SECOUPE, s. f. Soucoupe. _Apportez-nous une jatte, deux tasses et
deux secoupes._ Terme français populaire. En Lorraine on dit:
_Sucoupe_.
SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôt _secretaire_ et tantôt
_sécretaire_. La prononciation véritable est: «SecrÉtaire.»
† SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier. _À çà, Mariette, cette
fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne sénifie en
rien?_ Terme vieux français.
SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre lac et
à celui de Constance. «On voit quelquefois, dit DE SAUSSURE, notre
lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds, s'abaisser ensuite avec
la même rapidité, et continuer ces alternatives pendant quelques
heures. Ce phénomène, peu sensible sur les bords du lac qui
correspondent à sa plus grande largeur, l'est davantage aux
extrémités, mais surtout aux environs de Genève, où le lac est le
plus étroit.» [_Voyage dans les Alpes_, t. I, p. 12.]
SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement ce
mot _féminin_, parce qu'en patois il est féminin (_la sey-la_, ou
_la chăla_).
SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme ronde,
avec lequel on porte l'eau et le lait. _Prends vite ta seille,
Jaqueline: on crie à l'eau!_ La _seille_ se porte sur la tête avec
un coussinet que nous appelons _torche_. Terme vaudois. M.
BESCHERELLE, en citant ce mot, dit qu'il s'employait
«anciennement» dans le sens de: Vase, seau de bois. M. BESCHERELLE
pouvait ajouter que toute la Suisse romane et les trois quarts de
la France connaissent ce terme et en font un usage journalier.
SEILLÉE, s. f. Plein une _seille_.
SEILLOT, s. m. (_o_ bref.) Petite _seille_, baquet. _En 1535, le
droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et un_
_seillot de cuir._ Les dictionnaires de BOISTE et de BESCHERELLE
écrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe; mais ils se
trompent quand ils ajoutent que c'est un terme de mer: comme si
l'on ne faisait usage de _seilleaux_ qu'à bord des navires. On
s'en sert en Suisse, en Savoie et en diverses provinces de France.
Dans la Bresse et à Mâcon, on écrit: _Seillet_; dans le canton de
Vaud et en Languedoc, _seillon_; à Lille, _siellot_, etc.
SELLE, s. f. Ne dites pas: _Aller sur selle_, mais: Aller à la
selle, aller à la garde-robe.
SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine étendue de
terrain. _Trois coupes de semature._ Le mot français «contenance»
ne rend pas exactement l'expression genevoise.
SEMBLANT, s. m. Ne dites pas: _Il a fait cela pour semblant; il se
fâchait pour semblant; ils se sont querellés, mais pour semblant_.
Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait par manière de
plaisanter, etc. Dans notre langage, _pour semblant_ signifie
aussi: Une petite quantité, un tantinet, fort peu. _Madame
boit-elle du vin?--Oui, j'en bois, mais pour semblant; donnez-m'en
pour semblant. Dis-moi, Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse
pluie?--Non, Madame, il pleut pour semblant._
SEMBLER, v. a. Ressembler à. _Il semble son père; elle semble sa
mère._ Terme dauphinois, etc.
SEMBLER À. Ressembler à. _Tu sembles beaucoup à ton frère. On dit
que je semble à mon oncle._ Vieux français.
SEMBLER DE, v. imp. _Il me semble de le voir; il me semble d'avoir
lu quelque part_, etc. Retranchez la préposition _de_, et dites
avec tous les dictionnaires: Il me semble le voir, il me semble
avoir lu.
SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu que nous
appelons _passe-gent_.
SEMENCES, s. f. pl. Semailles. _Le temps des semences._ Expression
franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des grains que l'on
sème.
SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème. _De bons sements;
du blé de sement; une coupe de sement._ Terme suisse. _Vous avez
eu l'an dernier de bien belles pommes de terre dans ce petit
champ.--Oui, Monsieur, et j'en aurai de plus belles encore cette
année-ci: j'ai changé de sements._
SEMOUTER ou CHEMOUTER, v. a. Terme rural, fouler, presser en
foulant. _Semouter le raisin; semouter le gazon. Ne semoute pas
ces petites salades._ Terme vaudois.
SÉNIFIER, v. a. Voyez SÉGNIFIER.
SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant derrière.
_Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?--Ah! c'est que Monsieur a
mis sa robe de chambre sens devant dimanche._ Français populaire.
[Voyez _Dictionnaire du Bas langage_.]
† SENSIBLEMENT, adv. Insensiblement.
SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première fois
tressaillir l'enfant qu'elle porte dans son sein. _Mme N** fut
toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à la sentie._
SENTIR (SE), v. pron. Se souffrir. _Je ne pouvais me sentir dans
cette ville de Constance_, c'est-à-dire: Le temps me durait, je me
déplaisais dans cette ville de Constance. Expression méridionale.
† SENTU, TUE, part. Senti, sentie. _Dis-donc, Alexis, l'as-tu
sentu ce coup de poing sur l'œil?_ Ce barbarisme appartient au
vieux français et au français populaire.
SEOIR (SE). Les dictionnaires, en enregistrant ce verbe, ajoutent
qu'il est vieux. Il est, en effet, fort ancien dans la langue
française, mais il est encore vivace et journellement usité à
Genève. _Madame voudrait-elle prendre la peine de se seoir?
Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée, ma chère, et
n'ai pas le temps de me seoir._ Mais nous ne l'employons qu'à
l'infinitif.
SEPTANTE, nom de nombre. Soixante et dix. _Septante poses de
terrain. Une compagnie de septante grenadiers. Je lui prêtai
septante francs._ Ce terme, d'un usage universel dans la Suisse
française et dans le midi de la France, appartient au vieux
français. Soixante et dix est un terme incommode dans la
numération, et tous les grammairiens français s'accordent à
désirer que _septante_ lui soit substitué.
SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dont _sept_
entreraient à la fois dans la bouche. _Les sept-en-gueule sont les
plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de toutes les
poires de nos environs._
SÉRAC ou SERAC, s. m. Voyez SÉRET.
SERACE ou SÉRACE, s. f. Voyez SÉRACÉE.
SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le petit
lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus, de la
céracée, des gauffres, des écrelets.» [J.-J. ROUSSEAU, _Nouv.
Héloïse_, IVe partie.] Terme vaudois et neuchâtelois. En quelques
endroits du canton de Vaud on dit: _Du seracé_.
SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu, faux
feu. _Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant, mais
le fusil fit séraille._ Terme vaudois.
