REVERBÈRE, s. m. Écrivez et prononcez «Réverbère.»

REVERCHON, s. m. Envie, petits filets qui se détachent de la peau

autour des ongles. [G. G.]

REVERCHON, s. m. La partie du drap de lit qu'on retrousse près de la

tête, par-dessus la couverture. Se dit surtout quand on parle des

couchettes d'enfant.

REVERS, s. m. _Le revers d'une étoffe; le revers du drap_, etc.

Dites: L'envers, c'est-à-dire: Le côté d'une étoffe, le côté du

drap qui ne doit pas être exposé à la vue.

REVIRE, s. m. Ce mot de _revire_ se joint à _main_ et à _pied_, pour

exprimer une mesure naturelle prise de la largeur de l'une et de

l'autre. Ainsi _revire-main_ signifie: Largeur de la main;

_revire-pied_ signifie: Largeur du pied. _Depuis cette boule

jusqu'au but, il y a un pied et un revire-pied._

REVIRÉE, s. f. Ruban que les garçons de la campagne mettent à leur

habit quand ils sont de noce. [P. G.]

REVIRÉE, s. f. Mornifle, soufflet, volée de coups. _Donner une

revirée._ Terme vaudois. _S'en donner deux tours et la revirée_,

signifie: À outrance, le plus possible. On dit de deux personnes

qui se sont violemment battues, qu'_elles s'en sont donné deux

tours et la revirée_. _Jacques, as-tu bien dansé hier?--Ah! je

t'en réponds; on s'en est donné deux tours et la revirée._

REVIRE-MARION, s. m. Mornifle, soufflet violent qui fait _virer_ sur

elle-même la personne qui le reçoit. _Il voulut se mêler de la

dispute, et il y attrapa pour sa part un revire-marion soigné._

Terme vaudois.

RÉVISER, v. a. _Réviser une loi; réviser la Constitution_, etc.

Écrivez et prononcez «Reviser;» mais écrivez et prononcez

«RÉvision.»

REVOLIN, s. m. Quinte, caprice, changement subit de volonté, de

projet ou d'humeur. _Il lui a pris un revolin, et il a congédié

les trois domestiques et le cocher._ Terme vaudois. Au sens

propre, _revolin_ signifie: Coup de vent subit. Nos campagnards

disent: _Revolet_. _On ne sait quel revolet lui a pris._ R.

_volo_.

REVOIR (À), loc. adv. Au revoir. _À revoir, Messieurs, à revoir,

Mesdames._ Terme français populaire.

REVOYANCE, s. f. Terme très-familier, et qui n'est guère usité que

dans cette expression: _À la revoyance_, c'est-à-dire: Au revoir.

_Adieu, Jeannot; adieu, Rambosson; adieu, jusqu'à la prochaine

revoyance._ Les Champenois disent: _À la revoyure_. [_Vocabulaire

du Bas langage rémois_, par Mr E. SAUBINET.]

REZASSER, v. a. _Que viens-tu nous rabâcher et nous rezasser?_

Écrivez «Ressasser,» et prononcez la première syllabe comme celle

du mot _ressortir_. R. _sas_.

RHABITUER (SE), v. pron. S'habituer de nouveau. Mot utile, que les

dictionnaires modernes n'ont pas relevé, mais qui est sans doute

fort connu.

† RHUMATISME MÂLE. _Douleur de rhumatisme mâle._ Dites: Douleur

rhumatismale.

† RHUMATISSE, s. m. Rhumatisme. _La Drouillon a un rhumatisse au

cœur._ Par une faute analogue, on dit, à Reims: _Un catéchisse_,

pour: Un catéchisme.

RIBAMBÉE, s. f. Grande troupe, ribambelle. _Une ribambée de monde.

Oh! quelle ribambée!_

RIBANDELLE, s. f. Ribambelle.

RICHE, adj. (fig.) Se dit du temps, c'est-à-dire, de la disposition

de l'air. _Un riche temps_ est celui qui hâte et favorise la

végétation, celui qui est propre à combler les vœux du laboureur

et à l'_enrichir_. _Si après ces huit jours nous avions une pluie

de quarante-huit heures, ce serait un riche temps._ Cette

signification particulière de l'adjectif «riche» n'est pas dans

les dictionnaires.

RIC-RAC, adv. _Payer ric-rac_, c'est: Payer avec une exactitude

rigoureuse, payer jusqu'au dernier sou. _Mr N** ne fait jamais de

dettes: il paie tout ric-rac._ Terme français populaire. Nous

disons dans le même sens: _Ric-et-rac_. Le terme français est:

Ric-à-ric. Nous le ferons payer ric-à-ric. [ACAD.]

