† MEDAILLE, s. f. _Regarde, papa, j'ai la medaille._ Écrivez et
prononcez «MÉdaille.»
MÉDECINAL, ALE, adj. Écrivez «Médicinal.» Herbe médicinale, potion
médicinale. [ACAD.]
MÉDILLON, s. m. Sorte de rigole pavée. _L'eau séjournait dans le
médillon._
MEICLE, s. m. (Prononcez _mey-clle_, _ll_ mouillés.) Terme rural qui
signifie: Mélange, et plus particulièrement: 1º Un mélange de
seigle et de blé, soit Méteil. _Pain de meicle; farine de meicle;
semer du meicle._ 2º Un mélange de paille et de foin, que les
campagnards font manger en hiver à leurs vaches et à leurs
chevaux. En Languedoc on dit: _Mescle_. Le verbe provençal
_mescla_ signifie: Mêler, mélanger.»
MÉLÈZE (LA). _La mélèze dure bien plus que le sapin._ Ce mot est
masculin. Le genre féminin appartient au vieux français, et s'est
conservé en Savoie et sans doute ailleurs. Nos campagnards
prononcent _melèze_.
MELIZE, s. f. Plante médicinale. _Une infusion de melize._ Terme
savoisien et lyonnais. Écrivez et prononcez «Mélisse.»
MÊLON-MÊLETTE, adv. Pêle-mêle. En Picardie on dit: _Melon-melette_;
dans le patois bourguignon et en Franche-Comté, _maulin-maulo_; en
Normandie, _mêli-mêlo_.
MEMBRÉ, ÉE, adj. _Un homme vigoureux et bien membré._ Terme français
populaire. Dites: Membru, c'est-à-dire: Qui a les membres gros et
puissants.
MÉMORISATION, s. f. Voyez MÉMORISER.
MÉMORISER, v. n. Apprendre par cœur et retenir ce qu'on a appris.
_Les orateurs ont souvent une peine extrême à mémoriser. Le
travail de la mémorisation est pour beaucoup de prédicateurs un
travail ingrat et difficile._ Termes excellents.
MÉNAGE, s. m. Nous disons: _Se mettre à son ménage._ Nous disons
également: _Se mettre dans son ménage. Aussitôt mariés, les futurs
époux se mettront dans leur ménage; se mettront à leur ménage._ Le
dictionnaire de l'Académie dit: «Se mettre EN ménage.»
MÉNAGÈRE, s. f. Petit tablier de femme.
MENÉ, NÉE, adj. Se dit des choses, et signifie: «Usé.» _Un habit
mené; des serviettes menées._
MENER, v. a. (fig.) Dans le langage des campagnards: _Un tel mène sa
soixantième année_, signifie: Un tel est dans sa soixantième
année; il court sa soixantième année.
MENER SA LANGUE. Jaser, bavarder, médire.
MENER UNE CONDUITE. _Ce jeune homme ne mène pas une conduite qui lui
fasse honneur._ On dit en français: Tenir une conduite. Mais il
est correct de dire: Mener une vie. Ce jeune homme mène une vie
dissipée.
MENIÈRES, s. f. pl. Lisières, bandes d'étoffe ou cordons attachés
aux robes des petits enfants pour les soutenir quand ils
s'essaient à marcher. _Votre petit John marche-t-il?--Vous
m'excuserez, Monsieur: il va encore avec les menières._
MENILLE, s. f. Jeu de cartes, espèce de brelan. Au sens figuré nous
disons de quelqu'un qui est dupe dans une affaire: _Il est
menille_.
MENTEUR, s. m. Le proverbe suivant: _On attrape plus vite un menteur
qu'un voleur_, signifie: Que les mensonges se découvrent
facilement. Ce dicton, très-répandu à Genève et chez nos voisins,
ne se trouve dans aucun des dictionnaires que j'ai consultés.
MENTON À TAPETTE, s. m. Menton pointu et recourbé, menton DE
galloche, et non pas _menton à galloche_, comme nous le disons
ordinairement.