SERBACANE, s. f. Sarbacane.
SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au moyen d'un
instrument tranchant appelé Sarcloir. _Sarcler un bosquet; sarcler
les allées d'un jardin._ Terme français populaire et vieux
français.
SERCLORET, s. m. Sarcloir, petite houe. _Emmancher un sercloret._
Terme suisse. Dans plusieurs provinces de France on dit:
_Sercloir_, au lieu de: Sarcloir.
SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le fromage
gras, en faisant cailler le petit lait. On le mange frais en le
trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.
† SERINGUE, s. f. Pompe à incendie. _Les seringues arrivèrent trop
tard. On entendait le roulement sinistre des seringues pendant la
nuit._ Ce mot de _seringue_ se trouve fréquemment employé, en ce
sens, dans nos anciennes archives. Le dictionnaire de Furetière
dit «qu'on s'est longtemps servi, dans les incendies, de grosses
_seringues_ pour élever l'eau en l'air.»
SERINGUER, v. a. (fig.) Ennuyer. _Va-t'en et laisse-nous: tu nous
seringues._
SERMENT, s. m. Sarment, bois que pousse un cep de vigne. _Des fagots
de serments. Un feu de serments. Brûler des serments._ Terme
suisse, savoisien, lyonnais, limousin, dauphinois, gascon,
lorrain, parisien populaire et vieux français.
SERMENT, s. m. Plusieurs personnes disent: _J'en fais de serment;
j'en ferais de serment_, etc. Pour être correct, il faut supprimer
le _de_, et dire: J'en fais serment; j'en ferais serment.
† SERPENT (UNE). Un serpent. _Cette vieille Arnoux est une
mauvaise langue, une poison, une serpent._ Ce solécisme,
très-commun en Suisse, appartient au vieux français.
SERREMENT D'ESTOMAC. Dites: Serrement de cœur. _À la vue de cette
douloureuse opération, je fus saisi d'un serrement d'estomac._
Terme languedocien.
SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.
SERTISSEUR, s. m. Terme de joaillier. Celui qui sertit ou enchâsse
les pierres précieuses dans un chaton.
SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières, dans
les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit et des
espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.
SERVANTE, s. f. Chevrette, instrument de cuisine que l'on suspend à
la crémaillère, et qui sert à soutenir la _cassette_ (le poêlon)
sur le feu. Cette dénomination une fois donnée à un ustensile d'un
ordre très-inférieur, nos cuisinières ne peuvent tolérer qu'on les
appelle _servantes_. Je trouve les lignes suivantes dans une
brochure publiée le 1er juillet 1794: c'est une dame qui parle.
«Les _servantes_, disais-je une fois à la mienne, ne doivent-elles
pas ménager le bien des maîtres?--Qu'appelez-vous _servante_,
Madame? Les _servantes_ sont à la crémaillère.» [_Plaidoyer pour
le corps des servantes._]
SERVANTE, s. f. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui, par
zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui demande: _Il
fait comme la servante à Pilate_ (proverbe languedocien). Le
dictionnaire de l'Académie dit: Il est comme le valet du diable:
il fait plus qu'on ne lui commande.
SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le verre, le
couteau, la cuiller, la fourchette et la serviette. _Mettez un
service pour Monsieur._ Nous appelons plus particulièrement
_service_, la cuiller et la fourchette réunies. _Eh quoi! Madelon,
vous me donnez une assiette et un verre, et vous oubliez le
service!_ C'est dans ce sens que nous disons: _Un service d'étain;
un service en métal d'Alger; Benoît a eu pour présent de noces six
services d'argent_. Terme suisse, savoisien et méridional.
SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides. _Un setier_
renferme vingt-quatre _quarterons_, soit environ 60 bouteilles
ordinaires, soit 54 litres 144 centilitres.
SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du Rhône, et où
sont établis plusieurs ateliers de teinture et de dégraissage.
L'origine de ce nom est vraisemblablement le mot languedocien:
_Sugé_, ou _sujier_, qui signifie: Teinturier.
SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement
devant un substantif. Il est donc incorrect de dire: _J'ai si
peur; j'ai si faim; elle avait si froid; ils avaient si honte;
elle a si envie d'être mariée; c'est si dommage de détruire ces
beaux peupliers!_ Français populaire.
SI, adv. Tellement, tant. _J'ai si affaire aujourd'hui que je ne
sais par où commencer._
SIAU, s. m. Seau. _Siau en bois; siau en cuir. Un siau d'eau._ Terme
usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en Dauphiné,
dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine, en Champagne, en
Bretagne et à Paris. On dit: _Séau_ à Marseille, à Bordeaux, à
Chambéry, et sans doute ailleurs.
SI AU CAS ou SI EN CAS, loc. conjonct. Au cas que, si. _Si en cas tu
sors, Marguerite, laisse la clef chez notre voisine. Si au cas
Duperrut venait m'assigner, je saurais bien me défendre._
SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute. _Tu ne te baignes
pas aujourd'hui, Samuel?--Si bien._ Terme provençal, etc.
SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant. _Une voix siclarde; un timbre
siclard._
SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri des
enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes filles.
_Faire des siclées; pousser des siclées._
SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat.
_Amusez-vous, mes amis, sans crier et sans sicler._ En
languedocien: _Sisclà_.
SICLES, s. m. pl. Cris aigus des enfants. _Faire des sicles. Leurs
sicles nous déchiraient le tympan._ Nos quatre mots de _sicle_,
_siclée_, _sicler_ et _siclard_ sont des onomatopées remarquables.
SIENNES, pron. poss. plur. _Un tel a bien les siennes_, signifie:
Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs.
_Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille aînée: il faut
avouer qu'il a bien les siennes._
SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression: _Je
t'en siffle_, par laquelle on donne à entendre que l'espérance de
quelqu'un sera déçue. _Lui! te prêter son cheval!... Je t'en
siffle, bernique._ Nous disons dans le même sens: _Je t'en moque_.
SIFFLET, s. m. Sifflement, vent coulis. _Il venait un sifflet par la
porte, et j'y attrapai un coup de froid._
SIFFLET, s. m. Instrument pour siffler. _Avec de l'argent on a des
sifflets à Saint-Claude_ (ville du département du Jura, renommée
pour ses ouvrages en buis), proverbe dont le sens est: Qu'avec de
l'argent on se procure tout ce qu'on veut; qu'avec de l'argent
tout est possible.
SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer. _Où faut-il que
je me signe?--Signe-toi après tes deux oncles._ «Calvin _se signa_
souvent dans ses lettres, Charles de Heppeville, ou Happeville.
Calvin _se signait_ peut-être ainsi pour,» etc. [SENEBIER,
_Histoire littéraire de Genève_, t. I, p. 246.] Expression suisse
et méridionale. _Se signer_ est français dans le sens de: Faire le
signe de la croix.
† SIGNIFIER À, EN et DE. _Cela ne signifie à rien; cela ne
signifie en rien; cela ne signifie de rien._ Trois barbarismes qui
ont également cours à Genève, mais dont le deuxième est le plus
fréquent. Il faut dire, sans préposition: Cela ne signifie rien.
SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse
brutale. _Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte fut
jetée bas._
SIGOUGNER, v. a. Tirailler, agiter vivement, secouer brutalement.
_Sigougner un pieu pour l'arracher; sigougner une porte pour
l'ouvrir; sigougner un loquet; sigougner_ _quelqu'un. Il
m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à m'estropier._ Terme
énergique, et qui n'a pas de synonyme en français. Les
Languedociens disent: _Segougnà_; en provençal, _sagagna_.
SIMAGRIE, s. f. Simagrée. _Allons au fait, et laissons toutes ces
simagries._
SIMOLAT, s. m. Semoule, farine en grains. _Soupe au simolat._ Terme
valaisan et savoisien. En piémontais on dit: _Semola_.
† SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.»
_Singuliarité_ appartient au vieux français, et se dit encore dans
quelques provinces du nord de la France.
SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri. _À la sioûte_, à l'abri, à
couvert. _Se mettre à la sioûte._ Dans le patois vaudois: _À la
chótă_; dans le patois de Fribourg, _à la sota_; dans le patois
de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté, _à la soute_. Dans le
dialecte provençal, _sousto_ signifie: Abri.
SIRE-JEAN, s. m. Voyez POIRE.
SIROP MAGISTRAT, s. m. Sirop magistral.
SISSON, s. m. Terme enfantin. Chien, petit chien. _Viens, Alfred,
viens caresser le sisson._
SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et se
sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation. _N'avoir pas
sistance_, signifie: Être dénué de tout. _Ce pauvre Guignolet n'a
pas sistance au monde._ Ce mot de _sistance_ se prend quelquefois
dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture, aliment. _Ma
bonne dame, donnez-moi un morceau de pain, il n'est pas entré
sistance dans mon corps aujourd'hui._ Terme savoisien. Dans le
dialecte rouchi on dit: _Sustance_. Se dit aussi des choses.
_Quand les cendres ont donné toute leur sistance, on les ôte_,
etc.
SI TELLEMENT, si fort, tellement. _L'affaire est si tellement_
_embrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte._ Français
populaire.
SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en coûte au
delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.
† SOCIALISTE, s. m. Socialisme.
SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons: _Aller en société; se plaire en
société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous hier au soir,
Monsieur Artus?--J'étais en société._ On dit en français: Aller
dans le monde; se plaire dans le monde; s'ennuyer dans le monde,
etc. On peut dire aussi: Aller dans la société; se plaire dans la
société; s'ennuyer dans la société.
SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.
† SOFRE, prép. Sauf. _Sofre votre respect, permettez que... La
Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre un lit et
un placard._
SOI-DISANT, loc. adv. Dit-il, dit-elle. Ce terme (_soi-disant_) est
mal employé dans les phrases suivantes et les analogues. _Il
m'emprunta d'excellents livres, soi-disant pour les lire, et il
les vendit. On lui a fait soi-disant une injustice criante. Quand
l'enfant manque le collége, les parents l'excusent auprès du
régent par un soi-disant mal de tête._ Mais «soi-disant» est bien
placé dans les exemples qui suivent: On m'adressa à un soi-disant
chirurgien qui n'était, à vrai dire, qu'un frater. Je me trouvai
près d'une dame soi-disant polonaise et qui était de Chambéry.
«Soi-disant» demande toujours à être suivi d'un complément, lequel
sert de qualification au pronom personnel qu'il renferme.
SOIGNER UNE CHOSE. _Soigner un parapluie. Soigner des hardes. Soigne
ton manteau, Jules, soigne tes gants et ton chapeau._ «Soigner»
n'a point ce sens en français. Il faut employer le mot «serrer.»
Serrer un habit, serrer un chapeau, etc.
SOLET, LETTE, adj. Seulet, lette. _Elle s'en retournait toute
solette._ Terme vaudois.
SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois.
Dans le Jura on dit: _Soulier_ ou _solier_; dans les Vosges,
_slo_; dans le Limousin, _soulié_; en vieux français, _solier_. R.
_solarium_.
SOLICISME, s. m. Solécisme.
SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré, qui
est de durée. _Crois-tu ce beau temps solide?_
SOLIDER, v. a. Consolider, affermir. _Solider une palissade, solider
une table._ Terme franc-comtois.
SON, pr. pers. Ne dites pas: _Il fait son entendu; il fait son homme
d'importance_, etc., dites: Il fait l'entendu, il fait l'homme
d'importance. Ne dites pas non plus: _Il fait son embarras_,
dites: Il fait de l'embarras, beaucoup d'embarras.
SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout autre grain
cuit, qui a servi à faire de la bière.
SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche. _Faire une sonnée_
signifie: Donner un fort coup de cloche. _Peut-on faire de
pareilles sonnées à la porte d'un malade!_ Terme languedocien.
SONNETTE, s. f. On ne dit pas: _Mettre une sonnette_, on dit: Poser
une sonnette.
SOPHIE. N'est usité que dans cette locution: _Il fait sa sophie_,
c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.
SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R. _sortilegium_.
SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux. _Ai-je du sort! Faut-il
avoir du sort! Il faut convenir que vous avez trop de sort._
SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit. _Être de sorte_ signifie:
Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la
condition des personnes. _Pour le bal de la vogue, cette robe et
ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est de
sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soit_ _de
sorte._ Expression très-répandue chez nos campagnards.
† SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville. _Où allez-vous, Henriette?
Sortez-vous de porte?_
SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle,
le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et des jeunes
adolescents. _Tu veux donc toujours faire le sot, Guillaume. Tu es
bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes joujoux à ton petit
frère._ Terme suisse, savoisien, marseillais, etc.
SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre penaud.
_Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant et si
inattendu sottifia toute la famille._
SOUCARE, s. m. Voyez SOUQUART.
