RONDION, s. m. Able ou ablette; poisson du genre cyprin.
RONDION, IONE, adj. et subst. Se dit des personnes et signifie:
Rondelet, qui est tout rond de graisse. Expression badine ou
railleuse.
RONDO, adv. Rondement, facilement, sans nul obstacle, à souhait.
_Notre affaire marche rondo._ Terme vaudois.
RONFLE, s. f. Sabot, toupie d'Allemagne, sorte de toupie creuse que
l'on fait tourner avec une ficelle ajustée dans une clef et qui
_ronfle_ en tournant. _Faire zon-ner une ronfle._ En provençal:
_Rounfloun_.
RONGEMENT, s. m. (fig.) Regret, tourment, remords. _Un rongement
d'esprit. Ce souvenir fatal était pour lui un rongement
perpétuel._ Terme vaudois.
RONGILLER, v. a. Ronger à demi, ronger légèrement et à plusieurs
reprises. _Rongiller une pomme; rongiller des fruits mal mûrs._
RONGILLON, s. m. Reste de fruit rongé. _Tu m'as promis une poire, et
tu me donnes un rongillon! Garde tes rongillons._ Terme vaudois.
RON-NACHER, v. n. et a. Grogner, murmurer, ron-ner.
RON-NÉE, s. f. Action de grogner, de gronder, de _ron-ner_. _Faire
une ron-née; faire des ron-nées._
RON-NER, v. n. et act. Se dit: 1º Du grognement de certains animaux
et en particulier du chien et du porc. _N'approchez pas de Sultan,
il vous ron-nera._ 2º Appliqué aux personnes, _ron-ner_ signifie:
Gronder toujours et sans raison, murmurer, grommeler, rognonner.
_Bonjour, Pernette: que fait votre monsieur?--Oh là, Monsieur,
notre monsieur ron-ne; il est en train de ron-ner, et je crains
bien qu'il ne ron-ne toute la sainte journée._ Terme vaudois et
neuchâtelois.
RON-NEUR, s. m. Celui qui gronde souvent et sans raison, celui qui a
l'habitude de _ron-ner_. Dans le patois de Fribourg, _ron-neri_
signifie: Grondeur, grogneur, et se dit surtout des enfants.
ROQUETAILLE, s. f. Race de roquets. Terme de mépris créé dans le
dix-septième siècle, et passé d'usage dans le dix-huitième. _Ce
ramassis d'étrangers n'était que de la roquetaille_, c'est-à-dire:
N'était qu'une race de roquets, d'hommes faibles, débiles, sans
moyens intellectuels, et, avec tout cela, insolents. Les deux vers
suivants sont tirés d'une chanson patoise, fort injurieuse,
composée à la fin du dix-septième siècle, quelques années après
l'arrivée à Genève des réfugiés français:
Il étion des citoyens véritables;
Mais orendrait y est to _roquetaille_.
c'est-à-dire: «La nation genevoise se composait jadis de vrais
citoyens; mais aujourd'hui elle n'est plus qu'une race de
roquets.» Tous ceux qui connaissent l'histoire de cette époque,
savent qu'alors nos chefs d'ateliers, nos négociants, nos ouvriers
furent très-jaloux de ces réfugiés français, qui, actifs et
industrieux pour la plupart, leur faisaient une concurrence
redoutable.
ROSE-MOUSSE. Rose mousseuse.
ROSSÉE, s. f. Étrivières, volée de coups. _Donner une rossée;
recevoir une rossée._ Terme dauphinois, etc.
ROSSIGNOL, s. m. Marchandise qui n'est plus de vente, marchandise de
rebut. _Dis voir, on prétend que N*** va vendre en liquidation son
magasin.--Son magasin! dis plutôt ses rossignols, car il n'a rien
autre._
ROTE, s. f. Rue, plante médicinale. Terme vaudois.
ROTER, v. n. Terme d'agriculture. Suer. _Ce foin n'a pas encore
roté. Il faut laisser roter le blé avant de le battre. Voisine,
avez-vous fait votre provision de châtaignes?--Non, j'attends
qu'elles aient roté._
ROTER, v. n. Terme de cuisine. Signifie: Crever, v. n. _Faire roter
du riz_, c'est: Le faire crever dans l'eau.
ROUCHE, s. m. Enrouement. _Vous êtes bien enrhumé, Philibert.--C'est
mieux qu'un rhume, Monsieur, c'est un rouche, un mauvais rouche._
Terme suisse et savoisien. R. _raucus_.
ROUET, s. m. En parlant d'un chat qui file, nous disons qu'il _fait
le rouet_, qu'il _fait son rouet_; expressions justes, puisque en
effet le chat, lorsqu'il est content, et qu'il se dorlote à son
aise, produit un certain râlement, un certain bruit continu de la
gorge au nez, assez semblable au bruit du _rouet_ quand on file.