MENUSAILLE, s. f. Menuaille, petite monnaie. _Il ne m'a payé qu'en
menusaille._ Dans la Franche-Comté on dit: _Menuisaille_.
MENUSERIE, s. f. Menuiserie. MENUSIER, s. m. Menuisier.
† MÉNUTIE, s. f. Minutie. MÉNUTIEUX. Minutieux.
MÉPHIBOSET, s. m. Petit homme mal bâti. «La chambre de Milice
pourra dispenser du service les malades et les _méphibosets_.»
[_Troisième Visite de l'aristocrate_; brochure genevoise anonyme,
année 1791.] On dit quelquefois au féminin: _Méphibosette. Une
petite méphibosette._
MÉPRISER (SE), v. pron. Mépriser, dédaigner; se refuser par fierté à
faire une chose. _Oui, Monsieur le pasteur, je dois vous le dire:
Ma fille se méprise de porter l'eau; elle se méprise même d'aller
promener avec nous. Ton père est cordonnier, et tu te méprises de
prendre cette profession?_
MERANDE ou MERENDE, s. f. Terme des campagnards. Petit repas qui se
fait à quatre heures de l'après-midi; goûter. Dans plusieurs de
nos villages, ce repas s'appelle _goûtairon_. Le repas de onze
heures ou midi s'appelle _goûta_; le repas du matin, _din-na_ ou
_déna_; le repas du soir, _s'pă_ ou _ch'pă_. Le mot
_merande_, connu dans toute la Suisse romane, en Chablais, en
Faucigny et dans les trois quarts de la France, appartient au
vieux français. R. lat. _merenda_.
MERCI DE. _Merci de la peine; merci du compliment; merci de votre
bon souvenir._ Cette expression familière, très-usitée chez nous
et probablement dans tous les pays où l'on parle français, n'est
consignée nulle part. Les dictionnaires disent: «Merci,» sans
ajouter de régime.
MERDAILLON, s. m. Terme injurieux, dont on qualifie quelquefois un
bambin ridicule, un blanc-bec, un petit bonhomme qui veut se
donner de grands airs. Terme français populaire.
MÈRE, s. f. Nous disons proverbialement: _C'est tout ma mère m'a
fait_, pour signifier: C'est tout un; il n'y a aucune différence
entre ces choses; c'est blanc bonnet, bonnet blanc. _Prenez
l'oncle, prenez le neveu: c'est tout ma mère m'a fait_;
c'est-à-dire: Ils ne valent pas mieux l'un que l'autre.
MÉRÉDI, s. m. Raifort sauvage. Ce terme, connu dans le canton de
Vaud, vient de l'allemand _Meerrettig_, qui a le même sens que
_mérédi_.
MÉRIDIEN (LE). _Régler une pendule au méridien._ Terme dauphinois et
provençal. Dites: À la méridienne.
MERINGUÉ, ÉE, adj. Terme de pâtissier. _Tôfet meringué; biscuit
meringué; bâton meringué._ «Meringue» est français.
MERISE, s. f. Ce que nous appelons à Genève _merise_, s'appelle en
français: «Griotte.» La _merise_ est une cerise sauvage. La
_merise douce_ est une «Guigne.»
MERISIER, s. m. Griottier, guignier.
MERVEILLES, s. f. pl. Rubans de pâte cuits dans le beurre. _Un plat
de merveilles. On nous servit à goûter des croûtes dorées et des
merveilles._
MESAILLE, s. f. Terme des collégiens. Argent. Voyez MESUAILLE.
MÉSENTENDU, s. m. Malentendu, c'est-à-dire: Paroles ou actions
prises dans un autre sens que celui où elles ont été dites ou
faites. _Éclaircir un mésentendu._ «Par un _mésentendu_ survenu
dans ce voyage, le prince royal eut le malheur de tomber dans la
disgrâce du roi son père. [SEIGNEUX DE CORREVON, _Mémoires sur
Frédéric le Grand_, t. Ier, p. 12.] Terme universellement connu et
usité en Suisse, en Savoie et en France, mais non admis jusqu'à
présent dans les dictionnaires.