† SOUCI, s. m. _Froncer le souci. Après son érésipèle, les soucis
lui sont tombés._ Terme français populaire. Écrivez «Sourcil» et
prononcez _sourci_.
SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des soucis.
_Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller pour si peu
de chose._
SOUCILLEUX, EUSE, adj. Soucieux. Qui a du souci, qui marque du
souci. _Un front soucilleux; un air soucilleux; Vous paraissez
bien soucilleux, Monsieur Auguste._
SOUFFLER À. _Souffler à un écolier qui récite sa leçon; souffler à
un acteur._ Il faut dire: Souffler un écolier; souffler un acteur.
SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,» comme
«allaiter,» et ne dites pas: _Je vous soite le bonsoir; on vous
soite le bonjour._
SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot un homme qui
est habituellement entre deux vins, ne quittant un cabaret que
pour aller boire dans un autre.
SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer. _Elle me soûle
avec ses visites répétées et ses conversations sans fin._
Expression fort triviale.
SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin. _C'est un soûliaud, un
vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne._ Terme vaudois.
SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée de sureau
qui, lors même qu'on la renverse, retombe toujours sur ses pieds.
SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme vaudois. A
Neuchâtel et dans le Jura on dit: _Un soûlon._ L'Académie écrit:
«Souillon,» et donne à ce terme un sens différent.
SOUMISSION RESPECTUEUSE. Acte extra-judiciaire bien connu. La
véritable expression est: «Sommation respectueuse.» Mlle N** vient
de faire la troisième sommation respectueuse. [ACAD.] _Soumission
respectueuse_ est un barbarisme, mais ce barbarisme ne nous est
pas particulier. Je le trouve signalé entre autres dans le
_Vocabulaire du Bas langage rémois_, p. 87.
SOUPE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne qui dort
longtemps et profondément: _Elle dort comme une soupe._ On dit en
français: Dormir comme une souche; dormir comme un sabot.
SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer. _Ce gâteau aurait eu besoin d'être
soupoudré de sucre._ Français populaire. R. _sau_, vieux mot
français qui veut dire: Sel.
SOUQUART ou SOUCARE, s. m. Terme de lingerie. Gousset de chemise,
carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la manche d'une chemise à
l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois et lyonnais.
SOURBE, s. f. Sorbe, fruit.
SOURD-ET-MUET (UN). Dites: Un sourd-muet. L'institut des
sourds-muets.
SOURDIAUD, DIAUDE, subst. Sourdaud. Celui ou celle qui n'entend
qu'avec peine.
SOURDITÉ, s. f. _Une complète sourdité._ Terme français populaire.
Dites: Surdité.
SOUS, prép. Sauf, avec. _Sous le respect que je vous dois, Monsieur
le juge, je vous dirai que... Sous votre respect, Madame, j'ai eu
la fièvre pendant quinze jours._ Terme français populaire.
SOUS-MAIN (UN). Terme de calligraphie. Papier que celui qui écrit
met sous sa main par mesure de propreté.
SOUS-TASSE ou SOUTASSE, s. f. Soucoupe, le dessous d'une tasse.
Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.
SOUSTER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Garder,
accompagner. _Son roi de trèfle était bien sousté._ On dit encore:
_Souste_. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il rapprocher
ce mot de SOÛTE. R. lat. _subtus stare_ ou _substare_.
SOUSTRAIRE, v. a. On entend journellement dire: _Nous soustraisons_,
pour: Nous soustrayons; _tu soustraisais_, pour: Tu soustrayais;
_en soustraisant_, pour: En soustrayant, etc. Ce verbe se conjugue
comme «Traire.» «On admire la promptitude avec laquelle les
fourmis SOUSTRAISENT leurs nourrissons au danger.» [CH. BONNET,
_Contemplation de la Nature_, XIme partie, ch. XXII.]
SOÛTE, s. f. Abri. Voyez SIOÛTE.
SOUTENIR, v. a. (fig.) _Soutenir des relations avec quelqu'un_ n'est
pas une expression correcte, du moins ne se trouve-t-elle pas dans
les dictionnaires. Il faut dire: Avoir des relations avec
quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.
SOUVENT, adv. Promptement, vite. _Depuis deux heures de temps que
Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas souvent
revenir_, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse de
revenir. Terme parisien populaire.
SPECTABLE, adj. Titre honorifique dont on qualifiait jadis les
ministres du culte réformé.
† SQUELETTE (UNE). Un squelette.
STORE, s. m. Jalousie.
SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement. _En
s'approchant trop de la bougie, elle se sucla les cheveux. Notre
pauvre minon, qui dormait sur le foyer, s'est complétement suclé
la queue._ En languedocien et en provençal, on dit: _Usclà_.
SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat. _S'il
vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde est-il sucré?_
Français populaire.
SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.
SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion»
(_sug-ges-tion_), en donnant à la lettre _t_ le son qui lui est
propre.
SUPPORTER, v. a. (fig.) _Ce vin ne supporte pas l'eau._ Dites: Ce
vin ne porte pas l'eau.
SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent: _À supposer que_, pour: Supposé
que. _À supposer que l'hiver soit rigoureux; À supposer que
l'Europe demeure en paix_, etc. Les dictionnaires ni le bon usage
n'autorisent cette expression.
† SUR, prép. _Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?--Oh là,
Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.--Et vous-même, s'il vous
plaît?--Je suis sur ma septantième année._
SUR, prép. _Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire sur
l'affiche_, etc. Dites: Lire dans le journal, lire dans
l'almanach, lire dans l'affiche. _Qui t'a raconté ce
naufrage?--Qui? Personne. Je l'ai lu sur le Constitutionnel._
Faute universelle.
SUR, prép. _Je prends la chose sur ma responsabilité._ Dites: Sous
ma responsabilité.
SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun doute. _Vous
nous promettez de venir chez nous demain.--N'ayez nulle crainte,
j'irai sûr, très-sûr. Vous partez dimanche, Monsieur Dubois.--Oui,
sûr, bien sûr._ Expression gasconne et belge.
SURFIN, FINE, adj. Superfin. _Étoffe surfine, teinture surfine.
Fabrication de liqueurs surfines, au Grand-Lancy, chez Baron-D**._
SURLOUER, v. a. _Surlouer une chambre, surlouer un appartement._
Terme valaisan, savoisien, parisien populaire, etc. Dites:
Sous-louer.
SUROT, s. m. (_o_ bref.) _Cueillir du surōt. Infusion de
surōt. Petard de surōt._ Prononciation suisse du mot
«Sureau,» lequel rime avec _bureau_.
