On regarda comme une punition de cette horrible cruauté la famine qui
affligea cette année tout l'empire, et principalement la Phrygie et la
Cappadoce. Elle fut extrême, et la plupart des habitants de ces deux
provinces furent obligés d'abandonner le pays. La charité de saint
Basile se fit alors connaître de toute l'Asie. Il n'était encore que
prêtre de Césarée, et Dieu le préparait à succéder dans l'église à la
gloire du grand Athanase, qui approchait du terme de sa pénible et
brillante carrière. Basile était fort riche, mais il vivait dans toute
la rigueur de la pauvreté évangélique. Il saisit avec empressement
cette occasion de se défaire avantageusement de ses biens: il vendit
ses terres, acheta des vivres, et nourrit pendant cette famine un
nombre infini de pauvres, sans distinction de juif, de païen et de
chrétien.
[Note latérale: V.
Modestus préfet du prétoire.
Amm. l. 29, c. 1, et l. 30, c. 4 et ibi Vales.
Zos. l. 4, c. 11.
Greg. Naz. or. 20, t. 1, p. 348 et 349.