_Femme, où veilles-tu ce soir_ (où vas-tu à la veillée ce soir)?--_Je
veille chez ma belle-sœur. Demain on veillera tous chez le
grand-papa._ Terme languedocien.
VEILLER (SE), v. pron. Veiller, surveiller, observer. _Claudine,
veille-toi ce rôdeur, veille-te-le bien._
VEINE, s. f. Les veines de dessus la main devenant ordinairement
fortes et saillantes par le travail manuel, on dit proverbialement:
_Qui voit ses veines, voit ses peines_. Ce dicton s'étend encore aux
personnes dont la main est amaigrie par l'âge ou par la maladie.
VENDAGE, s. m. Sorte de cabaret, où l'on vend le vin en détail, mais
où l'on ne donne pas à manger. _Établir un vendage. Nous ferons une
halte au premier vendage._ Terme vaudois et neuchâtelois. En vieux
français, _vendage_ signifie: Vente, débit.
VENDANGETTE, s. f. Sorte de grive, grive musicienne.
VENDANGEUSE, s. f. Petite fleur blanche, qui fleurit vers le temps de
la vendange.
VENDÔME (FAIRE). Vendre ses hardes, ses effets. _Il a été obligé de
faire vendôme de tout son butin._ [G. G.]
VENDRE, v. a. Ce terme des écoliers, dans leurs divers amusements sur
la neige et la glace, signifie: Atteindre, culbuter, faire pirouetter.
_Gare! gare! tu es vendu. Ne me vends pas, Antoine; s'il te plaît, ne
me vends pas!_
VENDRE VIN, v. a. Débiter du vin. Terme suisse, berrichon, etc.
VENGERON, s. m. Sorte de poisson. Voyez VANGERON.
† VENIMEUX, EUSE, adj. Malsain, parlant des personnes. _Un enfant
venimeux_, dans le langage très-populaire, est un enfant dont le sang
est vicié.
VENIR, v. n. Devenir. _Depuis ces bonnes pluies, la campagne est
venue bien verte. Je crois, ma chère, que je viens sourde._ Terme
français populaire.
VENIR (SE), v. réfl. _Cet enfant a une excellente nourrice: il se
vient bien_ (il vient bien), c'est-à-dire: Il prospère, il grossit, il
prend un air de santé. _Notre Émélie, qui était toute moindrolette, il
y a deux mois, se vient très-joliment aujourd'hui._
† VENIR (S'EN), v. pron. Ce verbe est français. On dit:
Venez-vous-en; t'en viens-tu? etc. Mais on ne dit pas, au parfait
indéfini: _Elle s'est en venue_; ni: _Je me suis en venu; elle s'en
est en venue; tâchez voir que Jean-Pierre s'en en vienne_. On dit:
Elle s'en est venue; tâchez que Jean-Pierre s'en vienne, etc.
VENIULE, s. f. Venelle, passage étroit, sentier. _Il s'est échappé par
la veniule; il a pris une mauvaise veniule; il a manqué la veniule._
Au sens figuré: _Être dans la veniule, enfiler la veniule_, signifie:
Être dans la bonne voie; trouver le moyen de réussir.
VENT, s. m. Les vents qui règnent dans le bassin de Genève et sur le
lac Léman sont au nombre de huit, savoir: 1º Le MÔLAN ou la MÔLANNE
(vent d'est), ainsi appelé parce qu'il vient du côté de la montagne du
_Môle_: vent paisible et qui n'est presque jamais orageux. 2º Le
BORNAND (vent du sud-est), ainsi nommé parce qu'il vient du côté des
montagnes du _Grand_ et du _Petit-Bornand_, en traversant les _Bornes_
et le mont Salève. Il souffle ordinairement par rafales et excite de
grands orages. 3º Le CREUSEILLAND (vent du sud), ainsi appelé parce
qu'il vient du côté de _Creuseille_ et du mont de _Sion_. C'est le
vent proprement dit. Il souffle le plus souvent par bouffées, et
occasionne quelquefois de grands orages. Quand il amène la pluie, elle
dure assez longtemps. 4º Le MICHAILLAND (vent du sud-ouest), ainsi
nommé parce qu'il vient du côté de la _Michaille_, petit pays situé
sur la rive droite de la Valserine, à l'ouest du fort de l'Écluse.