SUSPENTE ou SOUSSEPENTE, s. f. _Les suspentes d'un cabriolet.
Établir une suspente dans une cuisine._ Terme savoisien,
franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims on dit: _Supente_.
Le terme exact est: Soupente.
† SYNAPISSE, s. m. Synapisme.
T
TABELLE, s. f. Registre, agenda, tableau des devoirs, occupations,
charges, _incombances_ d'une société, d'un corps, d'une
corporation. _Rédiger la tabelle. Consulter la tabelle. Inscrire
sur la tabelle. Afficher la tabelle._ Terme vaudois.
TABLÂR ou TABLÂT, s. m. Tablette, rayon, planche posée pour mettre
quelque chose dessus. _Ajuster des tablâts. Écurer des tablâts.
S'aguiller sur un tablât._ Terme suisse et savoisien.
TABLE, s. f. Nous disons: _La soupe est sur la table_, pour
signifier que le dîner est servi. On doit dire sans article: La
soupe est sur table, ou chercher une meilleure expression.
TABLE, adj. Dans une votation, lorsque les voix sont mi-parties
(c'est-à-dire également partagées), cela s'appelle: _Être table.
Les juges étaient tables, et le président fut appelé à_
_détabler._ Terme neuchâtelois. [Voyez GUILLEBERT, _Glossaire
neuchâtelois_, 2e édition, p. 243.]
TABLÉE, s. f. Réunion nombreuse de convives (autour d'une table.)
_Une belle tablée; une joyeuse tablée._ Terme suisse et vieux
français.
TABLETTE À LA BISE, s. f. Pastille de menthe.
TABOUSSE, s. f. Babillarde.
TABOUSSER, v. n. Babiller. Terme vaudois.
TACHE, s. f. Petit clou de fer à tête ronde que l'on met sous les
souliers et les sabots. Terme suisse et méridional. Dans le patois
limousin, on appelle _tatso_ toute espèce de clou qui a un pouce
et demi de longueur, et au delà.
† TÂCHE, s. m. _As-tu fait ton tâche, Bastien? Quand ton tâche
sera fini, tu t'amuseras._ Ce mot est féminin.
TÂCHER, v. n. Terme des jeunes écolières. Rivaliser de diligence;
disputer à qui aura le plus vite fait, dans un temps donné, un
certain ouvrage. _Mesdemoiselles, voulons-nous tâcher? Tâchons
toutes ensemble._
TÂCHER À. Viser à, tâcher d'atteindre une personne ou une chose avec
un projectile quelconque. _Tu me tâchais, Henri, avec ta paume de
neige?--À toi? Pas plus; je tâchais à cette bourguignôte qui
passe._
TÂCHER MOYEN. Faire en sorte, tâcher, s'efforcer. _Tâche moyen que
l'on se promène ensemble dimanche. À çà, Jérôme, tu tâcheras moyen
de me rembourser un peu promptement._ Terme vaudois et méridional.
TÂCHER QUE. _Il faut tâcher que votre maître soit content._ Le verbe
_tâcher_ ne se construit pas avec _que_. Dites: Il faut tâcher de
contenter votre maître.
TACONNET ou TACOUNET, s. m. Pas d'âne, plante médicinale qui croît
principalement dans les terrains improductifs. _Terre de tacounet,
laisse à qui elle est._ Terme vaudois, etc.
TAILLARDER, v. a. Taillader, entailler, couper.
TAILLER À LA RUINE, ou EN RUINE. Terme d'agriculture. Se dit
ordinairement d'une vigne dont on surcharge la taille de manière à
lui faire produire beaucoup de fruit, sans s'inquiéter si on
l'épuise. Ce procédé est mis en pratique l'année ou les années qui
précèdent l'arrachement. Au figuré, _tailler à la ruine_, se dit
de ceux qui sacrifient l'avenir pour faire face au présent.
TAILLERIN, s. m. Petit morceau de pâte pour la soupe, vermicelle
plat. Terme vieux français.
TAILLEUSE, s. f. Couturière. [Voyez PAUTEX, _Recueil de mots_, ch.
XXII.]
TAILLON, s. m. Grosse tranche, morceau, gros morceau coupé. _Un
taillon de lard; un taillon de fromage. Ne coupe donc pas ce pain
par taillons._ Terme méridional et vieux français.
TALAR, s. m. Pelisse, robe fourrée.
TALMOUSSE, s. f. Sorte de pâtisserie, nouvellement introduite chez
nous, et qui nous vient de Paris. Le véritable terme est
«Talmouse,» avec un seul _s_.
TAMAGE, s. m. Voyez TAMER.
TAMBOUR, s. m. Sorte de poêle portatif en fer-blanc, à couvercle et
de forme ronde. _Un tambour et sa bassine. Vous sécherez ces
linges dans le tambour._
TAMBOUR D'ONZE HEURES, s. m. (fig.) Rabâchage, répétition ennuyeuse,
litanie.
TAMBOURNER, v. n. Tambouriner. _Venez tous: on ira tambourner au
bastion._ Se dit surtout des enfants lorsqu'ils battent de petits
tambours qui leur servent de jouet. Terme suisse, jurassien, etc.
† TAMBOURNIER, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse. Terme
savoisien, jurassien et languedocien.
TAMER, v. a. Étamer. _Voilà le magnin qui passe; donnez-lui les deux
pochons à tamer._ Terme vaudois.
TAMPONNE ou TAMPOUNE, s. f. Débauche de table, tapage, grande
ribotte avec chants, cris et claquements de mains. _Faire la
tamponne._ Français populaire.
TAMPONNER, v. n. Faire la _tamponne_, faire une débauche bachique,
se livrer bruyamment à tous les plaisirs de la table. Terme
méridional.
TANNÉE, s. f. Rossée, frottée, volée de coups. _Donner une tannée;
appliquer une tannée; recevoir une tannée._
TANNER, v. a. (Prononcez _â_ long.) Battre, rosser, abîmer de coups.
_Hier au soir ils se sont tannés et giflés à outrance._ Terme
suisse. Le verbe _tanner_, pris dans cette acception, ne se trouve
dans aucun dictionnaire ni dans aucun glossaire français.
TANT, adv. Si, tellement. _Ne lisez pas ce roman, il est tant plat.
Ces poires sont tant bonnes. La Fanchette est tant bête._ Cette
faute nous vient du vieux français.
