RATIN, s. m. Odeur des rats. _Sentir le ratin._

RÂTISSOIR (UN). Instrument de fer pour râtisser les allées des

jardins. _Râtissoir usé, râtissoir démanché._ Ce mot est féminin.

Une râtissoire usée, une râtissoire démanchée.

RATOULIVE ou RATOLIVE, s. f. Chauve-souris. Ce mot _ratoulive_ est

une contraction des mots _rate-volive_, qui signifient: _Rate

volante_, souris qui vole. A Rumilly (Savoie) et en Valais on dit:

_rate-volière_; dans le patois vaudois, _ratta volaire_; à Lyon,

_rate-volage_; dans le Jura, _ratevolate_; dans les Vosges,

_volant-rette_.

RAUFE, s. f. Rotengle, poisson du genre de la tanche.

RAUFÉE, s. f. Algarade, grognerie, gronderie. _Faire une raufée.

Recevoir une raufée._

RAUFER, v. a. Gronder, grogner. _Raufer ses domestiques; raufer ses

enfants. Son mari ne cesse de la raufer._ Terme suisse-roman. En

allemand, _raufen_ signifie: 1º Tirer par les cheveux; 2º

Chamailler.

RAUFERIE, s. f. Gronderie, grognerie.

RAUFERIES, s. f. pl. Vieux chiffons, vieilles hardes, objets sales

et inutiles.

RAUFIN, FINE, subst. Grognard, celui ou celle qui gronde par

habitude ou par caractère.

RAVANTER, v. a. Aveindre, _avanter_ de nouveau. _Tâche de me

ravanter mon cerf-volant._

RAVAUDAGE, s. m. Action de _ravauder_, de marchander.

RAVAUDER, v. n. Marchandailler, mésoffrir, offrir d'une marchandise

beaucoup moins qu'elle ne vaut.

RAVAUDERIE, s. f. Bagatelle, brimborion. _As-tu payé ton

tailleur?--Je ne lui dois plus qu'une ravauderie. Ta mère a-t-elle

acheté quelque chose à cette vente publique?--Oui, quelques

ravauderies._

RAVAUDEUR, DEUSE, subst. Celui ou celle qui marchandaille, qui aime

à marchander, et qui déprécie la marchandise. _Allez, ma mie: je

vois bien que vous n'êtes qu'une ravaudeuse, et que vous ne voulez

rien m'acheter._ Terme suisse et franc-comtois.

RAVE, s. f. (fig.) Objet de nulle valeur, chose de rien. Se dit des

personnes et des choses. _Deux francs à votre fils pour ses

étrennes! La belle rave! Vous mariez votre Tiennette à Jean Des

Verres? La belle rave de mari que vous lui donnez là!_ On dit de

même: _Le beau fusil de rave! La belle campagne de rave!_ etc.

RAVE. Employé adverbialement, ce mot est synonyme de: Néant, rien du

tout, non, point du tout. _Tu ne veux pas ces_ _pommes pour ton

goûter?... Eh bien, rave_, c'est-à-dire: Eh bien, tu t'en

passeras, tu n'auras rien autre. Terme vaudois. On dit quelquefois

dans le même sens: _Une rave_. _Père, mère, prête-moi les

tenailles.--Une rave_, c'est-à-dire: Tu ne les auras pas.

RAVE, s. f. Nous disons proverbialement: _Remettre à quelqu'un ses

raves dans le sac_, pour: Lui rétorquer ses arguments, lui prouver

son erreur ou son ignorance, le réduire à se taire.

RAVÉ, ÉE, adj. Terme des campagnards. Cassant, qui se casse

facilement. _Une branche ravée_, est une branche pourrie, et que

le moindre effort, le moindre ébranlement pourrait casser.

RAVOIR (S'EN). Revenir de sa surprise, se remettre d'un grand

étonnement. _Vous me racontez là une chose si curieuse et si

extraordinaire, que je ne puis m'en ravoir._ En français, «se

ravoir» signifie: Se calmer, reprendre ses forces.

