MOTET, s. m. Visage. _Un vilain motet._

MOUARE ou MOIRE, s. f. Saumure. Nous disons d'un mets et d'un

assaisonnement quelconque où le sel domine trop: _Cela est salé

comme de la moire_. Terme suisse-roman et savoisien. En

Franche-Comté on dit: _Muire_; en Languedoc, _mière_. Dans le

patois vaudois, le verbe _mouairi_ signifie: «Saler avec excès.»

R. lat. _muria_, saumure.

MOUCHE, s. f. _De la mouche de chandelle._ Dites: De la mouchure de

chandelle. A Lyon, à Nancy et sans doute ailleurs, on dit: _Du

mouchon_; en Dauphiné, _du mouc_.

MOUCHET, s. m. Signifie: 1º Houppe, bouffette, freluche, floccon,

assemblage de plusieurs filets de soie, d'or, d'argent, de laine,

liés ensemble par un bouton en forme de gland à sa partie

supérieure. _Les mouchets d'une bourse; les mouchets d'une canne.

Nos bonnets de nuit sont ordinairement surmontés d'un mouchet._

VOLTAIRE a dit: «Un chapeau de pourpre... auquel pendaient quinze

_houppes_ d'or.» [_Lois de Minos_, note 96e.] Nous aurions dit à

Genève: Quinze _mouchets_. _Mouchet_ signifie: 2º Touffe, bouquet.

_Un mouchet d'arbres; un mouchet de cerises; un mouchet de

noisettes_ (un trochet de noisettes). 3º _Mouchet_ se dit pour:

Groupe, peloton. _Un mouchet d'abeilles; un mouchet de curieux.

Les émeutiers étaient par mouchets sur la grande place._ Terme

suisse-roman et savoisien. En Normandie, _mouchet_ a le sens de

«Monceau.» [Voyez le _Dictionnaire du patois normand_, par MM.

DUMÉRIL.]

MOUCHETTE (LA). Les mouchettes.

MOUCHILLON, s. m. Moucheron. _Être inquiété par les mouchillons._ En

vieux français, on disait: _Mouscaillon_.

MOUCLAR, s. m. Hameçon. _Des mouclars rouillés._ Dans le canton de

Vaud on dit: _Moclar_; en provençal, _mousclaou_; dans le Jura,

_bouclard_, (selon le dictionnaire de M. MONNIER).

MOUFFE, s. m. Moufle, gros gant. _Une paire de mouffes._ Terme

lorrain, parisien populaire, etc.

MOUGNE, s. f. _Faire la mougne_, signifie: Faire la moue, être de

mauvaise humeur, bouder. A Chambéry, on dit: _Faire la mogne_. En

provençal, _mougno_ veut dire: Moue, grimace.

MOUGNON, s. m. Moignon. En provençal, _mougnoun_. Dans le reste de

la France, _mognon_.

MOUGONNER, v. n. Bougonner, murmurer, gronder entre les dents.

MOUILLE, s. f. Mouillure, humidité. _Ne laissez pas cet enfant dans

la mouille._ Terme suisse-roman, savoisien, franc-comtois, etc.

Nous disons dans le même sens: _Mouillon_. _Laisser un enfant dans

le mouillon._

MOUILLES, s. f. pl. Nous appelons ainsi des sources qui ne font que

suinter dans les prairies, et qui, fournissant à l'herbe de ces

prairies une température plus élevée pendant l'hiver, y produisent

une herbe précoce et excellente, très-propre à refaire les vaches

qui ont vêlé, etc. [P. G.]

MOULE, s. m. Mesure de capacité pour le bois: c'est un carré dont le

côté a cinq pieds quatre pouces. Terme suisse-roman et lyonnais.

MOULER, v. n. Caponner, se comporter lâchement, saigner du nez.

_D'entrée il faisait le rodomont, et quand il a fallu se battre,

il a moulé._ En provençal, _moulà_ signifie: Mollir.

MOULETON, s. m. Molleton, étoffe de laine mœlleuse. «Une camisole

de molleton; un gilet doublé de molleton.» [ACAD.]

MOULU, LUE, part. Émoulu. _Notre Théodore est tout frais_ _moulu de

l'Académie_, c'est-à-dire: Est tout nouvellement sorti de

l'Académie. Terme méridional, etc.

MOURGET, s. m. Vent soufflant de Morges pour les habitants du

Chablais.

MOURMÉ, MÉE, adj. Stupide, abruti.

C'était Monsieur son fils, un pauvre rapélu,

Plus matafan, plus _mourmé_, plus mâpu!

[CH.]

En Normandie, _mourmaud_ signifie: Songe-creux, morose.

† MOURVE, s. f. Morve.

MOURVEUX, EUSE, adj. et subst. Morveux. _Voyez cette mourveuse, de

quel ton elle réplique à sa mère!_

MOUSET ou MUSET, s. m. Petite souris des champs, à courte queue, à

museau fort pointu, et que les chats ne mangent pas, quoiqu'ils

lui donnent volontiers la chasse. Terme suisse-roman et savoisien.

Le nom français est Musette ou Musaraigne. Le dictionnaire de

Bescherelle donne une fausse définition de ce mot.

MOUSTACHES, s. f. pl. _Il relevait ses moustaches; il essuyait ses

moustaches; il admirait ses moustaches._ Dans ces exemples et dans

les exemples analogues, il est infiniment plus correct d'employer

le singulier et de dire: Il relevait SA moustache; il essuyait SA

moustache; il admirait SA moustache. La phrase suivante est tirée

de _Gil-Blas_, livre II, ch. V: «Un nez fort épaté lui tombait sur

une moustache rousse.» L'exemple suivant est tiré de J.-J.

ROUSSEAU: «Fantasque fut enfin mariée à un roi voisin qu'elle

préféra, parce qu'il portait la plus longue moustache. [_La reine

Fantasque._] Tous les dictionnaires s'accordent en ce point, mais

il faut avouer que beaucoup de bons écrivains, surtout parmi les

modernes, ont fait usage du pluriel.

MOUSTACHON, s. m. Celui qui porte moustache et qui, par cela même,

fait l'homme d'importance et le fier-à-bras. _Tu te crois un

fameux moustachon, et tu n'as que seize ans!_

MOÛT, s. m. Nous disons proverbialement d'un potage ou d'un mets

quelconque mal assaisonné: _Cela n'a ni goût ni moût_, et cette

locution est aussi employée figurément. _Il nous racontait ses

voyages longuement et platement, cela n'avait ni goût ni moût_,

c'est-à-dire: Ni goût ni piquant.

MOUTAÎLE ou MOUTELLE, s. f. Motelle, sorte de poisson.

MOUTELÉ, LÉE, adj. Tacheté, étoilé. Ce terme, qui appartient à la

langue de nos campagnards, ne s'emploie guère qu'en parlant des

bestiaux. _Une vache moutelée; un bœuf moutelé._ Terme

suisse-roman et savoisien.

MOYENNÉ, NÉE, adjectif. Riche, aisé. _Le cadet est plus moyenné que

son frère._ Terme signalé dans le _Dictionnaire rouchi-français_

de HÉCART, 3me édition.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 14 / 54 题