RENDEMENT, s. m. _Rendement de compte._ Reddition de compte. [P. G.]

RENETTE, s. f. Écrivez et prononcez: Rainette ou Reinette. Pomme

rainette ou pomme reinette. En vieux français, _raine_ signifie:

«Grenouille.» Or les pommes rainettes sont tachetées comme les

grenouilles.

RENEVIER, IÈRE, adj. Terme des campagnards. Économe, ménager, qui

tient en réserve. _Comment donc! à Pâques il vous offrait encore

des raisins!--Oui, sans doute, parce qu'il est renevier, lui, et

qu'il conserve quand les autres prodiguent._ Dans le patois

vaudois, _Renevei_ veut dire: Prêteur sur gages, usurier,

accapareur. Chez nous ce terme ne se prend qu'en bonne part, mais

il est peu répandu. Dans le patois dauphinois, _renevie_ signifie:

Regrattier, revendeur.

† RENFORCIR, v. a. Enforcir, renforcer, donner des forces. _Les

bains d'Arve ont renforci notre garçon._ Terme parisien populaire

et vieux français.

RENFROGNÉ, ÉE, adj. _Visage renfrogné._ Dites: Refrogné.

RENITENT, ENTE, adj. et subst. Mutin, récalcitrant. _Faire le

renitent. Punir les renitents. Gare aux renitents!_ Expression

remarquable, fort usitée à Genève, mais inconnue en France,

quoique recueillie par Boiste, etc. Dans le dialecte des environs

de Valenciennes, _renicter_ signifie: Trouver des difficultés où

il n'y en a pas. R. lat. _reniti_.

RENONCE, s. f. Rassasiement, dégoût. _Boire à renonce. On menait une

vie de chanoine; on avait du vin à renonce_, c'est-à-dire: On en

avait à gogo et jusqu'à n'en plus vouloir.

RENONCER, v. a. Se dégoûter de, prendre en dégoût. _Notre André est

un brave garçon qui ne renonce jamais le travail._ Expression des

campagnards.

RENOTER, v. n. Redire sans cesse, répéter fastidieusement, rabâcher.

_C'est la dixième fois que tu me renotes la même chose. Ces deux

écoliers me renotent toujours que l'étude du grec les ennuie._

RENOUVELER, v. n. Se renouveler, en parlant de la lune. _La lune

renouvelle demain._

Quand la lune renouvelle en beau,

Trois jours après on a de l'eau.

RENRHUMER, v. a. Enrhumer de nouveau. _J'ai quitté mon gilet de

flanelle, et me voilà renrhumé._

RENTER, v. a. _Renter des bas._ Dites: Remonter des bas.

† RENTOURNER (SE), v. pron. S'en retourner. _Ne pleure plus, mon

vâlet, et rentourne-t'en chez vous.--Ma mama ne veut pas que je

m'en rentourne seul._ Barbarisme vaudois, lyonnais, etc.

RENTRER, v. a. _Rentrer une couture._ Terme français populaire.

Dites: Rentraire une couture.

† RENVENIR (S'EN), v. pron. S'en revenir. _Lequel de vous veut

s'en renvenir avec moi? Renviens-t'en, Michel._ Barbarisme

lyonnais, etc.

RENVERSER, v. n. Verser, parlant d'une voiture. _Nous heurtâmes

contre le boute-roue, et le chariot renversa._ Terme français

populaire.

REPAILLER, v. n. Rempailler, garnir d'une nouvelle paille. _Voilà

des chaises mal repaillées._

REPAILLEUSE, s. f. Rempailleuse.

REPAS DU LOUP, s. m. Terme des campagnards. Repas donné le troisième

jour de la noce aux personnes avec lesquelles on est moins en

relation.

REPATRIER, v. a. Rapatrier, réconcilier des personnes brouillées.

Terme méridional, etc.