RAVONNET, s. m. Radis, sorte de petite rave. _Une liasse de

ravonnets._ Terme suisse-roman.

RAYER, v. a. _Rayer un écolier_, signifie: Lui rayer son papier, le

lui régler. _Viens ici, Fanny, je te rayerai, afin que tu écrives

droit. Notre petit Eugène écrit déjà sans se rayer._ Dites: Sans

régler son papier.

REBÂCHER, v. a. Rabâcher, répéter souvent et inutilement la même

chose.

REBÂCHEUR, CHEUSE. Rabâcheur, rabâcheuse.

REBARBARATIF, IVE, adj. Rébarbatif, rude, rebutant, repoussant.

_Visage rebarbaratif, figure rebarbarative._ Terme français

populaire.

REBATTE, s. f. Meule d'un pressoir à huile ou à fruit. Terme

savoisien. En patois, _rebatta_ signifie: Rouler, et _rebat_,

rouleau.

REBATTE, s. f. Ressac, action des vagues battant contre un mur ou un

rocher, et retournant violemment vers le large. Dans le vieux

français, _rebattre_ avait le sens de: Répercuter, réverbérer, et

_rebattement_ signifiait: Répercussion.

REBÉQUER ou REBECQUER, v. n. Se dit des aliments et signifie: Être

antipathique, dégoûter, soulever le cœur. _Les choux me

rebecquent. Le fromage rebecque à beaucoup de personnes._

REBIOLON, s. m. Seconde pousse des choux, seconde pousse de la

vigne. Terme suisse-roman.

REBLOCHON, REBLOSSON ou REBLAICHON, s. m. Sorte de fromage de

Savoie.

REBOUILLER ou RABOUILLER, v. a. Remuer, ravauder, farfouiller.

_Rebouiller un tiroir, rebouiller un pupitre. Il a l'estomac

rebouillé._ Terme vaudois, fribourgeois, berrichon, etc. Nos

campagnards appellent _rabouillé-beuze_, le bouzier, sorte

d'insecte volant qui vit de préférence dans la bouze (en patois,

_la beuze_).

REBOURRÉE, s. f. Accueil dur, rebuffade. _Faire une rebourrée.

Recevoir une rebourrée._

REBOURRER, v. a. _Rebourrer quelqu'un_, c'est: L'accueillir avec des

paroles dures, le maltraiter en paroles, le rembarrer.

RECAFFÉE ou REKIAFFÉE, s. f. Gros éclat de rire, éclat de rire

très-bruyant, forcé et commun. _Faire des recaffées. De ce groupe

de bonnes d'enfants et de domestiques sortaient, par intervalles,

d'énormes recaffées. Riez, si cela vous plaît, mesdemoiselles,

mais ne faites pas des recaffées._

RECAFFER, v. n. Faire de gros éclats de rire.

RECAPER (SE), v. pron. Terme des campagnards. Se dit des femmes et

signifie: Se recoiffer, se requinquer. L'opposé de ce verbe est

(en patois), _se décapà_. R. _cape_, manteau, etc.

RECHANGE (À), loc. adv. À tour de rôle, tour à tour. _Va à pied, je

monterai sur le mulet, et nous ferons à rechange._

RECHANGER (SE), v. récipr. Se relayer, se relever l'un l'autre.

_Pour monter jusqu'à la cime du Jura, Mme N** prit quatre porteurs

qui se rechangeaient._ Terme franc-comtois, etc.

RECHAT, s. m. Terme des campagnards. Repas donné aux ouvriers à la

fin d'un travail fait en commun. Dans le canton de Vaud on dit:

_Ressat_. _Faire le ressat._

RECHIEN ou RECHEIN, s. m. Mauvais accueil, répartie dure, affront,

rebuffade. _Faire un rechien. Il m'a fait un rechien et une

regauffrée de mâlevie._ Dans le vieux français, _rechin_ est un

adjectif qui signifie: Triste, mélancolique, de mauvaise humeur.