MÉSENTENTE, s. f. Malentendu. _Arrangeons-nous de manière qu'il n'y
ait point de mésentente._ On lit dans le _Journal de Genève_ de
1848, no 84: «La proposition de Mr V** est adoptée. (Discussions,
bruit, mouvements et _mésentente_ prolongée.)» Je pense qu'ici
_mésentente_ signifie: Le fait de ne pas entendre.
MESONS, s. m. pl. Voyez MEZONS.
MESSELIER ou MESSALIER, s. m. Messier, garde champêtre temporaire.
Terme vaudois et lyonnais. On disait en vieux français:
_Messilier_ et _messeillier_.
MÉTAN ou plutôt MEYTAN, s. m. En patois ce mot signifie: Milieu.
Terme franc-comtois. Dans le patois bourguignon, dans le patois du
Berry, à Reims, en Normandie et en vieux français on dit: _Mitan_.
Dans le patois de l'évêché de Bâle on dit: _Mitan_ et _moïtan_. Le
dictionnaire de MONET [1636] donne comme synonymes les trois mots:
_Meilieu_, _milieu_ et _mitan_. En allemand, _Mitte_.
MÉTEGUETTE (À LA). Locution adverbiale qui signifie: Chichement. _Tu
m'en donnes à la méteguette. Tu me sers à la méteguette_;
c'est-à-dire: Tu me regrettes ce que tu me sers. Dans le canton de
Vaud, _meteguet_ se dit d'un homme minutieux, lambin, doucereux.
Dans les Alpes le verbe _metegà_ signifie: Assigner, dans une
famille, à chacun sa portion du bien commun. R. _mitigare_?
MÉTIAFOU ou MATIAFOU, s. m. Demi-fou, cerveau timbré, original. En
patois, _matî-ă_ ou _meytî-ă_ signifient: «Moitié.»
METTRE À COIN, v. a. Serrer, mettre de côté, tenir en réserve. _Son
mari lui a pris et a fioulé les quatorze écus qu'elle avait mis à
coin._
METTRE DES DENTS. Nous disons d'un petit enfant: _Il met ses dents._
On dit en français: Les dents lui percent, ou: Les dents lui
viennent, ou: Il fait ses dents. De ces trois expressions, les
deux premières sont les plus correctes.
METTRE SUR QUELQU'UN. Terme d'encan. Enchérir. _Il a mis trois
francs sur moi, et je n'ai pas eu cette belle commode. Faisons un
accord: je ne mettrai pas sur vous, ni vous sur moi._ Expression
neuchâteloise. [Voyez GUILLEBERT, _Vocabulaire du dialecte
neuchâtelois_, 2e édition, p. 295.]
METTRE (SE), v. pron. _Se mettre d'une société; se mettre_ _d'une
confrérie. Il s'est mis du complot._ Dites: Entrer dans une
société; entrer dans une confrérie; entrer dans un complot.
METTRE (SE), v. pron. _Se mettre dans les dettes._ S'endetter.
Expression très-adoptable et vraisemblablement très-répandue.
† MEUR, MEURE, adj. Mûr, mûre. _Un fruit mal meur._ _Meur_
appartient au vieux français, et se dit encore vulgairement dans
tout le nord de la France, en Savoie et dans la Suisse romane.
MEURAISON, s. f. Terme des campagnards. Maturité.
MEURE, s. f. Mûre, sorte de fruit. _Une seille de meures. Cueillir
des meures. Aux meures! Aux belles meures!_ est le cri de nos
revendeuses à la fin du mois de juillet. Terme français populaire
et vieux français.
MEURIER, s. m. Mûrier.
MEURON, s. m. Mûre sauvage, baie de ronce. _Piquer des meurons._
Terme vaudois, bressan et vieux français. A Rumilly (Savoie) on
dit: _Mûron_; en Franche-Comté, _mavuron_.
