Soz. t. 6, c. 14 et 21.]

Il fit bien voir qu'en prévenant les troubles il n'avait pas eu

dessein de ménager les orthodoxes. Il favorisait par lui-même et par

ses officiers toutes les poursuites de leurs ennemis. Les outrages,

les confiscations de biens, les chaînes, les supplices étaient leur

partage. Valens avait rapporté de la Mésie une haine plus envenimée

contre eux. Il prétendait avoir reçu un affront de Brétannion[811],

évêque de Tomes, capitale de la petite Scythie. En voici l'occasion:

l'empereur s'étant rendu dans cette ville, entra dans l'église, et

voulut engager le prélat à communiquer avec les Ariens dont il était

accompagné. Mais Brétannion, après lui avoir répondu avec fermeté qu'il

ne connaissait pour orthodoxes que ceux qui étaient attachés à la foi

de Nicée, se retira dans une autre église; il y fut suivi de tout le

peuple, et Valens demeura seul avec sa suite. Dans le premier mouvement

de sa colère, il fit saisir le prélat et l'envoya en exil. Peu de jours

après, intimidé par les murmures des habitants, tous guerriers et qui

pouvaient donner la main aux Barbares, dont ils n'étaient séparés

que par le Danube, il leur rendit leur évêque; il conserva dans son

cœur un vif ressentiment, qui éclata dans la suite, surtout contre le

clergé[812].

[Note 811: Il est probable que le nom de cet évêque a été altéré par

les historiens grecs et qu'il s'appelait réellement Vétranio.--S.-M.]

[Note 812: Tillemont (t. V, _Valens_, art. 8) place cet événement en

l'an 368, pendant la deuxième campagne contre les Goths.--S.-M.]

[Note latérale: III.

Valens fait brûler vifs quatre-vingts ecclésiastiques.

Socr. l. 4, c. 16.

Soz. l. 6, c. 14.

Theod. l.4, c. 24.

[Theoph. p. 50.]

Zon. l. 13, t. 2, p. 30.

Cedr. t. 1, p. 311.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 277 / 354 题