RUCLONNER, v. a. Étendre du _ruclon_. _Ruclonner un pré._

RUCLONNER, v. neutre. Se dit des chiens, et signifie: Fouiller les

_ruclons_ pour y trouver des restes de viande et d'os en

putréfaction. _Mettez à Azor sa muselière, pour qu'il ne s'arrête

pas à ruclonner._

RUDE, adj. Grand, considérable, fameux. _Nous avons eu hier une rude

peur._ Français populaire.

RUDE, adv. Rudement, beaucoup, considérable, très, fort. _Il faudra

rude de gravier pour graveler cette promenade. On a bien mangé et

on a bu rude. Et ton bourgeois, Jean-Pierre, qu'en fais-tu?--Mon

bourgeois? Ce que je peux en dire, c'est que c'est un rude bon

maître._

RUE (EN). Dans la rue. _On se rencontra en rue et l'on se causa.

Fais vite tes commissions, Georgine, et ne t'arrête pas en rue._

Expression gasconne. On trouve cependant la phrase suivante dans

le dictionnaire de l'Académie (t. II, p. 684): L'événement se

passa en pleine rue.

RUETTE, s. f. Ruelle, petite rue. _La ruette de Saint-Germain._

Terme français populaire et vieux français.

RUPER (SE), v. pron. Se dit des gens galeux ou pouilleux, et

signifie: Se gratter avec violence, avec rage. _Se ruper_ se dit

aussi des chiens, mais sans qu'il s'y attache aucune idée

dégoûtante.

RUSSIN, s. m. _Voyez_ HUILE DE RUSSIN.

S

SABOULÉE, s. f. Signifie: 1º Volée de coups, rossée; 2º Forte

gronderie. _Donner une saboulée; recevoir une saboulée._ Terme

français populaire. On dit à Valenciennes: _Une saboule_. Mais

aucun de ces mots ne figure dans les dictionnaires.

SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutes sortes de

chiffons qui peuvent être utilement employés à des raccommodages.

SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.

SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré long. _Une

sache de riz; une sache de charbon; une sache de fenasse._ Terme

savoisien et méridional. Dans le français populaire, _sache_

signifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que peut contenir un sac.

SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre mesure: _Il

travaille comme un sâcre_. Expression suisse. En français on dit:

Il travaille comme un galérien. Nous disons aussi: _Crier comme un

sâcre, courir comme un sâcre, jurer comme un sâcre_; c'est-à-dire:

Crier, courir, jurer comme un perdu. Sur l'origine de cette

expression les conjectures ne manquent pas; mais elles ne

présentent rien de satisfaisant.

† SACRÉFIER, v. a. Sacrifier. _On se sacréfie pour ses enfants,

n'est-il pas vrai, Marion? et ils ne font rien pour nous._

SACREMENTATIONS, s. f. pl. _Faire des sacrementations_, signifie:

Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer. Ce mot

vient de l'allemand et il aurait dû y rester.

SACRÉPAN, s. m. Sacripan.

SAGATERIE, s. f. Boucherie pour la basse viande. Terme vaudois. En

Provence et en Languedoc, _sagata_ signifie: Tuer des animaux pour

s'en nourrir.

SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal on dit:

_Sagataire_.

† SAIGNE (UNE). Une saignée. _Une forte saigne. Le cérugien

voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique._ Terme

savoisien. Dans le patois vaudois on dit: _Un sagne_.

SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.

† SAINK-ET-SAUF, adj. masc. Prononciation vicieuse de l'adjectif

«Sain et sauf.» Le son du _k_ est ajouté pour l'euphonie.

SAINT-FRISQUIN, s. m. Saint-frusquin, ce qu'un homme a d'argent et

de nippes. _Un tel a mangé tout son saint-frisquin._ Terme vieux

français. En Languedoc on dit: _San-fresquin_; en limousin,

_saint-flusquin_.

SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard. _Qui est-ce qui

m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu, saint-lambin? Quel

saint-lambin!_

SAISON, s. f. _Saison tardive n'est pas oisive_, est un des jolis

proverbes de nos campagnards. Ce proverbe signifie que: Les

printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours

du froid sont si habituels et si funestes.

SALADE À. Salade de. _Une salade aux racines jaunes; salade à la

chicorée; salade aux pommes de terre._ Dites: Une salade de

chicorée, une salade de pommes de terre, etc.

SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale. _Donner une salade. Il

a reçu une salade conditionnée._ Terme parisien populaire.

SÂLE, adj. Malpropre. _Du linge sâle; des doigts sâles. Tu es un

négligent, tu es un sâle._ Prononciation vicieuse très-répandue

dans la Suisse française. Écrivez et prononcez «sale» (_a_ bref),

comme vous prononcez _scandale_.

SALÉE, s. f. Sorte de galette aux œufs.

SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français on dit

d'une jeune fille malpropre: C'est une salisson.

SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à nos

milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes.

_Être dans les salières._

SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler. _Les

salignons servent surtout à entretenir le feu._ Terme vaudois.

SALIGOT, OTTE, adj. et subst. (_o_ bref.) _Voyez cette saligotte,

dans quel état elle se met!_ Écrivez et prononcez «Saligaud,

saligaude.»

SALIGOTAGE, s. m. Action de _saligoter_. _Quel saligotage fais-tu

là?_ Terme français populaire.

SALIGOTER, v. a. Salir, tacher. _Une robe saligotée. Mes petits

amis, ne gadrouillez plus, vous vous saligotez._

SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.

SALONGLER, v. a. Rosser, rouer de coups.

SALOPIAUD, AUDE, subst. Petit salaud, petite salaude. On dit en

Champagne: _Salopier_.

SALVAGNIN, s. m. Nous appelons _salvagnin_, ou _vin salvagnin_, une

sorte de vin rouge du pays. Plusieurs personnes écrivent et

prononcent _sarvagnin_ et _servagnin_. Terme vaudois. En France:

_Sauvignon_, _sauvignain_ et _servignain_.

SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.

SANG, s. m. Signe, tache brune sur la peau. _Avoir des sangs._ En

limousin: _Sen_.

SANG, s. m. Nous prononçons encore _sanke_, comme on le prononçait

au treizième siècle et au quatorzième. _Des larmes de sanke._ On

doit prononcer san devant une consonne, et _sank_ devant une

voyelle.

SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente,

s'agite sans motif suffisant: _Il se fait du mauvais sang._ Les

dictionnaires disent, en supprimant le pronom personnel: «Il fait

du mauvais sang,» ou: «Il fait de mauvais sang.»

† SANGEMENT, s. m. Changement.

† SANGER, v. a. Changer. _Tu es bien trempe, Mariette, faut

t'aller sanger: oui, sange-toi._ Expression signalée dans le

_Glossaire du Berry_, p. 98.

SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer. _Mais, John,

cesseras-tu enfin de nous sangsuer? Ce n'est pas en nous sangsuant

que tu obtiendras quelque chose._ Dans le français populaire on

dit: _Sangsurer_, ou: _Sansurer_.

† SANGSUIE, s. f. Sangsue. _La femme des sangsuies. Mettre des

sangsuies._

† SANGUINAIRE, adj. _Tempérament sanguinaire._ Dites: Sanguin.

SANGUINE, adj. Nous appelons _pêche sanguine_, une sorte de pêche

violette.

SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv. _Les ouvriers monteurs de boîtes

ont augmenté le prix de la main-d'œuvre sans acoup_,

c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans causer de contre-coup

qui ait arrêté les affaires.

SANS POINT DE, locut. prépositive. _Il voyageait sans point

d'argent._ Dites: Sans argent. _Il se tira de cette horrible

échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice sans point

de peur._ Français populaire et vieux français.

SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.

† SARCHER, v. a. Chercher. _Va-t'en voir me sarcher mon bonnet,

sur le darnier tablat en n'haut du placard._ Terme vieux français.

[Voyez ROQUEFORT, _Glossaire_, t. II.]

SARCLORET, s. m. Voyez SERCLORET.

SARPE, s. f. Terme des campagnards. Sorte de hache, qui sert surtout

à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme fort usité,

qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel s'est formé le

mot de Serpe.

† SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère: _Sarpin_.

SARVAGNIN, s. m. Voyez SALVAGNIN.

SAÜ ou SAÏU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte

d'arbrisseau. _Du bois de saü; moëlle de saü._ En Savoie: _Savu_;

dans le canton de Vaud, _sau_, _sahu_ ou _suau_; en rouchi,

_séu_; en Franche-Comté, _saivu_; dans le patois de l'Isère et en

Normandie, _seu_; dans le Jura, _sou_; en wallon, _saou_; dans le

département du Tarn, _sagut_; en Gascogne, _sahuc_; en vieux

français, _sahu_, _séhu_, _seu_.

SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a commis une

faute: _Elle a fait la faute, qu'elle en boive la sauce_, pour

dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.

SAUCE, s. f. _Sauce de rôti._ Dites: Jus de rôti. Nous disons

proverbialement: _La sauce vaut mieux que le rôti_; l'accessoire

vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français disent: La

sauce vaut mieux que le poisson.

SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin. _Arve entraînait cette

saule que j'ai pu enfin accrocher._ Il est pareillement féminin

dans le canton de Vaud, en Savoie, en Lorraine, et sans doute

ailleurs. R. lat. _salix_, s. f.

SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre. _Vous nous donnez de l'eau qui a

un goût saumache, un goût de saumache._ [G. G.]

SAUME, s. f. Ânesse. _Louer une saume. Galoper sur une saume._ Terme

savoisien, lyonnais et dauphinois. Dans le patois vaudois:

_Chouma_; dans le dialecte provençal et dans le patois du bas

Limousin, _saoumo_. _Saume_ se trouve dans le dictionnaire de

COTGRAVE, édition de 1650.

SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression

suivante, qui appartient au langage le plus familier: _Faire une

sautée chez quelqu'un_, c'est-à-dire: Y aller très-vite et ne pas

s'y arrêter.

SAUTÉE, s. f. Forte réprimande. _Faire une sautée à quelqu'un_, veut

dire: Le tancer vertement.

SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Le _sautier_ loge à l'hôtel de

ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment. Bonivard,

dans son livre de _L'ancienne et la nouvelle Police_, dit que «le

_Sautier_ est le maître du guet et l'huissier du Conseil.» Terme

neuchâtelois. Il est probable que ce mot s'écrivait anciennement

_sceautier_, et que ce fonctionnaire tenait les sceaux du Conseil.

SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur de

quelques oiseaux de mer ou d'étang. _Notre salmis sentait le

sauvage._ Terme vaudois, neuchâtelois, parisien populaire,

lorrain, etc.; à Bordeaux on dit: _Sentir le sauvageon_; en

Languedoc, _le sauvageun_. Dans le vieux français, _salvagine_

signifiait: «Bête fauve.»

SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril. _Benoît était hier dans

le plus grand danger: on l'a saigné à propos, et le voilà sauve._

Terme suisse, etc.

SAUVER DE (SE), v. pron. _Tu te sauves de moi, Robert?--Et pour

quelle raison me sauverais-je de toi, je ne t'ai rien fait?_ Cette

expression, si usitée, _se sauver de quelqu'un_, c'est-à-dire: Lui

échapper par la fuite, manque dans les dictionnaires, quoiqu'elle

mérite assurément d'être observée; car l'expression française

«fuir quelqu'un» n'est pas l'équivalent de _se sauver de

quelqu'un_, ou, du moins, «fuir quelqu'un» appartient au style

relevé, et _se sauver de quelqu'un_ appartient au style familier

ou style de la conversation.

SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire un

ouvrage malproprement et en dépit du bon sens. _Ce vin m'a savaté

le cœur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez savaté cet

ouvrage._ Il se dit spécialement du linge taché par les cendres de

la lessive. _Notre linge est bien savaté._ En Lorraine on dit d'un

mauvais ouvrage: _C'est de la savate_.

SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré avec le

_lissu_ dans le linge. _Ces draps sont pleins de savature._

SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.

SAVOIR, v. a. Nous disons proverbialement, pour nous excuser

d'ignorer une chose survenue à notre insu: _Qui ne sait rien ne

sait guère_.

SAVOIR, v. a. Nous disons d'une personne fort habile, et surtout

d'une personne subtile et qui trouve des ressources dans les

conjonctures les plus épineuses: _Elle les sait toutes et une

par-dessus_.

SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander, instruire.

_Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à dire._ Expression

suisse, lyonnaise et méridionale.

SAVONNADE, s. f. Savonnage, blanchissage par le savon. _Ce n'est pas

une lessive, c'est une savonnade._ Terme savoisien et méridional.

SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie. _Une montre à savonnette_, ou

simplement _une savonnette_, est une montre dont la boîte a un

fond et un couvercle en métal.

SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.

SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure,

lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup. [G. G.]

SCHLAGUER, v. a. Battre, rosser, donner la schlague. _Il fit

l'insolent et fut schlagué._ En allemand: _Schlagen_. Les mots

Schlague et Schlagueur se trouvent dans quelques dictionnaires

modernes.

SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition

sotte et fastidieuse. _Faire des scies._

SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les

planches. Nous disons quelquefois: _Scie à eau_. Terme suisse,

savoisien et méridional.

SCORSONÈRES, s. m. _De bons scorsonères._ Ce mot est féminin.

SE, pron. pers. Les campagnards substituent le pronom _se_ aux

pronoms _nous_ et _vous_ dans les verbes pronominaux, et

réciproquement: ils disent, par exemple: _Vous s'ennuyez chez

nous, Messieurs. Adieu, Nicolas; nous se reverrons dimanche.

Laissez ces paumes de neige, enfants, vous s'attraperez les yeux.

Vous se manquerez, Madame_ (vous vous manquerez, Madame), _en

passant par cette route_. Expression savoisienne, jurassienne,

dauphinoise, etc.

SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.

SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu, «SÉcher;»

et ne dites pas: _Secher des pruneaux; secher des z'haricots.

Voilà le beau temps, femme; on pourra secher notre lissive._ Faute

fréquente.

SEC ET SONNANT, s. m. Nous disons d'une personne riche: _Elle a du

sec et du sonnant_, c'est-à-dire: Des écus.

SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-_sèche_.

_Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle N**!_

SÉCHOT, s. m. Chabot, _gobio_ à tête énorme, poisson qui se blottit

sous les pierres des eaux claires et courantes. Terme vaudois. A

Neuchâtel on appelle ce poisson: _Chassot_; à Yverdon,

_tête-à-maillot_; en Languedoc, _âne_; dans d'autres provinces de

France, _meunier_.

SÉCHOTER, v. n. Prendre des _séchots_. Terme vaudois. Dans les mois

de janvier, de février et de mars, pendant que le Rhône est fort

bas, nos jeunes garçons _séchotent_.

SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.

SECONDE MAIN (DE). _Des livres de seconde main._ Dites: Des livres

de la seconde main.

SECOUÉE, s. f. Secousse. _Un vomitif, le vomitif Leroy, par exemple,

lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits tombèrent de

l'arbre à la première secouée._ Limousin, etc.

SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse. _C'est un

drôle, donne-lui une bonne secouée._

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 37 / 54 题