MEZONS, s. m. pl. Espèces sonnantes, argent. _Il est riche,
celui-là; il a des mezons._ Dans le langage des collégiens,
_mezon_ signifie: Petit morceau de cuivre.
† MIALER, v. n. Miauler. _Le minon enfermé mialait._ Terme
parisien populaire, etc.
MIDI, suivi du pluriel. _Midi ont sonné. Nous dînons à midi
précises. Je vous attends vers les midi._ Toutes ces phrases sont
vicieuses, et il faut dire: Midi est sonné; nous dînons à midi
précis; je vous attends vers midi.
MIE, s. f. Terme rural. Meule ou pile de foin ou de paille, de forme
conique, qu'on fait en plein air dans le voisinage des maisons qui
ne sont pas assez grandes pour contenir toute la récolte. [P. G.]
En Franche-Comté, en Bourgogne et dans le nord de la France on
dit: _Moie_. Chez nos campagnards, _mouë_ signifie: «Monceau.»
† MIENNE (LE). Le mien. _Rends-moi ce mâpis, c'est le mienne.--Le
tienne! tu es-t-un menteur._ Notre prononciation, dans ces mots
_mienne_ et _tienne_, est très-nasale, s'éloignant ainsi de la
prononciation française et s'approchant beaucoup de la
prononciation patoise (_mein-nà_).
MIES, s. f. pl. _Mies de pain_, miettes de pain.
MIEUX, adv. Plutôt. _Finiras-tu de nous ennuyer, Jacot?--C'est bien
mieux toi qui nous bassines._
MIEUX DE. Plus de. _Il a hérité mieux de cent louis. La Josette a
mieux de trente ans._ Locution savoisienne, lyonnaise et
méridionale.
MIEUX (LA). Le mieux. _Au dernier bal, c'était notre Clémentine qui
était la mieux_, c'est-à dire: Qui était la plus jolie, qui était
LE mieux.
MIEUX VALUE, s. f. _Il nous fallut encore payer cent francs pour la
mieux value._ Dites: La plus value. Terme neuchâtelois, savoisien,
franc-comtois, lorrain, etc. _Value_, en vieux français, signifie:
«Valeur.»
MIFFE, s. f. Terme de boucherie. Rate. _Je te prie, Isabeau, de ne
plus te laisser donner de la miffe pour garneçon._ Nos
campagnards, et ceux du canton de Vaud, disent: _La mefă_, d'où
ils ont formé le verbe _em'fà_, essouffler.
MIGNON, adj. _Aller de son pied mignon_, signifie chez nous: Aller à
pied, voyager lestement et sans frais. L'Académie dit: «Aller de
son pied gaillard.»
MI-LAINE, adj. _Robe mi-laine_, robe qui est moitié laine et moitié
coton.
MILLE-PIEDS, s. m. Scolopendre, insecte.
MILLION, s. m. Terme de maçon. Brisures, éclats de cailloux.
MILLIONNER, v. a. Émier, émietter. S'emploie le plus souvent avec
le pronom personnel, et signifie: S'émier, s'émietter, se briser,
se séparer en petits morceaux comme le fromage persillé, ou comme
certaines sucreries et pâtisseries. [P. G.]
† MIMERO, s. m. Numéro. En Picardie ont dit: _Limero_.
MIMEROTER, v. a. Numéroter.
MINAGE, s. m. Défoncement. _Le minage d'une vigne. Faire un minage._
Terme savoisien.
MINÇOLET, ETTE, adj. et s. Se dit des personnes et des choses, et
signifie: Maigre, petit, chétif, mince. _Une jeune fille
minçolette. Tu me coupes là un morceau de pain qui est bien
minçolet._ Terme savoisien.
MINE, s. f. Visage. _Se laver la mine. Regarde-toi au miroir, tu as
la mine bien sale._
MINER UN TERRAIN. Terme d'agriculture. Défoncer un terrain, le
fouiller à deux ou trois pieds de profondeur, en ôter les pierres,
y mettre du fumier ou de la terre nouvelle.