REPÊCHER (SE), v. pron. Se rattraper, retrouver son gain, prendre sa

revanche.

....... Je laisse le bouli,

Comptant _me repêcher_ bientôt sur le rôti.

[CH.]

† REPENTU, UE, part. _Elle s'est bien vite repentue d'avoir

menti._ Barbarisme qui appartient au français populaire. On doit

dire: Repenti, repentie.

REPETASSER, v. a. Rapetasser, raccommoder grossièrement de vieilles

hardes. Terme méridional.

REPICOLER ou RAPICOLER, v. a. Ravigoter, ranimer, rendre les forces,

remettre en vigueur, refaire. _Notre pauvre petite Linotte était

crevotante, un peu de vin l'a repicolée. Depuis que j'ai pris ce

bouillon bien chaud et bien succulent, je me sens repicolé._ Terme

suisse et savoisien. Dans le patois du Jura, et dans le dialecte

provençal, _revicouler_ et _reviscoula_ ont le même sens.

REPIPER, v. a. Répliquer, répondre. _Quand je lui ai dit son fait,

il n'a rien repipé, il n'a pas repipé mot._

REPIT, s. m. _Avoir du repit; donner du repit._ Écrivez et prononcez

«Répit,» avec un accent sur l'_é_.

REPLAT, s. m. Plateau, terrain plat sur une élévation. _Nous ferons

une halte au premier replat._ Terme suisse. Dans le dialecte du

Berry, _replat_ signifie: Terrain déprimé.

REPLIQUER, v. a. _Garde-toi de repliquer. Si tu repliques, je te

punis._ Prononciation habituelle chez nous. Ce mot s'écrit avec un

accent sur l'_é_: «Répliquer.» Ne réplique pas.

REPLUMER (SE), v. pron. Se remplumer. S'emploie surtout figurément

et signifie: 1º Revenir en santé; 2º Rétablir ses affaires,

regagner de l'argent.

REPOCHONNER, v. n. Reprendre avec la cuiller à pot. _Repochonner la

soupe._ [G. G.]

REPRIN, s. m. Recoupe, son de première qualité. Terme suisse,

savoisien et méridional.

REPRISE, s. f. Terme d'horticulture. Joubarbe des jardins.

REPROCHER, v. n. Donner des rapports, occasionner de ces vapeurs

acides et désagréables qui s'élèvent de l'estomac dans la bouche.

_Les choux et les radis lui reprochent._ Terme français populaire.

REQUÊT, s. m. Terme des campagnards. Se dit d'un repas ou gala donné

à des femmes par une nouvelle mariée le lendemain de ses noces.

REQUINQUILLER, v. a. Ranimer, ragaillardir. _Allons, allons, une

goutte de rikiki, ça requinquille._ Employé comme verbe

pronominal, _se requinquiller_ signifie: Se requinquer, se parer,

faire sa toilette. _Qu'y a-t-il de nouveau, Magdelon, que tu es si

requinquillée et si belle?_ Terme vaudois et méridional.

RESILLER, v. n. (_ll_ mouillés.) Se dit du vin et signifie: Tourner,

devenir aigre.

RÉSILLER, v. a. (_ll_ mouillés.) Orthographe vicieuse du mot

résilier. _Résiller un bail, résiller une vente._ Cette mauvaise

orthographe conduit à des fautes plus graves: Nous disons au

présent de l'indicatif: _Je résille_, au lieu de dire: Je résilie.

Nous disons au futur: _Je résillerai_, au lieu de dire: Je

résilierai. Nous disons au subjonctif: _Que je résille; permettez

que je résille ma location_, au lieu de dire: Que je résilie.

Permettez que je résilie ma location.

† RÉSIPÈLE, s. f. Érésipèle.