«Rechigner» est français.

RECHIGNÉE, s. f. Rechignement, action de rechigner. _Faire une

rechignée._ Voyez RECHIEN.

RECHINCHÉE, s. f. Prise de tabac.

RECHUTER, v. n. Avoir une rechute, faire une rechute, retomber, être

attaqué de nouveau d'une maladie dont on paraissait guéri. _Tu le

croyais au-dessus, mais il a rechuté. S'il rechute encore, c'est

fait de lui._ Terme suisse-roman et méridional.

RECORDAIN, s. m. Terme des campagnards. Deuxième regain. En latin,

_cordum_ ou _fenum cordum_ veut dire: Regain.

RECOU, s. m. Terme patois. Regain, deuxième coupe du foin.

Quand il pleut à la mi-oû

Y a (prou) raves et prou recou.

RECOUVERT, ERTE, partic. Recouvré, récupéré. _La maison de commerce

N** a recouvert, en trois ans, les sommes qu'elle avait perdues._

Dites: Elle a recouvré. Dites aussi: Un tel a recouvré son crédit.

Mme Z** pourra recouvrer une partie de l'héritage.

RECRÉER, v. a. Réjouir, divertir. _Cette promenade vous a-t-elle un

peu recréé?_ Écrivez et prononcez avec trois accents: «Récréé.» Le

verbe «Recréer» (_re_ sans accent) est français, mais avec une

autre signification.

RÉCRÉPIR UN MUR. Dites: Crépir un mur. Voltaire, en se servant du

mot _récrépir_, dans le passage suivant, le souligne. «M. le curé,

vous savez que j'ai _récrépi_ à mes dépens l'église du Tilloi.»

[_Lettre à M. de l'Écluse_, dans les _Facéties_.] «Recrépir» est

français, dans le sens de: «Crépir de nouveau.»

RÉCRÉPISSAGE, s. m. Crépissure, crépi. _Dans notre pays les

récrépissages faits avant le milieu de mai ne sont pas solides._

† RECTAL, adv. Recta, ponctuellement, avec régularité. _Valentin

est un homme qui paie rectal._

† RECTALEMENT, adv. Recta, ponctuellement.

RECUITE, s. f. Masse de lait caillé qu'on tire du petit-lait

bouilli.

RÉCURAGE, s. m. Second écurage.

REDASSE, s. f. Draine, espèce de grive plus grosse deux fois que

l'ordinaire, et la moins délicate de toutes. Au figuré redasse se

dit injurieusement d'une femme maigre et sèche. _Cette redasse,

cette vieille redasse n'a-t-elle pas encore des prétentions!_

Terme vaudois. En provençal, _radasso_ signifie: 1º Une

rossinante; 2º Une vieille et mauvaise bête de somme.

REDIT, s. m. Ne s'emploie guère que dans cette expression: _Les dits

et les redits_, c'est-à-dire: Les cancans. _Avec ces dits et ces

redits, on ne manquera pas de brouiller toute la famille._ Terme

bordelais, etc.

REDONDER, v. n. Ressauter, rebondir. _Regarde cette paume, Albin,

comme elle redonde!_ Le verbe redonder se trouve dans les

dictionnaires, mais avec une signification différente.

REDOUX, s. m. Dégel, retour d'une température plus douce après

quelques jours de gelée. _Le baromètre descend, nous allons avoir

du redoux_, c'est-à-dire: Il va dégeler. Terme vaudois et

savoisien.

RÉDUIRE, v. a. Serrer, resserrer, enfermer en lieu convenable, ôter

de devant les yeux. _Réduire la vaisselle; réduire le relavage;

réduire des vêtements; réduire des outils. Le mauvais temps peut

arriver quand il voudra, ma récolte est toute réduite. Nous étions

tous réduits avant minuit_, c'est-à-dire: Avant minuit nous étions

tous rentrés dans nos maisons. Terme consacré en Suisse et en

Savoie. R. _reducere_, remettre en place, replacer. En Languedoc,

au lieu de _réduire_, on dit: _Conduire_. _Conduisez ce pain.

