PLANCHE VI.

Cette peinture est une des plus belles, des plus délicates et des plus

parfaites qui soient sorties des fouilles de la Campanie. Il semble que

le peintre ait voulu employer tout son art et se surpasser lui-même, en

représentant sous des traits si aimables cette Muse consacrée à l'Amour

et qui lui doit son nom; il l'a sans doute invoquée; inspiré et plein

d'elle même, il a retracé son image. Elle est vêtue d'une tunique rose

avec une bordure bleue; son manteau, d'une teinte verdâtre, voltige

agréablement derrière elle, forme sur le devant des plis en forme de

ceinture, et retombe avec grâce en accusant ses formes; une tresse de

cheveux s'échappe sous sa couronne de laurier; elle est attentive aux

sons qu'elle tire de son instrument; elle en touche les cordes d'une

main avec le _plectrum_ ou l'archet, de l'autre avec ses doigts

délicats; cet instrument, garni de neuf cordes, a par le haut la forme

de la lyre connue, mais il s'alonge par le bas et présente, comme dans

la lyre dite _testudo_, un creux qui donne plus de valeur aux sons.

L'inscription (_ERATO PSALTRIAN_) signifie les fonctions de cette Muse

accoutumée à accompagner avec le jeu des instruments à cordes, les

danses les plus voluptueuses. C'est ce que les Grecs entendent par le

mot _psallein_; et en effet, les danses nuptiales étaient du ressort

d'_Erato_. Le manteau qui voltige sur ses épaules indique peut-être que

la Muse réunit au son de sa lyre, des mouvemens réglés par l'art de la

danse, et cadencés sur la musique.

Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 11 / 29 题