RIDICULE, adj. Ce mot appliqué aux personnes signifie: Sévère,

difficile, dur à la desserre. _Un maître d'école ridicule._ Un

propriétaire _ridicule_ est celui qui se refuse aux réparations

les plus urgentes. Nos campagnards disent: _Rédicul_. On le dit

aussi en Savoie, dans le Jura, en Champagne et sans doute

ailleurs. _Refuser à un locataire de lui ôter la fumée, de lui

cimenter les vitres, ou de mettre des seuils aux portes, c'est

être ridicule._ Cette expression est connue en Savoie et dans

plusieurs provinces de France. Appliqué aux choses, _ridicule_

signifie: Difficultueux, scabreux, pénible, peu satisfaisant.

_Chemin ridicule; sentier ridicule; saison ridicule._ Mais ce sens

est moins usité à Genève que chez nos voisins de Savoie et du

Jura.

RIEN, adv. Point, pas, pas beaucoup, nullement. _Vous m'apportez là

un poulet qui n'est rien gros. Ton frère n'est rien complaisant.

Vous n'avez rien d'appétit, cousin?_ Et avec l'interrogation:

_N'est-ce rien toi qui a pris mon parapluie?_ «La session du Grand

Conseil est prorogée au 5 janvier: ne serait-ce _rien_ que les

deux projets de loi à présenter ne peuvent soutenir l'examen?»

[_L'Ami du Pays_, numéro du 9 décembre 1847.] Terme français

populaire et vieux français.

RIEN, adv. La construction des phrases suivantes n'est pas correcte:

_Je ne veux rien qu'on me dise. Je ne veux rien qu'on achète sans

ma permission_, etc. Dites: Je veux qu'on ne me dise rien; je veux

qu'on n'achète rien sans ma permission.

RIEN DU TOUT, s. m. Homme méprisable, homme de rien. _Lui! lui!

c'est un rien du tout, c'est de la drâchée._

RIFFLE RAFFLE, s. f. _Ils ont tout volé, il n'est resté ni riffle ni

raffle._

RIFFLER, v. a. Effleurer, raser, toucher à peine, passer près. _La

pierre lui riffla le front; la balle lui avait rifflé la jambe._

Terme suisse, savoisien, rouchi, etc. En vieux français, _riffler_

a le sens d'égratigner, écorcher. A Reims, _ériflure_ signifie:

Légère écorchure, et _s'érifler_, s'écorcher légèrement.

RIFFLETTE (À LA), loc. adv. En effleurant, en rasant. _Lancer sur

l'eau des pierres à la rifflette._

RINCÉE, s. f. Averse, pluie subite et forte. _Recevoir une rincée.

En montant le Pas de l'Échelle, nous eûmes une bonne rincée._

RINCÉE, s. f. Réprimande sévère. _Recevoir une rincée_, être fort

grondé. Ce sens du mot _rincée_ n'est pas dans les dictionnaires.

RINCER DU LINGE. Aiguayer du linge. _À ce moment-là, trois femmes

rinçaient du linge au bateau._ Expression fort répandue en France,

mais blâmée des grammairiens, qui veulent que rincer ne se dise

que des verres, tasses, cruches et vases semblables, et de la

bouche.

RINGOLET, ETTE, adj. Propret, avenant, bien vêtu. Se dit surtout des

personnes qui n'ont pas l'habitude de soigner leur mise. _Vous

voilà bien ringolet aujourd'hui, Monsieur Maillard._ Terme suisse.

RINGUER, v. a. Battre, rosser. _Se ringuer_, v. réc. Se battre. Dans

le canton de Vaud, _ringuer_, et en allemand, _ringen_,

signifient: Lutter.

RIOLE ou RIOLLE, s. f. Liseron des champs, plante.

RIÔLE, s. f. Rabâchage, grognerie. _C'est toujours la même riôle,

toujours la même chanson._

RIÔLER, RIOULER ou RIULER, v. n. Gronder, rabâcher, _ron-ner_,

pleurnicher. _Pendant tout le goûter les enfants et le chien

rioulaient à qui mieux mieux._ Terme connu surtout des

campagnards.

RIOUTE ou RIOTTE, s. f. Débauche de vin. _Faire la rioute._ Terme

vaudois et fribourgeois.

RIOÛTE ou RIÛTE, s. f. Branche flexible et tordue dont on lie les

gerbes et les fagots. Terme suisse-roman et savoisien. On dit

proverbialement: _Il faut mailler la rioûte pendant_ _qu'elle est

verte_, pour dire: Il faut corriger un enfant pendant qu'il est

jeune. Selon plusieurs dictionnaires, le mot français est:

Rouette. A Limoges et en Languedoc: _Reorte_; dans le Jura et en

vieux français, _riorte_. R. _retortus_.

RIPES (LES). Dénomination attachée à certaines localités désertes,

sauvages. _Les ripes de Dardagny._ Aux environs de Lons-le-Saunier

(département du Jura), _les ripes de Saint-Laurent, les ripes

d'Artenas_, etc.