TANT, adv. Aussi. _Va vite! cours! cours tant fort que tu pourras._
«Je déployai toutes les voiles et laissai le bateau aller _tant
vite_ qu'il voulut.» [_Bonivard à Chillon_, p. 60.]
TANT, adv. est superflu dans les exemples suivants: _Tant plus on
sera, tant plus on s'amusera. Tant plus on a d'égards pour Isaac,
tant plus il grogne et rechigne._ Cette expression appartient au
vieux français.
TANT, s. m. _On lui a promis le tant pour cent. Vous lui payerez un
tant pour mille. Ils auront un tant sur les bénéfices._ _Tant_
n'est jamais substantif. Il faut dire, en retranchant l'article:
On lui a promis tant pour cent. Vous lui payerez tant pour mille,
etc.
TANT MOINS QUE. Le moins que. _Il est si apathique qu'il travaille
tant moins qu'il peut. Ne fréquente pas les cafés,_ _Eugène,
vas-y au contraire tant moins que tu pourras._ TANT PLUS QUE est
aussi un barbarisme. _Combien faut-il scier de ces
rondins?--Sciez-en tant plus que vous pourrez._ Dites: Le plus que
vous pourrez.
TANTÔT, s. m. Après-midi. Le _tantôt_, l'après-midi. _Adieu, Des
Thiollaz, on se verra ce tantôt. Vas-tu souvent à ton cercle,
Colombier?--Pardine, j'y vais chaque tantôt. Depuis plusieurs
jours il pleut tous les tantôts._ Cette expression, qui nous vient
du vieux français, n'est point particulière à notre dialecte. Le
mot «tantôt» est un adverbe. Voyez les dictionnaires.
† TANT PIRE, loc. adv. Tant pis. _S'il n'est pas content de ce que
je lui offre, tant pire pour lui. Nous aurons de la pluie,
Benjamin.--Eh bien! tant pire; partons la même chose._ Parisien
populaire, etc.
TANT QU'À MOI. Quant à moi. _Tant qu'à nous_, quant à nous. _Tant
qu'à eux_, quant à eux. _Je ne t'ai jamais vu ivre,
Chapalay.--Tant qu'à çà, Monsieur, je ne bois jamais plus de
demi-pot._ Parisien populaire.
TANT QU'À. Jusqu'à. _Tant qu'à Genève, tant qu'à Bonneville_, etc.,
signifient: Jusqu'à Genève, jusqu'à Bonneville. _Sans nous
apercevoir de la fatigue, nous allâmes tant qu'à Rumilly._ Les
gens de la campagne ne s'expriment pas autrement.
TAPAGE, s. m. Grande quantité. _Un tapage de monde; un tapage de
vieux bouquins. Dans sa colère, il nous lâcha un tapage de
sottises._ Français populaire.
TAPAGER, v. n. Faire du tapage. _Finissez, mes enfants: c'est bien
assez tapagé._ Terme marseillais, etc.
TAPASSÉE, s. f. Pluie, averse forte, mais de courte durée. _Une
tapassée de pluie. Recevoir une tapassée. Cette tapassée nous
inonda._ Terme suisse et savoisien. La signification primitive du
mot _tapassée_ est: Grande abondance d'une chose, grande quantité.
_Une tapassée d'individus; une tapassée de pommes. D'un seul coup
de pierre il déguilla une tapassée de noix._
TAPÉE, s. f. Grande quantité, grande abondance, multitude. _Une
tapée de monde. Une tapée de marchandises. Une tapée de soupe._
Terme français populaire.
TAPÉE, s. f. Coups, gifle. _Recevoir une tapée. Nos gamins se
donnèrent une bonne tapée._ Terme dauphinois, etc.
TAPER DE L'ŒIL. Dormir. Français populaire.
TAPER (SE), v. pron. Se heurter. _Elle se tapa contre la cheminée et
tomba._ Taper et se taper sont français, mais dans une acception
un peu différente.
TAPET, s. m. Traquet, oiseau du genre des becfigues.
TAPET, s. m. Langue. _Faire cheminer son tapet_, signifie: Babiller,
bavarder.
TAPETTE, s. f. Battoir de lessive, palette à manche pour battre le
linge mouillé. Au sens figuré, _tapette_ se dit de la langue d'une
personne babillarde. _Mener sa tapette. Tenir sa tapette au
chaud._ Il se dit aussi de la personne elle-même: _Cette jeune
fille est une tapette._
TAPIN, s. m. Tape, taloche, coup de la main. _Recevoir un tapin;
appliquer un tapin._ Terme français populaire.
TAPIN, s. m. Tambour, celui qui bat la caisse. _Un petit tapin.
Voilà les tapins qui s'exercent._
TAPISSEUR, s. m. Tapissier.
TAPISSIER, s. m. Colleur, ouvrier qui colle du papier peint sur les
murs d'un appartement. En français: Un tapissier est Celui qui
travaille en toutes sortes de meubles de tapisserie et d'étoffe.
TAQUINEUR, EUSE, s. et adj. Taquin, taquine.
TARABUSQUER, v. a. Tarabuster, inquiéter, importuner, contrarier.
_Voilà une nouvelle qui me tarabusque._ Terme connu à Reims et
sans doute ailleurs.
TARAMARA, s. m. Vacarme, brouhaha, bruit confus.
TARANTE ou TARENTE, s. f. Terreur panique. _Tu as eu là, Gaspard,
une fameuse tarente._ En jouant sur ce mot, nous disons
quelquefois d'un poltron: _C'est le duc de Tarente. Voici notre
duc de Tarente._
TARARA. _Faire tarara_ signifie: Faire grande envie, faire venir
l'eau à la bouche. _En voyant ce salmis, ça me faisait tarara._
TARD (À), adv. _Venir à tard, arriver à tard_, sont des expressions
vicieuses. Il faut dire: Venir tard, arriver tard, ou: Venir sur
le tard, arriver sur le tard.
TARRE POUR BARRE. Nous disons familièrement de quelqu'un qui
s'embrouille dans un discours, ou qui, par inadvertance et par
distraction, dit une chose pour une autre: _Il dit tarre pour
barre; il répond tarre pour barre; il entend tarre pour barre._
Expression très-usitée.
TARTIFLE ou TARTUFLE, s. f. Termes par lesquels, aux frontières de
notre canton, dans le Faucigny, on désigne les pommes de terre.
_Planter les tartifles, buter les tartifles._ Terme usité aussi en
Languedoc. [Voyez le _Dictionnaire gascon_ de VILLA, t. II.] En
français, _tartifle_ est le nom vulgaire du topinambour.