Quand il souffle en été, c'est une espèce de sirocco; et s'il règne
durant quelques jours aux approches des moissons, il fait _venter_ les
blés, qui dépérissent et ne produisent que des grains avortés ou
retraits. 5º Le BOURGUIGNON (vent d'ouest), ainsi appelé parce qu'il
vient de la _Bourgogne_, du côté de Chézery et de Lélex. Il traverse
le mont Jura, et s'abat quelquefois avec furie sur les villages du
pays de Gex situés au pied de cette montagne. 6º Le JORAN (vent du
nord-est), qui vient du côté de la partie du _Jura_ qui avoisine la
ville de Gex. Il souffle ordinairement par bouffées et excite souvent
de grands orages. 7º La BISE (vent du nord). Elle amène d'ordinaire le
beau temps. Si elle est accompagnée de pluie, on la nomme _Vouaret_,
dans certaines localités. 8º Le SÉCHARD (vent du nord-est), ainsi
nommé à cause de sa qualité _desséchante_. Il nous arrive par le lac
et amène presque toujours le beau temps. Quand il règne, le ciel est
serein ou peu chargé de nuages. Le peuple du bassin de Genève
l'appelle aussi, dans son langage expressif: _La Dame de Lausanne,
Notre Dame de Lausanne_. [P. G.]
VENT (LE). C'est ainsi que nous désignons d'un seul mot le Vent du
midi. _Le vent s'élève, nous aurons de l'eau. Le vent n'est pas comme
les vieilles femmes, il ne court pas pour rien_, c'est-à-dire: Qu'en
dernier résultat il amène un changement de temps et la pluie.
VENT BLANC, s. m. C'est le nom que nous donnons au vent du midi, quand
il souffle sans couvrir le ciel de nuages. Terme neuchâtelois.
VENTER, v. n. Nous disons d'une chandelle allumée qu'elle _vente_,
lorsque la flamme en est agitée par le vent et que le suif se fond
plus vite. Nous le disons aussi des rideaux. Les rideaux _ventent_
lorsqu'ils sont mis en mouvement par l'action de l'air.
VENTER, v. n. Se dit des blés, et signifie: Être attaqué de la maladie
appelée nielle ou carie. Les blés _ventent_ lorsque, étant à peu près
mûrs, ils sont surpris par des rosées froides et fortes, sur
lesquelles tombe dès le matin un soleil très-chaud.
VENTRAILLE, s. f. Tripaille, intestins des animaux. Terme
languedocien, vieux français, etc.
VENTRE, s. m. On dit dérisoirement d'un prodigue à qui il ne reste
plus rien: _À présent qu'il a tout dépensé, il est obligé de se
frotter le ventre avec un carron_ (une brique). Figurément, _Se
frotter le ventre avec un carron_ (voyez CARRON), signifie: Se passer
de manger. On dit à Paris dans le même sens: _Se serrer le ventre_.
[_Dictionnaire des locutions vicieuses._] Nous disons figurément dans
le même sens: _Danser devant le buffet_.
VENTRE, s. m. Nous disons à un enfant, qui étant servi abondamment
d'un mets, ayant son assiette bien garnie ou sa poche pleine, se
plaint encore de n'avoir pas assez: _Tu as les yeux plus grands que le
ventre_. Dites: Que la panse.
VERDAÎRULE ou VERDERULE, s. f. Verdule, verdelet, bruant.
VERGILLON, s. m. Petite verge, petite baguette. Se dit surtout de
cette baguette de noisetier que les pêcheurs ajoutent à l'extrémité du
roseau qui leur sert de ligne. Terme vaudois. En vieux français,
_verjon_.
VERGNE, s. m. Verne, aune, sorte d'arbre qui croît au bord des eaux.
Terme vieux français. Nos campagnards lui donnent le genre féminin.
VERNET, s. m. Verney, lieu planté de vernes ou aunes. _La campagne des
Vernets. L'hospice des Vernets._
VERSÉE, s. f. Signifie: 1º Une rasade, un plein verre; 2º Une averse.
_Je te demande un peu de vin et tu me flanques une versée._
VERSER, v. a. Répandre. _Lequel de vous, mes enfants, a versé cette
encre? Tu veux te servir toi-même, Ernestine, et tu verses la sauce
sur la nappe._ Français populaire.
VERSER, v. a. Nous disons figurément d'un marchand, d'un commerçant
qui, par sa faute, a fait de mauvaises affaires et s'est ruiné: _Il a
versé son écuelle_.
VERSER, v. n. Se répandre par les bords. _Viens vite, Jeannette, ton
lait verse; ta cassette va verser._ Expression méridionale.
VERSI VERSÀ, loc. adv. Vice versâ, qu'on prononce _vicé-versâ_; termes
latins qui signifient: «Réciproquement.»
VERT, s. m. _Faire le vert et le sec_, signifie: Se donner toutes les
peines du monde pour réussir dans une affaire. L'Académie et les
_Dictionnaires de proverbes_ disent: «Employer le vert et le sec.»
VESSICATOIRE, s. m. Écrivez «Vésicatoire» et prononcez
_vé-zi-ca-toire_.