MINON, s. m. Sorte de palatine, fourrure que les dames portent sur
le cou en hiver. Français populaire.
MINON, s. m. Terme des campagnards. Chaton, fleur pendante et en
forme de chenille, que portent certains arbres, comme le coudrier,
le noyer, le chêne et le saule. [P. G.] A Genève nous appelons
_minons_ (s. m. pl.), cette poussière qui s'agglomère sous les
lits, sous les armoires, sous les commodes, et qui y revêt la
forme de chatons. _Balayer les minons; enlever les minons;
pannosser les minons._
MINUIT, suivi du pluriel. _Sur les minuits. L'orage commença contre
les minuits._ Ce pluriel, quoique d'un fréquent usage, n'est pas
correct. On doit dire: Sur LE minuit. On peut dire aussi: «L'orage
commença vers minuit.»
MINUIT (LA). C'est ainsi qu'on parlait anciennement. Ce mot est
aujourd'hui masculin; on dit: Le minuit et le midi.
MIOTISE, s. f. Thym, plante aromatique.
MIRER, v. a. (fig.) Viser, avoir en vue certaine fin. _Il mire une
riche et belle veuve. Je crois que tu mires ta cousine._ Dans la
comédie de _Fanchon la Vielleuse_, on lit cette phrase: «Il VISE
la jeune personne.» [Acte Ier, scène 9.]
MIROLON ou MEROLON, s. m. Pinson des Ardennes, pinson de montagne.
MISE, s. f. Dans le langage des écoliers, _Faire mise_ ou _faire
mise ensemble_, signifient: Mettre en commun les enjeux,
s'associer. _N'est-ce pas, Isaac, on est ami, et on fera toujours
mise ensemble?_
MISER, v. a. Enchérir, mettre une enchère. _Si tu viens demain à
l'encan, tu auras soin de ne pas miser sur moi. Qu'as-tu misé au
dernier encan? J'ai misé un placard, six tablats et deux
escabelles._ Terme suisse-roman et savoisien.
MISSER-JEAN, s. m. _Poire de misser-Jean._ On dit en français: Poire
de messire-Jean.
MITE, s. f. Mitaine, miton long. _Tricoter des mites._ Terme suisse,
savoisien, lyonnais, limousin, etc.
MITENANDRE, s. f. Cortége, suite, séquelle. _Le mari, la femme, le
beau-frère, et toute la mitenandre._ Terme vaudois, formé des mots
allemands _mit einander_, qui signifient: Ensemble, de compagnie.
MODÀ, v. n. Terme patois fort connu. S'en aller, quitter l'endroit
où l'on est. _No-z alin modà_ (nous allons partir.) Dans le Berry,
_Moder_ est verbe actif, et signifie: Lâcher les bestiaux, les
mener paître; en languedocien _mudà_ veut dire: Déménager,
déloger.
MOGEON, s. m. Veau, veau d'un an. Terme suisse-roman et savoisien.
Au figuré, _mogeon_ se dit d'une fille ou d'une femme épaisse de
corps et d'esprit. _Votre Albertine est un peu mogeon, elle a
l'air mogeon._
MOGLION, s. m. Voyez MOLION.
MOGNON, s. m. Moignon.
MOINDRE, adj. Malingre, faible, indisposé. _La jeune Caroline est
toute moindre aujourd'hui: elle garde la chambre._
MOINDROLET, ETTE, adj. Diminutif de _moindre_. Se dit surtout des
personnes et signifie: Petit, maigre, chétif. _L'enfant a une
excellente nourrice, et pourtant il reste bien moindrolet._
MOINEAU, s. m. (fig.) Homme dont on fait peu de cas. _Quel sot
moineau que votre Mr Dubreuil!_
MOINEAU SOLITAIRE, s. m. Merle de rocher.
MOINS, adv. Voyez DU MOINS, t. Ier, p. 159.
MOIRE, s. f. Voyez MOUARE.
