Valentinien crut que le mêlange des Barbares contribuait encore à
la corruption des mœurs. Les bords du Rhin et du Danube, dans toute
l'étendue de leur cours, étaient couverts de nations féroces, qui,
habitant des pays incultes et sauvages, regardaient comme une fortune
de s'établir au-delà de ces fleuves sur les terres de l'empire. Il s'en
introduisait un grand nombre dans les armées romaines, et surtout dans
les troupes qui gardaient les frontières. La garde même des empereurs
en contenait des corps entiers: ils s'unissaient aux Romains par des
mariages, et tâchaient de faire ainsi disparaître la trace de leur
origine. Il eût été dès lors difficile de décider lequel des deux
partis gagnait davantage à ces alliances; et si la simplicité grossière
de ces peuples du Nord ne valait pas bien la politesse abâtardie
des Romains de ce temps-là. L'empereur en jugea selon les anciennes
prétentions de la fierté romaine; il pensa que le sang de ses sujets
s'altérait par ces mariages, et il les défendit par une loi.
[Note latérale: XVIII.
Perfidie des Romains à l'égard des Saxons.
Amm. l. 28, c. 5.
Oros. l. 7, c. 32.
Chron. Hier.
Vales. rerum Franc. l. 1, p. 47.