RESSAUTER, v. n. Signifie: 1º Tressaillir; 2º Rebondir; 3º

Rejaillir. _Ressauter de peur. Je dormais profondément lorsqu'un

cri d'à l'eau! me fit ressauter dans mon lit. Sa paume élastique

ressautait jusqu'à la hauteur du deuxième_ _étage. Prends garde,

Édouard, tu me fais ressauter de l'eau._ Terme français populaire.

† RESSEMBLER QUELQU'UN. _L'aînée (des deux sœurs) ressemble son

père, et la cadette ressemble sa mère._ Cette expression

appartient au français populaire et au vieux français. On doit

dire: L'aînée ressemble à son père et la cadette à sa mère.

RESSEMBLER, v. n. Ne dites pas: _Voilà un portrait qui ressemble_,

dites avec un régime indirect: Voilà un portrait qui ressemble à

Mr un tel, à Mme une telle; ou: Voilà un portrait qui est

ressemblant.

RESTER, v. n. _Nos amis restent bien à venir._ Dites: Tardent bien à

venir.

RESTER, v. n. Demeurer, loger. _Dans quelle rue restez-vous,

Monsieur Michaux?--Je reste actuellement à la rue de Toutes-Ames._

Français populaire.

RESTER, v. n. Employer, mettre. _Les maçons restèrent deux ans et

demi à élever ce bâtiment colossal._ Expression méridionale.

RESTER DEVOIR. Devoir encore, redevoir. _Tu me restes devoir

vingt-cinq francs._ Expression méridionale.

RESTOUPAGE, s. m. Action de _restouper_. Ces deux termes, fort

usités en Suisse, mais peu connus en France, ne se trouvent que

dans le dictionnaire de Bescherelle, qui leur donne un sens plus

restreint. Gattel, en citant le mot _restoupage_, dit qu'il est

usité en Flandre! Dans le dialecte rouchi, _restouper_ signifie:

Remplir un trou, combler un trou. Et le dictionnaire de l'Académie

[édition de 1694], dit: _Estouper_, boucher un trou avec de

l'_estoupe_ (ou étoupe).

RESTOUPER, v. a. Terme de couturière. Raccommoder, reprendre,

rentraire, rejoindre les parties qui sont rompues. _Restouper des

bas. Gilet restoupé._

RESTOUPEUSE, s. f. Couturière qui _restoupe_.

RESTOUPURE, s. f. Reprise qu'on fait à une étoffe, à un tissu, à de

la dentelle, etc.

RETACONNER, v. a. Rapiécer, rapiéceter, raccommoder grossièrement.

_Un habit tout retaconné; retaconner des bottes; retaconner un

manteau._ Terme suisse et savoisien. Dans le dialecte picard, et

en vieux français, _rataconer_ a le même sens. Ces deux termes

viennent de l'ancien mot _tacon_, lequel signifie: Pièce, morceau,

et spécialement morceau de cuir. A Genève, la place nommée

aujourd'hui _Taconnerie_ était autrefois un marché aux cuirs.

RETAMER ou RÉTAMER, v. a. Remettre l'étamure. _Retamer une

casserole; rétamer un pochon._ Terme français populaire.

RETARDER (SE), v. pron. Être retardé. _Notre petite Amélie

commençait à marcher, mais le froid est survenu, et elle s'est

retardée. Quand le dîner se retarde, nos Messieurs me font devenir

folle. La garde était arrêtée pour le 1er de septembre, mais notre

maîtresse s'est beaucoup retardée._

RÉTENDRE, v. a. _Vous m'apportez là du linge qui est à peine sec:

allez le rétendre._ _Rétendre_, écrit avec un _é_, est un

barbarisme. Pour être correct, on doit écrire et prononcer

«Retendre.»

RETENIR, v. a. Réparer un objet qui est peu gâté, peu endommagé.

_Retenir un habit; retenir des bas. Après la lessive, la maîtresse

fait retenir tout le linge. Une journée suffira aux couvreurs pour

retenir tous les toits du bâtiment._

RETORDU, UE, subst. Mot populaire du bassin de Genève et d'ailleurs,

qui s'emploie pour: Retors, matois, renard. Exemple: _Méfiez-vous

de cet homme, de cette femme, parce que c'est un retordu, une

retordue_.