MOIS D'AVRIL, s. m. Poisson d'avril. _Donner un mois d'avril._ Terme
suisse-roman et savoisien.
MOIS DE MAI, s. m. Aubépine. A Bordeaux, dans le Berry et ailleurs,
on dit: _Du mai_ (_du mai en fleurs_).
MOISIR, v. n. (fig.) Faire trop lentement une chose, lambiner dans
un message. _Va-t'en faire cette commission, et tâche surtout de
n'y pas moisir._ Expression triviale.
MÔLAN, s. m., ou MÔLAN-NE, s. f. Vent d'est. Voyez VENT.
MOLETTE, s. f. Pierre à aiguiser des faucheurs. Terme suisse-roman
et savoisien. R. _mola_.
MOLIÈRE, s. m. Terme des campagnards. Émouleur, rémouleur,
gagne-petit, _aiguiseur_. Le terme patois est: _Molaire_ ou
_moliàre_, dont _molière_ est une corruption, ou plutôt un
raffinement. Dans le canton de Vaud on dit: _Molâre_, et à
Chambéry, _molaire_. Dans notre patois le verbe _molà_ signifie:
Aiguiser.
MOLION, s. m. Salamandre, reptile amphibie.
MOLLACHE, subst. et adj. féminin. Personne flasque, molle, lâche au
travail, dénuée de toute énergie. On dit en français, dans un sens
analogue: Mollasse. «Un individu lourd et mollasse.» [Voyez
BESCHERELLE, _Dict. National_.]
MOLLASSE, s. f. Sorte de grès tendre. _Un parpaing de mollasse; un
escalier de mollasse._ Terme suisse-roman, savoisien et
dauphinois.
MOLLE, s. f. _Avoir la molle_, signifie: N'avoir pas le cœur au
travail, être plus disposé à flâner qu'à s'occuper. _J'ai la
molle; la molle me gagne; la molle me tient._
MÔMASSE, s. f. et adj. Augmentatif de _môme_.
MÔME, s. f. et adj. Fille ou femme inepte, sotte, stupide. _Je ne
sais pas ce que j'ai; mais je suis toute môme aujourd'hui._ Dans
le patois vaudois on dit: _Moum[(a]_.
MÔMICHON, s. m. Nigaud. _Mômichon que tu es! Avoir peur d'une
levrette, d'une petite levrette._
MÔMIER, MÔMIÈRE, subst. Dénomination inconvenante par laquelle on
désigne quelquefois les membres de l'Église dissidente. _C'est un
mômier. Il donne dans la mômerie. Il s'emmôme; il s'est emmômé._
MÔMIÈRE, s. f. Cabas, sorte de panier en tresses de paille, plat sur
sa hauteur et terminé par deux anses.
MONETIER. Village près de Genève, dans le mont Salève. Ce nom peut
s'écrire indifféremment: _Monetier_, _Mounetier_, _Moneti_ et
_Mouneti_, la terminaison _i_ (pour _ier_) appartenant au patois.
DE SAUSSURE écrit _Monetier_. Dans l'origine de la langue
française, _monstier_, _montier_, _moustier_ et _moutier_, ont
signifié: 1º Couvent; 2º Église cathédrale; 3º Paroisse. R.
_monasterium_.
MONPÈR! Sorte d'exclamation fort usitée en Suisse et en Savoie.
_Monpèr, que c'est beau! Monpèr, que tu es patet! Monpèr, que vous
arrivez tard!_ Cette expression n'est autre chose que les deux
mots _mon père!_ mal prononcés, et substitués, par convenance, à
l'exclamation. «Mon Dieu!»
MONSIEUR DE TROP. Se dit d'une personne surnuméraire, et par cela
même embarrassante. _Mme N**, qui avait six_ _filles, vient
d'accoucher d'un garçon: cet enfant ne sera certes pas Mr De
Trop._ On dit dans le même sens: _Mlle De Trop_.