Conduisez cette bouteille et ces verres._

REFAIRE, v. a. Nous disons figurément et proverbialement d'une chose

qu'on nous présente comme avantageuse, mais qui en effet ne l'est

pas: _Cela ne me refait pas la taille._ On dit en français: Cela

ne me rend pas la jambe mieux faite. [ACAD.]

REFAIT, FAITE, part. Nous disons ironiquement, à l'occasion d'un

mécompte, d'un contre-temps, d'un désagrément qui nous arrive: _Me

voilà bien refait!_ c'est-à-dire: Me voilà bien avancé! Me voilà

mis dans de beaux draps! _Te voilà bien refait, Théodore, de

chicaner ton petit frère: il t'a égratigné et tu saignes._ Terme

languedocien, etc.

REFALLOIR, v. imp. Falloir de nouveau. _Tu as acheté trop peu

d'étoffe; il t'en refaut une demi-aune. Notre provision de

fascines touche à sa fin: il en refaudra un demi-cent._

REFENTE, s. f. _Un mur de refente._ Terme français populaire. Dites:

Un mur de refend.

REFIER (SE), v. pron. Se fier, compter sur. _Il se refie trop sur sa

mémoire. Ne vous refiez pas sur cet homme._

RÉFLÉCHIR, v. actif. Ce verbe est neutre. Ne dites donc pas: _J'ai

réfléchi une chose_. Dites: J'ai réfléchi À une chose; j'ai

réfléchi À un moyen de tout arranger, etc.

REFONFONNER ou REFONFOUNER, v. n. Reprendre dans la cafetière, dans

le pot, dans la marmite, etc. _Gouillarde que tu es! Après avoir

bu tes deux écuelles, tu refonfounes encore._ On donne aussi à ce

verbe le sens de: Mettre de l'eau sur le marc de café, dans une

bouteille de vin, etc.

REFRÂCHAIS, s. m. Terme d'agriculture. Refroissis, récolte faite sur

des jachères. Terre que l'on fait porter une troisième année.

RÉFROIDIR, v. a. La prononciation de réfroidir, avec accent sur

l'_é_, est habituelle chez nous. Il faut écrire et prononcer:

«REfroidir.»

REFROUGNÉ, ÉE, adj. _Mine refrougnée; visage refrougné._ Le mot

français est: Refrogné. Visage refrogné.

REGAILLARDIR, v. a. Ragaillardir, remettra en bonne humeur, remettre

en gaîté. _Cette bonne nouvelle les avait tous regaillardis._

Français populaire et vieux français.

RÉGALE, s. fém. Régal, régalade, festin, gala. _Faire une régale;

faire une superbe régale._ Ce terme appartient à l'ancienne langue

française; mais il était alors du genre masculin (un régale).

Voyez la 1re édition du dictionnaire de l'Académie [1698].

REGAUFFRÉE, s. f. Gronderie, paroles de dépit, rebuffade. _Faire une

regauffrée à quelqu'un; recevoir une regauffrée._ Dans le canton

de Vaud, on dit: _Regauffée_.

RÉGLET, s. m. Terme de calligraphie. Transparent. _Écrire avec un

réglet. Se passer de réglet._ Terme méridional.

RÉGITRE, s. m. Écrivez sans accent sur l'_e_, «Regître» ou

«Registre.»

RÉGLEUSE, s. f. Terme de la fabrique d'horlogerie. Ouvrière dont la

profession est de régler les montres. _À Genève, une habile

régleuse peut gagner jusqu'à huit francs par jour._

REGLISSE, s. f. Écrivez et prononcez: «Réglisse.» De la réglisse. La

réglisse est adoucissante.