RETOUR, s. m. Ce que nous appelons _voiture de retour_, s'appelle

en France: Voiture de renvoi. _Nos voyageurs trouvèrent à point

nommé une voiture de retour pour se rendre à Berne._ Terme

méridional.

RETOURNER, v. a. Terme mercantile. Renvoyer. _Retourner une

marchandise. Le colis était avarié, et on le retourna à

l'expéditeur._ Terme français populaire.

RETRANCHER À. Retrancher de. _Retrancher un couplet à une chanson.

Retranche un paragraphe à ton discours._ Dites: Retranche un

paragraphe de ton discours, etc.

† REVANCHE (UN). _Prendre son revanche._ «Revanche» est français,

mais ce mot est féminin.

REVANGE, s. f. Revanche. _Prendre sa revange. Avoir sa revange.

Demander sa revange._ Terme français populaire.

REVANGER, v. a. Revancher, prendre la défense d'une personne

attaquée. _Sois tranquille, je saurai bien te revanger._ Terme

français populaire et vieux français.

RÈVE ou RAIVE, adj. Terme des campagnards. Se dit du bois qui

commence à pourrir sur l'arbre et qui se casse très-facilement.

_Ne grimpe pas jusqu'à cette branche: elle est raive._

RÉVEILLON, s. m. Lendemain d'une fête. «Réveillon» est un mot

français, mais il a un autre sens.

REVENDRE QUELQU'UN. (fig.) Lui en revendre, le surpasser, être plus

fin que lui.

REVENETTE, s. f. Terme d'écolier. Ricochet, bricole. _Dis donc,

Louis, la revenette n'en est pas.--Si fait bien, la revenette en

est._

REVENEZ-Y, s. m. _C'est du revenez-y._ Expression familière que l'on

emploie en parlant d'un aliment quelconque qui plaît au goût, et

auquel on aime à _revenir_. _Ces confitures ont un goût de

revenez-y. Votre vin n'est pas du revenez-y_, c'est-à-dire: Votre

vin ne rappelle pas son buveur. Ce terme n'est pas inconnu en

France, puisqu'il figure dans le _Dictionnaire du Bas langage_, t.

II, p. 309.

REVENEZ-Y, s. m. Ce substantif composé, qui ne se trouve pas dans

les dictionnaires français, s'emploie à Genève et ailleurs dans le

sens de récidive. Exemple: _Il m'a joué un tour, mais je l'attends

au revenez-y_.

REVENGE. Voyez REVANGE.

REVENIR, v. n. Redevenir. _Cette étoffe revient à la mode. Quelle

bonne figure tu as, Joubert! En vérité, tu reviens jeune._

Français populaire.

REVENIR QUELQU'UN. Lui faire reprendre ses esprits. _Elle tomba en

défaillance, et il fallut la revenir avec du vinaigre._ Terme

dauphinois, etc.

REVENIR (EN). Abandonner l'opinion dont on était, pour se ranger à

l'avis d'un autre. _Ludovico est un opiniâtre achevé, et quand il

a décidé une chose, il n'en revient pas._ Dites: Il NE revient

pas. [ACAD.] «Que la Cour ait raison ou qu'elle ait tort, elle NE

revient pas.» [MARMONTEL, _Bélisaire_, ch. VI.]

REVENUE, s. f. Retour. _L'allée et la revenue._ Terme vieux

français, qu'on trouve déjà dans le _Roman de la Rose_.

RÊVER APRÈS. _Deux nuits de suite, Monsieur Isaac, j'ai rêvé après

vous._ Dites: J'ai rêvé de vous, ou (ce qui est moins correct sans

être fautif): J'ai rêvé à vous.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 33 / 54 题