TARTRE (LA). _La tartre des dents._ Ce mot est masculin.
TASSON, s. m. Taisson, blaireau. Proverbialement: _Suer comme un
tasson._ Terme suisse-roman, etc.
TATA, s. f. Dans le langage des enfants signifie: Tante. _Dis adieu
à la tata; touche la main à la bonne tata._ Terme usité en
Bretagne et sans doute ailleurs.
TATA, s. m. Nous disons d'une personne que nous voyons, contre son
ordinaire, bien vêtue et pimpante: _Elle s'est mise sur son tata.
Le voilà aujourd'hui sur son tata._ Expression connue dans la
Suisse romane.
TÂTE, s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un fromage pour le
goûter. Terme jurassien et méridional.
TÂTENITOUCHE, subst. des 2 genres. Sournois, bon apôtre, sainte
nitouche.
TÂTE-POLAILLE, TÂTE-À-POLAILLE, ou TÂTE-À-C.. DE POLAILLE, s. m. Se
dit d'un homme qui s'occupe minutieusement des détails du ménage,
et qui demeure au coin du feu pour veiller le pot. Dans le
dialecte picard, _tâte mes glaines_ (tâte mes poules) a le même
sens.
TATOUILLE, s. f. Piquette, mauvais vin, ripopée. _Boire de la
tatouille._ Terme français populaire.
TATTE ou TETTE, s. f. Terrain en friche, terre vacante, plaine
inculte, lande, steppe. _Les tattes de Saint-Georges. Les tattes
d'Aire-la-ville._
TAUCHES, s. m. pl. Voyez TÔCHES.
TAULÉE ou TÔLÉE, s. f. Quantité, grand nombre. _Une tôlée de chiens;
une tôlée de cochons de lait._
TAUPIER, s. m. Se dit familièrement et dérisoirement d'un soldat du
corps des mineurs.
TAUQUÉE ou TÔQUÉE, s. f. Gifle, danse.
TAUQUER ou TÔQUER, v. a. Battre, frapper, donner une danse. _Jean
est rentré soûl chez lui et s'est mis à tôquer sa femme et ses
enfants._
TAVAN, s. m. Taon, insecte malfaisant très-connu. _La piqûre du
tavan. Le dard du tavan._ Terme vaudois, savoisien, dauphinois et
vieux français. Dans le Languedoc et dans le canton de Neuchâtel
on dit: _Taban_. En latin, _tabanus_.
TAVELER, v. a. Terme des campagnards. Signifie: Donner au beurre une
forme et le marquer d'une empreinte. _Taveler le beurre._
L'instrument qu'on emploie à cet usage s'appelle: _Tavé_.
TAVILLON, s. m. Bardeau, petite planchette de bois dont on recouvre
certaines habitations. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le
Jura, dans la Franche-Comté et le Chablais on dit: _Tavillon_ et
_tavaillon_.
TAVILLONNER, v. a. Garnir le toit de bardeaux, de _tavillons_.
TAVILLONNEUR, s. m. Celui qui fabrique les _tavillons_ et qui en
garnit les toits. A Carouge (canton de Genève), on lit sur une
enseigne de la rue Caroline: _B***, couvreur-tavillonneur_.
TEICHE ou TÈCHE, s. f. Tas de foin, meule de foin. _Construire une
teiche; élever une teiche._ Terme suisse. Se dit aussi d'un grand
tas ou amas. _As-tu fait ta provision de fascines?--Oui, j'en ai
une fameuse teiche. Quelle teiche de bois!_ En espagnol: _Techo_,
toit d'où l'eau dégoutte. En Languedoc, _técher_ veut dire:
Dégoutter, couler goutte à goutte.
TEL, TELLE, adj. Expression dont on se sert quand on ne veut pas
nommer les personnes. _Mr tel a demandé de tes nouvelles._ Dites:
Mr un tel. _Tu inviteras Mme telle._ Dites: Mme une telle. Que
m'importe ce que Mr un tel pense de moi! Au pluriel on doit dire:
MM. tels, Mmes telles et telles.
TEL ET QUEL, adj. composé. Intact, sans changement, dans le même
état. _Je vous rends votre sac d'argent, je vous renvoie votre
groupe tel et quel. Voici vos livres tels et quels._ Supprimez la
conjonction _et_, et dites: Voici votre argent tel quel. Voici vos
livres tels quels.
† TEMPLE (LA). _Il se heurta à la temple._ Terme vieux français.
Dites: La tempe.
TEMPS, s. m. _Une heure de temps, deux heures de temps_, etc., sont
des expressions très-correctes, mais qui appartiennent au langage
familier. Quand vous les trouvez censurées par les grammairiens,
soyez certains que ces grammairiens-là n'ont pas lu bien
attentivement les auteurs classiques; Voltaire, par exemple, s'en
est servi fréquemment.
TEMPS, s. m. _Qui gagne du temps, gagne tout._ Proverbe remarquable
et plein de sens, qui manque dans les dictionnaires.
TEMPS, s. m. Dans le langage des campagnards, _avoir du temps_,
signifie: Avoir un mauvais temps, avoir de la pluie ou de l'orage.
_Les hirondelles volent bas: nous aurons du temps._ Terme vaudois.
A Neuchâtel et dans le Jura on dit en ce même sens: _Il fera du
temps_.
TEMPS, s. m. Disposition de l'air. _Le temps s'essuie_, signifie: La
pluie va cesser; la pluie semble vouloir cesser.
TEMPS, s. m. Conjoncture favorable, commodité, facilité. _Prenez ce
sentier, Mesdames, vous aurez meilleur temps_, c'est-à-dire: Votre
route en sera plus courte et plus facile. Expression suisse.
TEMPS (LE). Nous disons d'une personne extrêmement fière, qu'_elle
est haute comme le temps_. Mais que signifie le mot de _temps_
dans cette phrase? Peut-être s'agit-il des régions supérieures de
l'atmosphère.
TENDRE, v. a. (fig.) Faire passer, donner. _Tendez-moi la bouteille;
tendez-nous le sel; tendez-lui les tenailles._
TENDS-TU? Abréviation de «Entends-tu?» _Tu viens demain pêcher avec
nous, Robert, et de bonne heure, tends-tu? Tu as promis de venir
nous réveiller: n'y manque pas, tends-tu?_
TENIR, v. a. (fig.) Avoir. _Quel quantième du mois
tenons-nous?--Nous tenons le vingt._ Dites: Quel quantième du mois
avons-nous?--Nous avons le vingt.