REGORGE (À), loc. adv. Excessivement, à satiété, jusqu'au

rassasiement. _Manger à regorge. Avoir des écus à regorge._

REGRETTER, v. a. Dans notre langage: _Regretter une chose à

quelqu'un_, signifie: La lui envier, être fâché, être triste de

voir qu'il en est le possesseur. _Chacun lui regrette cette

aubaine. Ne regrettez pas cette jeune et jolie femme à ce vieux

barbon, c'est une pouine, une diablesse._ Expression méridionale.

REGROLLAGE, s. m. Raccommodage de vieux souliers.

REGROLLER, v. a. Raccommoder grossièrement de vieux souliers.

_Grolle_, dans notre langage, signifie: «Savate.»

† REGUINGOTTE, s. f. Redingote. _J'acheta cette reguingotte à

l'encan._ Terme dauphinois, rouchi, etc.

† RÉGULIARITÉ, s. f. Régularité. Le mot _réguliarité_ appartient

au vieux français, et on l'emploie encore dans diverses provinces

du nord de la France.

REINE, s. f. Nous appelons _la reine du bal_ celle des danseuses

dont la beauté ou la grâce y est le plus remarquée. En France, la

reine du bal, c'est la personne pour qui se donne le bal.

REJICLÉE, s. f. Éclaboussure, rejaillissement. En Dauphiné et en

Languedoc, on dit: _Un rejiscle_.

REJICLER, v. a. et n. Éclabousser, faire rejaillir. _L'eau lui

rejicla dessus. Fais donc attention, Gaspard: ne vois-tu_ _pas

que tu me rejicles?_ Terme suisse-roman, savoisien et méridional.

RELÂCHER LE VENTRE. Lâcher le ventre.

RELATIONNÉ, ÉE, adj. Se dit de celui ou de celle qui a des

relations. _L'établissement que vient de fonder Mr Z** ne peut

manquer de réussir, car c'est un jeune homme actif, intelligent et

bien relationné._

RELAVAGE, s. m. Lavage de la vaisselle après le repas.

RELAVER, v. a. Laver la vaisselle après le repas. Terme vaudois,

neuchâtelois, lorrain, wallon, etc.

RELAVURES, s. f. pl. Lavure, eau grasse qui provient du lavage de la

vaisselle.

RELEVER, v. a. Terme de lingère. Reprendre. _Relever une maille à un

bas._ Expression dauphinoise, etc.

RELEVER, v. a. Saisir, prendre en contravention. _Le garde champêtre

de la commune a relevé un chasseur qui foulait du blé noir. À la

campagne les enfants se font souvent relever par les gardes._ [P.

G.]

RELEVER (S'EN), v. pron. En relever, se rétablir, en parlant d'un

malade. _On ne croit pas que notre cousine s'en relève._ Dites: On

ne croit pas que notre cousine EN relève.

RELIQUAT, s. m. On prononce _relika_.

RELOIN, adv. Ne s'emploie que dans cette expression très-familière:

_Il est loin et reloin_, c'est-à-dire: Il est parti, il est depuis

longtemps parti.

RELUCHER, v. a. Reluquer, lorgner attentivement et du coin de

l'œil. _Relucher de belles pêches, relucher de beaux raisins._

Dans notre langage, _relucher une demoiselle_, c'est: La regarder

avec un tendre intérêt, et chercher à attirer son attention.

REMAGNONS, s. m. pl. Reste d'aliment, vieux reste de fricot. Terme

vaudois. Dans notre patois, _remagni_ veut dire: Rester. R. lat.

_remanêre_.

REMAIGRIR, v. n. _Ton beau-père avait repris un peu d'embonpoint,

mais le voilà qui remaigrit._ Dites: «Ramaigrit.» L'infinitif est:

«Ramaigrir.»

REMARQUER À QUELQU'UN. Dites: Faire remarquer à quelqu'un, lui faire

observer. _Je vous remarquerai que_, est un barbarisme.

REMBOURS, s. m. Remboursement. Terme suisse, parisien populaire et

vieux français.