MONTAGNE (LA). Le Salève, la montagne par excellence (pour les
Genevois). _Dis donc, Bernard: que fait-on jeudi matin?--Ne
sais-tu pas? On va déjeuner à la Montagne, et l'on revient avant
midi par la Croisette._
MONTAGNES (LES). Nos horlogers désignent par ce nom les villes du
Locle et de La Chaux-de-Fonds, situées toutes deux dans les
montagnes du canton de Neuchâtel. _S'établir aux Montagnes.
Travailler pour les Montagnes. La fabrique de Genève soutient avec
les Montagnes une concurrence journalière et difficile._
MONTANT, s. m. Encouragement, stimulant, courage, cœur. _Donner du
montant. Avoir du montant. Notre Samuel était découragé; ce petit
succès lui redonnera du montant._
MONTÉE (LA). La maison. _Est-ce dans cette montée que loge Mr le
docteur N**? Connaissez-vous Mr le dizenier Z**?--Si je le
connais! Il reste dans notre montée._ «Montée,» en français,
signifie entre autres: 1º Petit escalier dans une maison de
pauvres gens; 2º Chaque marche d'un escalier. [ACAD.]
MONTER SUR... Nous disons: _Monter sur une échelle_; on doit dire:
«Monter À une échelle.»
MONTEUR DE BOIS, s. m. Scieur de bois.
MONTICULE (UNE). Ce mot est masculin. Il est formé du mot latin
_monticulus_, qui est masculin.
MONTURE, s. m. Mauvaise plaisanterie, tour malin, malice concertée
entre des camarades contre un d'entre eux. _Faire une monture.
Préparer une monture. La monture a échoué._ Terme de bonne
fabrique, et qui n'a pas d'équivalent exact en français.
MOQUE, s. f. Chose de peu d'importance, bagatelle. S'emploie
d'ordinaire avec la négation. _Ce n'est pas de la moque_, ce
n'est pas peu de chose. Terme neuchâtelois et vieux français.
MOQUER (SE), v. pron. Proverbialement: _Donner à plus riche que soi,
le diable s'en moque_, signifie: Que les largesses faites à des
riches, étant rarement désintéressées, le diable ne peut ni ne
doit en tenir compte. On donne souvent une tout autre
signification à ce proverbe.
MORAINE ou MORÈNE, s. f. Falaise, terres escarpées au bord d'un
torrent, d'un fleuve, d'une rivière. _Les moraines de Champel; les
moraines de Pinchat; les moraines de Cartigny; les moraines du
bois de La Bâtie._ Dans les Alpes de Savoie on appelle _moraine_
une enceinte de pierres au pied des glaciers.
MORBIER, s. m. Pendule ou horloge à poids, qui se fabriquait
anciennement au village de Morbier, département du Jura.
MORFER, v. a. Bâfrer, manger avec avidité. Dans le vieux français,
on disait: _Morfier_; et l'on trouve dans Rabelais _morfiailler_,
en ce même sens.
MORGILLER, v. a. Mordre par petites entamures, mordiller. _Morgiller
son pain._
MORIGINER, v. a. Morigéner. _Son père l'a convenablement moriginé._
Terme suisse-roman, savoisien, français populaire et vieux
français.
MORSILLER, v. a. Mordre légèrement et à plusieurs reprises,
mordiller. _Morsiller une pomme._ Terme savoisien et lyonnais.
MORTAISE, s. f. (fig.) _Avoir sa mortaise_, signifie: «Être ivre.»
_Le cocher avait sa mortaise._ Expression triviale.
MORT-À-PÊCHE, s. f. (Prononcez _mor-ta-pêche_.) Crin de Florence,
crin d'empile, crin très-fort sur lequel on monte l'hameçon.
MORTUAIRE, s. m. Acte de décès, extrait mortuaire. _Il devait se
procurer le mortuaire de son grand-oncle._ Ce mot, très-usité chez
nous, mais inconnu aux dictionnaires, se trouve dans le _Glossaire
de l'ancien Droit français_, de MM. DUPIN et LABOULAYE.