TENIR, v. a. Terme de négoce. Dans notre langage, _tenir une
marchandise_, signifie: L'avoir à la disposition des chalands,
l'avoir à vendre, la vendre. _Tenez-vous des brignoles,_
_Monsieur Philippe? Tenez-vous du simolat et des fidés?_ Terme
méridional.
TENIR DE. _Il tient de bise_, veut dire: La bise souffle. _Il tient
de vent_, signifie: Le vent souffle.
TENIR PIED. Terme du jeu de boule, du jeu de quilles, etc. Piéter,
c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a été marqué pour
cela. Expression suisse et savoisienne.
TENTATIF, IVE, adj. Tentant, tentante, qui tente. _Votre proposition
est tentative, et je l'accepte. Vous avez là des raisins fort
tentatifs._ Terme français populaire. Pour être correct, il faut
dire: Une proposition tentante; des raisins tentants, etc.; ou, si
l'on trouve trop dur à l'oreille ce mot _tentant_, on peut
facilement prendre un autre tour.
TENTE, s. f. Banne, grosse toile que les marchands mettent aux
auvents de leurs magasins pour se garantir du soleil. _Un coup de
vent emporta la tente._ Terme méridional.
TENUE, s. f. Direction, conduite. _La tenue d'une école; la tenue
d'une classe. La tenue de classe a été d'un mois pour chaque
concurrent._ Nous disons dans ce même sens: _Tenir la classe;
tenir l'école. Mon collègue, Mr N**, tiendra la classe à ma place
pendant deux jours._ Ces termes utiles et consacrés chez nous
n'ont pas encore trouvé place dans les dictionnaires.
TENUE DE LIVRES, s. f. _La tenue de livres est une étude plus
importante que difficile._ Pour parler correctement, il faut dire:
La tenue des livres.
TEPPE, s. f. Plaine inculte, terrain en friche. _Défricher une
teppe._ Terme bressan, etc.
† TÉR'BENTINE, s. f. _Tér'bentine commune; tér'bentine falsifiée._
Écrivez et prononcez «Térébenthine.»
TERGETTE, s. f. _Pousser la tergette; fermer une porte à la
tergette._ Terme français populaire. Écrivez et prononcez
«Targette.»
TERRAILLE, s. f. Poterie de terre. _Une marchande de terraille. Une
fabrique de terraille._ Terme suisse, savoisien, méridional et
vieux français. Une de nos rues s'appelle _le Terraillet_.
_Terrailler_ voulait dire: Potier de terre. [Voyez ROQUEFORT,
_Glossaire de la langue romane_, t. II, p. 616.]
TERRASSIERS, s. m. Potier de terre. Le chemin _des Terrassiers_,
dans la commune de Plainpalais, tire son nom des potiers de terre
qui y étaient établis autrefois, et qui s'y sont maintenus jusque
vers l'année 1827. Terme savoisien et méridional. En Bourgogne,
dans le Berry et chez nos campagnards, _terrasse_ ou _tarasse_
signifie: Terrine, plat de terre, vase de terre, _greulette_.
Voyez ce mot.
TERRASSIÈRE, s. f. Poterie, fabrique de pots de terre.
TERREAU, s. m. Dans la langue des campagnards ce mot signifie:
Fossé. En vieux français on disait: _Terrail_.
TERRE JAUNE. L'expression _terre jaune_, employée non-seulement par
les campagnards, mais aussi par les gens de la ville, vient de ce
que dans les plans de délimitation qui ont été faits après le
traité de Turin, on a teint de jaune la bande limitrophe sur
laquelle nos voisins ne doivent pas établir de lignes de douanes.
TERTASSE, s. f. C'est le nom que beaucoup de personnes donnent,
depuis quelques années, à l'une de nos rues montantes. Son vrai
nom est _Tartasse_. On le trouve tel dans la chanson de l'Escalade
et dans les registres latins du seizième siècle (_Tartassia_ ou
_Tartasia_).
TESTICOTER, v. a. et n. Asticoter, contester, tracasser quelqu'un
sur de petites choses. _Si ma marchandise vous convient,
prenez-là, Mamzelle, sinon, pourquoi testicotez-vous?_ Terme
neuchâtelois, lyonnais, limousin, rouchi, etc. A Paris:
_Tassicoter_; en vieux français, _tastigoter_.
TESTICOTEUR, s. m. Chipotier, taquin, vétilleur.
TÊTARD, ARDE, s. et adj. Têtu, opiniâtre.
TÊTE, s. f. Le proverbe suivant s'adresse aux personnes oublieuses,
étourdies: _Quand on n'a pas bonne tête, il faut avoir bonne
jambe_; proverbe facile à comprendre, et qui est parmi nous d'un
usage universel.
TÊTE-À-MAILLOCHE, s. f. Têtard, grenouille non développée.
TÊTE CARRÉE. Se dit ordinairement d'une personne opiniâtre,
obstinée, têtue, inébranlable dans ses volontés. Selon l'Académie,
«Tête carrée» se dit d'un homme qui a beaucoup de justesse et de
solidité dans le jugement.
TÉTERASSE, s. f. Sorte de bouteille en verre, qui est d'un emploi
utile dans le nourrissage.
TÊTIÈRE, s. f. Chevet. _La têtière du lit._ Terme parisien
populaire.
THÉRIACLE, s. m. Sorte d'opiat. _Une prise de thériacle. Du
thériacle de Venise._ Terme français populaire et vieux français.
On doit dire: De la thériaque; une prise de thériaque.
† THÉTIÈRE, s. f. _Une thétière de porcelaine; une thétière
d'argent._ Terme français populaire et vieux français. On dit
aujourd'hui: Théière.
TIENS-TOI BIEN, s. m. Sorte de jeu, où plusieurs enfants sautent
l'un après l'autre sur un d'entre eux, lequel se tient courbé en
forme de cheval. _Jouer à tiens-toi bien._ On dit à Paris: Jouer
au cheval fondu.
TIAFFE, s. f. Voyez TIOFFE.
TIETTE, s. f. _Tiette! tiette!_ est le cri par lequel nous appelons
les poules. _Tiette_ est pour _tiotte_; et _tiotte_ est un abrégé
de _petiote_ (petite). En Languedoc on dit: _Tite! tite!_ pour:
Petite! petite! Dans nos villages on dit: _Tîhită_ ou
_tîtă_.
TIGNACHE, s. f. Tignasse, mauvaise perruque.