RIQUIQUI, s. m. Eau-de-vie, liqueur spiritueuse. _Boire le

riquiqui._ Terme bas-limousin, dauphinois, etc. En provençal on

dit: _Requiqui_. Dans le dialecte rouchi on appelle _riquiqui_, ce

que nous appelons: _Gloria_.

RISETTE, s. f. La racine du riz. _Balai de risette; brosse de

risette._

RISOLE ou REZOLE, s. f. Rissole, pâtisserie.

RISOLET, ETTE, adj. et subst. Celui ou celle qui rit aisément et

pour des motifs frivoles. _Allons, petite risolette, c'est assez

se moquer. Votre fils aîné serait le meilleur écolier de ma

classe, s'il n'était pas un peu risolet._ Terme suisse et

savoisien. En Languedoc: _Rizoulié_.

† RIZU, partic. Ri. _No-zein preu rizu_ (nous avons assez ri).

Barbarisme usité chez les paysans de notre canton et du canton de

Vaud.

RITE ou RITTE, s. f. Filasse, filaments que l'on tire de l'écorce du

chanvre ou de celle du lin. _Quenouille de rite. Toile de rite.

Filer la rite._ Terme suisse, savoisien, jurassien et dauphinois.

RIVER LES CLOUS À QUELQU'UN. Lui répondre adroitement et vivement,

lui parler ferme et de manière qu'il n'ait rien à répliquer. En

français on dit, avec le singulier: «River le clou à quelqu'un.»

ROBER ou ROBÀ, v. a. Terme des campagnards. Dérober, voler,

filouter. _On m'a robà mon bouey s'ta ney_ (on m'a volé mon bois

cette nuit). Terme qu'on retrouve dans le vieux français et dans

le patois vaudois.

ROCANDER ou ROGANDER, v. a. Demander avec indiscrétion, en revenant

sans cesse à la charge. _Votre dame Pérollet rocande soi-disant

pour une famille pauvre, mais on sait bien que c'est pour elle.

Va-t'en petit fainéant, et travaille au lieu de rocander._ Terme

suisse. Dans le canton de Vaud on dit aussi: _Roukan-ner_.

ROCANDEUR, EUSE, subst. Celui ou celle qui _rocande_. _Les jours de

marché nos maisons sont envahies par des rocandeuses venues des

villages voisins. La demoiselle N** est en effet pauvre, mais

c'est une rocandeuse._ Dans le canton de Vaud on dit: _Roukan,

roukan-ne_.

RÔDAILLER et RÔDASSER, v. n. Augmentatif de «rôder.» _Veille-toi cet

homme en blouse, qui ne fait que rôdasser par les Pâquis depuis

dix jours._ Terme remarquable. Dans le patois rouchi on dit:

_Rôdailler_.

RÔDER (SE). _Tu es là à te rôder, à te trancanner sans but d'un quai

à un autre._ Rôder est un verbe neutre. On doit donc dire: Je

rôde, et non: _Je me rôde_, comme nous le disons fréquemment.

RÔDINER, v. n. Rôder.

ROGÂTION, s. m. Rogaton, vieux reste de pain, de viande ou d'autres

aliments. _Ce mendiant portait une besace pleine de rogâtions._

Terme vaudois et savoisien.

ROGNE, s. f. Querelle, mauvaise chicane. _Chercher rogne à

quelqu'un_, signifie: Lui chercher noise. Terme suisse. En

Languedoc: _Chercher rougne_.

ROGNE, s. f. Nous disons figurément et proverbialement: _Gratter la

rogne à quelqu'un_, dans le sens de: Le flatter, l'aduler

bassement, lui faire une cour servile et intéressée. _Ne me parle

pas de ce Jean Renard: c'est un personnage qui veut absolument

parvenir, et qui gratte la rogne_ _aux hommes de tous les

partis._ Cette locution est fort triviale, voire même dégoûtante,

mais énergique et fort connue.

ROGNEUX, EUSE, adj. (fig.) Crasseux, crapuleux. Se dit d'une

personne qui a l'air minable, et dont les habitudes ne relèvent

pas l'extérieur. On le dit aussi des choses. _Une créance

rogneuse_, une créance mauvaise ou fort douteuse. Terme bordelais.

Selon le dictionnaire de BESCHERELLE, _rogneux_ signifie: Chétif,

mesquin.

ROME, s. f. L'œillet d'Inde. En latin, _tagetes_.

RONCEMELER ou RONCHEMELER, v. n. Respirer avec oppression et bruit,

râler. _Pendant deux jours nous l'entendîmes roncemeler._

Expression très-usitée. Dans le canton de Vaud on dit:

_Ranquemeler_. R. _ranco_. Voyez ce mot.

ROND, s. m. Ronde, danse en rond, branle circulaire. _Danser un

rond._ Terme vaudois.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 34 / 54 题