Suid. in Σαλόυστιος.]

Ce n'était pas la faiblesse du gouvernement qui faisait naître ces

désordres. Jamais prince ne fut plus prompt à punir, ni plus rigoureux

dans les punitions. Il fit mourir un grand nombre de sénateurs et

de magistrats, convaincus de concussions et d'injustices. L'eunuque

Rhodanius, grand-chambellan, fier de sa puissance et de ses richesses,

s'empara des biens d'une veuve, nommée Bérénice. Elle s'en plaignit

à l'empereur, qui lui donna pour juge Salluste, honoré du titre de

patrice, depuis qu'il était sorti de la préfecture. Celui-ci condamna

Rhodanius, et l'empereur en conséquence ordonna la restitution des

biens. Mais l'eunuque, loin d'obéir, prit à partie Salluste lui-même.

Par le conseil du patrice, la veuve alla se jeter aux pieds de

l'empereur, pendant qu'il assistait aux jeux du cirque, et l'instruisit

avec larmes de l'opiniâtreté de son persécuteur. Rhodanius était debout

auprès du prince. Valentinien, transporté de colère, le fit aussitôt

précipiter dans l'arêne, et brûler vif aux yeux des spectateurs, tandis

qu'un crieur publiait à haute voix son crime et sa désobéissance.

Tous les biens du coupable furent abandonnés à Bérénice. Le sénat et

le peuple, quoique saisis d'horreur, applaudirent à cette exécution

terrible; la renommée la publia avec effroi dans tout l'empire; mais

la colère de ceux qui gouvernent, n'étant qu'un mouvement passager, ne

produit que des impressions de même nature; et l'injustice trembla sans

se corriger.

[Note latérale: LI.

Suites de la guerre des Goths.

Amm. l. 27, c. 5.

[Themist. or. 10, p. 132-135.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 258 / 354 题