Probus était alors préfet du prétoire, et Olybrius préfet de Rome;
ces deux personnages méritent d'être connus. Sextus Pétronius Probus
était le sujet de l'empire le plus illustre par sa naissance, par ses
richesses, par le nombre et la durée de ses magistratures; il était
fils de Célius Probinus, consul en 341, et petit-fils de Pétronius
Probianus, qui avait été honoré de la même dignité en 322; sa maison
était intimement unie et comme incorporée par des alliances, à celles
des Anicius[703] et des Olybrius. Ces trois familles, les plus nobles
de ce temps, avaient été les premières à embrasser sous Constantin la
religion chrétienne. Les richesses de Probus le faisaient connaître de
tout l'empire[704]; il n'y avait guère de provinces où il ne possédât
de grands domaines. Son nom était fameux jusque chez les nations
étrangères; et l'on raconte, que deux des plus grands seigneurs de
la Perse étant venus à Milan pour entretenir saint Ambroise, ils
allèrent à Rome dans le dessein de s'assurer par leurs propres yeux,
de ce qu'ils avaient ouï dire, de la puissance et de l'opulence de
Probus. Il avait été proconsul d'Afrique en 358; cette année 368, il
succéda à Vulcatius Rufinus, qui mourut préfet d'Italie et d'Illyrie.
Il conserva cette dignité pendant huit ans, jusqu'à la mort de
Valentinien; ses inscriptions lui donnent aussi la qualité de préfet du
prétoire des Gaules; il partagea avec Gratien l'honneur du consulat,
en 371. Sa femme Faltonia Proba était de la famille des Anicius, et
fut recommandable par sa vertu. De ce mariage sortirent trois fils,
héritiers des biens et de la réputation de leur père; ils furent tous
trois honorés du consulat: la gloire de cette illustre maison se
perpétua dans une longue postérité, et se soutint même après la chute
de l'empire en Occident.
[Note 703: Quoiqu'il fût seulement allié de la famille _Anicia_, il est
appelé dans une inscription (Gruter, p. 450, nº 3): _Anicianæ domus
culmen._--S.-M.]
[Note 704: _Claritudine generis et potentia et opum amplitudine,
cognitus orbi romano._ Amm. Marc. l. 27, c. 11.--S.-M.]
[Note latérale: ΧLVI.