REMERCIER POUR. Remercier de. _Remerciez votre oncle pour toute la

peine qu'il s'est donnée._

REMÉMORIER (SE), v. pron. Se remémorer. _Tâche de te remémorier une

partie de ce beau discours._ Français populaire.

REMOLLION, s. m. (_ll_ mouillés.) Terme de lessiveuse, se dit

essentiellement du linge de couleur et des vêtements de laine qui

ne se coulent pas au _lissu_. _Madame a-t-elle préparé les

remollions? Y a-t-il beaucoup de remollions? Le remollion n'est

pas encore compté._ R. _remouiller_.

REMOLLION, s. m. (_ll_ mouillés.) Réveillon, lendemain de noces;

petit repas que l'on fait après un autre plus grand.

REMONTANT (UN). Un stimulant, une chose qui ranime et fortifie soit

le corps, soit l'esprit. _Pour beaucoup d'estomacs, un verre de

bon vin est un remontant. L'arrivée de son père tirera notre jeune

écolier de son apathie, et lui donnera un peu de remontant._

REMONTER, v. a. Ravigoter, raviver, redonner des forces, remettre en

meilleur état. _Un petit verre de curaçao les a tous réjouis et

remontés. Ce petit legs a remonté cette pauvre famille. Cinq cents

francs remonteraient bien votre fermier._ Terme méridional, etc.

Les dictionnaires disent: «Remonter le courage, remonter

l'imagination,» et rien de plus. A Genève, ce verbe _remonter_ a

des significations plus étendues.

REMOUCHÉE, s. f. Remontrance sévère, algarade. _Faire une

remouchée._ En provençal: _Remouchinado_.

REMOUCHER, v. a. (fig.) Gourmander, rabattre le caquet, réprimander

sévèrement, rembarrer. _Il voulait élever la voix, mais son

bourgeois l'a remouché._ Terme neuchâtelois, etc. En lorrain,

_moucher quelqu'un_ signifie: Le battre, l'étriller; et dans le

patois du bas Limousin, _moutsa_, s. m., veut dire: Un soufflet,

une mornifle.

REMUER, v. n. Déménager, changer d'appartement. _Quand remuez-vous,

voisin?--Je remue après Pâques._ Terme suisse-roman, savoisien et

lyonnais. Dans le Limousin, à Bordeaux et en d'autres endroits du

midi de la France, on dit: _Se remuer_. _C'est demain qu'il se

remue_ (c'est demain qu'il déménage). En vieux français, _remuer_,

v. n., signifiait: Changer.

REMUEUR, s. m. Déménageur. _Les remueurs sont payés quatre à cinq

francs par jour. Tous les Genevois connaissent le joli conte des

Remueurs, de Gaudy._

RENAILLER, v. n. Renarder, vomir après une orgie.

RENARDS, s. m. pl. (fig.) Vomissements d'un homme ivre. _Faire les

renards_, vomir après une orgie. Dans le français populaire, on

dit en ce même sens: _Écorcher le renard_.

RENASQUER, v. n. Regimber, refuser, récalcitrer, renâcler, faire

quelque chose en rechignant. _Tu as beau renasquer, mon pauvre

Alfred, il faudra bien que tu en passes par là._ Terme vieux

français, admis dans la 1re édition du dictionnaire de l'Académie

[1694], mais rejetée depuis.

† RENCONTRE (UN). _Tu n'as payé ce bois de lit que trois francs;

c'est un bon rencontre. Dis-voir, Guillaume, tu me viendras ce

tantôt au rencontre._ Ce mot, qui est aujourd'hui du genre

féminin, était autrefois des deux genres.

RENCONTRER (SE), v. pron. Être, se trouver, se rendre dans quelque

endroit. _M'étant rencontré là par hasard, je_ _prêtai main-forte

au gendarme. Tâche de te rencontrer sur la Treille à midi précis.

Il se rencontra tout à point un honnête paysan qui nous hébergea._

Expression vaudoise et méridionale.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 32 / 54 题