PLANCHE XVII.

Cette peinture est l'une de celles de la collection où brillent le plus

la finesse de l'art, la grâce du dessin et la beauté du coloris; c'est

l'ouvrage d'une excellente main: mais il est à regretter que le sujet

en demeure obscur et incertain. Ce personnage debout, appuyé sur un

pilastre ou sur un autel, est une Divinité assez clairement caractérisée

par l'auréole qui rayonne autour de sa tête; la délicatesse de ses

traits et de ses formes le fait reconnaître pour le fils de Latone.

«Toujours jeune et gracieux, jamais le plus léger duvet n'ombragea

la lèvre d'Apollon, pas même celui qui naît sur la lèvre d'une jeune

fille». (_Call. H. in Ap. v. 36_). Son arc débandé en signe de paix ou

de faveur, son carquois fermé, ses cheveux blonds et longs, ceints

d'une bandelette, cette longue chlamyde de pourpre, s'accordent avec ses

attributs, quoique les brodequins jaunes, remontant à mi-jambe, ne se

rencontrent pas fréquemment dans ses images. La figure assise sur un

siége d'une belle forme, est vêtue d'une tunique très-fine, agraffée sur

le bras; un manteau d'un jaune doré la recouvre avec élégance, sa main

droite en a rejeté une partie, et la tunique qui a glissé laisse à

découvert l'épaule, une partie du sein et du bras: on pourrait supposer

une intention dans cette négligence; l'abandon de l'attitude et

l'inclinaison de la tête semblent indiquer un sentiment de soumission;

l'expression du visage n'est point la tristesse, c'est plutôt un

léger contentement mêlé de pudeur; ces cheveux longs, la couronne de

feuillage, le rameau de laurier que porte cette jeune femme, toutes ces

circonstances annoncent une initiée à la science de la divination. On

pourrait penser que le peintre a voulu représenter _Cassandre_ qui en

reçoit le don d'Apollon, pour prix des faveurs qu'elle lui a promises:

c'est plus probablement la _Pythie_ ou la _Sibylle_ frappée d'une

crainte religieuse à l'aspect du Dieu qui l'inspire. Le collier d'or

formé de chaînons que porte la figure, est un ornement remarquable.

Il se trouvait dans le fond du tableau une troisième figure tellement

altérée, qu'on n'a pu la distinguer, peut-être eût-elle jeté plus de

jour sur ce sujet mystérieux.

La frise représente des Amours ou Génies jouant ou combattant avec des

sangliers et une panthère.

SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 3 p°. 8 lig.--Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 24 / 29 题