PLANCHE IV.

L'inscription qu'on lit en grec au-dessous de cette figure la fait

connaître avec précision (MELPOMENE, LA TRAGÉDIE). Le peintre, sans

s'arrêter aux diverses opinions qui balancent entre cette Muse, Euterpe

et Terpsichore, l'empire de la scène tragique, paraît s'être attaché au

sentiment qui lui a paru le mieux fondé ou le plus généralement reçu

de son temps; c'est aussi celui qui a prévalu. La Muse a la tête ceinte

d'un voile, d'une bandelette et d'une couronne; elle est vêtue d'une

tunique blanche qui lui recouvre les pieds, et dont les manches

s'arrêtent aux coudes, d'un manteau ou grand _peplum_ de même couleur

attaché en ceinture, et d'une autre tunique plus courte. On peut

remarquer que les tuniques des acteurs tragiques devaient couvrir les

pieds, à l'effet de cacher les cothurnes dont la semelle épaisse de

plusieurs pouces relevait la taille de l'acteur: cette chaussure est

visible dans le bas-relief représentant les neuf Muses, qui est passé du

Capitole au Musée Napoléon. Notre Melpomène s'appuie de la main droite

sur une massue, et dans la gauche, elle tient un masque tragique. La

massue semble allusive aux actions des héros qui font le sujet de la

poésie tragique, et rappelle Hercule et ses imitateurs, qui se rendirent

célèbres dans l'antiquité.

Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.

Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures · 第 9 / 29 题