La ville de Rome vit alors naître dans son enceinte un établissement
honorable à la religion chrétienne, et conforme à l'esprit de l'église,
qui, animée d'une tendresse maternelle pour tous ceux qu'elle
renferme dans son sein, embrasse avec prédilection les indigents
comme la portion la plus faible de sa famille. Valentinien choisit
entre les médecins de Rome des personnes habiles, qui sussent mettre
plus d'honneur à prendre soin des pauvres, qu'à rendre aux riches
des services intéressés; il en institua quatorze, un pour chaque
quartier; il leur assigna un entretien honnête sur le trésor public;
il leur permit d'accepter ce que les malades guéris leur offriraient
par reconnaissance, mais non pas d'exiger ce qu'ils auraient promis
par crainte avant leur guérison; il ordonna que les places vacantes
seraient données au concours, sans nul égard à la faveur, ni aux plus
puissantes recommandations. Les médecins déja en fonction examinaient
les récipiendaires, et jugeaient de leur capacité: il fallait au
moins sept suffrages pour être choisi; et sur un rescrit du prince
qui confirmait l'élection, le préfet de la ville expédiait les
provisions. Quelques temps après, il dispensa les médecins de Rome et
les professeurs des lettres et des sciences, de fournir des miliciens,
et de loger des gens de guerre: il les exempta en général, eux et leurs
femmes, de toutes charges publiques.
[Note latérale: XLV.
Probus préfet du prétoire.
Amm. l. 27, c. 11 et ibi Vales.
Grut. inscr. p. 450, nº 1, 2, 3, 4, 5.
Reines. insc. p. 68.
Prud. in Symm. l. 1, v. 553.
Auson. ep. 16.
Claud. de Olyb. et Prob. cons. v. 41, et seq.
God. ad Cod.
Th. t. 4, p. 95, et t. 6, p. 379.