Cette peinture est l'une de celles de la collection où brillent le plus
la finesse de l'art, la grâce du dessin et la beauté du coloris; c'est
l'ouvrage d'une excellente main: mais il est à regretter que le sujet
en demeure obscur et incertain. Ce personnage debout, appuyé sur un
pilastre ou sur un autel, est une Divinité assez clairement caractérisée
par l'auréole qui rayonne autour de sa tête; la délicatesse de ses
traits et de ses formes le fait reconnaître pour le fils de Latone.
«Toujours jeune et gracieux, jamais le plus léger duvet n'ombragea
la lèvre d'Apollon, pas même celui qui naît sur la lèvre d'une jeune
fille». (_Call. H. in Ap. v. 36_). Son arc débandé en signe de paix ou
de faveur, son carquois fermé, ses cheveux blonds et longs, ceints
d'une bandelette, cette longue chlamyde de pourpre, s'accordent avec ses
attributs, quoique les brodequins jaunes, remontant à mi-jambe, ne se
rencontrent pas fréquemment dans ses images. La figure assise sur un
siége d'une belle forme, est vêtue d'une tunique très-fine, agraffée sur
le bras; un manteau d'un jaune doré la recouvre avec élégance, sa main
droite en a rejeté une partie, et la tunique qui a glissé laisse à
découvert l'épaule, une partie du sein et du bras: on pourrait supposer
une intention dans cette négligence; l'abandon de l'attitude et
l'inclinaison de la tête semblent indiquer un sentiment de soumission;
l'expression du visage n'est point la tristesse, c'est plutôt un
léger contentement mêlé de pudeur; ces cheveux longs, la couronne de
feuillage, le rameau de laurier que porte cette jeune femme, toutes ces
circonstances annoncent une initiée à la science de la divination. On
pourrait penser que le peintre a voulu représenter _Cassandre_ qui en
reçoit le don d'Apollon, pour prix des faveurs qu'elle lui a promises:
c'est plus probablement la _Pythie_ ou la _Sibylle_ frappée d'une
crainte religieuse à l'aspect du Dieu qui l'inspire. Le collier d'or
formé de chaînons que porte la figure, est un ornement remarquable.
Il se trouvait dans le fond du tableau une troisième figure tellement
altérée, qu'on n'a pu la distinguer, peut-être eût-elle jeté plus de
jour sur ce sujet mystérieux.
La frise représente des Amours ou Génies jouant ou combattant avec des
sangliers et une panthère.
SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 3 p°. 8 lig.--Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.