Il est chargé de rechercher les crimes de magie.]

Chilon, qui avait été vicaire des préfets[828], et sa femme Maxima,

accusèrent trois personnes[829] d'avoir attenté à leur vie par des

maléfices. Olybrius préfet de Rome, à qui la connaissance de cette

affaire appartenait, étant tombé malade, ils demandèrent pour juge

l'intendant des vivres; et l'empereur, pour procurer une plus prompte

exécution, souscrivit à leur requête. Armé de ce pouvoir, Maximin donna

libre carrière à sa cruauté naturelle[830]. Il fit appliquer à la

question les accusés, et sur leurs dépositions, vraies ou fausses, il

mit à la torture un grand nombre de personnes. Chaque interrogatoire

produisait de nouvelles charges, et le nombre des prétendus coupables

se multipliait à l'infini. Des trois premiers accusés, Maximin en fit

expirer deux sous les coups de lanières chargées de balles de plomb,

parce que pour les engager à révéler leurs complices, il leur avait

juré qu'il ne les ferait périr ni par le fer ni par le feu: comme il

n'avait rien juré au troisième, il le condamna à être brûlé vif. Ce

barbare commissaire[831], jaloux d'étendre sa juridiction sur les

têtes les plus distinguées, fit entendre à l'empereur qu'il fallait

redoubler de rigueur pour découvrir tant de forfaits, et pour en tarir

la source: et Valentinien, toujours prêt à s'enflammer, déclara que les

crimes de cette espèce seraient traités comme ceux de lèse-majesté;

et qu'en conséquence nulle dignité, nul[832] privilége n'exempterait

de la torture. Afin d'augmenter le pouvoir de Maximin, il le nomma

vicaire des préfets; et comme si ce n'était pas assez de cette ame

farouche, il lui donna pour adjoint le secrétaire Léon, monstre aussi

altéré de sang, auparavant gladiateur en Pannonie, depuis maître des

offices[833]. Le nouveau titre de Maximin, et l'union d'un collègue

si bien assorti, le rendirent plus redoutable. Il s'attribua la

connaissance de toutes les sortes de crimes, et s'érigea en inquisiteur

général.

[Note 828: _Chilo ex vicario et conjux ejus Maxima nomine._ Amm.

Marcel. l. 28, c. 1. On voit par une loi de Valentinien, que c'était en

Afrique qu'il avait exercé sa charge.--S.-M.]

[Note 829: C'étaient le musicien Séricus, le palestrite Asbolius et

l'aruspice Campensis. _Organarius Sericus, et Asbolius palæstrita, et

haruspex Campensis._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]

[Note 830: _Acceptâ igitur nocendi materiâ Maximinus effudit genuinam

ferociam, pectori crudo adfixam._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]

[Note 831: _Tartareus cognitor._ Amm. Marc. l. 28, c. 1. Il le nomme un

peu plus loin, _ferreus cognitor_.--S.-M.]

[Note 832: _Divorum arbitria_; c'est ainsi que l'on désignait les

rescrits ou ordonnances des empereurs.--S.-M.]

[Note 833: _Sociavit ad hæc cognoscenda quæ in multorum pericula

struebantur, Leonem notarium, postea officiorum magistrum, bustuarium

quemdam latronem Pannonium._ Amm. Marc. l. 28, c. 1.--S.-M.]

[Note latérale: VIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 282 / 354 题