PLANCHE XVI.

Ariadne, tranquille encore, goûte les douceurs du sommeil; elle est

couchée sur un matelas à l'ombre d'une tente, la tête appuyée sur un

oreiller blanc, les cheveux retenus par une bandelette et les bras parés

de bracelets. Rarement une peinture antique, un monument ne se retrouve

pas dans quelques passages des anciens: «Vois, dit _Philostrate_, vois

Ariadne, ou plutôt le sommeil lui-même; à moitié nue; vois son sein, son

cou renversé, sa gorge délicate; son aisselle droite est découverte,

sa main gauche s'appuie sur la draperie, afin que le vent ne puisse

pas dévoiler ce qui doit rester caché». Faible obstacle pour le satyre

audacieux qui expose cette beauté aux regards du jeune Dieu de Naxos.

«Tu ne seras pas long-temps abandonnée; tu te trouveras seule à ton

réveil, cette joyeuse troupe sera partie; tu dois verser des pleurs,

ainsi le veut l'Amour: mais le jeune Dieu reviendra et tu seras

consolée». Bacchus en effet se retira, suivant le récit de Nonnus

(_Dionys., XLVII, v. 271 et suiv._), et ne revint que lorsque la belle

eut bien pleuré la trahison du héros. Le Dieu s'appuie sur son père

nourricier, le vieux Silène, tel que le peint Lucien (_in Baccho_):

«ramassé dans sa petite taille, gras et pansu, les narines ouvertes,

etc.». De l'autre côté, un objet plus gracieux, Cupidon, l'entraîne

vers Ariadne, vive image de la force de l'amour, que nous retrouverons

répétée dans une autre peinture. Dans un coin du tableau, au-dessus des

rochers, paraît un petit Satyre, qui considère aussi la belle dormeuse.

Dans le lointain, on distingue une Bacchante portant une corbeille ou

plutôt le van mistique, et plusieurs personnages formant le cortège. Le

mérite de la composition, très-supérieur à celui de l'exécution, peut

faire penser que ce tableau est la copie d'un excellent original.

Hauteur, 1 P. 10 p°. 4 lig.--Largeur, 1 P. 7 p°. 3 lig.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 23 / 29 题